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mercredi 16 septembre 2026

Médiapart - L' éco à part - Budget 2027 : Lecornu aime décidément les riches...Mercredi 16 septembre 2026

 

In Extremis
Le regard de Mediapart sur les politiques économiques,
le monde du travail et les luttes sociales
mercredi 16 septembre 2026

Une semaine sur deux, une sélection de nos articles sur l’économie au sens large, pour se désintoxiquer des discours dominants.

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L’ÉDITO
Budget 2027 : Lecornu aime les riches, moins les pauvres

Toujours plus inégalitaire. Pour son dernier budget avant l’élection présidentielle de 2027, l’exécutif macroniste n’a pas dérogé à la règle qu’il s’est appliquée depuis dix ans : demander des économies à l’État et à la Sécurité sociale, sans pour autant demander davantage aux ultrariches. Pourtant, l’effort global demandé à la nation ne sera pas neutre : plus de 30 milliards d’euros d’économies nouvelles.

Le ministre des comptes publics, David Amiel, a notamment annoncé que l’effort demandé directement aux retraité·es serait de 6 milliards d’euros. On parle à ce stade de désindexation partielle des pensions de l’inflation, ou de suppression de leur abattement fiscal de 10 %.

Concernant l’État, Sébastien Lecornu a envoyé une lettre à ses ministres leur intimant l’ordre de stabiliser les dépenses au même niveau que 2026, alors que l’inflation prévue est de 1,8 % en 2027. L’écologie n’est pas épargnée : les baisses de moyens et les suppressions de postes prévues, révélées par Contexte, ont suscité un tollé.

Côté Sécurité sociale, ce n’est pas mieux : des déremboursements de soins et de médicaments ont déjà été entérinés par plusieurs décrets ces derniers jours. À la clé, 2 milliards d’euros d’économies pour l’État. Bref, la chasse aux grandes économies sur le dos des petites gens est ouverte.

Image L’ÉDITO

En revanche, il n’est pas question de toucher aux nanti·es. Aucun nouvel impôt sur les grandes fortunes n’est prévu. « Il s’agit de préserver les moteurs de croissance, car la France est le pays le plus attractif d’Europe depuis sept ans », a justifié le ministre des finances, Roland Lescure.

Sébastien Lecornu a même promis que la fameuse surtaxe exceptionnelle à l’impôt sur les sociétés sur les grandes entreprises, qui a rapporté 8 milliards d’euros en 2025 et en 2026, allait être rabotée. « La contribution exceptionnelle […] répondait à une situation exceptionnelle : ce qui est exceptionnel doit rester exceptionnel », a-t-il justifié.

Au même moment, on apprenait que les grandes entreprises françaises avaient distribué 60 milliards d’euros de dividendes au deuxième trimestre à leurs actionnaires. Seules les grandes firmes états-uniennes distribuent plus de dividendes dans le monde.

Sébastien Lecornu a aussi assuré aux ultrariches qu’il ne toucherait pas à la niche fiscale Dutreil, pourtant abondamment utilisée par les grandes fortunes pour payer moins d’impôts sur l’héritage. La coupe est pleine.

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Salaires en baisse, colère en hausse
Par
En cette fin de quinquennat, les salaires réels dans le privé stagnent et ceux dans le public reculent. La suite logique d’une obsession du patronat et des dirigeants politiques au pouvoir pour la modération salariale. Sans que les résultats économiques soient au rendez-vous.
Avant l’été, le patronat a refusé toute augmentation de salaires pour les agents et agentes de sécurité. À l’occasion d’une mobilisation en intersyndicale mercredi 9 septembre, ils et elles réclament une hausse de 10 % de leur rémunération, qui peine à dépasser le smic.

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L’aveu de la semaine
« Les allègements généraux de cotisations sont des trappes à smic »
La phrase a été prononcée le 12 septembre par Jean-Pierre Farandou, le ministre du travail, lors d’un débat à la Fête de l’Humanité avec Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, et Amir Reza-Tofighi, président de la CPME, l’organisation des petits patrons. Elle est lourde de sens : elle remet en question plus de trente ans de politiques de baisse du coût du travail. En allégeant – voire en exonérant – les employeurs de payer des cotisations sur les bas salaires, ces exonérations réduisent drastiquement le coût de ces travailleurs et travailleuses pour les entreprises.

Mais ces allègements coûtent désormais plus de 80 milliards par an à l’État et à la Sécu. De quoi s’y attaquer d’urgence, alors que les comptes publics sont dans le rouge et que les salaires réels n’ont toujours pas rattrapé leur niveau de 2021 ?

Le ministre du travail n’est pas allé dans ce sens, mais le patron de la CPME a tout de même immédiatement mis son holà. Le gouvernement ne semble en fait guère prêt à bouger sur le sujet. En cette fin de règne du macronisme, les changements de politique économique restent inexistants.

Pierre Jequier-Zalc

La crise qui vient
Ce pourrait être la semaine de tous les dangers pour la Maison-Blanche, qui voit tous les sujets – énergie, intelligence artificielle, politique monétaire – sur lesquels Donald Trump entend imposer ses vues se retrouver sous tension en même temps.

« La plupart de mes collègues sont morts » : dans une mine d’Imerys, les ouvriers respirent des poussières ultratoxiques
Celia Izoard (Splann !)
Image « La plupart de mes collègues sont morts » : dans une mine d’Imerys, les ouvriers respirent des poussières ultratoxiques
Des vidéos et documents inédits d’un site d’extraction d’andalousite à Glomel montrent que la multinationale expose les salariés à des poussières toxiques et cancérogènes. Bon nombre de travailleurs sont atteints de maladies pulmonaires : silicose, cancer, emphysème.

Le projet de revente de l’enseigne de parfumerie inquiète les syndicats, qui ont appelé à trois débrayages en une semaine. Le plan de reprise par un homme d’affaires français est jugé trop flou et les salariées demandent des garanties.
Par
Richie Adeleke est mort en 2022 dans un accident du travail. Condamnée pour homicide involontaire, l’entreprise de recyclage Clamens refuse d’honorer l’accord financier qu’elle avait signé avec la famille, contestant le fait que les enfants de la victime le soient réellement.

MÉDIAS
Le 9 septembre, la comédienne Adèle Haenel consacrait la fin de sa carte blanche, dans l’émission « La Grande Librairie » sur France 5, à la silenciation du génocide à Gaza. Le replay de l’émission a depuis été supprimé par France Télévisions, qui dit attendre un avis de l’Arcom.
Par
Alors que la direction s’obstine à maintenir le journaliste de « Valeurs actuelles » Charles Sapin à l’édito du dimanche, les salariés de Radio France font grève dimanche 13 et lundi 14 septembre. Ils dénoncent une instrumentalisation du pluralisme qui conduit à associer le nom de Radio France à celui d’un journal multicondamné pour racisme.

NUMÉRIQUE
Un chercheur d’Anthropic a démissionné en accusant les entreprises d’intelligence artificielle de mettre en danger l’humanité. Cette croyance est largement partagée dans le milieu, y compris par des scientifiques considérés comme les « pères » de cette technologie. Mais elle est aussi un argument marketing.
Par
En rachetant pour 13 milliards de dollars la plateforme Hugging Face, le fabricant de puces, plus grosse entreprise du monde, démontre un peu plus son rôle pivot dans l’économie circulaire de l’IA générative. Il en est à la fois l’infatigable artisan et le principal bénéficiaire.

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