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lundi 2 décembre 2024

à la UNE du LE TEMPS - 🔴 La Genève internationale s’inquiète des futures coupes de Donald Trump, Joe Biden gracie son fils Hunter… Le Briefing du lundi.... Lundi 2 décembre 2024

 

Le Temps | Le Briefing

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Portrait de l'auteur Nina SchretrNina Schretrjournaliste

Bonjour,

Rendre sa grandeur à l’Amérique passera-t-il par sevrer la Genève internationale? Avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les agences onusiennes craignent que leur plus important financeur sabre dans ses contributions. En Syrie, Bachar al-Assad cherche des soutiens alors qu’Alep est tombée aux mains de rebelles pro turcs, et aux Etats-Unis, Joe Biden gracie finalement son fils Hunter. Le Briefing vous propose finalement de rejoindre les pistes avec la Valaisanne Camille Rast, qui vit une seconde révélation en ski alpin.

P. S.: À l’occasion des fêtes de fin d’année, profitez de -25% sur votre abonnement annuel au Temps. Une information de qualité à portée de clic. Offre valable jusqu’au 25 décembre 2024. 🎄 S’abonner


📍A la une: La Genève internationale abandonnée par l’administration Trump?

Alex Brandon / keystone-sda.ch

Pourquoi c’est important: Les Etats-Unis sont le premier contributeur au budget des Nations unies et du CICR. Le retour de Donald Trump et la nomination d’Elise Stefanik comme ambassadrice à l’ONU augure une prochaine politique d’austérité pour ces institutions, déjà en difficulté. A Genève, un vent de panique souffle sur les diplomates

Notre éditorial: Le moment est à prendre très au sérieux. Une marginalisation de la Genève internationale équivaudrait à celle de la politique étrangère de la Suisse et de son rôle sur la scène internationale


Les 3 actualités du matin

1

Joe Biden revient sur sa parole et gracie son fils Hunter dans des affaires de fraude fiscale et détention illégale d’arme à feu

(FILES) US President Joe Biden (L) waves alongside his son Hunter Biden after attending mass at Holy Spirit Catholic Church in Johns Island, South Carolina on August 13, 2022. US President Joe Biden on December 1, 2024 said he had issued an official pardon for his son Hunter, who is facing sentencing for two criminal cases related to tax evasion and the purchase of a firearm. "No reasonable person who looks at the facts of Hunter’s cases can reach any other conclusion than Hunter was singled out only because he is my son -- and that is wrong," the president said in a statement, calling it "a miscarriage of justice." (Photo by Nicholas Kamm / AFP)
2

Faut-il renoncer aux subventions néfastes pour le climat?

L’aéroport de Cointrin.
3

Frappes russes et visite iranienne: la ville d’Alep échappe au contrôle d’un régime syrien en quête de soutien

Anti-government fighters celebrate in the northern Syrian town of Tal Rifaat on December 1, 2024. The Syrian Observatory for Human Rights said pro-Turkey fighters seized a strategic northern town from Kurdish forces, in fighting parallel to a major rebel offensive elsewhere in Aleppo province. (Photo by Bakr ALKASEM / AFP)

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Ce que vous ne lirez pas ailleurs

  • Stéphane Boujnah, directeur général d'Euronext à Paris La Défense, le 24 novembre 2022

    Sébastien LEBAN pour le JDD

    Stéphane Boujnah, patron d’Euronext: «Il n’y a pas d’aversion au risque culturelle en Europe». La relance de la compétitivité est au cœur du programme de la nouvelle Commission européenne. Le diagnostic des maux qui entravent l’économie du Vieux-Continent est clair, reste à passer à l’acte. Et sans tarder, martèle Stéphane Boujnah, président-directeur général d’Euronext. Lire la suite


Notre sélection

  • Estelle Pannatier, d’AlgorithmWatch CH: «Nous devrions nous demander quelle intelligence artificielle nous voulons». Il y a quelques jours, Economiesuisse prenait position face à la future et possible régulation de l’IA dans le pays. Estelle Pannatier, chargée de politique et de plaidoyer chez AlgorithmWatch CH, présente ici sa vision. Lire la suite

  • Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne: «La prison d’Evin est une sorte de miniature de l’Iran». L’autrice et anthropologue incarcérée de 2019 à 2023 a fait de son emprisonnement en Iran un terrain d’étude. Dans le sillage du mouvement «Femme, vie, liberté», elle publie cet automne «Prisonnière à Téhéran», un livre sur son séjour à Evin. Lire la suite

  • Génomique, données et cadre éthique : les promesses et paradoxes de la médecine personnalisée. Fondée sur la génétique et les données biomédicales, La médecine personnalisée promet de transformer les soins en les adaptant aux spécificités de chaque individu. Cette révolution médicale peut-elle s’imposer dans notre système de santé? Lire la suite

  • Tadesse Abraham, un dernier record de Suisse du marathon pour la route. A 42 ans, le coureur d’origine érythréenne a signé la meilleure performance de sa vie pour son ultime incursion sur la distance de 42,195 km à Valence (2h04’40). Il fera ses adieux lors de plusieurs courses populaires, dont l’Escalade à Genève. Lire la suite


L'actualité en Suisse

  • Les conseillers nationaux Roger Nordmann (gauche) et Pierre-Yves Maillard (droite) discutent a leur arivee lors du Congres ordinaire du Parti socialiste (PS) vaudois ce samedi 25 juin 2022 a Payerne. (KEYSTONE/Valentin Flauraud)

    Valentin Flauraud / keystone-sda.ch

    Sur fond de malaise, le Parti socialiste vaudois reporte son congrès sur les dérogations. Deux ans après avoir attribué des dérogations à plusieurs de ses membres, le Parti socialiste vaudois continue de piétiner sur la question. Alors qu’un congrès extraordinaire était prévu fin novembre, le comité directeur a fait le choix de le reporter. Décryptage. Lire la suite

  • A Lucerne, l’IA de Jésus a séduit près de 1000 personnes. Sur les bords du lac des Quatre-Cantons, la chapelle Saint-Pierre a offert durant deux mois l’opportunité de dialoguer directement avec une version numérique du fils de Dieu. Les résultats de l’expérience étaient présentés cette semaine. Lire la suite

  • Le coût du nouvel avion du Conseil fédéral choque des élus. Le Conseil fédéral recevra ce mois son tout nouveau jet privé pour lequel il a dépensé 103 millions de francs. Cette acquisition à l’heure où le parlement doit se prononcer sur des coupes budgétaires fait grincer des dents les élus à Berne. Lire la suite


Au programme

Aujourd’hui s’ouvre à Bellinzone un procès inédit. Le spécialiste genevois du négoce de pétrole Trafigura comparaît devant le Tribunal pénal fédéral pour des faits de corruption en Angola. Une première pour une multinationale. Notre article pour comprendre l’affaire.

Focus

  • Schauspieler Niels Arestrup während des Photocalls zum Film -DIPLOMATIE- anlässlich der 64. Internationalen Filmfestspiele Berlin 64. Internationale Filmfestspiele in Berlin IFB2014

    IMAGO/Seeliger

    Disparition de Niels Arestrup, ce comédien qui brillait de noirceur. Grand homme de théâtre habitué aux seconds rôles sur grand écran, Niels Arestrup est décédé à l’âge de 75 ans. Il excellait dans les rôles de personnages troubles et inquiétants, à l’image du mafieux corse emprisonné dans le film «Un Prophète». Lire la suite

Dans le débat

Mines antipersonnel, le triste retour

Marie-Hélène Miauton, chroniqueuse

Europe: les lendemains qui déchantent

Eric Hoesli, journaliste, spécialiste de la Russie, ancien président du conseil d’administration du «Temps»

ChatGPT, un étudiant de l’EPFL comme un autre?

Anouch Seydtaghia


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Pour le plaisir

  • ⛷️ Première victoire pour Camille Rast en Coupe du monde de ski alpin, qui vit une seconde révélation. Dans la foulée de ses deux premiers podiums en Coupe du monde, la Valaisanne a remporté le slalom de Killington dimanche, prenant la tête du classement général, bien des hivers après les coups d’éclat qui lui ont valu une notoriété précoce. Lire la suite

  • 🗓️ Planifier sa sexualité: ascenseur à désir ou tue l’amour? Cette semaine, on se demande si agender des rendez-vous intimes gâche toute spontanéité ou donne au contraire l’occasion de formuler ses envies. Lire (ou écouter) l'article

  • ⚕️ «Atteint par la maladie à corps de Lewy, mon mari a disparu petit à petit. Je me suis sentie très seule dans cette épreuve». Causée par des agrégats de protéines obstruant le cerveau, cette dégénérescence transforme le patient en fantôme. Miluska raconte comment Bernard s’est de plus en plus éloigné de l’homme qu’il était, avant de décéder subitement il y a deux semaines. Lire la suite

  • 🇲🇪 Sur la piste d’un mystérieux messie au Monténégro. Il se proclama sultan et messie au milieu du XVIIe siècle, mettant en ébullition toutes les communautés juives de l’Empire ottoman. Avant de se convertir à l’islam et de mourir, Sabbataï Tsevi a marqué de son passage la ville d'Ulcinj. Lire la suite


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LSDJ (La Sélection du Jour)- Histoire Esclavage en terre d'islam : l'histoire qu'on ne raconte pas- Lundi 7 décembre 2024

 



La Sélection Du Jour
02 Décembre 2024 - N°2335

Histoire

Esclavage en terre d'islam : l'histoire qu'on ne raconte pas

Photo Shutterstock
Depuis toute l'Afrique subsaharienne, ils furent entre 15 et 17 millions à être déportés entre le VIIe et le XXe siècle. Leur destination n'était pas les Amériques, mais le monde arabo-musulman. Mines, chantiers hydrauliques, plantations… Leur force de travail était utilisée à des fins productivistes, et non seulement pour des tâches domestiques. Chassés comme du gibier, exploités comme du bétail et souvent torturés, ils étaient acheminés vers Bagdad, Le Caire, La Mecque, Istanbul ou Tombouctou. Récit d'une histoire voilée : celle de l'esclavage en terre d'islam.

Dans un documentaire courageux et sans tabou (voir en sélection), plusieurs universitaires d'origine africaine ont choisi de mettre le doigt sur une histoire bien réelle, mais peu racontée : celle de l'esclavage arabo-musulman. Le Coran n'interdit pas l'esclavage, seulement celui d'autres musulmans est prohibé. Pourtant, nombreux furent les musulmans d'Afrique subsaharienne à le subir.

Pour justifier cela, l'infériorité de l'homme noir avait été décrétée dans le monde arabe bien avant les théories raciales des anthropologues européens du XIXe siècle. Les mots d'Ibn Khaldoun, grand lettré musulman né en 1332, en rapportent une idée plutôt claire : « Les seuls peuples à accepter l'esclavage sont les nègres en raison d'un stade inférieur d'humanité, leur place étant plus proche du stade animal. » Par la suite, certains mots arabes comme « aswad » ou « abd », qui désignent respectivement une personne noire et un esclave, seront utilisés de façon interchangeable. On rapportera la condition de l'esclavage à une origine géographique et une couleur de peau déterminée.

Les méthodes étaient particulièrement brutales. Après des razzias meurtrières visant à capturer les futurs esclaves dans leurs villages, ces derniers traversaient le Sahara menés par des marchands qu'on appelait littéralement « des bouviers ». Les enfants étaient souvent la cible privilégiée des ravisseurs. Ceux-ci estimaient que les jeunes seraient plus adaptables que les adultes. Pour les survivants de cette terrible traversée du désert, l'arrivée dans les principaux marchés d'esclaves n'était que le synonyme d'un nouveau martyre : beaucoup d'entre eux subissaient la castration. Des ateliers étaient dédiés à cela. Les espoirs de survie, notamment pour les enfants, étaient minimes. 70 à 80 % des victimes décédaient après l'opération.

Un article du Figaro (11/05/2021) cite l'ouvrage de l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau intitulé Les traites négrières et confirme l'ampleur et la dureté de cet esclavage méconnu : « Au  XIXe siècle, alors que la traite atlantique disparaissait progressivement, les traites orientales prirent une ampleur considérable, drainant entre 4,5 et 6,2 millions de personnes hors de l'Afrique noire continentale. Pour répondre à la demande croissante, les traitants arabes, Swahilis ou Africains islamisés, non seulement ouvraient des routes vers l'intérieur, mais, de plus, ils créaient des stations fixes ou temporaires à l'intérieur du pays, pour y entreposer et y accumuler un maximum de « prises », avant de les ramener vers la côte […]. Ce scénario eut pour résultat la mise à sac de régions entières, jusqu'aux Grands Lacs d'abord, puis bien au-delà, le fleuve Congo constituant une des grandes voies de pénétration. »

Ce sont d'abord les missions, puis surtout la colonisation, qui ont permis de stopper l'hémorragie dans la région des Grands Lacs, comme l'affirme Marie-Claude Barbier Mosimann, maître de conférences à l'ENS Paris-Saclay et auteur de l'article en question.

Selon Ralph Austen, spécialiste américain du sujet, 17 millions de personnes auraient été déportées par les négriers musulmans entre 650 et 1920. Au total, les traites orientales seraient donc à l'origine d'un peu plus de 40 % des 42 millions de personnes déportées par l'ensemble des traites négrières. Elles constitueraient ainsi le plus grand commerce négrier de l'histoire.

Mais les acteurs de l'esclavage n'ont pas été seulement les Arabes ni les BlancsLa traite était une réalité répandue au sein même des sociétés africaines. L'historien sénégalais Ibrahima Thioub pointe du doigt la responsabilité des Africains dans les deux traites, aussi bien arabe qu'atlantique. Il explique combien certaines élites avaient d'importants intérêts économiques à servir de relais pour la capture d'esclaves dans les villages.

Le tabou en Afrique reste cependant éminemment présent. Chez les élites africaines, dont beaucoup sont musulmanes, le sentiment de solidarité avec le monde arabe l'emporte sur le souci de faire ressortir la vérité historique. Selon l'anthropologue Tidiane N'Diaye, alors que plusieurs pays d'Afrique du Nord et du Proche-Orient sont devenus amis avec les pays africains, ils s'arrangent pour faire porter toutes les responsabilités à l'Occident et préfèrent ne pas ressusciter d'autres douloureuses réalités du passé.

En 2001 à Bamako, face à un auditoire composé d'Européens et d'Africains, Ibrahima Thioub avait osé aborder la question des différentes traites sans se restreindre à celle pratiquée par les Occidentaux. Les violentes réactions du public africain l'ont consterné. Des spectateurs sont venus le voir à la fin de l'exposé pour lui donner raison sur la nécessité de creuser le sujet, mais en lui reprochant de l'avoir fait devant « les Blancs ». Pour ce qui est des Européens, ils ont remercié Thioub d'avoir abordé une problématique qu'ils craignaient eux-mêmes d'évoquer sous peine d'être taxés de racisme. L'universitaire sénégalais pose alors une question qui devrait nous toucher tous, Occidentaux, Arabes et Africains : « Où sont les historiens ? »

 


Stanislas Gabaret

14 Siècles d'Esclavage et de Traite Négrière Arabo-Musulmane

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