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jeudi 15 novembre 2012

Xi Jinping succède officiellement à Hu Jintao à la tête de la Chine


Un article de franceTVinfo

Xi Jinping succède officiellement à Hu Jintao à la tête de la Chine

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Xi Jinping après sa désignation à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc de la Chine, le 15 novembre 2012 à Pékin.

Xi Jinping après sa désignation à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc de la Chine, le 15 novembre 2012 à Pékin.

(MARK RALSTON / AFP)
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CONGRES DU PC EN CHINE – Xi Jinping a officiellement succédé, jeudi 15 novembre, à Hu Jintao à la tête du Parti communiste chinois (PCC) et donc de la Chine. Agé de 59 ans, cet homme d'appareil devra réformer et assainir la corruption galopante qui menace le pays. Xi Jinping, actuel vice-président, est désormais à la tête du nouveau groupe dirigeant de sept personnes, la "direction collective", qui doit présider aux destinées de la Chine pour les dix prochaine années. Francetv info vous présente le "prince rouge" du régime.
Son parcours
Un homme d'appareil. Xi Jinping est le premier dirigeant né après l'avènement du régime communiste il y a soixante-trois ans. Sa personnalité reste largement une énigme, tant elle se confond avec la carrière d'un homme d'appareil attendant, dans l'ombre de son prédécesseur, que la place se libère. Voici son portrait, réalisé par France 3 :

Un aristocrate. Fils d'un "héros révolutionnaire", Xi Jinping, d'aspect massif, le visage poupin et les cheveux de jais partagés par une raie impeccable, est l'un des "princes rouges" du régime, véritable aristocratie aux commandes d'une Chine en pleine mutation. Son épouse, Peng Liyuan, une célèbre chanteuse élevée au grade de général dans l'armée, est d'ailleurs plus populaire que lui en Chine.
Un homme riche. Xi Jinping a suivi une carrière classique de cadre communiste, dirigeant provincial d'abord, puis de Shanghai, avant d'intégrer le "saint des saints" du PCC en 2007 et de prendre la vice-présidence de la République en 2008. La censure a immédiatement étouffé les révélations en juin par l'agence Bloomberg de la fortune de ses proches, évaluée à plus de deux milliards de dollars.
Son projet
La lutte contre la corruption. Rompant avec la tradition, Xi Jinping, l'air grave mais souriant, s'est lancé dans un bref discours dans lequel il a prévenu que lui-même et la nouvelle équipe faisaient face à d'"énormes responsabilités", reconnaissant que le PC chinois était confronté à de "graves défis", dont la corruption. Les travaux du 18e Congrès du PCC ont en effet été exceptionnellement alourdis par des affaires de corruption et d'abus de pouvoir dans la haute "nomenklatura" communiste. En partant, Hu Jintao l'a prié de "faire le ménage" dans la maison Chine.
Poursuivre l'ascension économique de la Chine. Désormais patron de "l'atelier du monde", Xi Jinping devra s'employer à réinventer le modèle chinois. Puissance montante dans le Pacifique, la Chine devrait continuer à tenir tête aux Etats-Unis et à presser l'Europe, son premier marché à l'exportation, de sortir de la crise de la dette. Mais, guetté par un demi-milliard d'internautes, Xi Jinping est attendu par une classe moyenne qui comptera bientôt 700 millions d'individus, des consommateurs pour la plupart largement étrangers à l'idéal communiste, et un pays où l'indignation monte devant la richesse souvent extravagante de la nouvelle "aristocratie rouge".
Pas de virage sur le plan diplomatique. A l'étranger, aucun virage spectaculaire n'est attendu sous sa houlette en matière diplomatique. Xi Jinping revendique la "fierté historique et nationale" de la Chine. En matière de droits de l'homme, Xi Jinping devra décider s'il fait libérer de prison le prix Nobel de la paix 2010, l'intellectuel dissident Liu Xiaobo.
Son équipe
Le Premier ministre, Li Keqiang. Il aura la lourde charge de piloter au jour le jour la deuxième économie mondiale, tâche dévolue depuis une décennie à Wen Jiabao, dit "grand-père Wen". Cet apparatchik au sourire relativement facile est réputé bien connaître les ressorts de l'économie.
Zhang Dejiang. Il est désormais numéro trois du régime. Formé à l'économie à l'Université Kim Il-sung de Pyongyang (Corée du Nord), il est connu pour son style conservateur. Il a récemment nommé été secrétaire général du PCC de Chongqing, à la place du dirigeant déchu Bo Xilai.
Yu Zhengsheng. Secrétaire du PCC de Shanghai depuis 2007, il était le plus haut responsable politique de la capitale économique du pays. Ce fils d'un vétéran du régime est considéré comme proche de l'ancien président Jiang Zemin.
Liu Yunshan. C'est le ministre en charge de la Propagande, qui dépend directement du Parti et non du gouvernement, depuis 2002. Ce conservateur a démarré sa carrière comme reporter pour l'agence Chine nouvelle en Mongolie intérieure à la fin de l'époque maoïste. 
Wang Qishan. Actuel vice-Premier ministre en charge des Finances et ancien maire de Pékin, il parle couramment anglais. Marié à la fille d'un haut dirigeant de l'ère Deng Xiaoping, il est souvent associé à la "faction des princes" de laquelle fait aussi partie Xi Jinping.
Zhang Gaoli. Depuis 2007, il est le patron de la grande ville portuaire de Tianjin. Cet économiste a effectué une grande partie de sa carrière dans la province méridionale du Guangdong, longtemps pionnière en matière de réformes économiques. 

L'Europe doit-elle persévérer dans l'austérité ?


article lu sur FranceTVinfo


LA RÉPONSE DES PEUPLES EST DANS LA GRÈVE ET LES MANIFESTATIONS DU 14 NOVEMBRE 2012.....

L'Europe doit-elle persévérer dans l'austérité ?

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Manifestation anti-austérité à Lisbonne (Portugal), le 14 novembre 2012.

Manifestation anti-austérité à Lisbonne (Portugal), le 14 novembre 2012.

(MIGUEL RIOPA / AFP)
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CRISE EUROPEENNE – Les mauvais chiffres semblent s'accumuler chaque jour un peu plus. En pleine journée européenne de mobilisation contre l'austérité, la Grèce et le Portugal, deux pays durement touchés par la crise, ont publié mercredi 14 novembre leur produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre 2012. Celui de la Grèce a chuté de 7,2% sur un an, quand celui du Portugal diminue de 3,4%. L'austérité mise en place dans ces pays est-elle vraiment la bonne solution ? Francetv info a confronté les points de vue de deux économistes : Henri Sterdyniak, directeur du département Economie de la mondialisation à l'OFCE, et Michel Didier, directeur du Centre d’observation économique et de recherche pour l’expansion de l’économie et le développement des entreprises (Coe-Rexecode).

Le Portugal et la Grèce peuvent-ils encore longtemps mener des politiques d'austérité ?Henri Sterdyniak : Clairement non. Ces pays sont engagés dans un cercle mortifère. Ils ont été frappés par une crise financière, immobilière et, désormais, c'est une crise générale. Les licenciements se multiplient, la protection sociale s'effrite, les entreprises disparaissent et les services publics deviennent de plus en plus chers. Au lieu de dépenser pour relancer la croissance, les populations épargnent par crainte de ce qui peut arriver le lendemain. Ces pays sont mûrs pour des aventures extrémistes, et c'est leur système démocratique même qui risque d'être remis en cause. Alors que la zone euro a reçu le prix Nobel de la paix, cela ferait mauvais genre.

Michel Didier : Je pense que l'effort peut être poursuivi. Evidemment, il faut que la société tienne alors que la situation est très dure. Le problème, c'est que les populations qui ont qui ont bénéficié du creusement du déficit ne sont pas les mêmes que celles qui souffrent le plus actuellement. Les scénarios sociaux sont durs, mais les efforts consentis commencent à payer et doivent être poursuivis encore trois ou quatre ans selon les cas. La Nouvelle-Zélande au milieu des années 1980 ou encore les pays scandinaves au début des années 1990 ont vécu des situations proches de celle vécue par la Grèce. Ils ont fait un énorme effort sur les dépenses publiques avant de voir leur croissance repartir à la hausse.
Henri Sterdyniak : Mais la conjoncture était complètement différente. En plus des réductions des déficits, ils ont dévalué leur monnaie et gagné en compétitivité. Ils ont également bénéficié de la bonne forme des pays voisins de l'époque pour rebondir. Ce scénario n'est pas transposable aux pays de la zone euro. 
La méthode actuelle de réduction des déficits est-elle la bonne ?

Henri Sterdyniak : Je ne sais pas pourquoi on s'obstine dans cette voie. Réduire les déficits pour relancer la croissance, c'est une idée fausse qui ne marche pas. Pour sortir de la crise, il faut consommer plus. Il faut pour cela rassurer les ménages en maintenant les dispositifs de protection sociale. Il faut que les Etats aident les entreprises qui veulent investir, et lancent de grands projets. C'est une obligation pour la Grèce, le Portugal ou encore l'Espagne, mais également pour la France. N'oublions pas que ces économies sont les clientes de nos entreprises !

Michel Didier : Les PIB de la Grèce, du Portugal ou de l'Espagne sont certes en repli, mais progressivement leurs déficits publics ont cessé de gonfler et ont commencé à se résorber rapidement. Le Portugal, par exemple, a regagné en outre en compétitivité. C'est un signe positif. Il faut continuer sur cette voie. Pour des pays seuls, une dévaluation est souvent envisagée pour redonner davantage de compétitivité aux entreprises et relancer la croissance. Mais ce scénario est impossible pour la zone euro, où les économies des Etats sont extrêmement contrastées. Dans ce contexte, il faut persévérer dans l'assainissement des comptes publics.

Selon la presse allemande, Berlin s'inquiète de la situation de la France. Peut-on vivre un scénario similaire à celui de la Grèce ?

Henri Sterdyniak : Nous n'en sommes pas là, mais attention de ne pas rajouter de l'austérité à l'austérité. Les 3% de déficit ne doivent pas forcément être atteints fin 2013. Augmenter la TVA et diminuer les dépenses publiques, c'est hors sujet. Le vrai sujet, c'est la relance de l'économie.

Michel Didier : Nous ne suivons en aucune façon le chemin de la Grèce, et notre situation ne lui est en rien comparable. Nous avons nos problèmes, mais ils sont identifiés et des mesures commencent à être prises pour relancer la compétitivité de nos entreprises, ou encore réduire nos déficits. Ce qui angoisse nos voisins allemands, c'est qu'en cas d'incapacité à financer notre endettement, personne dans la zone euro n'aura les capacités de nous venir en aide. Rappelons que la dette française est l'une des meilleures du monde.

Grève générale en Espagne


Grève générale en Espagne

s'informerPlus d’un million de manifestants ont déferlé hier à Madrid à l’occasion de la grève générale organisée par les deux centrales syndicales espagnoles, l’Union générale des travailleurs (UGT) et les Commissions Ouvrières (CCOO) contre l’austérité, le chômage et la précarité.
Malgré la loi qui, en Espagne, réduit le droit de grève en imposant un service minimum, le pays tournait au ralenti. Des piquets de grève ont parcouru Madrid et les grandes villes dès la nuit et se sont postés devant les usines, les commerces et les gares pour appeler les salariés à rejoindre le mouvement.
Les manifestations se sont succédé en Espagne, après la dernière grève générale du 29 mars, contre la politique d’austérité menée par le gouvernement, qui prévoit 150 milliards d’euros d’économies d’ici à 2014 et qui frappe les plus démunis. La pauvreté, qui gagne désormais une grande partie de la population, les expulsions de propriétaires surendettés, les milliards d’euros dilapidés pour aider les banques nourrissent la protestation qui s’exprime dans la grève.
À Madrid, dans la mouvance de la manifestation syndicale, des centaines d’autres manifestants, rassemblés à l’appel des « indignés », se sont massés en face la police qui bloquait l’accès à la Chambre basse du Parlement.
La grève générale en Espagne, comme celle du Portugal, a  contrasté avec la faible ampleur des manifestations dans les autres pays d’Europe, organisées le même jour dans le cadre d’une journée d’action de la Confédération Européenne des Syndicats « pour un contrat social pour l’Europe ».

Grève générale au Portugal


Grève générale au Portugal

s'informerLe Portugal a été paralysé hier par une grève générale. 150 000 Portugais émigrés en 2011 selon l’Observatoire de l’Emigration portugais, des salaires réduits de 200 à 300 euros par mois depuis la réforme du Code du Travail avec la réduction du coût des heures supplémentaires, quatre jours fériés supprimés, l’âge de la retraite passé de 65 à 67 ans, la diminution des traitements dans la Fonction Publique au-delà de 1 500 euros par mois, un taux de chômage de 15,8 % de la population active (870 000 chômeurs en Novembre) : telle est la situation qui a motivé le mouvement.
Seule la confédération CGTP appelait à la grève, mais plus de trente syndicats nationaux de l’autre centrale, l’UGT s’y sont joints. Arménio Carlos, dirigeant de la CGTP, a lancé : « C’est la grève générale de l’indignation ! ». Il a ajouté que, « tant que nous aurons ce Mémorandum avec la Troïka, le pays n’a pas de futur. Notre pays est progressivement colonisé, politiquement et financièrement, ce qui fragilise et remet en cause la démocratie. »
Selon les syndicats, cette grève a été l’une des plus importantes depuis le 25 Avril 1974. Des rassemblements ont eu lieu dans une quarantaine de villes. Le premier ministre, Pedro Passos Coelho, a dit que « la grève est un droit qui doit être utilisé avec modération ».
La CGTP appelle à une nouvelle grève générale, le 27 novembre, lors du vote final du budget de l’État 2013.

La crise sur le budget de l’Union européenne s’aggrave


La crise sur le budget de l’Union européenne s’aggrave

s'informerMardi, les négociations entre le Parlement européen et les États sur le budget 2013 de l’Union préparé par la Commission de Bruxelles ont de nouveau échoué. Il n’y a pas eu d’accord pour boucher le trou de 8,9 milliards d’euros de 2012. Les 670 millions d’euros prévus pour faire face au séisme d’Emilie Romagne en Italie seront cependant honorés au titre du Fonds Européen de Solidarité
Cet échec des négociations bloque actuellement 1,47 milliards d’euros de remboursement à l’Espagne, 1,58 milliards pour la Pologne et 508 millions pour la Grèce.
L’eurodéputé français Alain Lamassoure explique le blocage sur le budget 2013 par « l’impossibilité dans laquelle se trouve le Conseil des ministres de l’UE de régler le problème du reliquat de 2012 ».
Une crise semble désormais inévitable à la veille du sommet européen qui doit décider du budget pluriannuel pour 2014 – 2020.
De source AFP, le président du conseil européen Herman Van Rompuy doit faire rapidement des propositions de réduction de 75 milliards d’euros sur les 1 033 milliards de crédits d’engagements prévus par la commission européenne, pour la période 2014-2020.
Les pays bénéficiaires nets (qui reçoivent plus qu’ils ne donnent) craignent de servir de variable d’ajustement. Les pays contributeurs nets (qui versent plus qu’ils ne reçoivent), menés par la Grande Bretagne, veulent au contraire réduire leurs contributions nationales. Ce dernier camp est lui-même divisé : la France et l’Allemagne étaient prêtes à assumer une rallonge budgétaire pour 2012.

Les derniers chiffres de l’INSEE montrent que la destruction des emplois salariés s’accélère


Les derniers chiffres de l’INSEE montrent que la destruction des emplois salariés s’accélère

chômeurs pôle emploi
s'informer50 400 postes ont été perdus au troisième trimestre 2012, dont les deux tiers dans l’intérim. Ces chiffres publiés mardi par l’INSEE dans une estimation provisoire font apparaître une accélération de la destruction des emplois salariés en France.
« Il faut remonter au milieu de l’année 2009 pour retrouver une baisse de cette importance », constate le chef de la cellule conjoncture et emploi à l’INSEE. Cet « ajustement » des effectifs des entreprises à une « croissance atone » va durer « un bon moment », affirme Philippe Waechter, expert de la banque Natixis.
La dégradation de l’emploi touche maintenant le tertiaire qui, hors intérim, a perdu 3 900 postes. L’industrie continue elle à détruire de plus en plus d’emplois : 9 800 contre 7 700 le trimestre précédent.
C’est dans ce contexte que la direction de Renault, dans le cadre de la négociation en cours sur la compétitivité, a fait savoir qu’elle « pourrait s’engager à ne pas fermer d’usines en France » si « un accord global » était signé par les syndicats. Cet accord, inspiré de celui signé mardi en Espagne, devrait permettre le regroupement de ses activités industrielles en deux sites régionaux, la « mutualisation » de certaines activités, et surtout le renforcement de la mobilité du personnel en rendant obligatoires les détachements d’usine à usine qui, pour le moment, s’effectuent sur la base du volontariat et donnent droit à d’une prime. « Cela ressemble à un chantage », a déclaré un délégué syndical. « On nous dit : “ Si vous bougez, on fermera des usines ” ».

L’efficacité » du capitalisme ? l'édito de la Riposte


« L’efficacité » du capitalisme ? - Edito du n°64 

mercredi 14 novembre 2012

« L’efficacité » du capitalisme ? - Edito du n°64
Le taux de chômage vient d’atteindre le record historique de 11 % de la population active. Si on rajoute à cette statistique officielle les « chômeurs partiels » et les non-inscrits, le taux se situerait autour de 17 %. Chez les moins de 25 ans, selon les chiffres minimisés du gouvernement, le taux est de 22,7 %. Or, l’un des arguments les plus courants pour justifier le capitalisme est que la recherche du profit est génératrice de progrès technologiques et d’efficacité économique. Les inégalités sociales seraient le prix à payer pour ce bienfait. Mais que penser de « l’efficacité économique » d’un système qui n’offre aucune activité productive à une fraction aussi massive de la population ? C’est en réalité un énorme gâchis de puissance productive, mais aussi d’intelligence et de créativité potentielle de millions de personnes.
Le MEDEF nous sermonne sur la nécessité de réaliser des « gains de productivité ». Le rapport Gallois martèle ce même thème. Selon cette propagande patronale, c’est la clé de la lutte contre le chômage. Mais des gains de productivité ne signifient pas la création de richesses supplémentaires ou d’emplois. Ils ne répondent qu’à l’avarice capitaliste. Il s’agit d’augmenter la plus-value générée par les salariés dans chaque heure de travail, pour pouvoir réduire le nombre de salariés dont ils ont besoin. Un « gain de productivité » est avant tout un gain de profit. Le rapport de Louis Gallois indique une évolution de la productivité de 0,8 % par an. Et pourtant, la production globale stagne – et passera prochainement, sans doute, dans le négatif. Le nombre de chômeurs augmente massivement, mois après mois. Le « gain » n’est donc pas pour tout le monde.
Quant aux « inégalités sociales », à bien réfléchir, cette expression est très en-dessous de la réalité actuelle. Elle laisse entendre qu’il suffirait de quelques réformes, de quelques modifications marginales pour aplanir les différences de niveau de vie. Mais le problème n’est pas l’existence de simples inégalités. L’inégalité, au fond, ne serait pas aussi grave si les moins favorisés pouvaient s’en sortir. Le capitalisme nous a amené à une situation autrement plus désastreuse.
Une misère mordante est en train de ronger la santé et le moral d’une masse sans cesse grandissante de citoyens. Cette pauvreté ne concerne pas que les chômeurs. Parmi les milliers de personnes qui, tous les soirs, à Paris comme dans pratiquement toutes les grandes villes, ne mangent que grâce aux « camions de la Mairie » et autres « soupes populaires », il y a un nombre important de salariés, souvent avec leurs enfants. Ce sont des travailleurs surendettés, fichés à la Banque de France. Il y a des familles qui viennent là quand ce qu’elles ont pu acheter au supermarché n’a pas suffi à les nourrir. Or, en même temps, nous avons les capitalistes. Jamais, dans toute l’histoire de la France, on n’a connu une concentration aussi forte de richesses entre les mains d’une minorité aussi restreinte. Dans ses villas, ses châteaux, ses jets privés et ses bateaux, cette minorité parasitaire vit dans une opulence sans limite. Elle prend des décisions qui peuvent ruiner des entreprises, des industries et des communautés entières.
Personne – en dehors de la petite coterie élyséenne – n’ose prétendre que cette situation va s’améliorer. Les grandes institutions bancaires et commerciales, comme le FMI et l’OMC, craignent un « décrochage » de l’économie française dans un avenir proche. Il semblerait que le gouvernement allemand soit du même avis. Cette perspective repose sur des faits bien réels : désindustrialisation, fuite de capitaux, restriction du crédit et des dépenses publiques, augmentation massive de la dette publique, déficit commercial record, recul sur les marchés européen et mondial, demande intérieure stagnante… Par contre, quand Hollande nous assure que la « reprise » sera pour 2013 ou 2014, il ne se base sur rien. La France est à 0 % de croissance et tous les pays qui ont des liens commerciaux forts avec elle sont en récession ou, au mieux, connaissent une croissance faible ou un ralentissement. D’où viendra la reprise ? Des aubaines fiscales accordées aux plus riches, peut-être ? Non, le déclin se poursuivra.
Cette situation signifie que les capitalistes, le gouvernement et tous ceux qui profitent de l’ordre établi sont assis sur un volcan. Peut-être qu’ils le savent. Peut-être qu’ils ne le savent pas. On imagine bien des bourgeois se moquer de l’idée d’une révolution. On imagine tous ces politiciens « modérés », confortablement installés dans le décor impérial des institutions parlementaires, afficher un sourire narquois à l’idée d’un « grand soir ». Après tout, Louis XVI et Marie-Antoinette ne se croyaient menacés que par la noblesse. Quant à nous, nous ne pensons ni à une soirée, ni même à une semaine ou un mois. Mais nous pensons que le déclin du système ouvrira toute une époque de conflit entre les classes, qui finira inéluctablement par remuer la conscience et l’esprit de révolte dans la jeunesse et la classe ouvrière.
Notre rôle, en tant que communistes, est de fournir des idées et un programme révolutionnaires pour aider les travailleurs à comprendre que le vrai pouvoir en France n’est ni à l’Assemblée Nationale, ni au Sénat, ni dans les Mairies, mais dans la propriété capitaliste des banques, de l’industrie et du commerce. L’emprise des capitalistes sur les institutions, l’économie et tous les aspects de notre vie vient de là. C’est cette propriété capitaliste qu’il faut abolir.



©2002-2010 Journal communiste : La Riposte