A l'heure où une crise ouverte traverse ce parti , je pense que le positionnement de Gérard Schivardi , mérite d'être connu .
Boris Victor
http://roadsmag.com/interview-gerard-schivardi
[INTERVIEW] – GÉRARD SCHIVARDI : « C’EST FACILE DE
RELANCER LA FRANCE ! »
Personnage atypique
de la campagne présidentielle de 2007, Gérard Schivardi pourrait être une
nouvelle fois sur le devant de la scène en 2017.
Élu au niveau local
depuis de nombreuses années, il est notamment le maire de la commune de Mailhac
dans l’Aude depuis 2001, en plus de ses fonctions de secrétaire national du
parti ouvrier indépendant qui compte plus de 8000 adhérents. L’homme, réputé
pour son franc parler, veut interpeller la population au niveau national au
sujet de la situation actuelle du pays qu’il juge inacceptable.
Est-ce
qu’en 2017, vous serez candidat à la présidentielle?
Je pense que oui. Je
vais demander à mon parti s’il est d’accord pour partir en campagne. Mais à
titre personnel, je suis motivé et pas du tout inquiet pour les parrainages de
maires.
Pourquoi
cette candidature?
Si vous regardez le
tableau qu’il y a derrière vous fait par une amie (cf le tableau présent sur la
photo), vous pouvez voir ma profession de foi et vous constatez que je ne
m’étais pas trompé en 2007 en disant que notre pays allait à la catastrophe
avec un désert industriel, une réforme territoriale qui ne va pas dans
l’intérêt des Français et des Françaises mais plutôt dans l’intérêt de quelques
barons. Il faut repartir en campagne pour expliquer aux Français qu’il faut
sortir de cette société anonyme à but lucratif qui s’appelle l’Union
Européenne. Je l’avais dit en 2007, beaucoup ont repris ce discours depuis, en
particulier Marine Le Pen (prononcé le pain) car si on regarde mes propositions
en 2007, on s’aperçoit qu’elle est en train de récupérer beaucoup de mes idées.
La République française est la plus grande avancée au niveau de la gestion du
citoyen dans le monde ; elle était basée sur la commune, le département, et
l’État. Il faut revenir à ce système de fonctionnement. D’abord, ça nous
permettait d’économiser 220 milliards d’euros et ça permettrait au citoyen
d’être très près des décisions prises par les élus. Nous nous orientons actuellement
vers la disparition des communes et des départements au sein de métropoles, ce
qui est une étape intermédiaire vers la mise en place de l’Europe des régions.
Je suis républicain, je suis très attaché à la République et ça m’ennuierait
avant que je quitte ce monde de voir disparaître la République.
La
République est en danger?
Elle est en
grand danger. Si on lit entre les lignes des textes qui nous sont pondus
par nos gouvernements successifs de droite et de gauche, ils travaillent tous
dans le même sens : l’Union européenne impose des économies, reste à prouver
quelles économies nous faisons pour arriver à cette Europe où il n’y aurait
plus d’État, plus de France, ni d’Espagne, ni d’Italie… On parlerait d’immenses
régions fédérées autour d’un gouvernement central avec des élus qui
arriveraient de je ne sais où et qui prendraient les décisions à la place du
peuple.
Si
nous n’étions plus en République, nous serions sous quel régime?
Ça serait l’Union
européenne, tout simplement, une sorte de conglomérat de régions sous les
ordres d’un gouvernement central. Le général De Gaulle avait, dans un discours
prononcé en 1952, dit ceci: « Vous savez qu’en mon sens on peut voir
l’Europe et peut-être la faire de deux façons: l’intégration par le supranational
ou la coopération des États et des Nations, c’est à la deuxième que j’adhère
pour mon compte ». Aujourd’hui on part dans le supranational. Quand
j’entends à la télévision des gens se prétendre héritiers du Gaullisme, ce sont
des menteurs, tous, de Sarkozy à notre premier Ministre actuel, car s’ils
l’étaient, ils auraient mis en place une structure qui permettrait aux États de
travailler entre eux pour le bien du peuple et non pour les multinationales et
les banques. Je l’avais dit en 2007, j’étais le dernier candidat Gaulliste à la
présidentielle. Et en 2017, je serai le seul avec des idées de gauche, de la
vraie gauche. Le gouvernement actuel est de droite, il a un petit avantage par
rapport à ce qu’on appelle la droite traditionnelle, c’est qu’il peut mettre en
place des lois sans que les syndicats ne réagissent, ce qui n’aurait pas été le
cas si la droite était au pouvoir. Je me rappelle de cette anecdote: une
rencontre en février 2012 avec des membres du comité de soutien à la
candidature de Nicolas Sarkozy. Je leur avais dit : « il est très étonnant
que Monsieur Sarkozy ne veuille pas être président de la République ».
L’un d’entre eux m’a répondu « comment? ». Je donne un exemple :
L’allongement de l’âge de la retraite, Nicolas Sarkozy n’y est pour rien, or on
a soulevé le peuple de France contre lui, mais c’est seulement le traité de
Barcelone signé par Chirac et Jospin auprès de l’Union Européenne qui a allongé
l’âge du départ à la retraite. Et je leur avais dit: « s’il dit ça à
la télévision, il sera élu président ». Le monsieur me dit alors :
« vous savez Monsieur Schivardi, nous n’avons pas intérêt à prendre le
pouvoir, pour la bonne raison que l’UE nous impose des réformes en profondeur
qui ne peuvent être acceptées par le peuple de France que si elles sont
présentées par un gouvernement de gauche ». En disant ça, on comprend
tout.
Le
retour de Nicolas Sarkozy était-il calculé?
Tout est calculé, rien
n’est fait au hasard au niveau national. Et ce retour n’est pas intéressant
pour le débat, d’ailleurs aucun politique ne l’est, ils sont tous soumis à
l’UE. Résultat : il n’y aura pas de changement profond de la gouvernance
de notre pays. J’entends parler de la VI République, c’est un leurre car elle
pourra se mettre en place qu’en quittant l’Union Européenne, jamais à Bruxelles
ils n’accepteront une VI République en France puisqu’ils veulent nous feindre
la Ve, ils ne vont pas accepter la VI. C’est un leurre…
Êtes-vous
totalement opposés à l’UE?
Je suis un européen
convaincu, mais pour l’Europe des peuples. Chaque État garde son autonomie
financière, ses coutumes, sa langue mais se retrouve sur des projets porteurs
pour l’avenir des peuples. Voilà ma position au niveau de l’Europe, j’appelle
pas ça l’Union Européenne. L’UE, ce n’est pas l’Europe.
Marine
Le Pen prône des idées proches des vôtres, mais n’est-ce pas piégeux pour vous
et les autres politiques de dire la même chose que Marine Le Pen, n’est-ce pas
mal vu?
J’ai souvent demandé à
participer à des débats à la télévision et je m’aperçois que depuis 2007 je
suis censuré ce sont toujours les mêmes qui débattent. Les partis politiques
traditionnels font tout pour que le FN arrive au pouvoir. Moi, j’aimerais
l’avoir en face Marine Le Pen pour avoir une discussion et savoir comment elle
a pu adopter mes idées alors que dans son parti il y a un passé et des
personnes qui font peur. Elle se fait le « chantre » du combat contre
la réforme territoriale ; moi je suis contre depuis 2001. Elle arrive
maintenant car elle a ressenti le ras-le-bol des maires et elle arrive sur ce
terrain là.
Pourquoi
êtes-vous censuré?
Je ne sais pas. Mon
discours dérange et ne plaît pas à l’État.
Les
journalistes seraient de connivence alors?
Oui…. On me traite
d’extrémiste, de trotskiste. Il y a certains sujets qu’on a plus le droit d’aborder
en France. En France, il ne faut pas dire la vérité sinon on vous censure.
Comment
cette censure est possible, votre image était plutôt populaire en 2007?
C’est vrai que quand
je prends le train, je me fais souvent interpeller par des gens qui me disent
« comment ce fait-il qu’on ne parle plus de vous, votre discours était
pourtant clair et intéressant. On a pas osé voter pour vous au premier coup, on
vous attendait en 2012″… Oui, mais en 2012 on venait de créer un mouvement, on
était en plein travail et on n’a donc pas misé sur la présidentielle.
Est-ce qu’avec plus de
liberté de parole, le FN pourrait chuter, puisque aujourd’hui, c’est le seul
parti qui « ose » sortir des discours traditionnels?
Oui, il disparaîtrait
de la scène politique. Aujourd’hui, pourtant, Marine Le Pen pourrait être
présidente. En toute modestie, si je n’arrive pas à être candidat contre elle,
elle sera Présidente de la République, car moi je vais expliquer la situation
calmement aux Français et démolir son programme. Si personne ne lui rappelle
son idéologie partisane cachée derrière en sourire agréable, elle va passer.
Pour
revenir à un niveau plus local, les communes ont été touchées par plusieurs
réformes et notamment celle de l’intercommunalité, qu’en pensez-vous?
Dans un Sivom (NDLR:
un syndicat intercommunal à vocation multiple), une commune adhérait pour une
compétence qu’elle ne pouvait pas assurer seule, comme le ramassage des
ordures, par exemple, puisque toutes les communes ne peuvent pas avoir un
camion poubelle. Tandis qu’avec l’intercommunalité, vous abandonnez les
compétences les unes après les autres, c’est une différence fondamentale. Une
fois que vous n’avez plus de compétences, vous n’avez plus rien à dire. À
l’époque, je disais que l’intercommunalité était une première étape et
j’affirmais qu’on allait nous dire qu’on était trop petit et que donc il
fallait regrouper les intercommunalités à une échelle plus importante, la
deuxième étape… Troisième étape: on allait créer des « grands »,
« Grand Narbonne », « Grand Carcassonne », « Grand
Toulouse »… Et une fois ces pôles créés, ils allaient dire c’est toujours
pas assez, place donc aux métropoles et à la fin des départements. C’est déjà
une atteinte au fonctionnement de la République française, mais la métropole c’est
pas assez grand, donc on passe à la fusion des régions… Vous allez voir que
dans quelques années, ils vont nous dire encore que ce n’est pas assez grand
et, par exemple, la région Midi Pyrénées-Languedoc Roussillon absorbera
l’Aquitaine puis des régions du nord de l’Espagne. En 2008, j’en parlais déjà
avec Georges Frêche (NDLR ancien président de la Région Languedoc-Roussilon et
ancien maire de Montpellier) qui m’avait même montré la future carte des
régions européennes sans pays… C’est pour ça que depuis des années on attaque
le droit du travail, c’est pour ça que depuis des années on attaque les
services publics, parce qu’il faut à un moment qu’on puisse être égalitaire
entre le nord de l’Espagne et le sud de la France, pour pouvoir exercer un pouvoir
sur l’ensemble des peuples. Voilà ce que c’est la réforme territoriale et
l’intercommunalité. L’objectif, c’est d’arriver étape par étape sans soulever
la population à ce résultat final.
Quel
est l’impact déjà au quotidien de l’intercommunalité pour les citoyens?
Prenons le cas de ma
commune de Mailhac, intégrée au Grand Narbonne. Quels services à la population
ont été proposés ? Aucun. Quelques remises pour aller au théâtre, ainsi qu’une
ligne – plus ou moins bâtarde – de car. La commune de Mailhac a baissé ses
impôts, la taxe d’habitation par exemple, et on se retrouve avec 600 euros de
plus d’impôts dus à notre incorporation au Grand Narbonne et ce au
détriment de la population. Le prix de l’eau augmente aussi. L’intercommunalité
n’est donc pas faite pour arranger le quotidien des citoyens.
Justement
si une intervention concernant l’eau est à effectuer, comment ça se passe
aujourd’hui?
On doit appeler
Narbonne qui décide quand ils veulent et quand ils peuvent envoyer quelqu’un.
Alors qu’avant, quand on s’en occupait nous-même, en 48 heures l’affaire était
classée. Un cas typique cette année: au mois de juillet, il y a eu un
tremblement de terre en profondeur qui n’a pas été ressenti et on s’est
retrouvé sans eau. Le Grand Narbonne m’appelle et me signale qu’il n’y aura pas
d’eau pendant quelques jours, « on s’en occupe, on met un système de
récupération d’eau blablabla », me disent-il. Un baratin… Je voulais rire.
On a la plus grande réserve d’eau de la région sous notre village ! Il
suffisait de descendre la pompe de six mètres en provisoire pour alimenter la
commune et de faire un forage pour trouver de l’eau à plus long terme. Le coût
de ces opérations aurait été de 50 000 euros. Mais eux non, ils sont partis sur
autre chose pour offrir un accès à l’eau beaucoup plus que suffisant et
qui a coûté 400 000 euros.
En
résumé, les personnes compétentes sur le terrain ne sont plus utilisées et des
intermédiaires supplémentaires sont mis en place. N’est-ce pas illogique en
pleine période d’économies à effectuer?
Rien que sur ce cas
typique, on aurait pu économiser 350 000 euros. Imaginez cela sur les près de
40 communes du Grand Narbonne… On dépense des millions d’euros au détriment du
développement et de la création d’emplois sur des actions qui ne reviendraient à
rien si elles étaient exercées par du personnel de terrain. L’intercommunalité
n’est pas faite pour économiser, elle est faite pour dépenser de l’argent. J’ai
appris que le Grand Narbonne était en pourparlers pour embaucher 4 personnes –
moyenne des salaires 3800 euros net par mois ! C’est usant, plus j’avance dans
ma carrière politique et plus je suis déçu. Je me pose des questions.
Un
mot sur l’éducation, que pensez-vous des activités périscolaires?
C’est une honte. Ça
ne sert à rien et ça coûte cher. Ici, les enfants font de la zumba. Avec
ça, on développe l’intelligence des enfants paraît-il ! Moi, je suis pour le
retour des semaines de 27 heures d’école (il insiste bien sur le mot école).
Les fondamentaux: lire, écrire et compter. je suis choqué depuis 2001 par le
nombre de jeunes qui viennent me demander d’écrire à leur place pour tout et
n’importe quoi : « Monsieur le Maire, vous pouvez me faire une lettre,
Monsieur le Maire… » Quand je leur réponds qu’ils sont en première ou
deuxième année de Fac quand même, ils me disent qu’ils n’ont pas l’habitude…
Est-ce
qu’aujourd’hui vous croyez en certains hommes politiques?
Non aucun.
Pourtant,
vous avez été membre du Parti Socialiste non?
Oui, je l’ai été
jusqu’en 2003 puis je l’ai quitté car je n’était plus en accord avec.
Vous
l’avez quitté en 2003, aujourd’hui quand vous voyez les députés frondeurs…
(Il me coupe) C’est du
cinéma ça.
Ah
bon, mais n’y-a-t-il pas une scission au PS aujourd’hui?
Le PS, ça n’existe
plus, aujourd’hui c’est un conglomérat de différentes mouvances regroupées sous
l’étiquette PS. Ce qui se passe au sein du PS, c’est normal, il y a tellement
de courants, c’est comme l’UMP, ça ne peut qu’exploser.
Qu’est-ce
qui différencie le PS de l’UMP aujourd’hui?
Rien, c’est pareil.
Là
encore on retrouve le discours de Marine Le Pen avec l’UMPS, sur quelles idées
voulez-vous vous différencier de Marine Le Pen? Sur quoi voulez-vous la
combattre, sur le but à atteindre?
Le but, c’est la vraie
rupture de l’Union européenne. Or, elle n’en parle pas comme moi et elle ne
tiendra pas ses promesses. La différence entre le monde politique et moi, c’est
que moi, je vous garantis que si je suis élu président de la République, le
lendemain on quitte l’UE et on revient au franc.
Est-ce
que la France manque aujourd’hui d’hommes d’État capables de prendre des
décisions fortes?
Il n’y en a plus.
On
parle pourtant à droite d’Alain Juppé qui a l’image de l’homme sage et
réfléchi.
Concernant Alain
Juppé, ma position est claire. Toute personne ayant été condamné ne devrait pas
avoir le droit de se re-présenter. Il y en a pas mal aujourd’hui d’un côté
comme de l’autre.
Pour
revenir à ce que vous différencie de Marine Le Pen, concernant la politique
d’immigration, quelle est votre position?
Je suis petit-fils
d’immigré… (il marque un temps d’arrêt). Là, c’est mon côté républicain qui va
vous parler. Mon grand-père a été obligé de partir d’Italie à toute vitesse
sinon il se faisait tuer car il était opposé à Mussollini. Et en arrivant
ici, il s’est plié aux règles et aux traditions de notre pays. Donc, pour
moi, tout immigré doit suivre les règles et les traditions de notre pays. C’est
à dire la laïcité, pas de signes extérieurs religieux et parler le français. Je
suis prêt à accueillir tout le monde mais si on ne peut pas ou si
idéologiquement on ne veut pas, on s’en va. Je suis contre la reconnaissance
d’enfants nés en France qui deviennent automatiquement Français. Ça ne me
convient pas et pourtant, je ne suis pas d’extrême droite.
Justement, où
vous situez-vous?
En dehors de tout ça.
A côté.
A
côté où? A droite ou à gauche?
Plutôt à gauche. Et je
ne m’en cache pas. Prenez les salaires. Moi je prône le 1 pour 6. On met un
SMIC à 1500 euros et le salaire maximum doit être 9000 euros. Pas plus, même
pour un PDG car sans les ouvriers, il n’y a pas de PDG.
Et
les bénéfices alors, on en fait quoi?
On l’utilise pour
créer de l’emploi. Ça c’est une idée de gauche. Je reviens du Sri Lanka et je
me suis dit : « ils sont bien plus en avance que nous malgré tout ce que
l’on peut dire à leur sujet ». Trois siècles avant J.C., leurs rois
étaient soumis à la décision du peuple et le peuple avait remarqué que quand il
pleuvait l’eau allait à l’océan. Ils ont fait d’immenses bassins artificiels
pour récupérer l’eau et ils n’ont donc jamais connu de sécheresse. Ils arrivent
à faire deux cultures de riz par an et, en plus, ils produisent de la
nourriture pour le pays tout entier. La plus belle chose que j’ai vu, c’est que
dès que vous allez à l’école et jusqu’à la fin de vos études, tout
est pris en charge par l’État. Jusqu’à 20 ans, les étudiants portent des
uniformes payés par l’État. Ça me plaît ça.
Mais
ça nécessite que l’Etat ait de l’argent non?
Il n’y a pas de dette
en France. C’est une invention du monde capitaliste. On doit juste de l’argent
aux banques. 55 milliards d’euros d’intérêt, premier budget de la nation. On
paye de l’intérêt sur de l’argent qui nous appartient, on est très fort. Lors
d’un débat télévisé, j’avais dit que si j’étais élu Président, j’annulerais la
dette.
Vraiment?
On annule la dette et
on remet en place de l’industrie, du développement avec le franc. Elle ne vous
en parle pas Marine le Pen ! On ne revient pas juste au franc, mais on
re-nationalise les moyens de production le temps de redresser le pays et une
fois l’objectif atteint on privatise à nouveau ces moyens de productions. On
dévaluerait notre monnaie de manière à être concurrentiel sur le marché de
l’exportation et l’affaire est classée.
Dis
comme cela ça paraît simple, pourquoi aujourd’hui ces pistes ne sont pas
explorées?
Parce que ça ne les
intéresse pas. Si la France quitte l’UE et revient à sa monnaie nationale,
ainsi que les autres pays, les Américains nous feront une guerre parce que
ils seront les premiers touchés. L’euro augmenté par la Banque centrale
européenne permet aux Etats-Unis d’exporter. Moi je mettrais un franc
très bas pour baisser le coût de la vie et pour relancer les
exportations. Cela créerait de l’emploi donc il n’y aurait plus de
problèmes de caisse… On lance des grands projets. C’est facile de relancer le
pays si on le veut.
(Interview réalisée en
décembre 2014)
http://roadsmag.com/interview-gerard-schivard
http://www.lefigaro.fr/politique/
Candidat pour 2017, Gérard Schivardi craint une troisième guerre mondiale
- Par Tristan Quinault Maupoil
- Mis à jour
- Publié
QUE SONT-ILS DEVENUS (1/5) - L'ancien candidat à l'élection présidentielle de 2007 pense que Marine Le Pen sera élue présidente de la République «haut la main».
»» Cet été, Le Scan prend des nouvelles des responsables politiques disparus des écrans radars médiatiques. Aujourd'hui, l'ancien candidat à l'élection présidentielle Gérard Schivardi.
Sa gouaille avait apporté un brin de décontraction au duel Sarkozy-Royal en 2007. L'humoriste Nicolas Canteloup avait ensuite entretenu le buzz, le dépeignant en alcoolique notoire. «Je ne bois pas du tout. Faire croire le contraire à la France entière, ça a été difficile à avaler. Surtout pour ma femme et mes enfants», raconte au Scan Gérard Schivardi, sept ans après sa candidature à l'élection présidentielle. À l'époque, l'ex-maçon à la retraite avait rassemblé 123.540 voix sur son nom lors du scrutin présidentiel, soit 0,34% des suffrages.
«Je pense qu'on a fait une bonne campagne. Je n'allais pas dans les hôtels mais chez des familles qui m'accueillaient», se rappelle le maire de Mailhac. En mars dernier, Gérard Schivardi a été réélu à la tête de sa commune où vivent 475 âmes. Mais depuis l'élection présidentielle, le visage de la France, et de son village, a changé. «Avant, il y avait moins de vingt partisans du FN. Aujourd'hui, c'est plutôt 90», décrypte-t-il de sa voix rocailleuse.
«On m'arrête dans la rue»
Car c'est bien la progression de Marine Le Pen qui a convaincu Gérard Schivardi de viser une nouvelle candidature à l'élection présidentielle, dix ans après sa première tentative. L'édile regrette d'être passé à côté de 2012: «Le Parti ouvrier indépendant que j'ai créé n'a pas souhaité repartir. J'ai été déçu. Mais je vais monter à Paris début septembre pour parler de 2017.» L'élu local veut «se retrouver face à Marine Le Pen pour lui dire «d'arrêter de (lui) piquer (ses) idées», notamment sur les questions européennes. Mais Gérard Schivardi ne se fait guère d'illusions: «Elle va se faire élire haut la main, vous allez voir.»
En attendant de repartir sur les chemins de France et de Navarre, il s'amuse de sa notoriété: «On m'avait dit que six ou sept mois après la présidentielle, ça serait terminé, mais non! On m'arrête toujours dans la rue, on me pose des questions. On m'explique que l'on votera pour moi la prochaine fois.»
Ce qui amuse moins le Languedocien, c'est le manque de médiatisation dont il serait la victime. «Vous allez voir, quand vous proposerez votre article, on vous dira de ne pas le publier. (...) On refuse que j'apparaisse à la télévision», s'insurge-t-il. Et pourtant, Gérard Schivardi a des choses à dire: «François Hollande est une catastrophe» ; «Les partis politiques sont à la dérive» ; «La réforme territoriale est une aberration. Il faut supprimer les régions» ; «Il n'y a plus de République ni de démocratie»... En quelques minutes, le maire dégaine sur tout, invoque le général de Gaulle et multiplie les prédictions: «Sarkozy fera 7% à la présidentielle, Hollande moins de 10.»
Gérard Schivardi veut parler, débattre. «J'ai dit à ma femme: “Il faut que je reparte à la présidentielle, je ne veux pas que ça termine en bain de sang.” Vous savez, on n'est pas loin d'un soulèvement et d'une troisième guerre mondiale. Je ne suis pas rassuré pour mes fils.»
Mailhac : Gérard Schivardi se remet en cause et réfléchit
Le 30 mars 2015 à 16h43 par C. L. | Mis à jour le 30 mars
Gérard Schivardi veut se donner le temps de la réflexion. PHOTO/NARBONNE JEROME LEHUBY
Le maire de Mailhac ne cache pas son ras-le-bol. L’élu ne comprend pas l’attirance de ses concitoyens pour le FN.
Écœuré. Gérard Schivardi, le maire de Mailhac, a bien du mal à digérer les résultats du second tour sur sa commune.
Déjà, au soir du premier tour, l’ancien candidat à la présidentielle accusait le coup, laissant même entendre qu’il pourrait démissionner de son mandat municipal. Le tandem que formait son épouse avec Yves Bastié n’était pas qualifié pour le deuxième tour de l’élection départementale du canton de Sallèles-d’Aude, laissant un duel PS/FN.
Si le duo Godefroi-Lapalu a été élu, à Mailhac c’est dans un mouchoir de poche que cela s’est joué, à 3 voix près.
Si le duo Godefroi-Lapalu a été élu, à Mailhac c’est dans un mouchoir de poche que cela s’est joué, à 3 voix près.
Entre les deux tours, le vote FN s’est même renforcé en passant de 81 à 115 voix.
« Pour un homme comme moi, c’est dur de se retrouver à la tête d’un village majoritairement FN », explique-t-il.
Le maire fait aussi son introspection. « Je n’ai jamais rien caché à mes concitoyens. Je me demande même si je ne suis pas responsable d’en avoir trop dit sur tout ce qui ne fonctionne pas dans notre pays », confie le maire en rappelant qu’il a annoncé la disparition des départements il y a bien longtemps déjà.
« Pour un homme comme moi, c’est dur de se retrouver à la tête d’un village majoritairement FN », explique-t-il.
Le maire fait aussi son introspection. « Je n’ai jamais rien caché à mes concitoyens. Je me demande même si je ne suis pas responsable d’en avoir trop dit sur tout ce qui ne fonctionne pas dans notre pays », confie le maire en rappelant qu’il a annoncé la disparition des départements il y a bien longtemps déjà.
Pour la suite, Gérard Schivardi veut se donner le temps de la réflexion. Fin mai doit se tenir le conseil fédéral de son parti, le POI. « Il y aura des décisions à prendre pour la suite », assure-t-il. D’ici là, il est invité par Jean Lassalle à Pau pour rencontrer des représentants du secteur.
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