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vendredi 5 juillet 2013

Delphine Batho (PS) limogée du gouvernement dénonce "le tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom"

http://parti-ouvrier-independant.fr

                         

Delphine Batho (PS) limogée du gouvernement dénonce "le tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom"

s'informerLe budget 2014 est en cours de préparation, l’objectif annoncé est une économie de 14 milliards d’euros. Mme Batho (PS), ministre de l’Ecologie du Développement durable et de l’Energie qui avait dénoncé un "mauvais budget" le matin sur une radio, a été limogée le soir même par François Hollande.
Dans sa conférence de Presse du 4 juillet, elle a relevé l’action de "forces économiques" liées au nucléaire ou à l’exploitation des gaz de schistes. En particulier, le site du magazine "Challenges" a indiqué que le président du directoire de l’entreprise Vallourec, Philippe Crouzet avait annoncé son départ depuis plusieurs semaines, ajoutant devant l’état-major américain de son groupe, qu’elle était “un vrai désastre”. Philippe Crouzet, qui est aussi l’époux de Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande, aurait précisé que « le problème Batho était en passe d’être réglé, car son influence au gouvernement allait désormais décroître ».
Mme Batho a encore ajouté : « Quelque chose a changé. Mes demandes budgétaires sont remontées à l’arbitrage du Premier ministre qui procède aux arbitrages sans discussion directe avec les ministres concernés. »
Elle a également souligné : "Ce que je n’accepte pas, ce n’est pas de faire des compromis, c’est le tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom et qui prépare la marche au pouvoir de l’extrême droite dans notre pays."

Catégories: BUDGETFINANCE

Une lettre ouverte de Pierre Tartakowsky, président de la LDH , adressée à François Hollande au sujet de la situation d’Edward Snowden.

Une lettre ouverte de Pierre Tartakowsky, président de la LDH , adressée à François Hollande au sujet de la situation d’Edward Snowden.


Le service communication LDH
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Paris, le 3 juillet 2013

Monsieur le Président,

La Ligue des droits de l’Homme souhaite attirer votre attention sur la situation de M. Edward Snowden, à qui nous devons les révélations concernant l’existence d’un programme américain collectant des renseignements sur les serveurs de différentes sociétés exerçant dans le domaine de l’Internet.

Grâce au courage de M. Snowden, le monde a appris que la National Security Agency (ci-après « NSA ») et le Federal Bureau of Investigation (ci-après « FBI ») disposent d’un accès direct aux serveurs de neuf sociétés américaines exerçant dans le domaine de l’Internet, soit Microsoft (depuis 2007), Yahoo (depuis 2008), Google, Paltalk et Facebook (depuis 2009), Youtube et Skype (depuis 2010), AOL (depuis 2011) et, enfin, Apple (depuis 2012).

C’est grâce à sa détermination que nous avons appris l’espionnage systématique dont faisaient les frais les citoyens et les institutions de l’Union européenne via le programme Prism.

Vous avez eu à cette occasion des mots forts pour dénoncer ces pratiques et exiger qu’elles cessent immédiatement. De leur côté, les autorités américaines, ainsi d’ailleurs que les grands acteurs privés directement impliqués, ont multiplié des déclarations qui vont du déni à la banalisation pure et simple d’un système d’écoute généralisé initialement présenté comme exclusivement destiné à lutter contre le  terrorisme.

Mais corrélativement à ces déclarations, les lanceurs d’alerte tels que M. Snowden sont incriminés, poursuivis et traités de façon infamante. Juan Ernesto Mendez, rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, a déclaré, concernant le soldat Bradley Manning, soupçonné d'avoir été l'informateur de Wikileaks, qu’il avait subi « un traitement cruel » en étant tenu à l'isolement pendant des mois au cours de sa détention préventive aux Etats-Unis.

Dans ce contexte, M. Snowden est légitime à penser qu'il ne bénéficierait pas d’une justice sereine et équitable sur le territoire des Etats-Unis qu’il a préféré quitter. Il est aujourd’hui demandeur d’asile, comme défenseur des droits et lanceur d’alerte. La France s’honorerait en lui offrant l’accueil qu’il mérite à ce double titre.

C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Président, d’agir en ce sens en vous remerciant d’avance de l’attention portée à notre démarche et en vous assurant de l’expression de notre haute considération.


                                                                                                                     
Pierre Tartakowsky
Président de la Ligue des droits de l’Homme


L'ECONOMIE à MI-JOURNEE, le vendredi 5 juillet 2013


     L'ECONOMIE à MI-JOURNEE, le vendredi 5 juillet 2013

                                                     (  source le MONDE )



Vents contraires pour l'Italie   
Le produit intérieur brut de la Botte devrait se contracter de 1,8 % cette année et progresser de 0,7 % en 2014, selon un rapport du Fonds monétaire international paru jeudi. L'économie italienne "montre des signes de stabilisation mais de forts vents contraires continuent de freiner la reprise", souligne-t-il. Celle-ci "devrait commencer fin 2013, soutenue par les exportations et une modeste reprise des investissements", grâce notamment au remboursement prévu d'arriérés de dettes du secteur public envers le privé, note le Fonds dans ce rapport dit "Article 4" qui conclut une mission du Fonds conduite dans le pays du 24 juin au 4 juillet. Les prévisions de ce rapport diffèrent légèrement de celles publiées en avril par le FMI, qui tablaient sur des chiffres de croissance de respectivement - 1,5 % et + 0,5 %. L'Italie a pris des mesures audacieuses depuis la crise financière de 2011, mais les perspectives de croissance demeurent "faibles", le chômage"intolérablement élevé" et l'opinion du marché à son encontre "fragile", soulignant que "le travail est loin d'être achevé", souligne le Fonds.
La reprise est "difficile", soulignent les experts : si la confiance des entreprises et des ménages s'est améliorée, elle n'est pas encore en mesure d'entraîner l'activité et l'emploi. Quant aux pressions des marchés sur sa dette souveraine, elles se sont atténuées, de même que la nécessité d'ajuster le budget, mais les conditions de financement n'en demeurent pas moins serrées, restrictives pour la consommation privée", soulignent-ils. Les efforts de l'Italie devraient "être complétés au niveau de la zone euro par des mesures pour renforcer l'union monétaire et soutenir la croissance", juge encore le FMI, qui appelle à "davantage de progrès dans l'union bancaire" et au renforcement du marché commun via la directive des services.
Le déficit extérieur se creuse à nouveau
Le déficit commercial de la France s'est fortement creusé de plus de 1,5 milliard d'euros en mai, à 6,01 milliards, ont annoncé vendredi les Douanes. Le solde entre les importations et les exportations repasse la barre des 6 milliards de déficit mensuel pour la première fois depuis juin 2012. En avril, il s'était établi à 4,5 milliards. Selon les Douanes, "le reflux des livraisons de matériels de transport s'avère déterminant, mais le repli des ventes d'équipements électroniques et électriques est également significatif". Les exportations s'élèvent en mai, à 36,1 milliards d'euros (contre 37,7 milliards en avril), soit une des plus mauvaises performances mensuelles depuis 2011, année noire pour le commerce extérieur français. "Après deux mois à très haut niveau, les livraisons de produits des industries aéronautiques et navales refluent", et "le repli est également sensible pour l'industrie ferroviaire", expliquent les Douanes. 
Le repli des exportations est marqué en dehors de l'UE, notamment vers l'Asie, le Proche et Moyen-Orient et l'Afrique. Les importations de leur côté s'élèvent à 42,1 milliards en mai. Les achats de matériels de transport, principalement dans l'industrie automobile, mais aussi d'équipements informatiques et de matériel électrique refluent, ce qu'atténuent largement de très importants achats pharmaceutiques à l'Irlande, une reprise des importations de téléphones portables fabriqués en Chine et une nouvelle hausse du montant des approvisionnements énergétiques.

Spanghero choisi pour reprendre son ancienne usine
Le tribunal de commerce de Carcassonne (Aude) a retenu vendredi l'offre de reprise de Laurent Spanghero et de ses associés pour le groupe de viande et de produits cuisinés, frappé par le scandale des plats à la viande de cheval. Une autre offre, déposée par les entreprises Delpeyrat et Deveille et soutenue par une partie des salariés, avait été jugée irrecevable par le tribunal le 2 juillet. L'offre de Laurent Spanghero, un ancien rugbyman international qui avait cofondé l'entreprise avant de la vendre, en 2009, à la coopérative basque Lur Berri, permettra de sauver 90 des 240 emplois de l'entreprise de Castelnaudary (Aude). Cette usine avait été désignée en février dernier comme la principale responsable du scandale européen de la viande de cheval et avait perdu l'essentiel de ses clients. 
Le projet porté par Laurent Spanghero est soutenu par un promoteur immobilier de Narbonne, Jacques Blanc, et une société d'investissement, Investeam.
Samsung attend des bénéfices record mais déçoit le marché...
Le groupe sud-coréen a annoncé vendredi qu'il s'attendait à de nouveaux bénéfices record au deuxième trimestre et cependant inférieurs aux prévisions du marché, pessimiste quant aux ventes du Galaxy S4, rival de l'iPhone 5 d'Apple. Samsung escompte un bénéfice opérationnel compris entre 9 300 milliards de wons (8,2 milliards de dollars) et 9 500 milliards (8,3 milliards de dollars) sur la période avril-juin. Cela représente une augmentation de 47 % par rapport aux bénéfices de 6 460 milliards de wons de l'an dernier, a indiqué le leader mondial des smartphones, des puces électroniques et des télévisions à écran plat. 
Mais les analystes prévoyaient un bénéfice opérationnel de plus de 10 000 milliards de wons pour le deuxième rapport intermédiaire de 2013. "La demande en smartphones haut de gamme, à prix élevé, accuse une croissance ralentie, ce qui pèse sur la marge bénéficiaire de Samsung", estime Lee Seung-woo chez IBK Investment and Securities. La plus grande firme technologique de la planète en termes de revenus a perdu près de 30 milliards de dollars en capitalisation boursière depuis la mi-mars, avant le lancement du Galaxy S4 le 26 avril. 
TEXTOS
Brésil : la production automobile au Brésil a grimpé de 18,1 % au premier semestre de cette année, tandis que les ventes ont progressé de 4,5 % et les exportations de
7,2 %, a indiqué jeudi l'Association des
fabricants de voitures (Anfavea). De janvier à juin, le Brésil a produit 1,86 million de véhicules et en a vendu 1,8 million sur le marché interne. Les exportations se sont élevées à 7,9 milliards de dollars. 
Chine-UE : les autorités chinoises proposent de plafonner le volume de leurs exportations annuelles de panneaux solaires vers l'Union européenne et de fixer un prix minimal afin de mettre un terme au litige commercial entre les deux parties, écrit vendredi le Shanghai Securities News.
Energie éolienne : les groupes français GDF Suez et Areva étudient"très sérieusement" un partenariat dans le cadre du second appel d'offres lancé par le gouvernement sur l'éolien en mer, écrit Le Figaro. 
Espagne : la production industrielle a poursuivi sa chute en mai, reculant de 1,3 % après une baisse de 1,5 % en avril et de 0,8 % en mars.
Pays émergents : l'indice HSBC Emerging Markets (EMI), un indicateur mensuel dérivé des enquêtes PMI de Markit, a plongé à 50,6 en juin, ce qui indique qu'uneaugmentation marginale de la production sur les marchés émergents mondiaux. Le chiffre est le plus bas en plus de quatre ans. L'économie a reculé en Chine, stagné en Russie et progressé faiblement en Inde et au Brésil.
Air France-KLM : malgré la grève des contrôleurs aériens européens, l'activité passage du mois de juin 2013 a enregistré une hausse du trafic de 2,5 % pour des capacités en augmentation de
1,3 %, indique uncommuniqué vendredi. Le groupe a transporté 7,0 millions de passagers (+ 1,6 %). 
Zone euro : "J'ai toujours dit que la crise de la dette en Europe ne serait pas réglée par une action décisive en une soirée, mais que ce serait un processus long fait de nombreuses étapes et mesures. Nous avons déjà bien avancé sur cette voie, mais il reste encore beaucoup de problèmes à régler", a rappelé Mme Merkel, dans un entretien à l'agence de presse allemande DPA.
ÉTUDES
SANTÉ
Les dépenses de santé continuent de stagner dans les pays de l'OCDE
Source : OCDE.
DIVERS (1)
Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en passe d'être atteints, à condition de redoubler d'efforts
Source : ONU.
SECTEUR FINANCIER
La finance islamique en Europe
Source : Banque centrale européenne.
DIVERS (2)
Pêcher dans le même bateau ? Les forces à l'exportations et la compétitivité de la Chine et des 10 pays de l'Europe centrale, de l'Est et du Sud-Est membres de l'UE
Source : Banque centrale européenne.

53 %
Une petite majorité de Français serait favorable à un allongement de la durée de cotisation pour équilibrer les régimes de retraite, solution privilégiée par le gouvernement, selon un sondage CSA pourLes Echos et l'Institut Montaigne. Sur 1 000 personnes interrogées les 2 et 3 juillet, 53 % se déclarent favorables à l'allongement de la durée de cotisation jusqu'à 43 ans pour garantir le financement du système par répartition. A l'inverse, 45 % y sont opposés. Les plus favorables à cette mesure sont les retraités (59 %), les jeunes (59 % des 18-24 ans) et les cadres (62 %). Les personnes de 35 à 49 ans et les ouvriers y sont majoritairement opposés (respectivement
50 % et 56 % contre). Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a entamé jeudi des consultations avec les partenaires sociaux sur une réforme des retraites qu'il souhaite pouvoir présenter à la mi-septembre. 

CAC 40

12:09 05/07/20133 802,11 - 0,19 %
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PALMARES CAC 40
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 SOCIETE GENERALE  27,730  + 1,93 % 
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 LEGRAND  37,715  + 1,29 % 
 VEOLIA ENVIRONNEMENT  8,661  + 1,14 % 
 STMICROELECTRONICS  7,382  + 0,67 % 
 VIVENDI  14,675  - 0,98 % 
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Que veut le Brésil ?
"Toutes mes excuses pour la gêne occasionnée, nous changeons le pays", indique une des affiches les plus reproduites lors des manifestations au Brésil, qui ne cessent de s'amplifier depuis la hausse de 20 centimes de reais des tarifs d'autobus de la ville de Sao Paulo.

Ce qui passait pour un mouvement marginal, critiqué même à l'origine pour les embouteillages supplémentaires qu'il créait, a rapidement gagné en vigueur et en popularité. Plus d'un million de personnes se sont réunies le 20 juin 2013 pour montrer leur indignation et leur colère à une classe politique surprise et quelque peu débordée.

Pourquoi cette indignation et cette colère ?

Pour répondre à cette question, il faut examiner d'abord les forces qui ont donné naissance à ce soulèvement populaire pour voir, ensuite, quelles ont été les premières réactions du gouvernement de la première femme élue présidente au Brésil, Dilma Roussef.

Pour le dire simplement, la belle histoire d'un « pays émergent » en croissance accélérée depuis près de dix ans, largement diffusée internationalement, ne s'applique pas au quotidien de la majorité des citoyens brésiliens. Ceux-ci sont frustrés par une inflation élevée, des prix indécents en particulier dans le secteur alimentaire et immobilier, une violence urbaine scandaleuse, des services publics inefficaces - particulièrement dans le domaine de l'éducation, du transport et de la santé - et des infrastructures publiques absolument dysfonctionnelles.

De plus, il faut surtout rappeler les innombrables cas de corruption pour comprendre la fureur du Brésil. L'exemple le plus emblématique étant le « mensalao » (grosse mensualité), un système de pots-de-vin et d'achats de votes de députés au Congrès de Brasilia par le Parti des Travailleurs (PT), dévoilé en 2005 lorsque Lula était président. Alors que celui-ci avait été élu à travers le slogan de « l'espoir", cette affaire a révélé au grand jour les manœuvres du PT pour élargir sa base électorale aux dépends de l'argent public. Avec des taux d'imposition comparables à ceux des pays riches, les citoyens sont lassés de voir leur argent mal dépensé ou finir dans de mauvaises mains.

Ainsi, que le Brésil soit devenu, enfin, un « géant éveillé » aux yeux des étrangers ne les console guère...
Lu sur Telos

TITRES DE L'ÉCONOMIE
Les Echos : Ces impôts cachés qui flambent
Le Figaro Economie : Draghi calme l'inquiétude des marchés
The Wall Street Journal : La BCE promet de garder les taux d'intérêt bas
International Herald Tribune : La Chine teste une zone de libre-échange à Shanghaï

La deuxième révolution égyptienne

http://www.lariposte.com

                             La riposte

La deuxième révolution égyptienne 

jeudi 4 juillet 2013

La deuxième révolution égyptienne

Morsi a été renversé. Une fois de plus, le magnifique mouvement des masses a montré au monde entier le vrai visage du peuple égyptien. Cela prouve que cette révolution, dont beaucoup pensaient – y compris à gauche – qu’elle s’était embourbée, conserve toujours d’immenses réserves sociales.
Contrairement à la propagande qui présente la chute de Morsi comme un « coup d’Etat », il s’agissait d’une authentique insurrection populaire d’envergure nationale. C’était la deuxième révolution égyptienne. Avec plus de 15 millions de personnes dans les rues, ce soulèvement populaire – sans précédent historique – était encore plus massif que celui qui a renversé Moubarak il y a deux ans.
Une révolution signifie l’irruption sur la scène de l’histoire de millions de gens politiquement inexpérimentés. Ils n’ont pas lu de livres marxistes et n’appartiennent à aucun parti. Mais ils sont le véritable moteur d’une révolution – et la seule garantie de son succès.
Dans les premières étapes d’une révolution, les masses sont confuses et naïves. Naturellement ! Qui était là pour les éduquer ? Qui va le faire maintenant ? Les masses n’apprennent qu’à travers leur expérience et leurs mobilisations, dans le plus grand livre de tous : le livre de la vie. Et une fois la révolution engagée, le peuple apprend vite. Les hommes et les femmes dans les rues du Caire, d’Alexandrie et d’autres villes ont davantage appris au cours de ces derniers jours que pendant toute leur vie. Ils ont surtout pris conscience de leur force collective face aux politiciens, aux bureaucrates, aux généraux et aux chefs de la police.
Un coup d’Etat ?
La réaction des impérialistes à ces événements est un mélange de peur, d’impuissance et de perfidie. Le gouvernement américain a dû se contenter d’intriguer en coulisse avec les sommets de l’armée égyptienne.
La soi-disant « presse libre » d’Europe et des Etats-Unis a produit sa quantité habituelle de mensonges et de distorsions. Selon le mensonge le plus flagrant, Morsi aurait été renversé par un « coup d’Etat ». Or, tout le monde sait que les chefs de l’armée avaient conclu un accord avec Morsi et les Frères Musulmans : ces derniers ont accédé au pouvoir formel à condition de laisser intact l’appareil d’Etat. Par ailleurs, les assassins et les bourreaux de l’ancien régime, celui de Moubarak, n’étaient pas inquiétés. Aucun général et aucun officier de police n’a été jugé pour ses crimes contre le peuple. Ils pouvaient continuer de piller l’Etat, comme avant. Simplement, les riches hommes d’affaires qui s’abritent derrière les Frères Musulmans étaient invités à participer au pillage.
Si les chefs de l’armée ont décidé de renverser Morsi, c’est uniquement parce que le mouvement révolutionnaire les y a forcés. Les généraux craignaient que les masses se saisissent du pouvoir, s’ils n’agissaient pas. Ils ont décidé de sacrifier Morsi pour sauver ce qui pouvait l’être du vieil appareil d’Etat – et surtout de leurs richesses, pouvoirs et privilèges.
« Démocratie »
Les médias capitalistes affirment que Morsi était le « premier président égyptien démocratiquement élu », qu’à ce titre il était « légitime » et que donc le peuple aurait dû attendre patiemment les prochaines élections, comme le font les travailleurs « civilisés » de France, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis…
Lorsque cet argument puéril a été rapporté à un manifestant, place Tahrir, il a simplement répondu : « Mais c’est une révolution ! » C’est une très bonne réponse. Depuis quand les révolutions courbent l’échine face aux lois, aux institutions et aux gouvernements existants ? Par sa nature même, une révolution s’efforce de renverser l’ordre établi, ses lois et ses valeurs. Demander à une révolution de respecter les institutions et les personnalités qu’elle s’efforce de balayer, c’est lui demander de renoncer à elle-même.
Par ailleurs, l’idée selon laquelle le gouvernement de Morsi était démocratique est complètement fausse. Il n’était démocratique ni par sa façon d’arriver au pouvoir, ni par sa façon de l’exercer. La majorité des Egyptiens n’ont pas voté pour Morsi. Lors du premier tour de la présidentielle, seuls 46 % des inscrits sur les listes électorales sont allés aux urnes. Et les méthodes de Morsi n’étaient pas différentes de celles de Moubarak. Elles étaient d’ailleurs appliquées par les mêmes personnes. Au cours des douze derniers mois, des centaines de manifestants ont été tués et des milliers persécutés, battus et emprisonnés parce qu’ils se mobilisaient politiquement contre le gouvernement.
Des pogromes étaient organisés contre les Chrétiens, les Shiites et d’autres minorités religieuses. Les droits des travailleurs étaient systématiquement bafoués. 21 supporters de football innocents ont été condamnés à mort. Des femmes étaient sexuellement agressées en pleine rue pour être intimidées et soumises. Morsi s’est accordé des pouvoirs spéciaux qui allaient bien au-delà de la constitution.
A présent, des « démocrates » conseillent aux travailleurs de patienter jusqu’aux prochaines élections. Mais ces « démocrates » sont bien nourris et vivent dans de belles maisons. Ils peuvent se permettre d’être patients. La démocratie bourgeoise qu’ils défendent leur réussit. Les masses, elles, ne peuvent pas attendre. Elles ont eu faim, ces douze derniers mois, pendant que d’autres vivaient dans l’abondance. Elles manquaient de logements, pendant que d’autres vivaient dans le luxe. Parmi ceux qui avaient voté pour Morsi dans l’espoir d’une amélioration, beaucoup sont amèrement déçus.
Pour les travailleurs, la « démocratie » n’est pas un mot creux. La révolution égyptienne n’a pas été menée pour fournir des emplois bien payés à des politiciens professionnels. C’était une révolte massive contre la pauvreté, le chômage et l’exploitation. Dans une révolution, l’humeur de la population change très rapidement. A l’inverse, la pesante machine de la démocratie parlementaire est lente et toujours en retard sur les événements. La prétendue « légitimité » de Morsi ne reposait que sur le vote d’une minorité – et même sa base sociale d’alors s’est largement évaporée, depuis.
Les étapes de la révolution égyptienne
Une révolution n’est pas un drame en un acte. Elle se développe à travers une série d’étapes au cours desquelles les masses cherchent une issue à la crise et testent successivement plusieurs partis et dirigeants. Les premières étapes sont caractérisées par l’entrée explosive des masses dans l’arène politique. Faute d’expérience politique, elles cherchent la ligne de moindre résistance. Mais elles apprennent vite que la voie la plus « facile » se révèle en fait la plus douloureuse et la plus difficile.
En l’absence d’un puissant parti révolutionnaire, une section des masses s’est tournée vers les Frères Musulmans, c’est-à-dire le seul parti d’« opposition » sérieusement organisé à l’époque. Les dirigeants de ce parti, experts en déception, ont soigneusement caché leurs intérêts matériels et de classe derrière une rhétorique démagogique. Mais une fois au pouvoir, ils ont dû montrer ce qu’ils sont réellement. Ils ont conclu un accord avec les généraux et ont trahi les espoirs de leurs électeurs, qui se sont alors très rapidement retourné contre eux, ce qui a mené à la situation actuelle. Cela représente une étape nouvelle et un saut qualitatif de la révolution égyptienne.
Il y aura toute une série de flux et de reflux, une succession de gouvernements instables, parce qu’il n’existe aucune solution aux problèmes de l’Egypte sur la base du capitalisme. Il y aura de nouveaux soulèvements, mais aussi des périodes de fatigue, de déception, de désespoir et même des défaites. Mais chacun de ces reculs sera suivi de nouvelles explosions.
Les masses peuvent-elles prendre le pouvoir ?
Des comités révolutionnaires ont émergé à travers le pays. Une grève générale était engagée. Des millions de personnes manifestaient. Le gouvernement était suspendu en l’air. Les bâtiments gouvernementaux étaient occupés par des gens ordinaires, rejoins parfois par des soldats et des officiers. Des policiers en uniforme participaient aux manifestations pour exprimer leur solidarité.
Cette fois-ci, le gouvernement n’a pas tenté d’envoyer l’armée place Tahrir, de peur que les soldats soient contaminés par la fièvre révolutionnaire. Les sommets de l’armée ont arrêté Morsi parce qu’ils n’avaient pas d’alternative. Sans cela, il était possible que l’armée se brise en deux, sous la pression du mouvement, avec une section de jeunes officiers se dirigeant vers la gauche, comme en 1952 avec Nasser. En l’absence d’un parti révolutionnaire fort, ce scenario demeure une possibilité.
Morsi a été renversé par une révolution, tout comme le Tsar de Russie en février 1917. Mais l’expérience de la révolution russe montre qu’il ne suffit pas de renverser le vieux régime. Il faut mettre quelque chose à la place. Dans le cas de la Russie, l’existence du parti bolchevik sous la direction de Lénine et Trotsky fut le facteur décisif qui a permis à la révolution de triompher. Mais un tel parti n’existe pas en Egypte. Il doit être construit dans le feu des événements.
En réalité, c’est le peuple qui a le pouvoir en Egypte. Mais s’il n’est pas organisé, ce pouvoir peut lui glisser des mains. Lorsque le mouvement reflue et que les gens retournent à leur vie quotidienne, les politiciens professionnels et les carriéristes détournent la révolution et négocient de perfides accords dans le dos du peuple. Alors rien ne change – et le peuple doit reprendre plus tard le chemin de la lutte massive.
Les critiques bourgeois de la révolution disent : « les gens ne sont pas raisonnables. Les problèmes de l’Egypte sont trop profonds pour être réglés en quelques mois ». Oui, c’est vrai, ces problèmes sont très sérieux. Mais précisément pour cette raison, ils ne peuvent pas être réglés par des demi-mesures. Et le fait est que la racine des problèmes n’est pas telle ou telle administration, tel ou tel président. La racine des problèmes, c’est la crise du capitalisme. Ils ne pourront être réglés que par le renversement du capitalisme et son remplacement par une économie nationalisée et planifiée sous le contrôle démocratique de la classe ouvrière.
L’armée ne peut pas garder le pouvoir, mais elle tentera probablement de former un gouvernement soi-disant « technocratique » dirigé par un bourgeois libéral du genre d’El Baradeï. Il y a sans doute des illusions dans l’armée, au sein du peuple, bien que l’autorité de l’armée ne soit pas aussi grande que les médias occidentaux le prétendent. Les gens les plus conscients n’ont pas d’illusion dans l’armée. Les éléments les plus combatifs de la jeunesse sont réunis autour de la coalition dénommée Tamarrod, qui a donné une forme aux aspirations révolutionnaires des masses.
Les gens comme El Baradeï ne peuvent pas résoudre les problèmes du peuple égyptien. Mais alors, comment les résoudre ? Les travailleurs russes avaient formé des « soviets » – des conseils ouvriers – pour donner une expression organisée à leur mouvement. En Egypte aussi des comités révolutionnaires ont commencé à émerger. Ils représentent le moyen d’exprimer adéquatement les aspirations des masses. Ces comités devraient être liés au plan local, régional et national. Cela représenterait une alternative démocratique et révolutionnaire à l’Etat bourgeois corrompu et répressif.
Le peuple d’Egypte ne peut pas attendre que l’armée ou quiconque prenne des décisions à sa place. Le contrôle ouvrier doit être immédiatement introduit dans les usines pour assurer la production, protéger les conditions et les droits des travailleurs et en finir avec la corruption des bureaucrates.
Pour défendre la révolution contre des attaques terroristes des partisans de Morsi et des éléments islamo-fascistes, les travailleurs doivent être armés et organisés dans une milice liée aux comités révolutionnaires. Des tribunaux populaires doivent être constitués, en lien avec les comités révolutionnaires, pour arrêter et juger tous les coupables de crimes contre le peuple.
Nos mots d’ordre :
1) Du pain ! Du travail ! Des logements !
2) Confisquer les richesses de ceux qui pillent l’Egypte depuis des générations, afin de reconstruire le pays.
3) A bas les capitalistes et bureaucrates qui nous ont volés et exploités !
4) Pour un gouvernement des travailleurs et des paysans qui nationalise les banques et grands groupes industriels sous le contrôle démocratique du peuple. 
5) Pour un vaste programme de travaux publics pour construire des écoles, des hôpitaux, des routes et des logements, ce qui permettra à la fois de donner des emplois aux chômeurs, un logement digne à tous ceux qui n’en ont pas et de reconstruire les infrastructures du pays.
6) Former des comités d’action élus dans tous les quartiers, entreprises, écoles et universités.
7) Ne faites confiance qu’à vous-même et vos comités populaires et démocratiques.
8) Contrôlez vos dirigeants. S’ils ne font pas ce que vous attendez d’eux, remplacez-les par d’autres qui le feront.
9) Tout le pouvoir aux comités révolutionnaires !
10) Vive la révolution socialiste arabe !
Alan Woods (pour la Tendance Marxiste Internationale)

à lire sur le MONDE.fr ce vendredi 5 juillet 2013

                                    

VENDREDI 5 JUILLET 2013

  
La justice ordonne à Mediapart et au "Point" de retirer les enregistrements Bettencourt
 
La justice a ordonné jeudi au "Point" et à Mediapart de retirer de leurs sites Internet respectifs les retranscriptions des enregistrements pirates réalisés chez Liliane Bettencourt par son majordome.
 
 
 
 Léon Bertrand a été condamné dans une affaire d'attribution illégale de marchés publics en Guyane. 
L'ancien ministre UMP Léon Bertrand condamné à 3 ans de prison
 
Le maire de Saint-Laurent-du-Maroni était poursuivi dans une affaire d'attribution illégale de marchés publics en Guyane. Il a fait appel.
 
 
 
 Plus de deux ans après la révolution, le regard de l'immigration tunisienne sur le pionnier des printemps arabes est loin d'être monolithique. 
En France, la diaspora tunisienne croit prudemment à la "transition"
 
Depuis la France, tous les membres de la diaspora tunisienne ne portent pas le même regard sur l'évolution de leur pays d'origine.
 
 
 


 La banque suisse Reyl dément avoir des personnalités politiques françaises comme clients. 
La banque Reyl dément abriter les comptes en Suisse de politiques français
 
Pierre Condamin-Gerbier avait affirmé disposer d'une liste "d'une quinzaine" de noms d'ex-ministres ou d'actuels ministres détenteurs de tels comptes, estimant que Jérôme Cahuzac n'était qu'un "fusible".
 
 
 
 Marion Bartoli, le 4 juillet à Wimbledon. 
Marion Bartoli se hisse en finale de Wimbledon
 
La Française a corrigé jeudi après-midi l'une des révélations du tournoi, la Belge Kirsten Flipkens, 6-1 6-2. Elle affrontera samedi l'Allemande Sabine Lisicki.
 
 
 
 Les cyclistes français veulent-ils la mort de leur sport ? Après Sylvain Chavanel mercredi, Julien El Farès s'est vu accuser hier par l'Union cycliste internationale (UCI) de souiller l'image du vélo. 
Tour de France, étape 7 : bidon collé, montagnette, Toulouse-Lautrec
 
Les cyclistes français veulent-ils la mort de leur sport ? Après Sylvain Chavanel mercredi, Julien El Farès s'est vu accuser hier par l'Union cycliste internationale (UCI) de souiller l'image du vélo.
 
 

 
 
 Edward Snowden. 
Si Snowden entrait en France, "la police serait tenue de l'interpeller"
 
"Le Monde" a recueilli les explications du ministère de l'intérieur sur le refus d'accorder une protection à l'Américain.
 
 
 
 Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, en déplacement à Grenoble pour un discours sur la sécurité, le 30 juillet. 
Rejet des comptes : scénario catastrophe à l'UMP
 
L'UMP vivait sous le couperet de la décision du Conseil constitutionnel, qui a confirmé jeudi le rejet des comptes de campagne de l'ancien président.
 
 
 
 Delphine Batho quitte l'Assemblée nationale, jeudi 4 juillet, après la conférence de presse donnée pour expliquer les circonstances de son limogeage. 
Pourquoi Delphine Batho cible-t-elle le groupe Vallourec ?
 
L'ex-ministre s'étonne de propos tenus par le PDG de l'entreprise lors d'un voyage aux Etats-Unis qui, selon elle, annonçaient son départ du gouvernement.
 
 
 
  
Egypte : l'armée appelle à la "réconciliation", les islamistes à manifester
 
Les militaires assurent qu'ils ne prendront pas de "mesure arbitraire", mais plusieurs responsables des Frères musulmans ont déjà été arrêtés.
 
 
 
 Le projet de loi sur le cumul des mandats s'appliquerait à tous les élus locaux.  
Cumul des mandats : l'Assemblée adopte la principale mesure du projet de loi
 
Un élu n'aura plus le droit d'exercer une fonction exécutive locale. L'interdiction d'exercer plus de 3 mandats parlementaires a en revanche été supprimée.
 
 
 
 Epreuve du bac au lycée Pasteur de Strasbourg, le 17 juin 2013. 
Bac : que faire en cas d'échec ?
 
Les résultats du bac seront connus, vendredi à 10 heures. Que faire en cas d'échec ?