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[ Flash ] Une certaine Amérique se rassure
Son impuissance n'a pourtant jamais été aussi évidente. Il s'agit donc de maintenir le mythe, à tout prix, et parce que cela sert les intérêts israéliens.
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Panique à bord! Les primaires s’approchent et le bilan de Donald Trump est calamiteux. En tout, sauf en matière de liberté d’expression - peu de crédit peut lui être porté puisqu’il s’agit d’un principe constitutionnel, d’un retour à la normale après quinze ans d’hystérie “progressiste”Rajoutons.
Sur le front intérieur, il va de revers en revers, le dernier étant la décision de la Cour suprême : les droits de douane imposés par Trump sont illégaux, puisqu’il ne dispose pas de l’autorité pour les décider, qui réside dans le Congrès, en particulier la Chambre des représentants, qui a la main haute sur le budget, recettes comprises. Six des neuf juges de la Cour suprême ont estimé que les droits de douane étaient des taxes imposées aux Américains et que le président, en l’espèce, ne pouvait invoquer ses prérogatives d’urgence.
Penchons-nous sur les sondages, ceux que compilent méthodiquement nos confrères de RealClearPolitics. L’on y voit le temps long, et l’on constate que, historiquement, les Américains, dans leur majorité, dRajoutonsésapprouvent l’action de Donald Trump.
Son formidable retour politique de 2024 ne s’explique que par la bien réelle détestation du Parti démocrate. Dès le 14 février 2025 – soit un mois après sa prise de fonction – l’opinion publique s’est irrémédiablement retournée. Forcément: Trump s’est attaché à trahir consciencieusement toutes ses promesses de campagne.
Il est aujourd’hui peu vraisemblable que le Parti républicain conserve la Chambre des représentants à l’issue des élection intermédiaires de l’automne prochain. Le Sénat pourrait même basculer, reconnaissent de nombreux experts électoraux républicains.
Comme à chaque fois depuis quarante ans qu’un président des USA est en grande difficulté intérieure, allez hop! une petite guerre - si possible pour le compte du timbre poste qu’est Israël parce que certains de ses ressortissants à double nationalité ont financé sa campagne. Les Américains ne le tolèrent plus: 80% sont vent debout contre l’intervention en Iran, organisée dans la plus parfaite illégalité, puisque seul le Congrès peut décider de l’utilisation de la force armée.
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Ce que l’administration Trump cherche à faire passer pour de la force est l’aveu de sa propre faiblesse. Car enfin, si les Etats-Unis étaient si puissants, ils auraient fait plier l’Iran depuis bien longtemps. Or depuis 47 ans, le “régime” iranien n’a jamais mis le genoux à terre, et les USA ont perdu toutes leurs guerres.
Le discours de Donald Trump pour justifier des frappes en Iran ne prend pas. L’écrasante majorité des Américains savent que ce ne sont pas les intérêts américains qui sont défendus, mais ceux d’Israël.
Le vice-président JD Vance, se ridiculisant, nous a offert la mesure de son hypocrisie en déclarant qu’il détenait les preuves, 8 mois après que Donald Trump ait affirmé les avoir détruites lors de l’opération “Midnight Putter”, que l’Iran avait reconstruit ses capacités d’enrichissement nucléaire.
L’administration Trump est tellement à l’os qu’elle n’a même pas lui fournir une fiole, accessoire que Colin Powell avait agité en 2003 au Conseil de sécurité de l’Onu. Mais bon, JD Vance n’a t’il pas organisé une collecte de fonds pour financer sa course au Sénat dans la résidence de Les Wexner, le milliardaire mouillé jusqu’au cou dans l’affaire Epstein?
Ah l’affaire Epstein! Elle implique un grand nombre d’individus proches de Donald Trump - son beau-fils Jared Kushner, le secrétaire au commerce Howard Lutnick. Rien, même pas la Troisième Guerre Mondiale, ne la fera disparaître du débat public, parce qu’elle est l’épitomé d’une crise de régime politique.
On connait déjà la suite de l’histoire: la nouvelle chambre démocrate lancera une procédure de destitution et Trump sera confiné à hurler sur TruthSocial du fond du bureau ovale, comme en 2018. Sauf que cette fois-ci, il se sera lui-même infligé ce supplice, il aura lui-même sabordé sa propre présidence en n’envoyant pas paître ses grands donateurs qui n’œuvrent pas dans l’intérêt des Etats-Unis.
Les médias mainstream reprennent tout en cœur: le “régime” iranien a été décapité. La Perse, civilisation plus veille que la nôtre, n’a jamais reposé sur un seul homme, sauf au temps des Palavi pères et fils, qui n’ont dû leur trône qu’à des puissances étrangères, Angleterre puis Etats-Unis.
Personne ne semble vouloir comprendre que le Guide suprême iranien n’est pas le chef de l’État iranien. Il est l’autorité morale et religieuse, certes importante, mais dont le pouvoir politique n’est pas absolu. Trump vient d’en faire un martyr. Le chiisme et les martyrs, c’est une longue histoire. Tellement longue que c’est l’histoire du chiisme.
Résultat des courses : le détroit d’Ormuz est fermé et l’Iran a frappé la base navale américaine au Bahreïn – île dont la population est à plus des deux tiers chiite – la rendant de fait non opérationnelle. Où donc les navires américains vont-ils se ravitailler et réarmer ? À Diego Garcia ?
Avec le cours du Brent attendu à 80 dollars le baril à l’ouverture des marchés lundi, le gallon (3,8 litres) d’essence passera au-dessus des trois dollars à très brève échéance aux États-Unis. Si le conflit se prolonge, même situation qu’au début de la guerre en Ukraine : le Brent au-dessus des 100 dollars. Le pouvoir d’achat des Américains ? En berne, juste avant les élections intermédiaires.
Bref, ce n’est même pas encore une victoire à la Pyrrhus, c’est une défaite annoncée, d’autant que les Iraniens, eux, n’ont pas d’élections intermédiaires en novembre prochain. Ils ont le temps. Et il leur suffira de porter un coup extrêmement dur – par exemple endommager ou couler un porte-avions américain – pour que l’opinion publique américaine réclame et obtienne la tête de Donald Trump. A moins que la montée du prix des carburants à la pompe ne suffisent.
À Washington, on a oublié que plus de 20 ans durant, des insurgés afghans (des Perses) en sandales, armés d’AK-47, ont tenu en échec l’armée américaine et celles de l’OTAN.
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Des difficultés politiques de Trump, de ses liens financiers avec les États du Golfe et de ses ambitions pour les élections de mi-mandat de 2026... |
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Making Sense of Iran War
Thinking Live conversation with military historian Phillips O'Brien
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This post contains my conversation with military historian Phillips O’Brien about the U.S. strikes on Iran. Phillips walked us through what air power can and can’t do — it can devastate a regime, but it can’t replace one, and what we’ve likely unleashed is a chaotic internal struggle with no clear plan for what comes next.
The deeper question is why this is really happening. The answer, we agreed, has less to do with Iran than with Trump’s domestic troubles, his financial entanglements with the Gulf states who stand to benefit most, and his eye on the 2026 midterms. Whatever happens on the ground in Iran, we shouldn’t let the fog of war stop us from asking those questions clearly.
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Opening the future by understanding the past. |
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[ Editorial ] Operation Epic Slurry
Trump and America have never seemed so umighty. Hence the importance of earnestly maintaining the illusion of might.
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The primaries are barreling down on us, and Donald Trump’s track record is nothing short of a flaming dumpster fire. He’s botched just about everything—except maybe free speech, but let’s not kid ourselves; he gets zero props for that. It’s just dusting off a dusty old constitutional right after 15 years of unhinged “progressive” madness.
Oh, and let’s pile on, shall we?
Domestically, it’s one humiliating face-plant after another, with the latest gut-punch courtesy of the Supreme Court: those slapdash tariffs Trump slapped on everything? Illegal. Turns out, the big man doesn’t have the chops to play taxman—that power’s locked up in Congress, especially the House, which calls the shots on the budget, revenue included.
Six out of nine justices slapped him down, ruling those tariffs are just sneaky taxes hammering everyday Americans, and no, Mr. President, you can’t hide behind your so-called emergency powers this time.
Now, let’s dive into the polls—the ones our diligent colleagues at RealClearPolitics crunch with grim precision. They paint the big picture, and it’s ugly: historically, most Americans have given Trump’s antics a resounding thumbs-down, and who can blame them?
That stunning 2024 political resurrection of his? Fueled by the raw, seething loathing for the Democratic Party. y February 14, 2025—just a month into his second stint—the public mood flipped like a pancake, never to recover. And why wouldn’t it? Trump made it his mission to meticulously stab every single of his campaign promise in the back.
Fast-forward to today, and it’s a pipe dream for the Republicans to cling to the House after next fall’s midterms. Hell, even the Senate could flip blue, as a chorus of GOP electoral wonks are grudgingly admitting through gritted teeth.
As always happens every time a U.S. president hits rock bottom domestically over the past forty years—bam! Time for a little war, preferably on behalf of that mid-eastern client speck called Israel, because some of its dual-citizen fat cats bankrolled his campaign. But Americans aren’t swallowing it anymore: a whopping 80% are up in arms against this utterly illegal meddling in Iran, since only Congress gets to greenlight the use of military force.
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What the Trump crew is desperately peddling as “strength” is just the confession of their own impotence. If the United States were so almighty, they’d have bent Iran to their will ages ago. Instead, for 47 years, the Iranian “regime” hasn’t once knelt, and the U.S. has racked up nothing but humiliating losses in every war they’ve bungled.
Trump’s lame excuses for bombing Iran? They’re falling flat. The vast majority of Americans see right through it: this isn’t about defending U.S. interests—it’s all about kissing up to Israel.
Then there’s Veep JD Vance, embarrassing himself into oblivion by bleating that he’s got “proof”—eight months after Trump bragged about obliterating it all in that idiotic “Midnight Putter” operation—that Iran has rebuilt its nuclear enrichment capabilities. The Trump admin is so scraped-to-the-bone desperate they couldn’t even rustle up a prop vial, like the one Colin Powell waved around at the UN Security Council in 2003 to sell the Iraq debacle.
But hey, isn’t Vance the guy who threw a fundraiser for his Senate run at Les Wexner’s pad—the billionaire neck-deep in the Epstein slime?
Ah, the Epstein scandal! It snares a slew of Trump cronies—his son-in-law Jared Kushner, Commerce Secretary Howard Lutnick. Not even World War III will scrub this stain from the public eye, because it’s the ultimate symbol of a full-blown regime crisis.
We all know how it will unfold: the new Democratic House will kick off impeachment proceedings, and Trump will be left bellowing on Truth Social from the Oval Office bunker, just like in 2018. Except this time, he’s the architect of his own downfall, torpedoing his presidency by refusing to tell his big-money donors—who couldn’t care less about America’s interests—to pound sand.
The mainstream media are all chiming in unison like a well-rehearsed choir: the Iranian “regime” has been decapitated, headlines screaming triumphantly. How quaint. Persia—civilization ancient when ours was still scribbling in caves—has never hinged on the survival of one solitary man, except during those brief, puppet-show interludes under the Pahlavi dynasty, propped up first by the Brits and then by Uncle Sam himself.
Yet here we are, with the talking heads pretending the Supreme Guide was some all-powerful dictator whose demise spells instant collapse. Newsflash: the Supreme Leader isn’t even the head of state in the conventional sense. He’s the moral and religious authority —weighty, yes, but his political grip isn’t absolute; the system has layers, checks, and a deep bench of clerics and institutions built to endure.
Trump’s brilliant masterstroke? Turning him into a martyr. Because nothing screams “strategic genius” like handing the Shia world its latest sacred icon on a silver platter. Shiism isn’t just a sect—it’s a 1,400-year saga soaked in martyrdom, from Karbala onward. The faith thrives on it, rallies around it, weaponizes it. Killing the Guide doesn’t shatter the regime; it supercharges the narrative, galvanizes the faithful, and ensures the resistance hardens like concrete.
The USA and Israel cheerleaders can crow about “regime change” all they want, but history’s lesson is brutal and clear: you don’t topple Persia by bombing one ayatollah. You just light a fuse that burns for generations. Bravo, Donald—another masterclass in turning weakness into a self-inflicted wound.
And the fallout? The Strait of Hormuz is slammed shut, and Iran has hammered the U.S. naval base in Bahrain—that pint-sized island where over two-thirds of the population is Shia, mind you—rendering it a useless hunk of concrete. So, where exactly are those vaunted American warships supposed to gas up and reload? Diego Garcia? Good luck with that logistical nightmare in the middle of nowhere.
Come Monday’s market open, Brent crude is poised to spike to $80 a barrel, shoving the price of a gallon over three bucks in no time flat across the U.S. If this mess drags on—and why wouldn’t it?—we’re staring down the same barrel as the Ukraine war kickoff: Brent soaring past $100. American purchasing power? Crushed into oblivion, just in time for those midterm elections. Perfect timing, Donnie.
In short, this isn’t even a Pyrrhic victory yet—it’s a preordained debacle, especially since the Iranians don’t have pesky midterms looming in November. They’ve got all the time in the world. All it takes is one devastating haymaker—like crippling or sinking a U.S. aircraft carrier—and the American public will howl for Trump’s head on a pike.
Hell, the skyrocketing pump prices might do the trick all by themselves.
Over in Washington, they’ve conveniently memory-holed the fact that for over 20 years, ragtag Afghan insurgents (Persians in flip-flops, no less) armed with nothing but AK-47s held the mighty U.S. military and its NATO lapdogs at bay. How’s that for a history lesson they refuse to learn?
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Très bonne analyse de notre confrère Thomas Fazi. |
Why the US and Israel are attacking Iran
Iranian foreign minister Abbas Araghchi explains the real reason the US and Israel are targeting Iran: “This is a doctrine of domination... It is the enforcement of permanent inequality”
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If you want to understand why the US and Israel are attacking and attempting to subjugate Iran, you must read this historic speech by Iranian foreign minister Abbas Araghchi, delivered earlier this month at the 16th Al Jazeera Forum held in Doha:
Excellencies,
Distinguished colleagues,
Ladies and gentlemen,
السلام علیکم
It is a privilege to address you at this distinguished forum and discuss the profound question of our region: Palestine.
Let me begin with a fact that the region has learned through decades of painful experience, and that the world is learning again at a terrible human cost: “Palestine is not one issue among many”.
Palestine is the defining question of justice in West Asia and beyond. It is the strategic and moral compass of our region. It is a test of whether international law has meaning, whether human rights have universal value, and whether global institutions exist to protect the weak — or merely to rationalise the power of the strong.
For generations, the Palestinian crisis was understood primarily as the consequence of an illegal occupation and the denial of an inalienable right: the right of a people to self-determination. But today, we must recognise that the crisis has moved far beyond the parameters of occupation alone. What we are witnessing in Gaza is not merely war. It is not a “conflict” between equal parties. It is not an unfortunate byproduct of security measures. It is the deliberate destruction of civilian life on a massive scale. It is genocide.
The human cost of Israel’s atrocities in Gaza has wounded the conscience of humanity. It has torn open the heart of the Muslim world — and it has also shaken millions beyond it: Christians, Jews, and people of all faiths, who still believe that the life of a child is not a bargaining chip, that starvation is not a weapon, that hospitals are not battlefields, and that the killing of families is not self-defense.
Palestine today is not simply a tragedy; it is a mirror held up to the world. It reflects not only the suffering of Palestinians, but also the moral failure of those who had the power to stop this catastrophe — and chose instead to justify it, enable it, or normalise it.
But Palestine and Gaza is not only a humanitarian crisis. It has become the platform for something larger and more dangerous: an expansionist project pursued under the banner of “security”.
This project has three consequences — each of them profound, each of them alarming:
The first consequence is global. The Israeli regime’s conduct in Palestine, and the impunity granted to it, have deeply damaged the international legal order. We must say this clearly: the world is moving toward a condition where international law no longer is respected and governs international relations.
What is perhaps most dangerous is the precedent being established: that if a state has sufficient political cover and protection, it may bomb civilians, besiege populations, target infrastructure, assassinate individuals across borders, and still demand to be regarded as lawful.
This is not merely a Palestinian problem. It is a global problem.
We are witnessing not only the tragedy of Palestine, but the transformation of the world into a place where the law is replaced by force.
The second consequence is regional. Israel’s expansionist project has had a direct and destabilising impact on the security of all countries in the region.
The Israeli regime now openly violates borders. It breaches sovereignties. It assassinates official dignitaries. It conducts terrorist operations. It expands its reach in multiple theatres. And it does so, not discreetly, but with a sense of entitlement — because it has learned that international accountability will not come.
Let us be candid: if the Gaza issue is “settled” through destruction and forced displacement — if that becomes the model — then the West Bank will be next. Annexation will become policy.
This is the essence of what has long been called the “Greater Israel” project.
The question therefore is not whether Israel’s actions threaten Palestinians alone. The question is whether the region will accept a future in which borders are temporary, sovereignty is conditional, and security is determined not by law or diplomacy, but by the ambitions of a militarised occupier.
The third consequence is structural — and perhaps the most dangerous.
Israel’s expansionist project requires that neighboring countries be weakened — militarily, technologically, economically, and socially — so that the Israeli regime permanently enjoys the upper hand.
Under this project, Israel is free to expand its military arsenal without limits, including weapons of mass destruction that remain outside any inspection regime. Yet other countries are demanded to disarm. Others are pressured to reduce defensive capacity. Others are punished for scientific progress. Others are sanctioned for building resilience.
Nobody should be confused: this is not arms control, it is not non-proliferation, it is not security.
It is the enforcement of permanent inequality: Israel must have a “military, intelligence and strategic edge”, and others must remain vulnerable. This is a doctrine of domination.
Ladies and gentlemen,
This is why the Palestinian question is not only a humanitarian issue. It is a strategic issue. It is not only about Gaza and the West Bank. It is about the future of our region and the rules of the world.
So what must be done?
It is not enough to express concern. It is not enough to issue statements. It is not enough to mourn. We need a coordinated strategy of action — legal, diplomatic, economic, and security-based — rooted in the principles of international law and collective responsibility.
First, the international community must support legal mechanisms without hesitation.
Second, there must be consequences for violations.
We call for comprehensive and targeted sanctions against Israel, including: an immediate arms embargo,
the suspension of military and intelligence cooperation,
restrictions on officials, and banning trade.
Third, we need a credible political horizon grounded in law. The international community must affirm: the end of occupation, the right of return and compensation in accordance with international law, and the establishment of a unified and independent Palestinian state with Al-Quds Al-Sharif as its capital.
Fourth, the humanitarian crisis must be treated as a matter of urgent international responsibility. Collective punishment must never be normalised.
Fifth, regional states must coordinate to protect sovereignty and deter aggression. The principle must be clear: security cannot be built on the insecurity of others.
And finally, the Islamic world, the Arab world, and the nations of the Global South must build a united diplomatic front.
The Organization of Islamic Cooperation, the Arab League, and regional organisations must move beyond symbolism toward coordinated action: legal support, diplomatic initiatives, economic measures, and strategic messaging.
This is not about confrontation. It is about preventing the region from being reshaped by force.
Dear colleagues,
Let no one miscalculate: a region cannot be kept stable by allowing one actor to act above the law. The doctrine of impunity will not produce peace; it will produce wider conflict.
The path to stability is clear: justice for Palestine, accountability for crimes, an end to occupation and apartheid, and a regional order built on sovereignty, equality, and cooperation.
If the world wants peace, it must stop rewarding aggression.
If the world wants stability, it must stop enabling expansionism.
If the world believes in international law, it must enforce it — consistently and without double standards.
And if the nations of this region seek a future free from perpetual war, they must recognise this fundamental truth: Palestine is not merely a cause for solidarity; it is the indispensable cornerstone of regional security.
Thank you.
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Thomas Fazi
Website: thomasfazi.net
Twitter: @battleforeurope
Latest book: The Covid Consensus: The Global Assault on Democracy and the Poor—A Critique from the Left (co-authored with Toby Green)
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Mainstream-defying reflections on (geo)politics, economics, war, energy and life in general. |
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Une certaine Amérique tente de se rassurer
Quand on est réellement puissant, on n'a pas besoin d'assassiner des dirigeants étrangers. Trump vient d'achever ce qu'il avait commencé en juin 2025: mettre lui-même un terme à sa propre présidence.
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Les primaires approchent à grands pas, et le bilan de Donald Trump s’apparente à un désastre. Il a échoué sur presque tous les fronts — à l’exception peut-être de la liberté d’expression, mais soyons sérieux : il ne s’est agit que de restaurer un droit constitutionnel fondamental après quinze années de dérives « progressistes ». Très louable, pas suffisant.
Sur le plan intérieur, les revers s’enchaînent. Le dernier en date, particulièrement cinglant, émane de la Cour suprême : les droits de douanes imposés de manière précipitée par Trump ont été déclarés illégaux. Il s’avère que le président n’a pas l’autorité requise pour se substituer au Congrès, et plus particulièrement à la Chambre des représentants, qui dispose de la main haute sur le budget de l’Etat fédéral, recettes incluses.
Par un vote de six voix contre trois, les juges, pourtant majoritairement conservateurs, ont invalidé ces mesures, qualifiant ces tarifs de taxes déguisées qui pèsent lourdement sur les Américains. Le Président ne peut invoquer ses pouvoirs d’urgence pour contourner la Constitution.
Examinons à présent les sondages, compilés avec rigueur par nos confrères de RealClearPolitics. Le tableau qu’ils dressent est sans appel : historiquement, une majorité d’Américains désapprouve l’action de Donald Trump. Un rejet constant et marqué, qui continue de transpirer dans les enquêtes d’opinion.
Son retour politique de 2024, l’un des plus impressionnants de l’histoire des USA? Propulsé par la détestation de la majorité des américains du Parti démocrate. Le 14 février 2025 — à peine un mois après le début de son second mandat —, l’opinion publique a basculé de manière irrémédiable.
Comment s’en étonner ? Depuis son retour à la Maison Blanche, Trump s’est évertué avec constance à trahir chacune de ses promesses de campagne. Les Républicains vont très vraisemblablement perdre la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat de l’automne prochain. Diable, même le Sénat pourrait basculer, comme certains experts électoraux du GOP l’admettent du bout des lèvres.
Comme cela s’est invariablement produit ces quarante dernières années chaque fois qu’un président américain touche le fond sur le plan intérieur, c’est l’heure d’une petite guerre, de préférence au service de ce minuscule client moyen-oriental nommé Israël, car certains gros bonnets à double nationalité ont financé la campagne de Trump. Les Américains rfefsuent d’avaler l’amère pilule : 80 % d’entre sont vent debout contre l’intervention illégale en Iran, puisque seul le Congrès a le pouvoir d’autoriser l’emploi de la force armée.
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Ce que l’équipe de Trump tente désespérément de faire passer comme de la force n’est rien d’autre que l’aveu de leur propre impuissance. Si les États-Unis étaient réellement puissants, ils auraient fait plier l’Iran à leur volonté depuis belle lurette. Au lieu de cela, pendant 47 ans, le « régime » iranien n’a pas baisé le genou une seule fois, tandis que les États-Unis n’ont accumulé que des défaites humiliantes dans chaque guerre qu’ils ont menée.
Les prétextes de Trump pour bombarder l’Iran ? Ils ne convainquent personne. La majorité des Américains voient clair dans ce jeu : rien à voir avec la défense des intérêts américains ou la sécurité nationale — c’est une fois encore une guerre menée au profit d’Israël.
Puis il y a le vice-président JD Vance, qui s’est ridiculisé en bêlant qu’il détient des « preuves » — huit mois après que Trump se soit vanté d’avoir tout anéanti - que l’Iran a reconstruit ses capacités d’enrichissement nucléaire. On n’a même pas pu lui dénicher un flacon, comme celui que Colin Powell a agité devant le Conseil de sécurité de l’ONU en 2003 pour vendre le l’invasion de l’Irak.
Mais attendez, n’est-ce pas JD Vance qui a organisé une levée de fonds pour sa campagne sénatoriale chez Leslie Wexner — le milliardaire de l’Ohio mouillé jusqu’au cou dans le dossier Epstein ?
Ah, l’affaire Epstein ! Elle englue toute une ribambelle de proches de Trump — son gendre Jared Kushner, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et bien d’autres. Même une Troisième Guerre mondiale ne parviendra pas à la faire disparaître du débat public, car elle est la manifestation d’une profonde crise de régime.
Nous savons tous comment la suite va se dérouler : la nouvelle Chambre issue des mid-terms lancera une procédure de destitution, et Trump sera confiné à beugler sur Truth Social depuis le Bureau ovale, comme en 2018. Sauf que cette fois, il aura été l’artisan de sa propre chute, torpillant sa présidence en refusant de dire à ses généreux donateurs — qui se fichent éperdument des intérêts américains — d’aller voir ailleurs si des fois l’herbe n’est pas plus verte.
D’ailleurs, le Congrès va devoir se prononcer sur la limitation des “pouvoirs de guerre” de Trump, et il semble y avoir une majorité en ce sens, comme ce fut le cas pour imposer par la loi imposant la publication du dossier Epstein.
La grande presse entonne en chœur, bien rodée : le « régime » iranien a été décapité. Quelle charmante naïveté.
La Perse — une civilisation plurimillénaire — n’a jamais dépendu de la survie d’un seul homme, sauf durant cette brève parenthèse du spectacle de marionnettes que fut la “dynastie” Pahlavi (le Shah et avant lui son père), pantins actionnés par les Britanniques puis par l’Oncle Sam.
Pourtant, nous y voilà : les commentateurs en service commandé feignent de croire que le Guide suprême était un dictateur tout-puissant dont la disparition entraînera un effondrement immédiat du “régime”. Le Guide suprême n’est pas un chef d’État au sens conventionnel du terme. Il incarne l’autorité morale et religieuse — un rôle important, certes, mais son pouvoir politique n’est pas absolu ; le système politique iranien repose sur de multiples strates, des contre-pouvoirs et des institutions conçues pour perdurer.
Le coup de maître de Trump ? Avoir fait un martyr de cette autorité morale et religieuse. Car rien n’est « génie stratégique » que offrir au monde chiite un nouveau saint sur un plateau d’argent. Le chiisme n’est pas une secte — c’est une épopée de 1 400 ans imprégnée de sacrifices, depuis Karbala jusqu’à nos jours. Cette foi s’en nourrit, la transforme en arme contre laquelle il n’existe pas de parade.
Tuer Khamenei ne brise pas le régime ; cela dope la concorde nationale, mobilise les fidèles et durcit la résistance comme du béton armé.
Les partisans des États-Unis et d’Israël peuvent claironner le « changement de régime » autant qu’ils le souhaitent. La leçon de l’histoire est brutale et limpide : on ne renverse pas la Perse en tuant un ayatollah. En tuant le mollah-en-chef, on allume simplement une mèche qui brûle sur des générations.
Et les retombées ? Le détroit d’Ormuz est fermé, et l’Iran a frappé la base navale américaine à Bahreïn — cette île où plus des deux tiers de la population sont chiites, soulignons-le. Où donc les bâtiments de guerre américains sont-ils supposés se ravitailler en carburant et munitions ? Diego Garcia ? Bonne chance pour gérer ce casse-tête logistique au fin fond de l’océan Indien.
Dès l’ouverture des marchés lundi, le Brent s’apprête à flamber à 80 dollars le baril, catapultant le prix du gallon (3,8 litres) au-delà des trois dollars aux Etats-Unis. Si le conflit perdure, nous replongerons dans le même scénario qu’au déclenchement de la guerre en Ukraine : le Brent à plus de 100 dollars. Le pouvoir d’achat des Américains ? Anéanti, pileèpoil pour les élections de mi-mandat. Timing impeccable.
Bref ce n’est même pas une victoire à la Pyrrhus — c’est une défaite annoncée, d’autant que les Iraniens n’ont pas à se soucier d’échéances électorales. Ils disposent de tout le temps nécessaire. Il suffit d’un coup dévastateur — comme neutraliser ou couler un porte-avions américain — pour que l’opinion publique américaine réclame et obtienne la tête de Trump. En fait; l’explosion des prix à la pompe pourrait bien suffire à elle seule.
À Washington, on a effacé de la mémoire collective le fait que, pendant plus de vingt ans, des insurgés afghans en sandales (des Perses), équipés de simples AK-47, ont tenu en échec la toute-puissante armée américaine et ses alliés de l’OTAN.
GOP = Grand Old Party, surnom du parti républicain
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