Peuples pour la Paix et la liberté
Une vague populaire pour la démocratie et la paix a déferlé dans les rues de nombreuses villes des États-Unis samedi dernier. Le peuple américain n’est pas décidé à laisser faire le matamore de la Maison Blanche qui mène une guerre contre les droits sociaux et démocratiques des citoyens américains et une autre à l’extérieur des frontières étasuniennes.
Cette vague populaire grandissante conteste à Trump le droit de dilapider les fonds publics dans une guerre aussi illégale qu’illégitime contre l’Iran. Une guerre qui brule entre un et deux milliards de dollars par jour soit 11 500 à 23 000 dollars par seconde. Une guerre dévastatrice pour les populations iraniennes et pour toutes celles des pays du Golfe, pour Les Libanais et les Israéliens, pendant que Gaza est écrasée et la Cisjordanie occupée, volée, accaparée dans le grand silence des institutions européennes.
Une guerre qui déstabilise désormais toute l’économie mondiale, entraînant les peuples dans une spirale régressive de privation, d’austérité et d’insécurité générale.
En prenant de l’ampleur, le mouvement qui se développe aux États-Unis et dans certains pays européens, notamment en Espagne et en Italie peut fortement peser en faveur de la paix et du droit.
Des centaines de millions de personnes à travers le monde éprises de liberté, de paix et de justice, savent qu’on ne transformera pas l’Iran en une démocratie en la bombardant. Elles acquièrent la conviction qu’on ne met pas fin à un programme nucléaire en déversant des bombes. Elles perçoivent à quel point cette guerre ne peut être la leur. Elle empeste l’odeur du pétrole, celle de l’argent dilapidé dans un armement de plus en plus sophistiqué et celle des profits des colosses du numérique.
Voici que le Pentagone demande une rallonge de 200 milliards de dollars pour poursuivre cette entreprise de destruction et de mort. Des sommes qui seraient bien plus utiles aux 15 millions d’Américains qui ont perdu leur couverture santé ou pour proposer des repas gratuits dans les cantines scolaires aux enfants des catégories populaires américaines.
Les déclarations erratiques du président de l’impérium cachent mal le projet de recomposition du Moyen-Orient en alliance avec le pouvoir d’extrême droite israélienne qui allume partout les feux d’un désastre dont on peine à mesurer les redoutables conséquences et les possibles développements funestes.
Quand on frappe à proximité des sites nucléaires et d’infrastructures énergétiques, on viole le droit international et on rapproche le monde du pire. Quand on prépare une invasion terrestre dans un si grand pays de 90 millions d’habitants, on prépare un bourbier pour les États-Unis qui déchiquètera l’Iran et toute la région. Quand on simule de présenter un « plan de paix » concocté dans les marmites du mensonge tel qu’il devient indigeste, le monde n’est pas dupe. Et les annonces de négociations lancées par le pouvoir trumpiste ne sont dictées que par les mouvements des marchés financiers et pour gagner du temps afin de préparer une désastreuse et criminelle offensive terrestre.
Cette politique de la force est un échec. Mais, elle peut devenir une catastrophe mondiale.
Dans ces conditions, les autorités européennes porteront une lourde responsabilité si elles ne font pas entendre, urgemment, une autre voix. Si elles ne proposent pas une autre voie. Celle de l’application du droit, celle de la diplomatie pour la paix.
C’est de l’ampleur des mouvements populaires en Europe que dépend le changement d’attitude de l'Union européenne. Ils doivent monter en puissance pour dénoncer la complicité des instances européennes avec le pouvoir extrémiste et suprémaciste israélien qui détruit l’espoir d’un État pour les Palestiniens et ouvre la porte à l’occupation du Sud-Liban. L’Europe ne peut continuer à détourner son regard de ce que la justice internationale qualifie désormais de génocide et de purification ethnique, et poursuivre la criminalisation de la solidarité avec la cause palestinienne.
La politique étrangère de la France et de l'Union européenne au Moyen-Orient ne peut commencer qu’après les constats de l’expansionnisme militaire israélien et son impérialisme régional.
Avoir laissé faire sans mot dire, sans obliger à une réunion de l’ONU, entraîne le monde entier, particulièrement les peuples et les travailleurs européens, dans un enchaînement de paliers guerriers ascendants et dans une crise énergétique et alimentaire mondiale.
Continuer à pousser les dirigeants iraniens dos au mur alimente une guerre de répliques sans limites pouvant entraîner de nouveaux pays dans le conflit. Déployer des troupes américaines au sol alimentera une spirale sans fin qui autorise l’entourage de Trump à ne pas s’interdire l’utilisation de bombes nucléaires tactiques en cas d’enlisements. Froideur et horreur !
Il s’agirait là d’une manifestation supplémentaire de la terrifiante rupture de l’équilibre fragile instauré depuis 1945 qu’alimente l’internationale réactionnaire. Ajoutons l’irresponsabilité des bombardements d’installations atomiques civiles ou militaires qui pourraient produire des contaminations même accidentelles, et les risques que fait encourir l’intégration de l’intelligence artificielle dans le pilotage des missiles et le choix des cibles. Avec 500 attaques par jour, les probabilités d’erreur de calcul ou d’accident font frémir.
Les engrenages en cours préparent une reconfiguration mondiale dont tous les peuples, à commencer par ceux des pays européens, auront à souffrir lourdement. Rien ne dit, en effet, que les velléités américano-israélienne et la stratégie américaine contre la Chine ne puissent ouvrir une nouvelle alliance américano-russe dans un partage aux dépens de l’Ukraine, de l’Iran, de Cuba et de pays latino-américains. Cela ouvrirait la voie à la perte de souveraineté de Kiev et à de fortes pressions sur les pays Baltes. Au-delà, la porte à une reconsidération des frontières dans le cadre de la recomposition des capitalismes et d’un réagencement du monde s’ouvrirait. Ce ne sont peut-être que des hypothèses. Raison de plus pour développer des mobilisations vigilantes. Un ensemble d’enchaînements, de déchainements et d’ingrédients peuvent allumer les feux d’une guerre mondiale. Cela appelle à des campagnes contre les guerres et à des actions multiples pour construire la paix et l’initiative pour un monde commun.
Raison de plus pour réclamer bruyamment aux institutions européennes d’engager en lien avec l’ONU et une diversité de pays des initiatives fortes pour faire valoir le droit international, la diplomatie et la paix. N’ont-elles pas encore compris que les silences complices, les communiqués alambiqués, les positions à géométrie variable, l’affaiblissent de plus en plus. Au point de ne récolter que le mépris tant du Kremlin que de la Maison Blanche.
Au fiasco de la désindustrialisation organisée, de la montée des inégalités et à la paupérisation, de l’affaiblissement de ses moyens pour la formation, la recherche et pour les universités, de sa dépendance et sa soumission aux États-Unis, l'Union européenne doit-elle ajouter - derrière ses fameuses valeurs sans cesse autoproclamées- le déshonneur, la dépréciation de son utilité aux yeux du monde et de son avilissement. Non ! Le peuple espagnol et son gouvernement montrent heureusement une autre voie. Puissions-nous nous en inspirer et agir de la même manière que les millions de citoyens américains dans les rues samedi dernier. |
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