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mercredi 7 novembre 2012

Compétitivité : les administrations publiques et la Sécurité sociale priées de réduire la voilure en s’inspirant du « modèle scandinave »


Compétitivité : les administrations publiques et la Sécurité sociale priées de réduire la voilure en s’inspirant du « modèle scandinave »

s'informerJean-Marc Ayrault a affirmé mardi que les 10 milliards d’euros de nouvelles économies budgétaires prévues pour 2013 dans le « pacte national pour la compétitivité » nécessiteront des « réformes structurelles » qui devront « rationaliser les services publics » dépendant de l’État et des collectivités locales ainsi que la Sécurité sociale.
Le Premier ministre a déclaré que ces réformes devront s’inspirer de celles qui ont été conduites par « les partenaires européens ». Il a cité les pays scandinaves « qui ont su réformer avec succès en profondeur leur modèle social ».
En Suède, une telle réforme, au milieu dans les années 1990, a fait baisser le nombre de fonctionnaires de 38 % en trois ans. Ceux qui ont conservé leur emploi sont maintenant sous contrat de droit privé, à l’exception des militaires, des policiers, des magistrats et des professeurs de l’enseignement supérieur. Leurs rémunérations dépendent plus plus de leurs performances que de leur ancienneté. Des services publics, en particulier la poste, ont été entièrement privatisés. Il en a été de même au Danemark.
Une source gouvernementale a précisé qu’il faudra déterminer « politique publique par politique publique » les économies qui pourront être réalisées « dans la concertation avec les acteurs intéressés ». De nombreux élus locaux ont exprimé leur inquiétude sur les conséquences de cette « rationalisation des services publics ». « Je peux décider de privatiser les cantines scolaires, les crèches… Est-ce cela qu’on veut ? », s’est ainsi demandé le socialiste André Laignel, qui dirige le Comité des finances locales.

Informations Ouvrières vient de paraître


Informations Ouvrières vient de paraître

Imagette IO 224
Tous les mercredis après-midi sur le site internet du POI ! Le département Web du POI y présente le sommaire d’INFORMATIONS OUVRIÈRES en vidéo.
Aujourd’hui, à la une, 20 milliards de cadeaux supplémentaires aux patrons, qui s’ajoutent aux 30 milliards déjà accordés en septembre ! Et toujours aux ouvriers de payer ! La préparation de la délégation au ministère de l’intérieur concernant l’intercommunalité forcée, la préparation de la conférence du 1er décembre pour l’unité et la résistance contre le TSCG. Les batailles locales et internationales.
Lisez, abonnez vous à Informations Ouvrières !
Informations Ouvrières, le 8 novembre 2012
Informations Ouvrières, le 8 novembre 2012

Ayrault annonce 20 milliards de réduction de la masse salariale


Ayrault annonce 20 milliards de réduction de la masse salariale

Ayrault
s'informerLe Premier ministre Jean-Marc Ayrault a présenté hier le « pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi », mis au point lors d’un séminaire gouvernemental, au lendemain de la remise durapport Gallois.
La mesure phare de ce plan consiste en une réduction massive de la masse salariale globale en faveur des entreprises. Elle atteindra 20 milliards d’euros, après la spectaculaire annonce de M. Gallois, qui avait avancé le chiffre de 30 milliards pour le « choc de compétitivité » qu’il réclamait. Le Premier ministre avait quant à lui préféré l’expression « trajectoire de compétitivité ».
Pour y parvenir, les entreprises bénéficieront d’un crédit d’impôts équivalent à une baisse de 6 % des cotisations sociales sur les salaires de 1 à 2,5 SMIC. La mesure s’étalera sur trois ans.
Le manque à gagner sera financé pour 10 milliards par des économies budgétaires supplémentaires en 2014 et 2015 et pour 10 milliards par la hausse de la TVA et la fiscalité écologique.
Les 10 milliards d’euros d’économies seront réalisés en deux ans. M. Ayrault a évoqué un « effort national de réformes structurelles » et une « modernisation des services publics ».
À partir du 1er janvier 2014, le taux normal de TVA, qui est actuellement de 19,6 %, passera à 20 %. Le taux intermédiaire passera de 7 % à 10 %. Ce taux concerne entre autres le bâtiment et travaux de rénovation, la restauration, le transport de voyageurs ou les jeux et divertissement comme le cinéma, le théâtre et les concerts.
filet pointilles gris
Informations Ouvrières du 8 novembre consacre un dossier à l’analyse  du rapport Gallois et des mesures annoncées par  le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault qui a indiqué reprendre  « la quasi-totalité des préconisations de M.Gallois».
Notre journal souligne que « La principale dimension du rapport Gallois et du plan annoncé par le gouvernement le 6 novembre, est largement passée sous silence:  celle de voir se réaliser « un fort consensus au sein de la communauté nationale » pour un « nouveau pacte social ». Gallois conclut en effet: « Nous pensons qu’un nouveau pacte social, plus dynamique, adapté aux révolutions que nous traversons, est une clé incontournable de la compétitivité. Sans un tel pacte, les développements qui précèdent dans les cinq premières parties, perdent pour une part de leur portée. »
 Informations Ouvrières conclut: « C’est dire l’importance décisive de l’indépendance des organisations syndicales dans tout ce qui va suivre »

mardi 6 novembre 2012

au sujet d’Aurore Martin.


Bonjour,

Veuillez trouver ci-joint, et repris ci-dessous, la lettre ouverte commune Ligue des droits de l'Homme / Fédération internationale des Ligues des droits de l'Homme adressée à M. François Hollande, président de la République, au sujet d’Aurore Martin.


M. François Hollande
Président de la République
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
 
Paris, le 6 novembre 2012
 
Monsieur le Président,
 
La remise aux autorités espagnoles d’Aurore Martin et son incarcération sont sans doute formellement légales. Elles n’en demeurent pas moins, à la fois, une démonstration d’espèce de « la force injuste de la loi », comme un de vos prédécesseurs avait su le dire à d’autres occasions, et une faute politique.
 
Admettre qu’une ressortissante française puisse faire l’objet de poursuites pénales pour des faits légaux en France, mais réprimés en Espagne, atteste d’une incohérence de l’Etat de droiteuropéen qui porte préjudice à l’idée même de justice.
 
Cette seule considération aurait dû suffire à empêcher l’exécution d’un mandat d’arrêt qui ne repose que sur l’expression d’idées politiques et sur aucun faits délictueux, et encore moins criminels.
 
Ceci nous amène à rappeler que, lors de son adoption dans la précipitation à la suite des attentats du 11 septembre 2001, nous avions souligné les dangers d’une telle mesure sans harmonisation des incriminations pénales en vigueur dans les pays de l’Union européenne, et sans garanties des droits de la défense (devenus, en ce domaine, de pure forme). Malheureusement, le souci d’apaiser les peurs engendrées par ces attentats, ainsi que la propension naturelle des gouvernements à s’arroger de plus en plus de pouvoirs, ont fait que nous n’avons pas été écoutés.
 
Ce n’est pas sans raisons que la Commission européenne, elle-même, s’interroge sur les dysfonctionnements d’un système aussi peu respectueux des libertés individuelles, au point d’envisager des modifications de la directive. Nous vous demandons d’appuyer cette démarche et, au besoin, d’en prendre l’initiative.
 
Mais, au-delà de ces éléments juridiques, il reste et il demeure qu’une jeune femme est aujourd’hui en détention pour une durée au moins de plusieurs mois, devant une juridiction
d’exception parce que les autorités espagnoles ont cru devoir criminaliser une expression politique, celle de l’indépendantisme basque.
 
Est-il besoin de rappeler que nous avions fermement condamné le recours à la violence de l’ETA, passée la dictature franquiste ?
 
Aujourd’hui, la situation n’est plus la même et nous ne comprenons pas qu’Aurore Martin se voit reprocher des activités purement politiques qui ont amené son courant politique à être le deuxième parti politique du pays basque espagnol lors des dernières élections.
 
Il y a quelque chose d’incompréhensible à constater que les autorités françaises et espagnoles continuent à penser que c’est en ayant recours à la répression que se réglera ainsi un problème politique multiséculaire.
 
La multiplication des protestations de toutes origines qui se manifestent atteste qu’il est temps de donner à cette question une solution autre que judiciaire ou policière.
 
Nous vous demandons, Monsieur le Président, d’intervenir auprès du gouvernement espagnol afin que s’ouvre un véritable dialogue politique qui inclut tous les acteurs, y compris du côté français.
 
Nous vous demandons d’user de votre influence afin qu’Aurore Martin ne soit pas la victime d’un conflit qui est en train de trouver une issue dans le cadre démocratique.
 
Vous comprendrez que nous rendions cette lettre publique.
 
Recevez, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.
 
Pierre Tartakowsky
Président de la Ligue des droits de l'Homme - LDH
 
Souhayr Belhassen
Présidente de la Fédération intrenationale des Ligues des droits de l'Homme - FIDH
 

Grèce : des dizaines de milliers de manifestants devant le parlement


Grèce : des dizaines de milliers de manifestants devant le parlement

s'informerPour la troisième fois en un mois et demi, les syndicats ont appelé à la grève générale, aujourd’hui et demain. Lundi dernier, le gouvernement a dû mener d’intenses tractations pour obtenir le vote des trois partis de sa majorité, qui doit intervenir demain.
Transports, hôpitaux, journaux, télés, tribunaux, écoles, sont paralysés. Le syndicat de l’électricité a appelé à une grève reconductible de 48 heures. Les manifestations ont rassemblé, à la mi journée, des dizaines de milliers de personnes à Athènes et à Salonique.
Le vote de demain est exigé par l’UE et le FMI pour débloquer une tranche de crédit avant le 12 novembre. Les coupes budgétaires étaient fixées à 13,5 milliards d’euros mais le FMI et l’UE ont exigé 18,5 milliards et 150 mesures : nouvelles baisses des salaires, retraites, allocations chômage, déréglementation du droit du travail, accélération des privatisations. « Tout est aboli, les droits du travail et tout ce qui a été gagné à la sueur des combats », témoigne un employé de banque dans la manifestation.
Alors que le gouvernement d’union nationale disposait d’une majorité de 175 députés sur 300, deux députés dans le parti de droite et cinq dans le parti socialiste ont annoncé leur refus de ce plan. Le parti Dimar, (gauche, 16 députés) ne voulait pas approuver la déréglementation du marché du travail, ce qui pourrait ramener la majorité à 154 ou 159 députés et représenterait un échec pour la coalition, même si le plan est voté. Evangelos Venezilos, leader des socialistes a réaffirmé le soutien du Pasok au plan de la troïka.


“Une chance unique” : pour qui ? ( l 'édito d'informations ouvrières)


“Une chance unique” : pour qui ?

L'éditorial d'Informations Ouvrières
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
5 novembre, veille du séminaire gouvernemental sur la compétitivité : c’est le jour choisi par le FMI pour rendre publiques les conclusions de sa « mission de la consultation de 2012 sur la France », des conclusions qui, depuis Washington, dessinent la feuille de route du gouvernement Hollande-Ayrault.
Celui-ci reçoit les félicitations du FMI pour sa « forte détermination en matière budgétaire », « pour avoir inscrit dans le droit français le pacte budgétaire européen », et pour avoir engagé « l’acte III de la décentralisation ». Mais le FMI exige davantage : « Une réduction des dépenses publiques plus ambitieuse (…) à tous les niveaux (Etat, collectivités locales et administrations de Sécurité sociale) », avec une mention particulière pour « une limite stricte de l’augmentation des dépenses maladie (Ondam) », et la perspective d’une nouvelle « révision du régime des retraites (par) une augmentation de l’âge de départ ». Le FMI exige aussi que soient levées « les rigidités du marché du travail (…) au cœur du problème de compétitivité » afin de faciliter les licenciements et « d’adapter les dispositions salariales et d’ajustement du temps de travail au niveau des entreprises ». Le FMI recommande également « l’allégement des cotisations patronales » et d’en « transférer le coût (…) vers la TVA ». Autant de mesures qu’on retrouve dans les annonces de Jean-Marc Ayrault ce 6 novembre.
Mais comment faire passer un tel programme de destruction anti-ouvrier ? Réponse du FMI : « Le dialogue social que le gouvernement a lancé sur ce sujet avec la participation active des partenaires sociaux (…) constitue une chance unique qui ne doit pas être ratée de parvenir à une masse critique de réformes » baptisées « réformes structurelles de grande ampleur ».
Formule que reprend le rapport Gallois sous le vocable de « pacte social ». Pour le FMI, le gouvernement et l’ensemble des institutions du capital financier, tout ramène donc à cet enjeu crucial.
Dans ce contexte, l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES) à manifester le 14 novembre en soutien aux « politiques d’assainissement budgétaire » équivaut à un appel à forger le pacte exigé par le Fonds monétaire international.
Tout militant ouvrier comprend que, s’ajoutant aux mesures précédentes d’austérité, le plan Ayrault-2 est appelé à se traduire dans une somme de mesures visant à détruire à tous les niveaux les conquêtes de la classe ouvrière, et, pour ce faire, à intégrer ses organisations (1).
Que la classe capitaliste ne voit pas d’autres moyens de rétablir ses marges de profit et d’assurer scrupuleusement le service de la dette (devenue premier budget de l’Etat), c’est dans l’ordre des choses. Mais le mouvement ouvrier, lui, n’a aucune raison d’offrir à la classe des exploiteurs cette « chance unique » qu’ils réclament. C’est au contraire l’indépendance préservée des organisations qui permettra aux travailleurs de s’en saisir, de réaliser leur unité sur les revendications, et, ainsi, de faire en sorte que cette « chance unique » tant espérée par le FMI et le gouvernement soit définitivement « ratée », comme ils disent ! Non au pacte social ! Non à l’austérité Hollande-Ayrault ! Dehors le FMI et toute la troïka !
(1) Le rapport Gallois fixe explicitement l’objectif d’effacer l’ensemble des conquêtes arrachées par la lutte de classe en 1945-1946.

L’ancien ministre des Finances confirme que la France a envisagé sa sortie de la zone euro


Un article lu sur le site 

http:www.wsws.org

L'ancien ministre des Finances confirme que la France a envisagé sa sortie de la zone euro

Par Alex Lantier
6 novembre 2012
L’ancien ministre des Finances français François Baroin a confirmé que pendant la dernière crise financière européenne qui fit tomber les gouvernements grec et italien, les responsables français ont tiré des plans en vue d’une sortie de la Grèce, de l’Italie et de la France elle-même de la zone euro. A l’époque, les responsables européens avaient nié toute discussion sur une sortie de la zone euro de la part d’un quelconque pays européen.
On peut lire ces révélations dans des critiques du livre de Baroin Journal de crise précédant sa parution, et où celui-ci traite de la période allant de 2010 à 2012 où il était ministre du Budget, puis des Finances dans le gouvernement du président conservateur Nicolas Sarkozy. Son récit révèle comment les principales puissances impérialistes ont sans ménagement et de façon non démocratique, fait tomber des gouvernements pour imposer des coupes sociales impopulaires et il décrit les énormes tensions internationales se développant en Europe.
Baroin raconte la réunion tendue du G20, le 3 novembre 2011 à Cannes, en France. A l’époque, le premier ministre grec George Papandreou venait d’appeler en Grèce à un referendum sur de nouvelles mesures d’austérité dictées par l’UE (Union européenne). Le président américain Barak Obama, la chancelière allemande Angela Merkel et Sarkozy ont exigé alors de Papandréou qu’il « s’explique ».
Baroin écrit, « Commence alors un bras de fer avec Papandréou, assisté de son ministre des Finances. Sarkozy lance au Premier ministre grec : "On te le dit clairement, si tu fais ce référendum, il n'y aura pas de plan de sauvetage." Papandréou fait mine de ne pas comprendre. Avec un regard d'acier, Merkel lui redit la même chose de façon très ferme…. [Papandréou] transpire de plus en plus, vacille dans ses propos, puis s'effondre. Acculé, il n'a pas d'autre choix que de se prononcer en faveur ou non de l'euro. Il comprend qu'il ne pourra pas échapper à cette question en la soumettant à son peuple. J'assiste à sa mort politique en direct. »
Washington, Berlin, et Paris sont intervenus et ont insisté pour que Papandréou ne puisse même pas avoir la feuille de vigne d’un referendum pour justifier ses mesures d’austérité impopulaires. Si le referendum avait lieu, avec le risque d’un rejet populaire de la politique économique de la bourgeoisie européenne, l’UE et le FMI s’en mêleraient. Ils couperaient l’accès au crédit de la Grèce, forçant Athènes soit à accepter une banqueroute d’Etat soit à commencer à imprimer sa propre monnaie pour se financer, sortant ainsi de l’Euro.
De plus, peu de temps avant cette réunion, Papandréou avait licencié l’ensemble de la direction des forces armées grecques. Ce qui entraîna le soupçon, largement partagé, que l’armée grecque dont les liens avec les agences de renseignement américaines remontent à la guerre civile grecque de 1946-1949 et à la junte militaire soutenue par la CIA en 1967, avait envisagé de faire un coup d ‘Etat après l’annonce du referendum. (Voir : Obama et l’OTAN complotent-ils un coup d’Etat militaire en Grèce?) Une semaine plus tard, Papandréou était remplacé par un nouveau premier ministre, Lucas Papademos.
Le meeting se préoccupa ensuite d’obtenir le départ du premier ministre italien Silvio Berlusconi. L’Italie était trop importante pour qu’on la traite comme la Grèce: la menacer de faillite étatique risquait de faire sombrer le système financier sous le poids des créances irrécouvrables. Baroin note à ce propos: « Si l'Italie plonge, tout le monde plonge. L'Italie, c'est vraiment trop gros. C'est la huitième économie du monde. L'euro n'y résisterait pas. »

table
Le tableau ci-dessus montre le niveau d’exposition des banques d’un certain nombre de pays à la dette en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie (n.d.t.)
En conséquence de quoi, la classe dirigeante chercha à installer un nouveau gouvernement plus étroitement aligné sur les exigences des marchés internationaux. Baroin écrit « Berlusconi non plus ne semble pas vouloir comprendre ni admettre que le problème de l'Italie, c'est lui. Sans le dire aussi explicitement, le message est extrêmement clair - tous les protagonistes le laissent entendre. On obtient de Berlusconi que le FMI puisse effectuer une forme de contrôle sur les comptes publics. L’Italie est fière. Nous savions parfaitement qu’une fois de retour chez lui, Berlusconi ne pouvait pas tenir longtemps. »>
Cinq jours plus tard, Berlusconi annonçait qu’il démissionnerait après avoir fait passer un dernier train de coupes sociales par le parlement italien. Il installa un soi-disant « gouvernement technocratique » en Italie qui a imposé vague après vague de coupes sociales.
Baroin préparait également un groupe d’Etudes secret afin d’organiser la préparation de « l’Hypothèse la plus sombre de notre histoire économique moderne » – une sortie potentielle de l’euro par la France. A l’époque, écrit-il « L’Union européenne [était] dans une cyclone, l’euro attaqué de toutes parts … Le pire [était] la sortie de la Grèce de l’euro, un effet de contamination, une théorie des dominos qui entraînerait de facto la sortie de la France. »
Le récit de Baroin souligne la banqueroute du capitalisme européen alors que l’acrobatie politique et financière au moyen de laquelle il exécute des mesures d’austérité dévastatrices pour la population sape plus encore les fondations institutionnelles chancelantes de l’Europe bourgeoise.
Ces tensions sont apparues au grand jour au printemps de 2010, à la suite de fortes divisions entre Berlin et Paris à propos de l’opposition de l’Allemagne à un premier train de mesures de renflouement destiné à rembourser les banques détenant de la dette grecque. Le directeur alors de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-claude Trichet, fit le commentaire que la politique européenne était confrontée à ses tensions les plus graves depuis la deuxième Guerre mondiale. (Voir : Le retour du spectre de la catastrophe)
Comme on l’a noté à l’époque, la préservation de l’Euro est pour l’impérialisme européen non seulement une question financière mais aussi une question de la régulation des conflits internationaux potentiellement explosifs au sein de l’Europe, conflits qui ont deux fois au cours du XXe siècle conduit à une guerre mondiale.
Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung a avancé le scénario suivant pour un effondrement de l’euro : « L’union européenne s’effondre, alors que sa fixation la plus importante, la monnaie commune, se désintègre. Vingt-sept Etats nations sont à nouveau en lutte pour les marchés. L’Allemagne, en tant que pays le plus important et possédant une structure industrielle saine, se fait des ennemis, et se voit éventuellement boycottée : le spectre de la ’puissance hégémonique ‘ reprend vie. »
Ces deux dernières années le marasme économique et les luttes pour les marchés au sein de l’Europe n’ont fait que s’aggraver et l’euro ne s’est maintenu que grâce à des injections d’argent par billions de la part de la BCE et destinées à calmer des paniques financières récurrentes. Les commentaires de Baroin indiquent que la bourgeoisie de chaque pays européen prépare les mesures les plus extrêmes et les plus brutales pour étendre sa richesse aux dépens de la classe ouvrière et de ses rivaux au plan international.
(Article original publié le 1er novembre 2012)



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