Toujours plus inégalitaire. Pour son dernier budget avant l’élection présidentielle de 2027, l’exécutif macroniste n’a pas dérogé à la règle qu’il s’est appliquée depuis dix ans : demander des économies à l’État et à la Sécurité sociale, sans pour autant demander davantage aux ultrariches. Pourtant, l’effort global demandé à la nation ne sera pas neutre : plus de 30 milliards d’euros d’économies nouvelles.
Le ministre des comptes publics, David Amiel, a notamment annoncé que l’effort demandé directement aux retraité·es serait de 6 milliards d’euros. On parle à ce stade de désindexation partielle des pensions de l’inflation, ou de suppression de leur abattement fiscal de 10 %.
Concernant l’État, Sébastien Lecornu a envoyé une lettre à ses ministres leur intimant l’ordre de stabiliser les dépenses au même niveau que 2026, alors que l’inflation prévue est de 1,8 % en 2027. L’écologie n’est pas épargnée : les baisses de moyens et les suppressions de postes prévues, révélées par Contexte, ont suscité un tollé.
Côté Sécurité sociale, ce n’est pas mieux : des déremboursements de soins et de médicaments ont déjà été entérinés par plusieurs décrets ces derniers jours. À la clé, 2 milliards d’euros d’économies pour l’État. Bref, la chasse aux grandes économies sur le dos des petites gens est ouverte.  En revanche, il n’est pas question de toucher aux nanti·es. Aucun nouvel impôt sur les grandes fortunes n’est prévu. « Il s’agit de préserver les moteurs de croissance, car la France est le pays le plus attractif d’Europe depuis sept ans », a justifié le ministre des finances, Roland Lescure.
Sébastien Lecornu a même promis que la fameuse surtaxe exceptionnelle à l’impôt sur les sociétés sur les grandes entreprises, qui a rapporté 8 milliards d’euros en 2025 et en 2026, allait être rabotée. « La contribution exceptionnelle […] répondait à une situation exceptionnelle : ce qui est exceptionnel doit rester exceptionnel », a-t-il justifié.
Au même moment, on apprenait que les grandes entreprises françaises avaient distribué 60 milliards d’euros de dividendes au deuxième trimestre à leurs actionnaires. Seules les grandes firmes états-uniennes distribuent plus de dividendes dans le monde.
Sébastien Lecornu a aussi assuré aux ultrariches qu’il ne toucherait pas à la niche fiscale Dutreil, pourtant abondamment utilisée par les grandes fortunes pour payer moins d’impôts sur l’héritage. La coupe est pleine. |
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