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samedi 6 avril 2013

Cinq idées pour moraliser la vie politique après l'affaire Cahuzac

                                                        

Cinq idées pour moraliser la vie politique après l'affaire Cahuzac

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L'Assemblée nationale, lors des débats sur la refondation de l'école, le 11 mars 2013.
L'Assemblée nationale, lors des débats sur la refondation de l'école, le 11 mars 2013.
(CHAMUSSY / SIPA)

Trois jours après les aveux de Jérôme Cahuzac sur son compte à l'étranger, mardi 2 avril, les appels à la "moralisation" de la vie politique pleuvent, à droite comme à gauche. En pleine crise de défiance des Français, chacun réclame de nouvelles mesures pour rendre les hommes politiques plus vertueux. Le PS continue de prôner "la République exemplaire" quand l'UMP estime que les annonces de François Hollande sur le sujet sont insuffisantes. Pour éclairer le débat, retour sur cinq pistes pour moraliser la vie publique.

1 Publier les déclarations de patrimoine des élus

En France, la Commission pour la transparence financière de la vie politique est chargée de vérifier que le patrimoine des élus n'augmente pas anormalement durant leur mandat, mais la loi prévoit que "la commission assure le caractère confidentiel des déclarations reçues". François Hollande s'est engagé mercredi à changer cela, et à mettre en place une mesure pour "assurer la publication et le contrôle sur le patrimoine des ministres et de tous les parlementaires". Pour ce type de mesure, la France pourrait s'inspirer du Canada. Comme l'explique Le Figaroce pays "fait figure d'exemple concernant le contrôle patrimonial des élus". Un commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique (lien en anglais) pour la Chambre des communes, et un conseiller à l'éthique pour le Sénat contrôlent de manière drastique les déclarations des élus et en rendent des résumés publics. 

2 Durcir la lutte contre les conflits d'intérêts

"Nombreux sont les exemples de parlementaires exerçant parallèlement à leur mandat d’intérêt général des activités rémunérées de conseil, telle l’activité d’avocat d’affaires", observe l'organisation Transparency International France à propos des conflits d'intérêts. Sont aussi en cause les activités de lobbying : en 2010, la présidente de l’Association française des conseils en lobbying (AFCL), interrogée par Libération, affirmait ainsi qu'une "cinquantaine d’assistants parlementaires" étaient"payés par des grandes entreprises" pour mener secrètement "des actions de lobbying". Pour Martin Hirsch, président de l'Agence du service civique, s'exprimant sur Le Plus, les conflits d'intérêts sont "l'antichambre de la corruption". Auteur d'un livre sur le sujet, il ajoute que "notre démocratie ne sera reconsolidée que le jour où l'on acceptera de durcir drastiquement le régime des incompatibilités." 

3 Obliger les ministres à se soumettre à une enquête préalable

Aux Etats-Unis, tout candidat à un poste de ministre doit se soumettre à une enquête préalable très fouillée. On appelle cela le vetting process. Comme le rappelle l'AFP, fin 2008, ceux qui souhaitaient rejoindre la Maison Blanche ont dû remplir un questionnaire de 60 pages, examiné à la loupe par des juristes. Et un ministre pressenti, l'ex-sénateur Tom Daschle, avait dû renoncer à devenir ministre de la Santé lorsqu'on a découvert qu'il avait été en délicatesse avec le fisc. Pour Fabienne Sintes, correspondante de France Info aux Etats-Unis, cela ne fait pas de doute : si Jérôme Cahuzac avait subi un vetting process"les revenus de sa clinique [auraient été] passés au crible, le contenu de ses déclarations d’impôt [auraient été] épluchés sur les dix dernières années, son divorce douloureux et ses partenaires de boxe auraient allumé plus d’un gyrophare ; et probablement tracé une flèche jusqu’à la Suisse".   

4 Créer une autorité de déontologie

Transparency France réclame depuis plusieurs années déjà "le renforcement des instances de contrôle". Pour cela, l'exécutif pourrait s'appuyer sur une préconisation du rapport Sauvé, du nom de l'un de ses auteurs, Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d'Etat. Réalisé en 2011 à la demande du président Nicolas Sarkozy, en pleineaffaire Bettencourt, le rapport propose la création d'une "autorité de déontologie de la vie publique" composée de magistrats de la Cour des comptes, du Conseil d'Etat et de la Cour de cassation. Cette autorité, qui reprendrait les attributions de l'actuelle Commission pour la transparence financière de la vie politique et de la Commission de déontologie de la fonction publique, aurait des pouvoirs d'investigation élargis, notamment en matière fiscale. 

5 Augmenter les moyens humains et financiers contre la fraude fiscale

Pour lutter vraiment contre la corruption, il faut s'en donner les moyens. En terme de fraude fiscale, "aucun véritable combat n'a jamais été mené, alors que nous savons qu'au moins 150 000 Français ont des comptes à l'étranger", estime l'ex-candidate écologiste à la présidentielle, Eva Joly, dans un entretien à Métro. Pour y faire face, elle a réclamé durant la campagne le recrutement de "3 000 inspecteurs dédiés à la traque de la grande fraude fiscale". Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, affirme lui aussi que "les moyens de la lutte contre l'évasion fiscale et les fraudes doivent être renforcés"
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Affaire Cahuzac : Gilles Carrez demande des explications à Pierre Moscovici

                                                      

Affaire Cahuzac : Gilles Carrez demande des explications à Pierre Moscovici

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      Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici lors d'une conférence à l'ENA, le 4 avril 2014.
Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici lors d'une conférence à l'ENA, 
(PATRICK HERTZOG / AFP)

En tant que président de la commission des finances de l'Assemblée, le député Gilles Carrez (UMP) a eu accès aux documents de Bercy sur l'affaire Cahuzac. Après les avoir consultés, il a adressé, vendredi 5 avril, un courrier à Pierre Moscovici. Il y soulève trois questions concernant la manière dont le ministre de l'Economie s'est entretenu avec l'administration suisse. 
Pourquoi la demande d’entraide fiscale adressée le 24 janvier par Bercy à la Suisse "ne portait-elle que sur l’éventualité de l’existence d’un compte à la banque UBS ?" demande Gilles Carrez à Pierre Moscovici. Il note que la convention fiscale franco-suisse permettait pourtant "d’élargir la recherche à tous les établissements bancaires". En effet, dans un accord du 11 février 2010 sur l'interprétation de cette convention, il est précisé que "dans le cas exceptionnel où l'autorité requérante présumerait qu'un contribuable détient un compte bancaire dans l'Etat requis, sans pour autant disposer d'informations lui ayant permis d'identifier avec certitude la banque concernée, elle fournira tout élément en sa possession de nature à permettre l'identification de cette banque." 

Demande d'informations "complémentaires"

Gilles Carrez demande ensuite au ministre de l'Economie pourquoi il n'a visé que les établissements de l'UBS en Suisse, "sans viser ses filiales dans d’autres Etats, notamment à Singapour". Et ce alors que Mediapart avait affirmé que le compte de Jérôme Cahuzac avait été transféré dans ce paradis fiscal asiatique.
Enfin, le député pose une troisième question : "Dans quelle mesure les règles de prescription applicables en droit français pouvaient-elles exclure toute demande d'information sur la période antérieure à 2006 ?"

Le Sénat va demander des informations complémentaires

Le président UMP de la commission des finances au Sénat, Philippe Marini, qui a également pu consulter le dossier fiscal de Jérôme Cahuzac et la réponse d'UBS, a indiqué vendredi qu'il allait lui aussi demander à Pierre Moscovici des informations"complémentaires".
Jeudi, dans un communiqué, Christian Eckert (PS), le rapporteur général du Budget, avait estimé, après avoir eu accès aux mêmes documents, que les rôles de l'administration fiscale et du ministre de l'Economie étaient "juridiquement et moralement exempts de tout reproche".

Le courrier de Gilles Carrez à Pierre Moscovici :

Cahuzac de retour à l'Assemblée ? "On ne va pas lui tirer dessus ou l'empêcher de rentrer"

                                                     

Cahuzac de retour à l'Assemblée ? "On ne va pas lui tirer dessus ou l'empêcher de rentrer"

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                       Jérôme Cahuzac devant les députés lors des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale à Paris, le 19 février 2013.
Jérôme Cahuzac devant les députés lors des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale à Paris, le 19 février 2013.
(MIGUEL MEDINA / AFP)

Malgré le scandale de son compte à l'étranger et son isolement sur la scène politique,JérômeCahuzac souhaite reprendre son poste de député. Claude Bartolone l'a confirmé, vendredi 5 avril, en déclarant au micro de France Info avoir essayé de l'en dissuader.
"Les bras m'en tombent." Ce retour surprise laisse la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann pantoise. A l'image de nombre de députés de son parti, contactés, comme elle, par francetv info.
"Ce retour n'est pas concevable, estime le député de Haute-Garonne Christophe Borgel. Je veux croire que la raison l'emportera et que Jérôme Cahuzac prendra ses responsabilités." Pour le député Olivier Falorni, qui avait été écarté des rangs socialistesaprès sa victoire contre Ségolène Royal"son retour serait indécent vis-à-vis de l'opinion publique, et insultant vis-à-vis des parlementaires à qui il a menti, les yeux dans les yeux." L'affaire Cahuzac entache l'image du PS et beaucoup de députés socialistes se refusent désormais à rajouter de l'huile sur le feu. Ils s'en tiennent à laposition de principe exprimée par le Premier secrétaire du parti, mercredi : Jérôme Cahuzac "s'est exclu de fait" du Parti socialiste. Harlem Désir avait alors exhorté l'ancien ministre à renoncer à "ses mandats électifs".

"Sa place n'est plus au cœur de l'hémicycle"

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, interrogé mercredi sur France Info, avait clairement marqué son refus de revoir Jérôme Cahuzac dans ses rangs : "Sa place est aujourd'hui à donner des explications à un tribunal. Pas à la tribune de l'Assemblée nationale. Quand il a mis sa force de conviction au service d'un mensonge, sa place n'est plus au cœur de cet hémicycle, au cœur de la démocratie." 
L'ancien ministre du Budget est devenu indésirable, le message est entendu. Mais Jérôme Cahuzac ayant le droit pour lui, les députés ne voient pas de recours pour l'évincer. Alors faut-il s'attendre à une bronca dans les rangs de la gauche si le scénario d'un retour se confirmait ? "Que voulez vous que je fasse ?, s'exclame Christophe Borgel. On ne va pas le tuer ou l'empêcher de rentrer dans l'hémicycle !" 
"Je n'aime pas les chasses à l'homme. Jérôme Cahuzac devrait se rendre compte de lui-même qu'un retour serait perçu comme une recherche d'immunité et lui serait préjudiciable", analyse Olivier Falorni. En pleine crise politique, les députés aspirent à une pacification de la situation et à un peu de stabilité. "Que Jérôme Cahuzac se défende, appelle le député de Charente-Maritime, mais qu'il n'entraîne pas avec lui toute la classe politique."
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Comment Mélenchon souffle sur les braises de l'affaire Cahuzac

                                                     

Comment Mélenchon souffle sur les braises de l'affaire Cahuzac

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Jean-Luc Mélenchon lors d'un discours à Mulhouse sur le référendum en Alsace, le 3 avril 2013. 
Jean-Luc Mélenchon lors d'un discours à Mulhouse sur le référendum en Alsace, le 3 avril 2013. 
(SEBASTIEN BOZON / AFP)

Jean-Luc Mélenchon entend bien incarner la colère des militants et des sympathisants de gauche déçus par l'affaire Cahuzac. Bien décidé à se remettre en selle, le leader du Front de gauche multiplie les critiques et n'en finit pas de dénoncer la crise politique frappant la majorité moins d'un an après l'élection de François Hollande.

Il radicalise sa rhétorique

Depuis le début de la semaine, Jean-Luc Mélenchon n'y va pas avec le dos de la cuillère. Pour lui, Jérôme Cahuzac est "un salaud", symptôme d'un "esprit de caste",d'une "oligarchie des gens qui se sentent au-dessus des lois, au-desus de tout, qui sont capables de mentir avec un aplomb absolument extraordinaire".
Vendredi, sur France Info, le coprésident du Front de gauche a encore durci son discours, dénonçant un "système qui révèle sa pourriture intrasèque". Selon l'eurdéputé, "la chaîne du mensonge commence au parti socialiste et finit au Front national" et "on ne peut pas accepter que le peuple soit humilié, abaissé". De quoi nourrir son désir de grand "coup de balai" destiné à "purifier l'atmosphère politique insupportable".  
Dans Libération (édition abonnés), Christian Salmon, expert du langage et ancien proche de l'eurodéputé, décrypte son vocabulaire. "J'observe le retour des provocations", analyse le spécialiste pour qui Mélenchon "revient à la vieille rhétorique de la troisième internationale""La langue imagée de sa campagne a cédé la place à un vocabulaire inquisiteur, négatif, culpabilisant." 

Il appelle à manifester

Jean-Luc Mélenchon joint les gestes à la parole : son "coup de balai", il lui a donné une forme, vendredi, en appelant à manifester, le 5 mai prochain à Paris, lors d'une grande"marche citoyenne". La date est on-ne-peut-plus symbolique : il a en effet choisi "le jour anniversaire du deuxième tour de la présidentielle" pour "promouvoir [son] projet de Vie République""Des milliers de militants socialistes sont meurtris, j'espère qu'ils vont se rapprocher de moi", espère-t-il. 
Son vœu sera (en partie) exaucé : le Front de gauche s'est rallié vendredi dans la soirée à la proposition de son leader. "Le Front de gauche propose à toutes les forces et les personnes qui ont voulu le changement en mai dernier et plus largement au peuple, contre la finance et l'austérité, de participer à une grande marche citoyenne pour la VIe République le 5 mai à Paris", a ainsi fait savoir le FG dans un communiqué.
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Crédit agricole, BNP Paribas... des banques françaises à l'ombre des "palmiers"


Crédit agricole, BNP Paribas... des banques françaises à l'ombre des "palmiers"

Le Monde.fr |  • Mis à jour le 
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                     La salle de conférence de BNP Paribas, à Paris. Cette photo est tirée du travail de la photographe Jacqueline Hassink "The Table of Power 2" (éd. Hatje Cantz, 2012), réalisé de 2009 à 2011, au sein des cinquante plus grandes entreprises européennes.

Dans les fichiers "Offshore Leaks" révélés par Le Monde daté du 5 avril, il apparaît que deux banques françaises majeures, BNP Paribas et le Crédit agricole, ont supervisé la création de très nombreuses sociétés offshore pour des clients recherchant la confidentialité et une fiscalité plus faible, dans les îles Vierges britanniques, dans les îles Samoa ou à Singapour, à la fin des années 1990 et tout au long des années 2000. C'est ce que dévoile le Consortium international de journalistes d'investigation (ICIJ) qui travaille sur ce dossier depuis plus d'un an et dont les données s'arrêtent au début de l'année 2010.

Selon ces documents secrets, BNP Paribas opère par l'intermédiaire de ses filiales à Singapour et à Hongkong, alors que le Crédit agricole s'appuie sur sa filiale suisse, dont le siège est à Genève. Dans les deux cas, les sociétés ont été constituées depuis les filiales asiatiques. Et avec l'aide d'un prestataire spécialisé sur l'offshore et la création de sociétés clés en main (ces fameuses quick companies, créées en moins de 48 heures), Portcullis TrustNet, pour de riches clients se déclarant domiciliés en Asie, dissimulés derrière des prête-noms.
La constitution de telles sociétés de droit anglo-saxon n'est pas illégale en soi, tant qu'elle n'est pas proposée à des clients de pays où ces sociétés sont interdites (comme la France, où la loi exige de connaître le bénéficiaire d'une société et interdit le trust). Mais cette activité suppose la plus extrême vigilance. De l'avis concordant d'experts de la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales internationales, elle place donc toutes les banques qui s'y adonnent en risque sérieux de complicité de fraude fiscale voire de blanchiment d'argent.
Regarder la vidéo : Comment des banques françaises aident leurs clients àpratiquer l'évasion fiscale
En participant activement à la création de ces sociétés offshore, les banques françaises contribuent à l'opacité financière internationale. Une pratique en contradiction avec les principes qu'elles n'ont de cesse d'affirmer haut et fort publiquement....
Pour lire la suite de l'article,cliquer sur le lien ci-dessous

Corée du Nord : Paris "n'envisage pas" d'évacuer les Français sur place


Corée du Nord : Paris "n'envisage pas" d'évacuer les Français sur place

Le Monde.fr avec AFP  • Mis à jour le 

La Corée du Nord, qui a installé un deuxième missile de moyenne portée sur sa côte est, alimentant les craintes d'un tir imminent, a averti vendredi 5 avril qu'elle ne pourrait pas garantir la sécurité des missions diplomatiques à Pyongyang àcompter du 10 avril en cas de conflit. D'après un porte-parole russe, les autorités ont suggéré à Moscou d'"envisager" l'évacuation de son ambassade, "compte tenu de l'aggravation de la situation sur la péninsule".

Pyongyang abrite une vingtaine de représentations étrangères et quelquesorganisations internationales. Les chefs des missions diplomatiques de l'Union européenne présents se réuniront samedi dans la capitale "pour discuter d'une position commune et d'une action commune" concernant leur personnel diplomatique, a fait savoir le ministère des affaires étrangères bulgare.

La Corée du Nord a installé un deuxième missile de moyenne portée sur sa côte est.
Les autorités britanniques ont dit avoir été interrogées par les Nord-Coréens sur leur intention de maintenir ou non leur ambassade. Il n'y a cependant "pas de projet immédiat" de l'évacuer, a affirmé Londres. "Nous pensons que les Nord-Coréens ont adopté cette démarche dans le cadre de leur offensive rhétorique selon laquelle les Etats-Unis sont une menace pour eux", a déclaré une porte-parole du ministère des affaires étrangères.
Paris, qui "prend la situation au sérieux" et demande "instamment" à Pyongyang"de s'abstenir de toute nouvelle provocation", "n'envisage pas" non plus d'évacuer les quelques Français sur place.
BIENTÔT UN TIR DE MISSILE ?
A Washington, la Maison Blanche n'exclut pas un éventuel tir de missile nord-coréen. Un haut responsable du gouvernement sud-coréen a en effet "confirmé que la Corée du Nord avait transporté en train, en début de semaine, deux missiles Musudan, de moyenne portée, vers la côte est, et les avait installés sur des véhicules équipés d'un dispositif de tir".
Le Musudan, montré publiquement pour la première fois à l'occasion d'un défilé militaire en octobre 2010, aurait une portée théorique de 3 000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud ou le Japon. L'engin pourrait toucher des cibles à 4 000 km en cas de charge légère, et donc, en principe, frapper Guam, île du Pacifique située à 3 380 km de la Corée du Nord et où se trouvent 6 000 soldats américains.
UN DRONE AMÉRICAIN AU JAPON
Furieux du train de sanctions adopté par l'ONU après un nouvel essai nucléairenord-coréen début février, Pyongyang multiplie les menaces apocalyptiques ces dernières semaines. Des sources militaires citées par l'agence de presse nord-coréenne Yonhap soulignaient jeudi que le Nord pourrait procéder à un tir le 15 avril, date anniversaire de la naissance du fondateur du régime communiste nord-coréen, Kim Il-Sung, mort en 1994.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a rappelé jeudi que "la menace nucléaire n'(était) pas un jeu" et dit craindre que "toute erreur de jugement dans cette situation puisse provoquer une crise aux conséquences très graves". De son côté, la presse japonaise a indiqué samedi que l'armée américaine était sur le point de déployer un avion espion sans pilote sur une de ses bases au Japon dans le but de renforcer la surveillance de la Corée du Nord. Une exemplaire de droneGlobal Hawk devrait être stationné sur la base aérienne américaine de Misawa, au nord du Japon. Il s'agirait alors du premier déploiement d'avion de surveillance de ce type dans l'archipel, selon le quotidien de droite Sankei Shimbun, qui cite des sources gouvernementales.
D'autre part, l'accès à Kaesong, devenu un pion stratégique dans la guerre des mots que se livrent Pyongyang et Washington, est resté fermé samedi matin, la Corée du Nord refusant depuis mercredi l'entrée du site aux Sud-Coréens qui s'y rendent quotidiennement pour travailler. Plusieurs camions sud-coréens chargés de ravitailler le site ont été contraints de rebrousser chemin sur injonction nord-coréenne.
Regarder nos explications en vidéo  Doit-on prendre la Corée du Nord au sérieux ?

L’amateurisme n’est plus de mise

                             http://fressoz.blog.lemonde.fr

L’amateurisme n’est plus de mise

Photo Bertrand Langlois /AFP
En pleine entreprise de rétablissement des comptes publics, l'affaire Cahuzac fait mal. L'homme qui, au budget, était chargé de lever l'impôt avait cherché à y échapper.
Celui qui devait amener les riches à plus de patriotisme fiscal aimait lui-même l'argent au point d'en dissimuler une partie à l'étranger.
Fol écart entre la parole et les actes qui relève d'abord d'une faute individuelle, mais qui rejaillit sur toute une politique : difficile, en effet, après cela de "réussir le redressement du pays dans la justice", comme le proclame Jean-Marc Ayrault.
François Hollande et son gouvernement ont beau jurer de leur bonne foi, assurer qu'ils n'étaient au courant de rien, récuser l'utilisation d'officines de renseignement pour tout savoir de leurs ministres, le mal est fait : la gauche morale est vaincue.
Sa défaite n'est pas seulement morale. C'est l'acceptabilité de la politique du gouvernement qui est posée et la véracité de son discours qui est mise à l'épreuve à un moment où le pays, rongé par la crise, n'est pas sûr de pouvoir en sortir.
François Hollande n'est certes pas le premier président de la République à essuyer une crise d'une telle gravité, mais le moment où celle-ci a éclaté en décuple les effets : un pays en panne de croissance qui, mois après mois, voit le chômage augmenter, le pouvoir d'achat se réduire, et qui doute de l'efficacité de "la boîte à outils" présentée la semaine dernière par son président à la télévision.
Un pays qui a déjà connu son lot d'affaires et qu'on a cherché à chaque fois à calmer à coups de projet de loi de moralisation, impuissants à prévenir l'éclatement de nouveaux scandales.
Onze mois à peine après l'élection de François Hollande, il flotte déjà comme une odeur de fin de règne qui ne relève pas seulement de la responsabilité des gouvernants actuels, mais solde une longue histoire française faite d'impuissance publique et de désenchantement citoyen.
C'est précisément à cause de cette accumulation de déboires, à cause de la gravité de la crise économique, sociale et morale du pays que l'amateurisme dégagé par la gauche au pouvoir après dix années d'opposition contribue lui-même à la crise.
On ne reprochera jamais à François Hollande de ne pas pouvoir tout régler d'un coup de baguette magique, car personne avant lui n'y est parvenu. On pourra en revanche lui faire grief d'avoir, au début de son quinquennat, péché par excès de confiance et défaut de vigilance, mal composé son gouvernement et insuffisamment pris la mesure de la crise, alors que le fonctionnement des institutions a pour effet de concentrer toute la responsabilité sur la fonction présidentielle.
L'affaire Cahuzac est une mise à l'épreuve de l'autorité présidentielle. Et un avertissement :  l'amateurisme n'est plus de mise.

Le Mali promet des élections en juillet, la France promet 1 000 soldats


Le Mali promet des élections en juillet, la France promet 1 000 soldats

Le Monde.fr avec AFP |  • Mis à jour le 

Laurent Fabius avec le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, le 19 janvier à Abidjan.

A l'occasion de la visite de Laurent Fabius à Bamako, vendredi 5 avril, le gouvernement malien a réaffirmé sa volonté d'organiser des élections au mois de juillet, soit trois mois après l'amorce du retrait de l'armée française, fixée à la fin d'avril.

"Nous espérons que les conditions seront très bientôt réunies pour nouspermettre d'organiser ces élections et en finir d'ici au 31 juillet. C'est un pari. Mais c'est un engagement fort du gouvernement malien", a déclaré le premier ministre, Diango Cissoko, à l'issue d'un entretien avec le ministre des affaires étrangèresfrançais.
"La communauté internationale a les yeux braqués sur vous", a lancé Laurent Fabius à ses interlocuteurs maliens, estimant "techniquement et politiquement faisable" d'avoir un "président légalement élu en juillet".
QUATRE CENT MILLE DÉPLACÉS ET RÉFUGIÉS
Malgré les commentaires sceptiques sur l'organisation d'élections dans un délai aussi serré, Bamako affiche sa confiance. Jeudi 4 avril, le ministre de l'administration du territoire, Moussa Sinko Coulibaly, a affirmé n'avoir "aucun doute par rapport" au calendrier de juillet. Il promet de trouver une solution pour que les quatre cent mille Maliens déplacés ou réfugiés puissent voter, bien que loin de leurs bureaux de vote.
"Ce ne seront pas des élections absolument parfaites", a concédé une source diplomatique française à l'AFP, estimant toutefois qu'un report ne changerait guère les choses et insistant sur la nécessité d'avoir au moins une présidentielle – le second tour des législatives pourrait être organisé en septembre.
Paris et la communauté internationale engagée au Mali insistent sur la nécessité d'un régime légitime à Bamako et comptent sur l'effet d'entraînement que pourraitavoir un scrutin pour avancer dans la réconciliation.
1 000 SOLDATS FRANÇAIS RESTERONT STATIONNÉS AU MALI
Par ailleurs, M. Fabius a affirmé que la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), en partie à l'origine de la crise malienne, devra déposer les armes "le moment venu""Dans un pays démocratique, il ne peut pas y avoir deux armées", a dit Laurent Fabius, en affirmant que la ville de Kidal (nord-est du Mali) tenue par le MNLA, qui y a désigné un "administrateur" et a refusé la présence de l'armée malienne, "fait partie du territoire malien".
Il a confirmé qu'un millier de soldats français resteraient de façon permanente au Mali. "La France a proposé aux Nations unies et au gouvernement malien d'avoirune force d'appui française d'un millier d'hommes, qui sera permanente, qui sera au Mali, et qui sera équipée pour lutter contre le terrorisme", a déclaré M. Fabius, avant de quitter Bamako.

Plusieurs centaines d'emplois menacés à la Société générale


Plusieurs centaines d'emplois menacés à la Société générale

Le Monde.fr avec AFP et Reuters |  • Mis à jour le 

                               "Il n'y aura pas de chiffrage avant le dernier trimestre 2013", a déclaré Michel Marchet, représentant de la CGT à la Société générale.

La Société générale envisage de supprimer d'ici à fin 2013 "plusieurs centaines"de postes en France, ont indiqué, vendredi 5 avril, des sources syndicales. La direction de la banque française a rencontré les organisations syndicales le 3 avril pour évoquer différents projets de réorganisation, dont les modalités et le calendrier définitifs ne sont pas encore arrêtés. "Il y aura 600 à 700 suppressions de postes dans les services centraux parisiens", a expliqué l'une des sources.

Selon cette source, la direction de la banque a évoqué "le regroupement de quatre pôles en deux" dans le quartier de la Défense, près de Paris. Selon une autre source syndicale, la direction a effectivement "tracé les grandes lignes de projet"qui n'est toutefois "pas finalisé". Selon cet élu syndical, les discussions commençaient. Le projet de restructuration devrait s'accompagner d'un dispositif de départs volontaires, selon lui.
PRÉMATURÉ SELON LA BANQUE
Une porte-parole de Société générale a indiqué qu'il était "prématuré decommuniquer précisément sur les projets de réorganisation à l'étude""Dans les cas où les réorganisations auraient des conséquences sur l'emploi en France, le groupe s'est engagé à recourir prioritairement à la mobilité interne et aux départs volontaires si nécessaire, en s'appuyant sur les mesures d'aides prévues mais sans départ contraint", a-t-elle ajouté.
La direction a indiqué qu'en février, lors de la présentation de ses résultats annuels, le groupe avait informé qu'"il envisageait des réorganisations, notamment dans ses directions fonctionnelles, en vue de regrouper le pilotage de certains métiers et de simplifier la structure""Dans les cas où les réorganisations auraient des conséquences sur l'emploi en France, le groupe s'est engagé à recourirprioritairement à la mobilité interne, et aux départs volontaires si nécessaire en s'appuyant sur les mesures d'aides prévues, mais sans départ contraint", a dit la direction.
"Il y a eu une rencontre, la direction a listé un certain nombre de projets mais n'a pas évoqué les conséquences pour l'emploi. On n'en est pas à comptabiliser, il n'y aura pas de chiffrage avant le dernier trimestre 2013", a de son côté déclaréMichel Marchet, représentant de la CGT à la Société générale.
RECENTRAGE DES ACTIVITÉS
La Société générale veut se recentrer autour de ses principaux métiers d'ici à 2015 et poursuivre la réduction de ses coûts après une année 2012 marquée par des cessions d'actifs et des charges exceptionnelles qui ont pesé sur ses résultats.
A l'automne 2011, la Société générale avait annoncé la suppression de 880 postes dans la banque d'investissements. Ce plan est "réalisé et s'est traduit par 691 départs", a précisé un élu syndical. Les salariés de la banque avaient fait grève en janvier pour exprimer leur mécontentement sur la question des salaires, mais aussi manifester leur inquiétude pour l'emploi, redoutant la suppression de postes et la fermeture d'agences.

Quatre journalistes italiens enlevés en Syrie


Quatre journalistes italiens enlevés en Syrie

Le Monde.fr avec AFP |  • Mis à jour le 

                            Selon le site internet du quotidien "La Repubblica", il s'agirait d'un reporter de la RAI, la radio-télévision publique italienne, et de trois journalistes freelance.

Quatre journalistes italiens ont été enlevés dans le nord de la Syrie, a indiqué vendredi soir le ministère des affaires étrangères italien cité par l'agence de presse Ansa.

Selon le site internet du quotidien La Repubblica, il s'agirait d'un reporter de la RAI, la radio-télévision publique italienne, et de trois journalistes freelance. Contrairement à ce que le journal avait indiqué dans un premier temps, la journaliste enlevée ne serait pas celle de la RAI mais une Italo-Syrienne collaborant avec un quotidien italien. La Repubblica indique que les journalistes ont été enlevés "par un groupe rebelle pendant qu'ils effectuaient des reprises vidéo".
Selon le site du quotidien La Stampa, l'enlèvement des quatre journalistes s'est produit dans la nuit de jeudi à vendredi. Les familles des journalistes italiens ont été averties, selon le ministère.
Un Italien avait déjà été enlevé en Syrie, en compagnie de deux Russes, le 12 décembre dernier et les trois hommes ont été relâchés le 4 février.
En Syrie, les enlèvements, perpétrés pour des motifs confessionnels, politiques ou purement financiers sont devenus de plus en plus fréquents.
Mardi, le gouvernement syrien a proposé l'amnistie à ceux qui, dans un délai de 15 jours, libèreraient les personnes enlevées qu'ils détiennent, sous peine d'être condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Mais ils risquent la peine de mort en cas de meurtre ou d'agressions sexuelles sur leur otage, selon le décret gouvernemental.