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jeudi 15 novembre 2012

"Xi Jinping est plus réaliste et moins dogmatique que ses prédécesseurs"


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"Xi Jinping est plus réaliste et moins dogmatique que ses prédécesseurs"

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Le nouveau président chinois Xi Jinping.
Xi Jinping a succédé à Hu Jintao à la tête du Parti communiste chinois, et donc de la Chine, jeudi 15 novembre. François Bougon, journaliste au Monde, estime dans un chat au Monde.fr que le nouveau maître du pays "a montré beaucoup plus de charisme que Hu Jintao", évoquant "à plusieurs reprises les préoccupations quotidiennes des gens". Pour autant, sa position en matière de politique intérieure et de relations internationales devrait se situer dans la continuité de son prédécesseur.
P. D. : Pourquoi Xi Jinping a-t-il été désigné président de la République et Li Keqiang premier ministre ?
François Bougon : Cette décision avait été prise depuis 2007, lorsque les deux hommes sont entrés au comité permanent du bureau politique. Dans l'ordre hiérarchique, à ce moment-là, Xi Jinping a devancé Li Keqiang, et est donc devenu le successeur potentiel de Hu Jintao. Il a été préféré à M. Li, car il a su fédérer les différents courants du Parti communiste, les groupes d'intérêts et les militaires.
Romain : Est-ce que l'élection du nouveau président chinois change le rapport de force au sein du Parti communiste chinois ?
François Bougon : On peut tirer plusieurs constats de la nouvelle composition du nouveau comité permanent du bureau politique. Globalement, les réformateurs sont peu présents, les "princes héritiers" sont assez représentés, et on note également une influence de l'ancien président Jiang Zenin.
Pour les observateurs, ce comité permanent est considéré comme "conservateur". Mais il reflète bien l'état actuel des forces au sein du Parti communiste.
Jean-paul : La défaite de Bo Xilai signifie-t-elle qu'une ligne populiste (ou "maoïste") a été vaincue ? 
François Bougon : La ligne néomaoiste représentée par Bo Xilai a subi un coup presque fatal avec son limogeage, mais cela ne veut pas dire pour autant que les questions qu'il soulevait, notamment sur le côté inégalitaire de la croissance économique, ont disparu.
Maxiaowei : Comment la population chinoise accueille-t-elle ces changements au sein du PCC ? Quelle est l'ambiance actuelle à Pekin ?
François Bougon : A Pékin, il y a une ambiance assez particulière. Il y a eu un renforcement de la sécurité à l'occasion du 18e congrès. Globalement, il y a un décalage entre les préoccupations quotidiennes des Chinois et tout le cérémonial du congrès du Parti communiste. La majorité de la population ne s'intéresse guère à la politique puisqu'elle ne peut pas y prendre part. Par contre, ce que l'on remarque, c'est qu'il y a beaucoup de commentaires critiques sur les "weibo", les microblogs chinois.
Julie : Quels sont les principaux thèmes qui ont été mis en avant pendant le congrès du PCC ?
François Bougon : Il y a énormément de thèmes qui ont été abordés. Le Congrès, c'est en effet une manière pour le régime de mettre en avant ses réalisations, via un appareil de propagande assez lourd. Le thème général était "le développement scientifique", le concept développé par Hu Jintao, le secrétaire général du Parti communiste sortant.
L'idée principale de ce concept, c'est que la Chine ne peut plus continuer à se développer économiquement comme elle s'est développée depuis trente ans, avec un modèle basé sur les investissements publics et une économie tournée vers l'exportation.
Les autres thèmes sont des thèmes classiques depuis plus de dix ans. Ce sont les efforts pour lutter contre les inégalités sociales et contre la corruption.
Jean-paul : La corruption des dirigeants est sans cesse mise en avant comme une menace mortelle pour le PCC. Elle avait déjà, en son temps, bien affaibli le Guo Min Dang. Les nouveaux dirigeants ont-ils les moyens et la volonté d'en sortir ?
François Bougon : Officiellement, dans les discours, c'est un thème qui est présent depuis très longtemps. Hu Jintao, et aujourd'hui Xi Jinping dans son discours, soulignent que la corruption est un danger pour leur parti. Cependant, ce que l'on constate dans les faits, c'est que la corruption continue toujours à sévir en Chine.
Ahmadou LY : Bien que la Chine affiche des taux de croissance relativement importants, on note que des poches de pauvreté sont omniprésentes. Qu'est-ce que le Parti a décidé pour ces laissés-pour-compte ?
François Bougon : La politique affichée du Parti communiste et de Hu Jintao était d'équilibrer la croissance pour qu'elle puisse profiter également à des populations défavorisées, comme les ouvriers émigrants. Dans les faits, cependant, cette croissance a plutôt profité à des secteurs de la population qui sont proches du Parti ou à des groupes d'intérêts qui dépendent du Parti, comme les grandes entreprises d'Etat. Le défi de Xi Jinping sera de développer l'économie privée et la consommation intérieure.
Jean-paul : Y a-t-il eu des signes que le statut des Mingong – ouvriers migrants – va évoluer ?
François Bougon : Cela fait des années que certains secteurs de la société militent pour la fin du système de résidence, le fameux hukou (un permis de résidence qui permet aux habitants des villes de bénéficier d'un certain nombre de droits et de services auxquels les ouvriers émigrants n'ont pas accès). 
Il y a eu des réformes dans certaines villes qui ont assoupli ce système mis en place par Mao dans les années 1950 pour éviter un exode rural massif, mais le gouvernement refuse d'abolir ce système.
Matthieu : Avec ce changement de président, la politique chinoise peut-elle évoluer sur la question des territoires contestés comme le Tibet ou les îles Senkaku ?
François Bougon : Non, je n'y crois pas beaucoup. Pour la Chine, c'est une question stratégique, ce qu'ils appellent "les intérêts vitaux". Et donc, on a du mal à imaginer un changement de politique parce qu'il y aurait un nouveau secrétaire général du Parti communiste. Sur ces questions, on ne peut pas s'attendre à de grands changements. 
EricP : Peut-on espérer une progression de l'Etat de droit avec une indépendance de la justice ?
François Bougon : C'est une question qui se pose depuis la fin de la révolution culturelle en Chine. Il y a eu des avancées, mais le système judiciaire continue à dépendre du pouvoir politique.
Pendant les dix ans de mandat de Hu Jintao, on a pu constater malheureusement un recul sur cette question du respect de l'Etat de droit. Ce sont plutôt les policiers qui ont profité d'un resserrement du régime et les avocats, qui ont tenté de défendre le droit, ont subi toutes sortes de tracas.
Prochine : A quand la fin de la peine de mort ?
François Bougon : Il y a eu une volonté du régime de diminuer le nombre de condamnations à la peine de mort. Aujourd'hui, la Cour suprême a de nouveau le dernier mot en matière de peine de mort, alors qu'avant, c'étaient les provinces qui avaient ce droit. Il en résulte une diminution d'erreurs judiciaires. Toutefois, la suppression de la peine de mort n'est pas d'actualité.
Will : Peut-on espérer de la part des nouveaux dirigeants un assouplissement des mesures rectrictives envers des dissidents tels Ai Weiwei ou Liu Xiaobo?
François Bougon : Il y a une attente dans un certain nombre de secteurs de la population d'une plus grande liberté et d'une réforme politique. Il y a quelques mois, Xi Jinping a rencontré le fils du dirigeant réformateur Hu Yaobang, ce qui a suscité un espoir au sein de ceux qui appellent à plus de réformes politiques en Chine. Le fils de Hu Yaobang a publié, juste avant le congrès dans un journal officiel, un grand article où il appelait le régime à mener non seulement des réformes économiques mais aussi politiques.
Ahmadou LY : Qu'en sera-t-il de la liberté de la presse et plus largement des libertés individuelles ?
François Bougon : Il est encore trop tôt pour le dire. Ce qui est sûr c'est que beaucoup de secteurs de la Chine souhaitent une plus grande liberté de parole, de la presse et la fin d'un régime où les médias sont totalement contrôlés. Mais il est encore trop tôt pour dire si Xi Jinping sera celui qui permettra une plus grande liberté de la presse et un respect plus grand des libertés individuelles.
Lucas : Comment appréhender la politique internationale de Xi Jinping ? Y a-t-il des divergences avec son prédécesseur ? A-t-il étudié à l'étranger ?
François Bougon : Il n'a pas étudié à l'étranger, mais il s'est rendu aux Etats-Unis en 1985 à la tête d'une délégation agricole quand il était cadre dans la province du Hebei. En tant que vice-président du PPC, il a par ailleurs effectué beaucoup de voyages à l'étranger. Sa fille a par ailleurs étudié aux Etats-Unis.
Mais de là à considérer qu'il aura une autre politique étrangère, c'est très difficile à dire. De toute façon, le système chinois est un système de direction collective et ce n'est pas Xi Jinping lui-même qui pourra décider de la politique étrangère chinoise.
Quelle relation pourra-t-il entretenir avec l'Union européenne ?
François Bougon : Il y aura sans doute une continuité. Avec la crise en Europe, les Européens sont de plus en plus preneurs d'investissements chinois. La Chine a toujours su profiter des divisions européennes pour faire avancer ses intérêts. La crise n'a pas arrangé cette situation. Et Xi Jinping devrait continuer cette politique.
Ernesto : Les relations avec les Etats-Unis vont-elles changer ? Ainsi que celles avec la Corée du Nord ?
François Bougon : Les relations Chine–Etats-Unis vont rester les mêmes, toujours entre conflits et coopération. Sur la Corée du Nord, la Chine ne devrait pas changer sa position. Elle va continuer à soutenir Pyongyang, tout en poussant le régime nord-coréen à reprendre les négociations sur le dossier nucléaire.
Matthieu : Au final, Xi Jinping peut-il vraiment marquer une rupture avec la politique de Hu Jintao ?
François Bougon : Ce que l'on peut voir, au vu de son premier discours, c'est un style nettement différent. Il a montré beaucoup plus de charisme que Hu Jintao. Son discours évoquait à plusieurs reprises les préoccupations quotidiennes des gens. C'est un langage beaucoup plus naturel que son prédécesseur. Il reste à voir si cette différence dépassera cette question de style.
Il appartient à une génération, celle des "jeunes instruits" qui ont été envoyés à la campagne par Mao, dans les années 1960. Ils sont beaucoup plus réalistes et moins dogmatiques que leurs prédécesseurs.
Lucas : Y a-t-il une prise de conscience du PCC concernant la question environnementale ? La pollution continue d'atteindre des niveaux records dans certaines régions. On sait que les autorités chinoises ont commencé à développer un embryon de droit de l'environnement via des systèmes de malus. Qu'en est-il d'une éventuelle transition énergétique en Chine ? Faut-il attendre une prolifération de l'énergie nucléaire ?
François Bougon : Officiellement, l'ambition affichée du régime est d'aller vers un système beaucoup moins consommateur d'énergie et plus respectueux de l'environnement. Il doit tenir compte d'une position croissante des populations locales, comme on l'a vu récemment lors de manifestations à Ningbo contre un projet d'usine chimique. Dans la progression de la carrière de cadre, le facteur environnemental est de plus en plus pris en compte pour sa promotion. Sur le programme nucléaire, il y a effectivement un objectif de se doter d'un vaste réseau de centrales.
Diabaram : Des signes de fragilité (sociale, économique, démographique, militaire...) de cet empire mastodonte sont-ils décelés, à l'instar de l'URSS à l'aube de la révolution dans les années 1980 ?
François Bougon : La comparaison avec l'URSS est totalement inappropriée. On a des signes de fragilité, un certain ralentissement économique, mais globalement l'économie fonctionne avec des taux de croissance encore relativement élevés. Malgré tout, la crise, en particulier la crise européenne, a un impact sur l'économie chinoise, qui reste encore très dépendante des exportations.
Chat modéré par Audrey Garric

Le patronat apprécie le Pacte de compétitivité et propose d’y ajouter la flexibilité du travail et même des salaires


Le patronat apprécie le Pacte de compétitivité et propose d’y ajouter la flexibilité du travail et même des salaires

s'informerLa cinquième séance des négociations entre le patronat et les syndicats sur la sécurisation de l’emploi débute ce jeudi matin. Commencées le 4 octobre, elles n’avaient jusqu’alors pas avancé et le patronat n’avait proposé aucun texte.
Mardi, dans sa conférence de presse, le chef de l’État, François Hollande, a pressé patronat et syndicats de réaliser un « compromis historique » sur la réforme du travail, qu’il a liée au pacte de compétitivité. Le même lien a été souligné mercredi après-midi par Michel Sapin, ministre du Travail.
Le même jour, le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), Jean-François Roubaud, s’est félicité du « courage » du gouvernement sur le sujet de la compétitivité. Il s’est déclaré très satisfait de sa rencontre avec Pierre Moscovici, ministre de l’Économie. Ce dernier a précisé que les contreparties aux 20 milliards d’euros accordés aux entreprises seraient « une attitude qui permette de faire avancer la grande réforme du travail. »
Hier soir, le MEDEF a soumis à la discussion des syndicats un premier texte que le journal Les Échos présente comme « le projet-choc du patronat ».
Par exemple, pour « supprimer les freins à l’embauche en CDI », l’usage du « contrat intermittent » pourrait être étendu et la protection juridique des salariés en cas de licenciement serait réduite. En cas de conjoncture difficile, des accords majoritaires seraient signés, maintenant l’emploi en échange d’une réduction du temps de travail et des salaires.

Bande de Gaza : non au choix de la force


Communiqué de presse
Plateforme des ONG françaises pour la Palestine

Bande de Gaza : non au choix de la force

Après de nombreuses frappes militaires contre la bande de Gaza depuis une semaine, l'armée israélienne vient d'assassiner un haut responsable du Hamas, risquant d'entraîner toute la région dans une spirale de violence qui, comme l’opération Plomb durci en décembre 2008-janvier 2009, aura des conséquences désastreuses pour la population de Gaza et n’assurera pas la sécurité recherchée par Israël.

Paris le 14 novembre 2012,

La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine dénonce l’assassinat d’un haut responsable du Hamas et la solution militaire choisie par Israël. Le Hamas est profondément enraciné dans la société palestinienne. Israël ne le détruira pas par les bombes. Les assassinats ciblés, les punitions collectives envers la population palestinienne de Gaza n'y parviendront pas non plus. Les conséquences humanitaires et politiques de l’opération Plomb durci en décembre 2008-janvier 2009 ont été désastreuses. Si le Hamas a été affaibli militairement, il est resté un acteur politique incontournable et l’attaque israélienne a davantage affaibli et discrédité l’Autorité palestinienne. Pourtant Israël fait à nouveau le choix de la force et menace aujourd'hui de renverser le président Abbas s'il obtient l'adhésion de la Palestine à l'ONU à la fin novembre.

Israël a le droit, comme tout autre pays, de protéger sa population, mais cela suppose, comme pour le Hamas, qu’il respecte les règles fixées par le droit international.  Celui-ci lui interdit d’imposer une punition collective à 1,5 million de Palestiniens à Gaza en les soumettant à un blocus illégal et à une nouvelle opération militaire. En vertu des Conventions de Genève, le devoir d’Israël, en tant que puissance occupante, est de protéger la population civile occupée ; Israël continuant de contrôler les frontières aériennes, maritimes et terrestres de ce territoire, emprisonnant 1,5 millions de Palestiniens.

La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine rappelle les conditions immédiates d’un règlement du conflit : retrait israélien des Territoires palestiniens, gel complet et immédiat de la colonisation en Cisjordanie, levée des restrictions israéliennes, réouverture des points de passage de et vers la bande de Gaza. Une solution juste, fondée sur le droit international, est la seule garantie pour Israël de vivre un jour en paix avec ses voisins.

Les organisations de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine demandent une action forte du gouvernement français et de l’Union européenne pour mettre un terme à l’escalade militaire.


Plateforme des ONG françaises pour la Palestine
14, passage Dubail
75010 Paris
01 40 36 41 46
contact@plateforme-palestine.org 
www.plateforme-palestine.org
La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine a pour objectif général de contribuer activement à l’établissement d’une paix juste entre Palestiniens et Israéliens fondé sur le droit international, en agissant sur deux leviers ; par l’information et la mobilisation de la société française et des forces politiques françaises ; le soutien au développement de la société civile palestinienne pour appuyer la mise en place d’un Etat démocratique.


Membres

- AFPS – ASSOCIATION FRANCE PALESTINE SOLIDARITE
- AJPF – ASSOCIATION POUR LA PROMOTION DES JUMELAGES ENTRE VILLES DE FRANCE ET CAMPS PALESTINIENS
- AURDIP – ASSOCIATION DES UNIVERSITAIRES POUR LE RESPECT DU DROIT INTERNATIONAL EN PALESTINE
- CBSP – COMITE DE BIENFAISANCE ET DE SECOURS AUX PALESTINIENS
- CCFD-TERRE SOLIDAIRE – COMITE CATHOLIQUE CONTRE LA FAIM ET POUR LE DEVELOPPEMENT
- CEDETIM
- CEMEA – CENTRES D’ENTRAINEEMNT AUX METHODES D’EDUCATION ACTIVE
- CICUP – COLLECTIF INTERUNIVERSITAIRE POUR LA COOPERATION AVEC LES UNIVERSITES PALESTINIENNES
- CIMADE
- COMITE GAZA JERUSALEM MEDITERRANEE
- CVPR-PO – COMITE DE VIGILANCE POUR UNE PAIX REELLE AU PROCHE-ORIENT
- ERM-SERVICES – ENFANCE RESEAU MONDE /SERVICES
- FEDERATION ARTISANS DU MONDE
- FSGT – FEDERATION SPORTIVE ET GYMNIQUE DU TRAVAIL
- GENERATION PALESTINE
- GREF – GROUPEMENT DES RETRAITES ET EDUCATEURS SANS FRONTIERE
- LDH – LIGUE DES DROITS DE L'HOMME
- LIFPL – LIGUE INTERNATIONALE DES FEMMES POUR LA PAIX ET LA LIBERTE
- MIR – MOUVEMENT INTERNATIONAL DE LA RECONCILIATION
- MRAP – MOUVEMENT CONTRE LE RACISME ET POUR L’AMITIE ENTRE LES PEUPLES
- MOUVEMENT DE LA PAIX
- PAX CHRISTI
- SECOURS CATHOLIQUE-CARITAS FRANCE
- SIDI – SOLIDARITE INTERNATIONALE POUR LE DEVELOPPEMENT ET L’INVESTISSEMENT
- TDH – TERRE DES HOMMES FRANCE
- UJFP – UNION JUIVE FRANÇAISE POUR LA PAIX

Observateurs

- ACAT – ACTION DES CHRETIENS POUR L’ABOLITION DE LA TORTURE
- AFRAN SAUREL
- AEDH – AGIR ENSEMBLE POUR LES DROITS DE L'HOMME
- AMNESTY INTERNATIONAL
- ASSOCIATION POUR JERUSALEM
- COLLECTIF JUDEO-ARABE ET CITOYEN POUR LA PAIX
- COORDINATION SUD
- CRID – CENTRE DE RECHERCHE ET D’INFORMATION SUR LE DEVELOPPEMENT
- FRANCAS
- GAIC – GROUPE D’AMITIE ISLAMO-CHRETIENNE
- HI – HANDICAP INTERNATIONAL
- MDM – MEDECINS DU MONDE
- RITIMO

Les ministres des Finances de la zone euro exigent des coupes sociales plus sévères en Grèce et en Europe


Un article lu sur WSWS

Les ministres des Finances de la zone euro exigent des coupes sociales plus sévères en Grèce et en Europe


Les ministres des Finances de la zone euro exigent des coupes sociales plus sévères en Grèce et en Europe

Par Robert Stevens et Jordan Shilton 
15 novembre 2012
Lors d’une réunion lundi 12 novembre, les ministres des Finances de la zone euro ont refusé de prendre la décision d’allouer à l’Etat grec défaillant une nouvelle tranche d’aide de 31,5 milliards d’euros, consentie avec le plan de sauvetage précédent.
Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a annoncé qu’aucune décision définitive ne serait prise lors de la réunion malgré l’adoption dimanche au parlement grec d’un nouveau plan d’austérité de 13,5 milliards d’euros.
Alors que la Commission européenne a salué les nouvelles mesures d’austérité, le porte-parole Simon O’Connor a remarqué, « Nous devons encore examiner en détail la version finale de la loi » avant que de nouveaux prêts soient octroyés à la Grèce.
Le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem a dit, « Les Grecs ont laissé bien des choses se régler à la dernière minute et donc nous prendrons nous aussi notre temps pour voir où nous en sommes. »
Tel est le langage codé pour exiger une misère sociale encore plus grande. Après le vote parlementaire grec, l’on a appris que la tranche en souffrance serait retardée jusqu’à ce qu’Athènes confirme la suppression de 2.000 emplois dans le secteur public.
Un rapport publié par la troïka, qui est constituée par l’Union européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE), avant la réunion des ministres des Finances, soulignait l’hostilité grandissante de la population à l’égard des mesures d’austérité. Le rapport dit, « Les risques clé concernent l’application d'ensemble de la politique, compte tenu que la coalition soutenant le gouvernement semble être fragile et que certains éléments du programme se heurtent à une résistance politique, malgré la détermination du gouvernement. »
Le rapport estime que si la Grèce atteignait ses objectifs de réduction budgétaire d’ici 2016, elle aurait tout de même besoin de 32,6 milliards d’euros (41 milliards de dollars) de prêts.
Vendredi prochain, la Grèce devra honorer une échéance de remboursement de 5 milliards d’euros dus aux banques. Le gouvernement grec projette d’émettre mardi de nouvelles obligations, remboursables d’ici un ou trois mois, afin de faciliter le respect de l’échéance. Elle espère pouvoir lever 3,12 milliards d’euros (4 milliards de dollars) grâce à cette émission d’obligations.
Au moment où les ministres de la zone euro se réunissaient, la chancelière allemande, Angela Merkel, se rendait au Portugal en compagnie d’une délégation d’hommes d’affaires allemands pour y rencontrer le président et le premier ministre. La visite de Merkel s'est déroulée 48 heures à peine avant qu’une grève de 24 heures contre l’austérité n’ait lieu au Portugal au milieu d’une multiplication de manifestations et de grèves anti-austérité.
Merkel a été accueillie par des manifestants qui ont dénoncé l’insistance de son gouvernement à imposer des mesures d’austérité de plus en plus sévères au Portugal et partout en Europe. A Lisbonne, au milieu d’une massive présence policière, les manifestants brandissaient des banderoles où on pouvait lire « Le Portugal n’est pas le pays de Merkel » et « Angela Merkel assassin. » Les manifestants scandaient « Merkel, ça ne marche pas ! » et « Merkel, dehors ! » Des affiches placardées partout dans la ville disaient « Nous payons, ils jouent, les banques gagnent. »
Merkel, qui a rencontré le premier ministre portugais Passos Coelho au fort de San Juliao en dehors de Lisbonne, a dit en parlant du programme de mesures d’austérité brutales de son gouvernement : « Le programme est mis en oeuvre d’une manière optimale par le Portugal. Je sens une forte détermination ici au Portugal pour surmonter cette phase difficile. »
Coelho a dit qu’il n’y aurait pas de relâchement dans l’imposition de l’austérité de masse en échange des 78 milliards d’euros (101 milliards de dollars) de prêt de la troïka. Il a dit: « Nous savons que la situation sociale est difficile et qu’il est plus facile de parler de réforme que de la mettre en vigueur. Nous sommes conscients des difficultés mais nous pensons que c’est la seule manière d'aller de l’avant. »
Le Portugal attend le versement de 2,5 milliards d’euros de prêts supplémentaires de la troïka. Comme dans le cas de la Grèce, tous ces fonds sont débloqués par tranches et sont strictement conditionnels à l’imposition d’attaques draconiennes contre l’emploi, les salaires et les conditions de vie des travailleurs. La troïka est actuellement engagée à examiner tous les trois mois les mesures d’austérité convenues précédemment avec le gouvernement Coelho. Ce n’est que si les mesures sont appliquées à la lettre que le Portugal recevra les 2,5 milliards d’euros.
L’élite dirigeante portugaise veut à tout prix éviter un effondrement économique et veut montrer son strict respect des exigences formulées par la troïka et les banques pour pratiquer des réductions sans précédents dans les dépenses publiques. C’est ainsi, qu’avant la visite de Merkel, un court-métrage avait été réalisé par les autorités dans le but, selon le Financial Times, « de montrer que les ‘Portugais travaillent davantage d’heures, paient plus d’impôts et ont moins de jours de congé’ que les Allemands. » Le journal a poursuivi en disant, « Mais, la tentative de le diffuser en Allemagne avant la visite de Merkel a échoué. »
Au moment même où les ministres de la zone euro se réunissaient pour dire avec insistance qu’il n’y a pas d’alternative pour vaincre l’austérité, de nouvelles projections économiques publiées par la Commission européenne pour les deux prochaines années ont réfuté les affirmations officielles selon lesquelles les mesures d’austérité appliquées par les gouvernements européens depuis l’effondrement financier de 2008 conduiraient à une reprise économique.
Selon ces projections, l’économie de la zone euro devrait pratiquement stagner jusqu’en 2013 avec la possibilité d’une faible croissance en 2014. Le chômage devrait atteindre 12 pour cent l’année prochaine et rester extrêmement élevé jusqu’en 2014.
Dans un communiqué de presse, le commissaire européen en charge des Affaires économiques, Olli Rehn, a souligné que ces chiffres illustraient le besoin d’une intensification de l’austérité. « L’Europe traverse une période de difficile rééquilibrage macro-économique qui va encore durer un certain temps, » a-t-il dit. « L’Europe doit continuer à combiner des politiques budgétaires saines et des réformes structurelles afin de créer les conditions qui permettront une croissance durable. »
Les remarques de Rehn montrent que la politique menée par la bourgeoisie européenne consiste à abaisser le niveau de vie des travailleurs en Europe à un niveau comparable à celui de la Chine et à d’autres économies fondées sur une main d’œuvre bon marché.
Avant de se rendre au Portugal, Merkel avait averti lors d’un congrès régional de son parti, l’Union démocrate-chrétienne d’Allemagne (CDU), que la crise de l’endettement durerait au moins encore cinq ans. « Nous avons besoin de la rigueur pour convaincre le monde qu’il est rentable d’investir en Europe, » a-t-elle dit. C’est le langage codé pour signifier qu'il faut des coupes encore plus claires et une exploitation encore plus brutale de la main d’oeuvre afin d’attirer les fonds des banques mondiales et des spéculateurs en quête du taux de profit le plus élevé possible.
Le gouvernement irlandais projette aussi de faire des coupes supplémentaires. Des réductions des dépenses et des augmentations d’impôt totalisant 3,5 milliards d’euros sont prévues pour le budget qui sera présenté en décembre mais ce chiffre devrait probablement augmenter. Ceci vient s’ajouter aux 25 milliards d’euros de mesures d’austérité instaurées depuis 2008. La dette souveraine de l’Irlande devrait passer à 150 pour cent du produit intérieur brut d’ici 2015, un niveau généralement jugé comme étant insoutenable.
Selon les prévisions de la Commission européenne, l’Espagne n’atteindra pas ses objectifs budgétaires en 2013. Ceci ne fera qu’intensifier la pression pour que l’Espagne demande un plan de sauvetage complet à la troïka.
(Article original paru le 13 novembre 2012)

Le discours du président chinois indique l'incertitude et des crises à venir

Un article lu sur WSWS

Le discours du président chinois indique l'incertitude et des crises à venir


Le discours du président chinois indique l'incertitude et des crises à venir

Par John Chan 
15 novembre 2012
Le secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) sur le départ, Hu Jintao, a prononcé le discours d'ouverture du 18e congrès national hier, établissant les grandes lignes de l'action de la prochaine direction, qui sera dirigée par le Vice-président Xi Jinping. La notion principale du discours était l'expansion et l'amélioration de la situation juridique du secteur privé dans l'économie, tout en maintenant une politique étrangère de « développement pacifique » dans une tentative d'appaiser les États-Unis.
Le discours de Hu était un résumé de son rapport, approuvé la semaine dernière par le plenum final du Comité central. C'était une tentative de trouver un équilibre entre les factions rivales du parti et de mettre fin aux divergences aigues qui ont émergé cette année. Pour envoyer un signal au monde entier sur l'unité du parti, Hu, de la faction Ligue des jeunes communistes, est entré dans le Grand hall du peuple avec juste derrière lui l'ex-président Jiang Zemin, de la « clique de Shanghai ».
Quelques 2700 journalistes étaient présents au congrès, dépassant en nombre les 2300 délégués. C'est une indication de l'importance de la Chine, et donc de sa direction, pour le capitalisme global. Hu ne s'est pas donné la peine de prétendre que le congrès était un rassemblement de communistes – le terme « classe ouvrière » n'est pas apparu dans le discours, et sa référence au « Socialisme à caractéristiques chinoises » était un euphémisme pour le capitalisme chinois. Son discours s'adressait à « tous les compatriotes chinois » — en premier lieu les sections de l'élite fortunée et des classes moyennes — avec un appel nationaliste « pour la grande rénovation de la nation chinoise. »
Les rodomontades de Hu sur la Chine principale exportatrice du monde et deuxième plus grande économie ne pouvaient pas dissimuler les énormes contradictions du pays. Sans admettre explicitement le ralentissement de la croissance chinoise, ni le gouffre de plus en plus large entre riches et pauvres, ou le risque de conflit avec les États-Unis et le Japon, Hu a admis que le PCC était confronté à « des risques et des défis inconnus jusqu'à présent. »
Derrière la croissance en baisse en Chine, il y a la dépression continue dans ses principaux marchés d'exportation, notamment aux États-Unis, en Europe et au Japon. Hu en a appelé à une « dure bataille » pour « renforcer la demande intérieure » et « libérer le potentiel de la consommation individuelle » afin de doubler le PIB par habitants entre 2010 et 2020. Mais la promotion d'une croissance emmenée par les consommateurs est confrontée à un obstacle majeur. Toute augmentation significative des salaires réels est incompatible avec l'émergence de la Chine comme plus grande plate-forme mondiale de travail au rabais après que le PCC se soit lancé dans la restauration capitaliste en 1978.
La direction sous Hu parle depuis des années de « rééquilibrer » la croissance emmenée par les exportations et l'investissement vers la consommation intérieure. Pourtant, le niveau de la consommation des ménages en Chine reste parmi les plus bas du monde, représentant tout juste 37 pour cent du PIB, comparé à 70 pour cent aux États-Unis. En réalité, la promesse de Hu de doubler le revenu moyen en 2020 signifiera un nouvel assaut contre le niveau de vie de la classe ouvrière, visant à enrichir encore plus les riches et les classes moyennes.
Le président Hu et le Premier ministre Wen Jiabao ont préparé un programme de restructurations « libérales » à grande échelle, conjointement mis au point avec certaines sections du capital occidental, sous la forme du rapport « Chine 2030 » publié par la Banque mondiale en février.
Dans son discours, Hu a déclaré que la Chine devrait « s'assurer que le secteur privé de l'économie est en compétition à armes égales » avec le secteur public et « permet à la propriété publique d'adopter des formes plus variées. » Un grand nombre des 100 000 entreprises encore publiques dans le pays, dont la plupart sont déjà partiellement détenues par des intérêts privés, vont être vendues à des entreprises privées et étrangères, et, surtout, aux officiels du PCC qui sont pour le moment leur PDG ou président.
En même temps, Hu a appelé au maintien de la protection des grandes entreprises publiques dans des secteurs « stratégiques » comme la défense et l'énergie, ainsi que dans les industries « piliers » comme l'automobile, les machines et l'acier. Il a dit que le régime « investira plus de capitaux publics dans les grandes industries et les secteurs-clefs qui constituent la ligne de vie de l'économie et sont vitales pour la sécurité nationale. » Cette référence visait à rassurer des factions rivales dont la puissance, la richesse et les privilèges sont liés aux industries protégées par l'état.
Hu a laissé entrevoir les tensions sociales énormes qui parcourent la Chine en prononçant un avertissement plus direct qu'à son habitude au sujet de la corruption endémique du PCC. « Si nous ne parvenons pas à régler ce problème [la corruption] comme il le faut, cela pourrait se révéler fatal au parti, et même causer l'effondrement du parti et de l'état, » a-t-il dit.
La corruption est devenue très visible avec l'expulsion de dirigeants de haut niveau du parti – Bo Xilai et Lui Zhijun – dont les fortunes privées ont été publiquement exposées une fois qu'ils ont perdu les luttes intestines entre factions. La crainte exprimée par Hu est que la colère populaire contre la corruption à tous les niveaux du PCC puisse générer une opposition politique active au régime.
L'appel de Hu à une nouvelle tournée de restructurations pro-libérales, visant à ouvrir de nouvelles opportunités aux multinationales, vise également à apaiser les grandes puissances, notamment les États-Unis. Juste avant que le congrès du PCC n'ouvre, Hu s'est précipité pour féliciter Barack Obama pour sa réélection à la tête des États-Unis et appeler à une relation de coopération.
Hu a construit la politique étrangère de la Chine au cours de la décennie écoulée sur la doctrine d'une « montée pacifique » - se servir de la puissance économique de la Chine pour tisser des liens diplomatiques en Asie et au-delà. Mais cette stratégie est de plus en plus critiquée par les factions opposées à Hu et certaines sections de l'armée chinoise, en raison de l'offensive diplomatique et stratégie appelée "pivot" lancée par l’administration Obama en Asie et qui a fortement contré l'influence de la Chine dans la région.
Hu a souligné le besoin « de paix et non de guerre », ainsi que « d'être amis avec nos voisins » comme fondements de la diplomatie globale chinoise. Néanmoins, il a pris à son compte une « défense active pour la nouvelle période » et le besoin « d'intensifier la préparation militaire » pour gagner la guerre locale à l'ère de l'information. » Il a également appelé à des mesures qui « augmentent notre capacité à exploiter les ressources maritimes, sauvegarder résolument les droits maritimes et les intérêts chinois, et établir la Chine comme puissance maritime. »
Ces mots visent clairement à rassurer ceux qui ont critiqué Hu pour être trop faible en réaction aux conflits maritimes avec les Philippines, le Vietnam et le Japon qui ont été délibérément ravivés par le gouvernement d'Obama. L'armée chinoise, en particulier, est inquiète des efforts des Etats-Unis pour renforcer leur domination navale sur des voies de communication clefs en Asie du Sud-Est et dont dépend la Chine pour l'importation d'énergie et de matières premières depuis le Moyen-Orient et l'Afrique.
La tentative de Hu d'établir une trajectoire moyenne à travers les divergences internes au parti sur la politique étrangère et économique ne peut créer qu'une unité temporaire, le régime étant confronté à une crise économique qui s'approfondit, des tension sociales et la confrontation avec les États-Unis.
(Article original paru le 9 novembre 2012)

Jean -Luc Mélenchon Invité du « Grand Journal » sur LCI

Invité du « Grand Journal » sur LCI

La politique de l'offre de Hollande, "une vraie rupture" dans l'histoire de la gauche


La politique de l'offre de Hollande, "une vraie rupture" dans l'histoire de la gauche

Le Monde.fr | 
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Il a assumé sa politique de gauche raisonnable. Loin des aspirations de la gauche radicale. Le président François Hollande a justifié, lors de sa conférence de presse, mardi 13 novembre, le tournant opéré dans sa politique au bout de six mois d'exercice de pouvoir, avec des mesures qui s'éloignent de son programme de candidat.
Pour expliquer ce qui l'a poussé à se convertir à une politique de l'offre, en mettant en œuvre un pacte de compétitivité, qui vise à consentir 20 milliards d'euros de baisses d'impôts aux entreprises à partir de 2014, le chef de l'Etat a relativisé ce tournant en le situant à l'intérieur même de la pensée socialiste.
  • Hollande justifie le recours à une politique de l'offre
"Je connais bien la pensée socialiste, je l'ai étudiée pendant des années avec lucidité et en même temps espoir !", s'est-il d'abord amusé. "Il y a toujours eu deux conceptions, une conception productive – on a même pu parler du socialisme de l'offre – et une conception plus traditionnelle où on parlait de socialisme de la demande", qui vise à soutenir la consommation des ménages, a-t-il ensuite expliqué après une question sur la baisse du coût du travail pour soutenir l'emploi.
"Aujourd'hui, nous avons à faire un effort pour que notre offre soit consolidée, plus compétitive et je l'assume ! Et en même temps, nous devons préserver la demande et faire la mutation, c'est-à-dire comprendre que le monde est en train de changer, que la transition vers une nouvelle façon de produire, de consommer, de nous transporter est en marche. Et c'est là que nous devons nous enrichir d'apports qui sont ceux de tout notre environnement. Nous devons faire cette révolution", a-t-il conclu.
  • Un socialiste pour une politique de l'offre : "une vraie rupture"
"Le pacte de compétitivité est un tournant très fort", estime Rémi Lefebvre, politologue à l'université de Lille, spécialiste du PS. La conversion de François Hollande à une politique de l'offre constitue "une vraie rupture" dans l'histoire de la gauche, renchérit Gérard Grunberg, directeur de recherche à Sciences Po et spécialiste de la gauche.
"Même s'il ne renie pas une politique de demande, c'est la première fois qu'un leader socialiste dit aussi clairement qu'il faut mener une politique de l'offre. A gauche, même du temps de Lionel Jospin ou de François Mitterrand, personne n'a jamais été vraiment partisan d'une telle politique, estimant que trouver un compromis avec les entreprises revenait à mener une politique libérale", souligne-t-il.
Si certains dirigeants socialistes, comme Michel Rocard dans les années 1970, Laurent Fabius en 1984, puis Lionel Jospin à Matignon ont bien amorcé ce virage vers une politique de l'offre, en admettant que l'Etat devait prendre en compte les intérêts des entreprises, ils ont toujours dit que le rôle de celui-ci était fondamental, précise M. Grunberg. En cela, la gauche a toujours été dominée par les keynésiens, tranche le chercheur.
  • Hollande dans les pas de "la deuxième gauche" ?
Faut-il en conclure que le président Hollande – avec sa politique de l'offre – s'inscrit "la deuxième gauche", ce courant idéologique apparu dans la seconde moitié des années 1970 avec Michel Rocard ? Ce n'est pas l'analyse des spécialistes de la gauche contactés par Le Monde.fr.
"Le tournant initié par François Hollande relève du social-libéralisme, tranche Rémi Lefebvre, proche de l'aile gauche du parti. Même si le candidat Hollande tenait un discours modéré, sans trop promettre, le pacte de compétitivité s'apparente au tournant de la rigueur en 1983, dans le sens où c'est un retour au réel et une forme de capitulation devant les injonctions des milieux économiques."
Gérard Grunberg a, de son côté, une position plus nuancée. Selon lui, le chef de l'Etat s'inscrit dans la gauche réformiste et "a compris que la social-démocratie moderne doit se situer en compromis avec les intérêts des entreprises". De cette manière, M. Hollande "recolle au peloton des social-démocraties européennes, qui, dans la crise, sont contraintes de composer avec les libéraux et le centre droit", d'après lui.
  • Qu'est-ce que la "première" et la "deuxième" gauche ?
A l'origine, ce que l'on appelle "la première gauche" est un courant idéologique apparu en 1905 avec la création de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). La SFIO, qui donnera naissance au PS en 1969, est de culture marxiste et jacobine. Elle préconise l'instauration d'un Etat fort dans la tradition de la centralisation à la française, avec des nationalisations des grands groupes industriels du pays. Ce courant de la première gauche regroupait les partisans de François Mitterrand. 
La "deuxième gauche", de son côté, s'est construite en opposition avec la "première". Elle est apparue dans la seconde moitié des années 1970 avec Michel Rocard. Ce courant de pensée regroupait autour de l'ancien premier ministre, le Parti socialiste unifié (PSU) fondé en 1960 avant de s'auto-dissoudre en 1989, et une partie de la CFDT. "La 'deuxième gauche' n'était pas libérale. Rocard soulignait qu'il fallait prendre en compte les intérêts des entreprises. Mais il n'a jamais été pour autant favorable à une politique de l'offre. Il reste davantage un keynésien", explique Gérard Grunberg.
Par ailleurs, la "deuxième gauche" avait la particularité de "se méfier du communisme et s'opposait à la 'première' en disant que l'Etat ne devait pas s'occuper de tout, notamment de l'économie. C'est pour cette raison qu'elle prônait la décentralisation", explique-t-il.