Prise d'otages en Algérie : l'opération est terminée, 11 jihadistes et 7 otages tués dans l'assaut final
Cliché non daté du site gazier d'In Amenas, dans le sud de l'Algérie, où des jihadistes ont pris plusieurs dizaines de personnes en otage, le 17 janvier 2013.
(KJETIL ALSVIK / STATOIL / AFP)
C'est terminé. L'armée algérienne a lancé l'assaut final samedi 19 janvier, "en milieu de matinée", selon une source de sécurité algérienne. Onze terroristes ont été abattus et les sept derniers otages étrangers sont morts dans cette ultime opération, désormais terminée. Il n'y avait plus de ressortissants Français parmi les otages retenus sur le site gazier d'In Amenas, en Algérie, à la connaissance des autorités françaises, selon le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.
Vendredi, le Quai d'Orsay avait annoncé la mort d'un otage français, Yann Desjeux, tué lors de l'opération de libération des otages. Trois autres ont eu la vie sauve.
Francetv info revient sur le bilan provisoire de cette gigantesque prise d'otage qui a duré trois jours.
Les derniers otages tués dans l'assaut final
Samedi, il restait sept otages et 11 ravisseurs avant l'assaut final de l'armée algérienne. "L'assaut a été donné en milieu de matinée. Onze terroristes ont été abattus et les otages étrangers ont péri. Nous pensons qu'ils ont été assassinés en représailles", a déclaré une source de sécurité algérienne.
Entre 25 et 27 otages étrangers et algériens ont été tués depuis le début de l'attaque de jihadistes mercredi, selon un bilan provisoire fourni à l'AFP par une source de sécurité samedi. Une centaine d'otages étrangers, sur 132, ont été libérés, ainsi que 573 employés algériens. Un porte-parole du groupe armé avait dit jeudi que 34 étrangers avaient été tués dans l'assaut lancé par les forces spéciales contre la base-vie du complexe, tandis qu'un autre groupe restait retranché dans l'usine avec ses otages.
Quinze corps brûlés retrouvés
Les corps brûlés de quinze personnes ont été retrouvés samedi sur le site, mais n'ont pas encore été identifiés, a appris Reuters d'une source proche de la situation.
L'armée algérienne, qui contrôle la partie résidentielle du site, affronte toujours une dizaine de combattants islamistes retranchés dans l'usine.
Un Français tué, trois autres libérés
"Il y a aujourd'hui, à notre connaissance, un Français qui a été tué, malheureusement, et des Français qui ont été libérés", a annoncé le ministre à nos confrères de France 3 Bretagne, après avoir confirmé qu'il n'y avait plus de ressortissant français retenus sur le site. L'otage français tué, Yann Desjeux, 52 ans, était un ancien militaire des forces spéciales, a indiqué le maire d'Anglet, où il possédait un restaurant. Il avait servi au sein du premier régiment de parachutistes d'infanterie de marine (1er RPIMa) de Bayonne.
Le ministre s'est montré moins définitif sur les informations faisant état de la présence d'un Français parmi les preneurs d'otages. Interrogé à ce propos, il a répondu : "Je ne peux pas l'assurer."
Des personnes manquent encore à l'appel
Selon la chaîne de télévision américaine NBC News, deux Américains se sont échappés et le sort de deux autres demeurait inconnu. Trois otages roumains ont été libérés, selon Bucarest. Deux ressortissants norvégiens, jusqu'alors portés manquants sur le site d'In Amenas, sont sains et saufs, ramenant à six le nombre de Norvégiens dont on est sans nouvelles, a annoncé le groupe pétrolier Statoil qui gère le site avec l'Algérien Sonatrach et le Britannique BP.
Au total, plus d'une vingtaine d'otages étrangers manquent encore à l'appel.