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mercredi 21 novembre 2012

Conseil national du PS le 17 nov : la motion 6 (le rapport Gallois) fort contestée


lu sur le blog de:http://www.filoche.net/

Conseil national du PS le 17 nov : la motion 6 (le rapport Gallois) fort contestée

Le Conseil national du PS s’est réuni, très fortement renouvelé. Plus de 30 % de ses membres ont été élus sur des motions opposées à celles de la direction majoritaire. Et même au sein de la motion 1 il y a eu un fort renouvellement. Le BN lui-même est renouvelé à au moins 80 % ! Une vraie secousse. Il faudra du temps pour mesurer tous les effets de ce mouvement interne.
Avec 13,67 %, forte de 11 800 voix, la motion 3 dispose de 65 membres élus au CN, titulaires, suppléants et membres de diverses commissions et elle a 7 membres au BN. Mais la motion 4 (Hessel : 11,99 % des voix) dispose aussi de 45 membres et il est possible de la compter à gauche du parti et de travailler avec elle. Même la motion 2 est représentée à la proportionnelle (5 %) et pas mal de questions sont posées en son sein. Au sein de la motion 1, les ex-UMA ( ex- « Un Monde d’avance » ) ont conservé une trentaine de postes mais peu au BN. Dans les fédérations, la grogne de la base du parti s’est manifestée par ces 32 % de voix qui ont refusé la motion 1 le 11 octobre, par 28 % de voix sur le candidat Emmanuel Maurel qui a été nationalement opposé à Harlem Désir le 18 octobre, et le jeudi 15 novembre par des scores encore plus importants aux élections des comités, bureaux et secrétariats fédéraux (souvent plus de 30 %, 40 %). Jamais la gauche du parti n’a été aussi forte à la base du parti.
L’ampleur croissante et la répétition de tous ces votes non suivistes par rapport à la majorité du PS exprime le malaise profond qui traverse le parti et la gauche dans le pays, vis à vis des attentes sociales insatisfaites. Le parti affichait 250 000 membres pour le congrès de Reims, 170 000 pour le congrès de Toulouse, et 80 000 environ ont voté. Le congrès des 27 et 28 octobre a ouvert le débat plus qu’il ne l’a clos.
En effet l’eau passe vite sous les ponts de la nouvelle direction du parti et le courant ne s’est décidément pas inverse dans le bon sens. La tonalité de ce premier conseil national après le vote des militants a été éloignée des discours parfois combatifs qui ont été entendus à Toulouse.
Certes Harlem Désir, dans un discours construit et percutant, a su trouver les mots justes pour brocarder l’esprit de « résistance » de l’UMP, qui est surtout une résistance à la justice sociale, ou pour décrire la dérive droitière de ses chefs, qui tous, désormais, empruntent à la rhétorique du Front National, mais, en positif, des grands engagements du congrès, il ne reste pas grand chose tellement le « pacte de compétitivité » est passé par là.
Des conventions thématiques, ont été annoncées, tout d’abord.
Ainsi, celle sur la réorientation européenne se tiendra après la rédaction d’un « manifeste » élaboré dans le cadre du Parti des Socialistes Européens, et qui devra donc avoir l’approbation du SPD allemand, qui trouve le gouvernement français trop « austère » ou du Labour britannique pas encore relevé des séquelles du blairisme. Est-ce le mieux pour préparer les européennes de 2014 ?
Et encore, la méthode avancée, un « grand forum où chacun pourra s’exprimer » n’a pas grand chose à voir avec ce que doit être une convention du parti : un débat de fond des militants, dans toutes les sections, dont les questions essentielles sont tranchées par un vote.
Lointaine aussi parait l’idée de rassembler la gauche.
Le premier secrétaire a eu des mots plus que durs vis-à-vis de nos partenaires qu’ils soient actuellement au gouvernement, comme EELV, ou qu’ils soient hélas, en-dehors, comme le Front de gauche. Ce n’est pas avec un discours de ce type qu’on réduira les divergences qui se cristallisent entre forces de gauche ! L’unité est pourtant plus que jamais nécessaire contre la finance, contre les « trois M » (Merkel, Medef et Marchés) et pour la faire avancer, il ne faut pas cultiver les critiques mais rechercher de façon volontariste les points d’accord possibles, sur les salaires, le droit du travail et l’emploi. Il est plus que nécessaire, dans les futures listes municipales de 2014, pour battre la droite, d’avoir des listes unitaires dés le 1er tour, c’est le cas emblématique notamment à Paris.
Malheureusement, depuis Toulouse une sorte de « 6ème motion » est apparue, « la motion Gallois », qui est apparemment devenue majoritaire, puisque deux de ses propositions essentielles, la hausse de la TVA et 20 milliards de cadeaux fiscaux au patronat sans aucune nuance ni contrepartie (même pas en termes de sauvegarde de l’emploi), ont été proposées plus vite que le contrôle des licenciements, le droit de vote des étrangers, le non-cumul des mandats. Pourtant si on écoute la base du parti, inclus de larges secteurs de la motion 1 ce n’est pas populaire, voire pas majoritaire du tout. Beaucoup, au CN, se sont interrogés sur la nécessité d’introduire à l’Assemblée des contreparties exigeantes manquantes en matière d’emploi, et lorsque que cela a été proposé par différents orateurs ce fut fort applaudi. Signe du temps.
Les instances BN et SN ont été élues ce 17 novembre. Et la motion 3 n’a pu accepter la participation minorée et conditionnée qui lui était proposée au secrétariat national, d’autant qu’elle était assortie de la part de la motion 1, de contraintes inacceptables : interdiction de choisir ceux de la motion 3 qui y figureraient et de s’exprimer ensuite autrement que pour défendre la nouvelle orientation du parti.
Dans ce CN renouvelé, apparemment, ceux qui, avec Benoit Hamon, prétendaient défendre dans la motion 1 la ligne politique qui avait été celle d’ex-UMA ont perdu leur voix, même pour dénoncer l’intrusion dans le langage de la direction socialiste du concept de « réduction du coût du travail ».La gauche de ce parti c’est celle qui « met le social au coeur », la hausse des salaires, la relance, combat l’austérité, demande la redistribution des richesses, pas celle qui se tait.
Cela ne peut que conforter notre volonté de poursuivre l’action de la motion 3 dans la durée et nous nous sommes fixés des objectifs dans ce sens. D&S, pour sa part, et pour y contribuer, appelle à une rencontre le samedi 15 décembre à Paris. Ce sera à l’occasion des 20 ans de la revue, du n° 200, colloque, débats, spectacle militant, fête, repas collectif et festif et musique, permettront de conclure la séquence du congrès de Toulouse et d’ouvrir la suivante : celle du mouvement social.

Des élus proposent une loi pour que les communes aient le droit de « s’associer et de se dissocier librement »


Des élus proposent une loi pour que les communes aient le droit de « s’associer et de se dissocier librement »

s'informerÀ l’occasion de l’ouverture du congrès des maires de France, Gérard Schivardi, maire de Mailhac (Aude) et secrétaire national du POI, a présenté hier une proposition de loi pour préserver la liberté des communes de se grouper ou de se séparer.
Le texte se compose d’un article unique : « L’Assemblée nationale décide de rétablir le libre choix des communes de s’associer ou de se dissocier librement dans le cadre de la coopération intercommunale, conformément au mandat explicite de la population ». Cette proposition de loi sera soumise à la signature des « maires attachés à la démocratie communale, cellule de base de la démocratie », et sera présentée aux députés « pour qu’elle soit déposée et votée dans les meilleurs délais ».
L’initiative a été concrétisée après qu’une délégation de dix élus « représentative de trois cents maires, adjoints au maire, conseillers généraux et conseillers municipaux », conduite par Gérard Schivardi eut été reçue, le 13 novembre, au ministère de l’Intérieur. Les élus, de toutes tendances politiques, y ont exprimé la « détermination des communes […] de voir respecter leurs choix en matière d’intercommunalité face aux SDCI [Schémas Départementaux de coopération intercommunale, NDLR] » a déclaré un des ses membres à la sortie du ministère.
Rendant compte de l’entretien, la délégation a rapporté que son interlocutrice a déclaré que le président de la République a décidé d’aller « jusqu’au bout de la rationalisation de l’intercommunalité par le biais de moyens exceptionnels confiés aux préfets ».
filet pointilles gris
prendre positionDans un document de quatre pages (ci-contre), les maires et élus qui ont été reçu le 13 novembre dernier au Ministère de l’intérieur, ont rendu public, à l’occasion du congrès de l’association des maires de France (AMF) leur intention de tout mettre en oeuvre pour que soit déposé à l’Assemblée nationale un projet de loi qui permettrait de bloquer les Schémas de coopération intercommunale.
vignette tract des maires
Cliquez pour télécharger et imprimer le 4 pages distribué par la délégation des maires et des élus.
Ces « SDCI » vont contre le libre choix des communes de gérer leurs affaires comme elles le souhaitent. Toute la délégation, très représentative, dans sa diversité géographique et politique, appelle maires et élus à contresigner sa proposition de loi dont le texte, fort simple, a été lu hier par Gérard Schivardi lors d’une conférence de presse.
Proposition de loi : article unique
« L’Assemblée nationale décide de rétablir le libre choix des communes de s’associer ou de se dissocier librement dans le cadre de la coopération intercommunale, conformément au mandat explicite de la population. »
Le POI qui a clairement pris position depuis son congrès de fondation, pour la défense des communes, contre les réformes successives commandées par l’Union européenne, s’associe pleinement à cette initiative d’élus de toute tendance.

mardi 20 novembre 2012

Il est urgent que soient bloqués les « schémas de coopération intercommunale » qui vont contre le libre choix des communes


Il est urgent que soient bloqués les « schémas de coopération intercommunale » qui vont contre le libre choix des communes

Gérard Schivardi
prendre positionDans un document de quatre pages (ci-contre), les maires et élus qui ont été reçu le 13 novembre dernier au Ministère de l’intérieur, ont rendu public, à l’occasion du congrès de l’association des maires de France (AMF) leur intention de tout mettre en oeuvre pour que soit déposé à l’Assemblée nationale un projet de loi qui permettrait de bloquer les Schémas de coopération intercommunale.
vignette tract des maires
Cliquez pour télécharger et imprimer le 4 pages distribué par la délégation des maires et des élus.
Ces « SDCI » vont contre le libre choix des communes de gérer leurs affaires comme elles le souhaitent. Toute la délégation, très représentative, dans sa diversité géographique et politique, appelle maires et élus à contresigner sa proposition de loi dont le texte, fort simple, a été lu hier par Gérard Schivardi lors d’une conférence de presse.
Proposition de loi : article unique
« L’Assemblée nationale décide de rétablir le libre choix des communes de s’associer ou de se dissocier librement dans le cadre de la coopération intercommunale, conformément au mandat explicite de la population. » 
Le POI qui a clairement pris position depuis son congrès de fondation, pour la défense des communes, contre les réformes successives commandées par l’Union européenne, s’associe pleinement à cette initiative d’élus de toute tendance.

Grèce : Le FMI tente d’imposer une nouvelle vague de licenciements de fonctionnaires

Article publié par  L'Humanité.fr

http://www.humanite.fr

Grèce : Le FMI tente d’imposer une nouvelle vague de licenciements de fonctionnaires

C’est par dizaines de milliers que le FMI voudrait licencier de nouveaux fonctionnaires. L’organisme propose de supprimer 22000 supplémentaires à la va-vite, avant la réunion de la Troika ce mardi soir qui devrait accorder un prêt à la Grèce. Le ministre des Finances a refusé.
La Grèce a rejeté une demande de dernière minute du Fonds monétaire international (FMI) pour des licenciements supplémentaires d'ici 2014. Le plan prévoyait déjà la suppression de 27000 fonctionnaires d’ici 2014, le FMI voulait doubler le chiffre sur un petit coup de pression d’avant réunion. Selon le ministère des Finances grecs, le FMI a réclamé lundi soir, à la veille de la réunion cruciale des ministres des Finances à Bruxelles sur le dossier grec, "22.000" licenciements supplémentaires.
Le plan d'atomisation de la Grèce sur quatre ans, dicté par les créanciers UE et FMI et voté récemment par le Parlement grec, prévoit d'ici 2016 de réduire d'environ 125.000 au total le nombre de fonctionnaires.
Les licenciements dans le secteur, qui doivent commencer par les mairies cette année. Le syndicat des collectivités locales (Poe-Ota) a appelé à un arrêt de travail ce mardi tandis que de nombreuses mairies continuent d'être occupées depuis la semaine dernière par des syndicalistes.
Remaniement d’après réunion
Cette demande du FMI intervient quelques heures avant la réunion de l'Eurogroupe ce mardi soir, qui doit tenter de décrocher un accord de principe pour le versement des prêts au pays, bloqués depuis des mois. Le Premier ministre grec a prévu de remanier son gouvernement après le versement de l’aide. Aide qui serait versée le 5 décembre, si le FMI ne fait pas de blocage. Le remaniement est un peu le dernier espoir pour éviter de nouvelles élections législatives, la coalition au pouvoir (Nouvelle Démocratie, Pasok et Gauche démocratique) n’a plus qu’une unique voix d’avance : 151 sur 300. Remaniement devrait tourner autour des portefeuilles à la Gauche démocratique. Ce parti est en effet au bord de l’implosion, une partie rejette l’austérité et serait près de rejoindre l’opposition.  Deux ministres de ce parti ont pris fermement position : Antonis Manitakis, ministre de la Réforme administrative, s'est opposé aux licenciements de fonctionnaires, et Antonis Roupakiotis, ministre de la Justice, est globalement en désaccord avec le budget d'austérité.

Dégradation de la note de la France : il faut résister !

Lu sur le blog de:http://www.jean-luc-melenchon.fr

Dégradation de la note de la France : il faut résister !


Communiqué du 20 novembre 2012

Dégradation de la note de la France : il faut résister !

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La dégradation de la note de la France est une agression sans fondement contre notre pays. Cette décision de dégradation est d'autant plus étrange qu'elle vient d'agences dont l'honnêteté a été mise en cause et qu'elle résulte d'un calendrier préparé de longue main hors de toute conjoncture.
Dans cette circonstance, la capitulation exprimée par l'entourage du chef de l'Etat est consternante. Donner raison à l'agresseur, c'est la ligne Papandréou. Cela ne mène nulle part ailleurs qu'à une déroute et des souffrances immenses.
Il faut résister. La preuve est faite que les cajoleries faites au MEDEF et aux grands actionnaires du CAC 40 comme aux "pigeons" ne font qu'encourager les appétits de la finance.
Il est déplorable que la riposte soit aussi politicienne de la part du nouveau gouvernement et se limite à mettre en cause ses prédécesseurs. Il est urgent d'avoir une stratégie de riposte globale et offensive.

Comment la finance de l'ombre menace l'économie mondiale.


Un article de lexpress.fr 19 novembre 2012
Comment la finance de l'ombre menace l'économie mondiale. (20.11)
Le "shadow banking" a atteint le niveau record de 70.000 milliards de dollars en 2011, selon le FSB. Or les activités de ce secteur, très développé en Europe, sont peu contrôlées. Explications.
Dans son dernier rapport, le Conseil de stabilité financière (FSB) s'alarme du développement de la finance de l'ombre. Celle-ci représenterait 67.000 milliards de dollars, soit 33,5 fois le PIB de la France. Quels sont les acteurs de ce système bancaire parallèlle, capable de déstabiliser l'économie mondiale? L'Europe est-elle concernée par le problème? L'Expansion fait le point.
Le "shadow banking", c'est quoi?
Le "shadow banking" recouvre toutes les sortes de placements qui concurrencent les dépôts bancaires. La plupart du temps, ils sont effectués par des fonds de titrisation, des hedge funds, des banques d'affaires ou des fonds monétaires, c'est-à-dire des entités qui ne sont pas soumises à la réglementation bancaire, car elles ne reçoivent pas de dépôts. Les investissements réalisés par ce système bancaire parallèle offrent souvent des rémunérations attractives, mais ils présentent aussi des risques plus élevés pour les investisseurs.
Cela n'empêche pourtant pas leur développement. Même la crise financière ne parvient pas à stopper la tendance. Depuis 2009, les investissements réalisés par les hedge funds et autres entités non bancaires sont repartis de plus belle. Le FSB estime ainsi la taille des activités de la finance de l'ombre à environ 67.000 milliards de dollars en 2011, soit entre 5.000 à 6.000 milliards de plus qu'en 2010.
En théorie, ce développement d'une finance parallèle pose un problème de concurrence pour les banques traditionnelles. Cependant, il faut le souligner, celles-ci sont très impliquées dans le shadow banking. Nombre d'entités de l'ombre bénéficient d'un soutien implicite des banques. Celui-ci peut prendre plusieurs formes: utilisation d'une marque, d'un réseau de distribution, apport de liquidités... De fait, une partie importante du shadow banking est liée aux banques. Et c'est bien ce qui pose problème pour le régulateur.
Le shadow banking, c'est bien ou pas?
"Shadow banking" et finance de l'ombre ont souvent une connotation négative. Ces activités permettent pourtant de financer l'économie. On a longtemps dit, par exemple, que la titrisation avait permis d'apporter énormément de liquidités sur les marchés. Cependant, il y a eu des excès. Pendant des années, les banques et les hedge funds se sont amusés à découper les crédits immobiliers en tranches et à les incorporer à d'autres produits financiers complexes, dotés d'une rentabilité supposée imbattable. Ces produits "titrisés" ont été vendus un peu partout et se sont largement diffusés sur la planète finance, mais quand leurs détenteurs se sont aperçus qu'ils étaient pourris, cela a entraîné un mouvement de panique. Tout le monde a voulu vendre, mais il n'y avait pas d'acheteur. Résultat, une perte de confiance, un assèchement brutal de la liquidité et le gel du marché interbancaire, poussé au paroxysme dans les semaines qui suivent la chute de Lehman Brothers. Cette expérience montre qu'il faut encadrer la finance de l'ombre. Aujourd'hui, l'un des enjeux est d'être sûr que dans le bilan des banques, tous les engagements sont comptabilisés. Il y a déjà du chemin de fait : le G20 a décidé d'obliger les entités qui "titrisent" à garder 5% de cette activité dans leur bilan. Mais il reste encore à faire appliquer cette mesure. Et puis d'autres mesures de contrôle seront sans doute nécessaire pour limiter, par exemple, la concentration du portefeuille d'actifs illiquides.
Le "shadow banking" est-il surtout un problème américain ?
Absolument pas. Certes, les Etats-Unis disposent toujours du système bancaire parallèle le plus important au monde, avec 23.000 milliards d'actifs en 2011 et ils sont à l'origine de la crise financière que nous traversons. Cependant, la finance de l'ombre pèse 22.000 milliards de dollars dans la zone euro et 9000 milliards de dollars rien que pour le Royaume-Uni. De fait, sur le Vieux continent, les actifs qui échappent aux régulateurs atteignent un montant supérieur à 30.000 milliards de dollars. A elle seule, l'Europe est donc à l'origine de presque la moitié (46%) du "shadow banking" mondial.
Pis: ses parts de marchés en la matière ont même tendance à augmenter, alors que celle des Etats-Unis diminuent. En 2005, la zone euro et le Royaume-Uni représentait 40% de la finance de l'ombre. Aujourd'hui, leur part est de 46%. A l'opposé, les Etats-Unis sont passés de 44% à 35% sur la même période.
Le Royaume-Uni et la Suisse sont responsables en grande partie de cette montée en puissance. Ce sont les pays industrialisés où la finance de l'ombre progresse le plus depuis la crise. Selon les travaux du FSB, elle a augmenté de 10% au Royaume-Uni sur la période 2007-2011, et de 6% en Suisse, alors qu'en France et aux Etats-Unis, l'activité déclinait sur la même période.
Aujourd'hui, la part du "shadow banking" représente 370% du PIB outre Manche. Seuls Hong-Kong (520%) et les Pays-Bas (490%) font pire. On comprend mieux pourquoi le Royaume-Uni ne veut pas que le reste de l'Europe lui dicte ses règles en matière bancaire.
Commentaire.
Cet article fait l'impasse sur les produits dérivés qui représentent dix fois la somme du "shadow banking dans le monde, soit au bas mot 700.000 milliards de dollars, comparativement au PIB mondial qui est d'environ 60.000 milliards de dollars.


Cet article à été publié sur le site :http://www.luttedeclasse.org

Madrid-Paris : non aux pactes ! L'édito d'Informations Ouvrières


Madrid-Paris : non aux pactes !

L'éditorial d'Informations Ouvrières
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

logoio.jpg?w=150&h=42Baissant la note de la France, ce 19 novembre, l’agence Moody’s dit ses raisons : pour le capital financier américain, le « marché du travail » en France est trop rigide, la classe ouvrière trop protégée contre les licenciements, et le gouvernement Hollande-Ayrault trop timide dans les réformes !
Faites-nous confiance, plaide aussitôt le ministre « socialiste » Moscovici, qui cite « les réformes que nous avons engagées : le pacte de compétitivité, notre agenda de réforme, le redressement des comptes publics ». Quant à Laurence Parisot (Medef), elle saisit l’occasion pour exiger « des réformes structurelles très rapidement sur l’assurance maladie, sur les retraites », et en appeler au « consensus (…) d’une manière unie entre syndicats et patronat (…) et entre la droite et la gauche».
Les uns et les autres, sans doute, regardent avec envie le « pacte » signé par les organisations syndicales (UGT et Commissions ouvrières) avec les patrons de Renault en Espagne. Un pacte par lequel les syndicats organisent eux-mêmes flexibilité, allongement du temps de travail, baisse du pouvoir d’achat des salaires et introduction d’un nouveau « contrat de travail » payé moins des trois quarts de celui d’un ouvrier qualifié !
On reconnaît là le pacte de compétitivité auquel le gouvernement Ayrault prétend, en France, à une autre échelle, lier les organisations syndicales.
Mais ce n’est pas si simple… Car le 14 novembre, vingt-quatre heures après la signature de ce pacte, plus de quatre millions de travailleurs en grève déferlaient dans les rues de toutes les localités d’Espagne, à l’appel de leurs centrales syndicales. Au-delà des slogans officiels, les deux mots d’ordre qui ont dominé ces manifestations furent : « Retrait du plan Rajoy ! » et « Dehors le gouvernement Rajoy, démission ! » (1).
En Espagne, deux voies s’offrent au mouvement ouvrier : ou bien le pacte social qui fait des organisations les supplétifs de la troïka Union européenne-FMI-BCE (et donc du capital financier nord-américain) ; ou l’indépendance des organisations ouvrant la voie à la mobilisation de masse, la grève générale, travailleurs et organisations unis, qui bloque le pays pour bloquer les plans.
En France, cette alternative se profile : tandis que gouvernement et patronat exigent des organisations syndicales qu’elles participent au consensus pour démanteler le Code du travail et la Sécurité sociale, se multiplient, dans de nombreux secteurs, les manifestations d’un mouvement de résistance qui se cherche. Cette question sera, sans doute, au cœur des débats de la conférence nationale pour l’unité et la résistance du 1er décembre, à laquelle le Parti ouvrier indépendant apporte son soutien.
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(1) Quatre jours plus tôt, 125 militants de toutes origines du mouvement ouvrier de l’Etat espagnol se réunissaient à Madrid pour constituer un « comité pour l’alliance des travailleurs et des peuples ». Ce comité se fixe notamment de lutter « pour que se réalise la plus large unité autour des revendications des travailleurs et de la majorité de la population », à commencer par le « retrait des plans d’ajustement » ; d’agir pour « l’abrogation de la Constitution monarchique de 1978, pour des Cortes constituantes basées sur le droit à l’autodétermination permettant de nommer un gouvernement libre et souverain » ; et « pour l’union libre des peuples et des nations d’Europe, pour la rupture avec l’Union européenne, ses traités et ses directives qui sèment le chaos et la destruction ».