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lundi 1 juin 2020
Scandale : le rapport d’autopsie de G. Floyd met en cause... son « état de santé » - dimanche 31 mai 2020
https://revolutionpermanente.fr
Scandale : le rapport d’autopsie de G. Floyd met en cause... son « état de santé »
Alors que des révoltes massives contre les violences policières ont éclaté depuis mardi aux Etats-Unis, la première expertise médicale conduite sous la houlette du procureur du Comté de Hennepin tente de disculper grossièrement le policier. Elle conclue que la mort de G. Floyd serait due à une combinaison entre son « état de santé », et notamment une maladie coronarienne, et l’action de la police.
dimanche 31 mai

Les révoltes suscitées dans l’ensemble des Etats-Unis par la mort de Georges Floyd, arrêté, plaqué au sol et mort des suites de l’étouffement perpétré par un policier auquel il n’a cessé de répéter « je ne peux pas respirer » [« I can’t breathe »] sous l’œil de passants qui ont filmé la scène, a généré un écho mondial. Partout, la situation aux Etats-Unis est suivie avec attention, tandis que la mort de Georges Floyd suscite une émotion et une rage virales.
A l’issue des protestations, Derek Chauvin, le policier qui a étouffé Georges Floyd a été, après avoir été licencié, finalement arrêté et inculpé pour « homicide involontaire » il y a quelques jours. Pourtant, l’impunité semble pour l’instant encore de mise pour le policier, comme c’est fréquemment le cas dans les affaires de ce type.
Le Daily Mail révélait en effet samedi que les premières conclusions du rapport d’autopsie conduit par l’expert mandaté par le procureur du Comté de Hennepin (Minnesota) nuancent de façon importante la responsabilité policière. Dans le dossier judiciaire de plainte contre Derek Chauvin, on peut ainsi trouver des éléments du rapport qui laissent entendre qu’il n’y a « pas de preuves physiques qui permettrait d’établir un diagnostic d’asphyxie traumatique ou d’étranglement » et que « M. Floyd avait des antécédents de santé, incluant une maladie à l’artère coronaire et des problèmes cardiaques d’hypertension ». Des observations qui permettent de conclure que « les effets combinés de M. Floyd, maintenu par la police, ses conditions de santé sous-jacentes et de potentielles stupéfiants dans son organisme ont probablement contribué à sa mort. »
Une analyse médicale qui n’est pas sans rappeler les multiples rapports d’experts contradictoires concernant le décès d’Adama Traoré, visant à dissimuler derrière des pathologies diverses et variées, voire imaginaires, la responsabilité policière dans la mort du jeune homme, décédé entre les mains de la police au commissariat de Beaumont-sur-Oise à l’été 2016. Une méthode réitérée très récemment par un nouveau rapport d’expert commenté sur les réseaux sociaux par le Comité Vérité et Justice pour Adama : « Les experts excluent sans aucune justification l’asphyxie positionnelle subie par Adama TRAORE pendant l’interpellation comme cause du décès. Les experts affirment qu’Adama TRAORE est décédé d’un œdème cardiogénique. »
Des conclusions honteuses face auxquelles la famille a demandé une contre-autopsie, faisant appel à Michael Baden, célèbre médecin légiste qui avait assuré la contre-autopsie de Eric Gardner arrêté et mort suite à l’utilisation par un policier d’une technique d’étranglement. Son meurtrier avait été licencié mais jamais poursuivi. Aux Etats-Unis comme en France la lutte contre l’impunité policière est un combat de longue haleine. Face à ce nouveau revers de la Justice, le Comité Adama appelle d’ailleurs à un rassemblement mardi 2 mai à 19h devant le Tribunal de Paris, Porte de Clichy afin de dénoncer le « déni de Justice ». Un rassemblement auquel il faudra être nombreux et qui, dans le contexte des mobilisations aux Etats-Unis et après des mois de confinement répressif, devrait trouver un écho très large.
Aurélien Barrau : La conquête spatiale comme faillite symbolique
« Et un lancement par Space X, entreprise privée aux mains d'un fou dangereux... Elon Musk a mutilé le ciel - au sens astronomique et au sens symbolique - avec son immonde Starlink, qui contribue de plus à l'effondrement techno-débile de notre monde. Il a commercialisé des lance-flammes, parce que c'est coooooooooool. Il a réussi à faire passer pour écolos ses voitures ultra-polluantes. Il invente de nouveaux 4X4 blindés - bientôt avec nettoyage LASER du part-brise ! - pour faire bander les super-riches-super-graves de la silly-conne valley. Il a joué à mettre une bagnole en orbite !!!! Il a déclaré l’obsolescence du langage. Il a fait pression pour que ses salariés ne soient pas confinés pendant la pandémie afin de ne pas perdre un centime de profit. Cet homme éminemment malfaisant, pour le dire le plus poliment possible, mélange de vulgarité émétique et d'arrogance pathétique, prend maintenant en main une exploration spatiale devenue obscène. Tout cela est infiniment triste et éminemment emblématique de notre profond échec. »
~ Aurélien Barrau ~
https://diacritik.com
Aurélien Barrau : La conquête spatiale comme faillite symbolique

Lespatial fascine. Les fusées font rêver. Les navettes émerveillent. Mais ce rêve contribue aujourd’hui à alimenter un peu du cauchemar à venir. Il est légitime de l’interroger. Curieusement pourtant, questionner le bienfondé du « spatial » choque, ulcère, scandalise. Comment si le cœur dur du génie humain s’était ici – et nulle part ailleurs – logé. Peut-être est-il pourtant nécessaire de dépasser ou de renverser ce mythe. Sans la moindre velléité nihiliste ou provocation aigrie, il ne s’agirait que de ré-enchanter un autre rapport à l’espace.
Loin des préoccupations presque abstraites de la cosmologie ou de l’astrophysique, la question des frontières s’est imposée avec la conquête spatiale. Non pas, me semble-t-il, au sens où les frontières auraient été ainsi repoussées – elles ne l’ont pas été – mais plutôt au sens où elles auraient finalement disparu de la surface terrestre. Il est assez frappant que, dans un constat presque naïf eu égard à son évidence, nombre d’astronautes aient souligné avec emphase le fort sentiment d’artificialité ressenti face à nos frontières étatiques. Curieusement, qu’elles soient invisibles depuis d’espace n’allait pas de soi pour eux.
Avec les fusées, l’Univers ne nous est pas devenu accessible. Rappelons que la distance entre la Station Spatiale Internationale et la Terre est comparable à celle qui sépare la peau d’une orange de la chair du fruit. Quant à la distance entre la Terre et la Lune, elle n’est, par rapport à notre Galaxie, que l’équivalent de celle d’un dixième de l’épaisseur d’un cheveu par rapport à la Terre… Et notre Galaxie n’est, elle-même, qu’une infime « molécule » dans le fluide cosmique. Il serait donc totalement insensé de ressentir nos minces explorations spatiales comme un accès réel à l’Univers profond.
La frontière disparue n’est donc pas celle qui nous sépare des espaces interstellaires. Celle-ci demeure bel et bien. Ce sont plutôt les frontières arbitraires de nos pays, de nos états, de nos nations, dont l’inexistence physique s’est imposée avec un très paradoxal étonnement aux quelques spationautes ayant pu observer la Terre depuis l’espace. Il semble que nous ayons si profondément intégré ces murs factices que leur absence dans le paysage réel nous choque drastiquement. Nous avions oublié la superficialité et l’obsolescence de ce morne quadrillage imposé au réel. Que des hommes surentrainés, surdiplômés et surqualifiés parviennent à s’étonner de la continuité du territoire ne dit pas rien.
D’autant que les frontières ne concernent finalement presque personne. Bien-sûr, elles peuvent avoir des effets létaux. Bien-sûr, les réfugiés – et l’actualité nous le rappelle tragiquement – meurent devant les frontières closes. Cette violence brutale n’est pas chimérique. Mais, à l’échelle de la Vie, les frontières n’existent pas. Des milliards de milliards de vivants appartenant à des millions d’espèces traversent chaque jour les frontières sans en avoir la moindre conscience ni la moindre gêne. Ni les oiseaux, ni les abeilles, ni les lombrics, ni les souris, ni les arbres (qui se déplacent de génération en génération), ni les microbes… ne connaissent les frontières. Notre partition du monde est presque ridicule dans son arrogante vacuité. Nous l’avions crue fondée et presque rigide.
Mais le spatial pose également une question éminemment symbolique, au-delà de ce qui concerne les seules frontières. Son intérêt scientifique est faible. Sans commune mesure avec les moyens humains et financiers qu’il requiert. La démarche est presque exclusivement symbolique. Mais de quoi est-elle le symbole ?

Les missions Apollo ne manquaient pas d’un certain panache. Un véritable parfum d’aventure, qui n’était pas surfait, accompagnait les pionniers de l’espace. Une certaine retenue – pour ne pas dire une forme de sacralité – marqua même les premières sorties extravéhiculaires. La confrontation à l’altérité radicale du sol lunaire invitait à la solennité. Malgré le patriotisme acharné qui sous-tendait la démarche – visant à rattraper le retard sur les Russes –, quand les astronautes revinrent sur Terre, il furent d’ailleurs moins accueillis en héros américains qu’en véritables ambassadeurs de l’humanité. Quelque chose de puissamment émouvant avait lieu. Quelque chose qui sonnait juste.
La symbolique ne s’est-elle pas retournée ? Très rapidement retournée. Les missions Apollo suivantes révélaient déjà un infléchissement notable des attitudes. On trouvait chez les astronautes des gestes de « cow-boys » qui plaisantaient presque grassement, roulaient des mécaniques, exhibaient un peu de leur aisance virile. La magie était déjà en partie perdue.

Aujourd’hui, une entreprise américaine s’enorgueillit d’avoir mis une automobile sur orbite, tandis que Donald Trump semble souhaiter relancer un programme lunaire tempétueux sans autre enjeu que de défier les chinois … Quel sens cela revêt-il quand la vie sur Terre se meurt ? Sans mentionner que quelques milliardaires – ayant généralement eux-mêmes largement contribué à dévaster notre planète – commencent à envisager de migrer vers l’espace lorsque la Terre sera invivable. Naturellement ils n’y parviendront pas, mais l’image est lourde, presque insupportable. D’autant que ceux qui envisagent de fuir sont les premiers responsables du naufrage.

L’éventualité de la construction d’un hôtel spatial pour ultra-riches a été récemment évoquée. Des dizaines de milliers de satellites vont sans doute être déployés – nuisant dramatiquement à la possibilité même d’une astronomie digne de ce nom – pour faciliter l’accès à Internet depuis les lieux les plus reculés du globe. Cela, d’ailleurs, sous l’impulsion de l’homme qui s’enorgueillit de commercialiser un lance-flammes pour jouer à Rambo et qui présente tout juste un pick-up quasi-blindé au dessin futuriste pour amuser les Californiens en manque de gadgets de 2 tonnes (celui-ci devrait en outre bénéficier d’une technologie de nettoyage des vitres au laser, la silicon valley pleure d’émotion devant ce prodige).
L’envolée spatiale a sans doute été – à tort ou à raison – associée à un certain héroïsme libertaire. La symbolique me semble s’être radicalement retournée. Elle relève aujourd’hui, à mes yeux, d’une sémiotique de l’arrogance. N’est-elle pas devenue un jeu de domination stérile et une fabrique de héros factices ? Hors de tout enjeu scientifique, éthique ou esthétique. Hors de toute élégance épistémique.
Alors que la crise écologique majeure qui nous menace plaide aujourd’hui – en particulier pour notre propre survie – en faveur d’une redécouverte rapide de la sobriété, quel sens y a-t-il à se ruer sur une constellation satellitaire, opérée par une société privée, permettant de décupler l’usage, terriblement énergivore, des technologie numériques ?
Les populations animales s’effondrent, les espaces sauvages fondent à vue d’œil, la température grimpe en flèche, la pollution empoisonne l’air, l’eau et les sols … la Terre va mal. C’est vers elle que les regards et les amours devraient se tourner. Elle est soumise à une agression majeure : une extinction massive qui confine en réalité à l’extermination délibérée. Quel étrange cynisme que de désirer aujourd’hui « conquérir » l’espace quand nous dévastons notre propre monde avant même de l’avoir réellement connu. Des relations symbiotiques complexes entre les arbres aux comportements subtils des insectes, en passant par les affects de petits mammifères, nous ne savons presque rien des merveilles qui nous entourent. Faut-il achever de détruire toute cette magnificence délicate émanant de milliards d’années d’évolution ininterrompue pour tourner nos regards vers les ocres monotones et exsangues du sol martien ?
Évidemment, la quête de connaissances doit se poursuivre ! Il n’est pas un instant question que la conscience écologique mette fin à l’aventure du savoir. Tout au contraire. Il est d’ailleurs vrai que certains satellites aident à comprendre le changement climatique ou à répondre à des questions astrophysiques. Mais la conquête spatiale au sens fort – en particulier les vols habités – a bien peu à voir avec l’humilité douce et patiente de l’authentique découverte du monde. Elle a pris, aujourd’hui, le visage d’une démiurgie prétentieuse.

Comme une dernière érection nihiliste, les immenses structures phalliques des fusées signent un peu de la faillite d’une humanité arrogante et aveugle. D’une humanité qui a perdu la vérité de l’ici dans sa soif d’un ailleurs fantasmé. Une humanité dont la soif de désacralisation macule jusqu’à l’inchoatif des élans qui auraient pu être dignes.
L’incapacité de l’Occident – au sens large – à déconstruire ses propres valeurs même quand, en plus des ravages néocoloniaux, elles conduisent à son propre suicide, laisse rêveur.
L’« étoffe des héros », c’est maintenant – me semble-t-il – celle des Indiens qui luttent pour la survie de la forêt, celle des réfugiés qui luttent pour la survie de leurs familles, celle des animaux qui luttent pour la survie de leurs meutes ou de leurs hordes dans un anthropocène dévasté. L’astronaute, devenu, malgré lui sans doute, l’image stéréotypée, formatée et aseptisée, de l’hubris mortifère de notre société sclérosée a perdu sa superbe. La planète qu’il faudrait apprendre à explorer – sans la conquérir – c’est la nôtre. Le temps presse et la révolution à opérer est autrement plus radicale que la découverte d’une nouvelle technologie ou d’un moteur surpuissant : il s’agit de réapprendre à aimer.
Non au monopole de Big Pharma contre notre santé !
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Le vaillant petit économiste - 40 ans de choix pourris - le 1.06.2020
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Il faut écouter le professeur Raoult !
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