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jeudi 23 juillet 2015

Où va le POI ? : années 2014, 2015 Les interviews de GÉRARD SCHIVARDI

 Où va le POI ?  

   A l'heure où une crise ouverte traverse ce parti , je pense que le positionnement de Gérard Schivardi , mérite d'être connu .
 Boris Victor

 http://roadsmag.com/interview-gerard-schivardi


 

[INTERVIEW] – GÉRARD SCHIVARDI : « C’EST FACILE DE RELANCER LA FRANCE ! »

Personnage atypique de la campagne présidentielle de 2007, Gérard Schivardi pourrait être une nouvelle fois sur le devant de la scène en 2017.
                                      Gerard Schivardi

Élu au niveau local depuis de nombreuses années, il est notamment le maire de la commune de Mailhac dans l’Aude depuis 2001, en plus de ses fonctions de secrétaire national du parti ouvrier indépendant qui compte plus de 8000 adhérents. L’homme, réputé pour son franc parler, veut interpeller la population au niveau national au sujet de la situation actuelle du pays qu’il juge inacceptable.
Est-ce qu’en 2017, vous serez candidat à la présidentielle?
Je pense que oui. Je vais demander à mon parti s’il est d’accord pour partir en campagne. Mais à titre personnel, je suis motivé et pas du tout inquiet pour les parrainages de maires.
Pourquoi cette candidature?
Si vous regardez le tableau qu’il y a derrière vous fait par une amie (cf le tableau présent sur la photo), vous pouvez voir ma profession de foi et vous constatez que je ne m’étais pas trompé en 2007 en disant que notre pays allait à la catastrophe avec un désert industriel, une réforme territoriale qui ne va pas dans l’intérêt des Français et des Françaises mais plutôt dans l’intérêt de quelques barons. Il faut repartir en campagne pour expliquer aux Français qu’il faut sortir de cette société anonyme à but lucratif qui s’appelle l’Union Européenne. Je l’avais dit en 2007, beaucoup ont repris ce discours depuis, en particulier Marine Le Pen (prononcé le pain) car si on regarde mes propositions en 2007, on s’aperçoit qu’elle est en train de récupérer beaucoup de mes idées. La République française est la plus grande avancée au niveau de la gestion du citoyen dans le monde ; elle était basée sur la commune, le département, et l’État. Il faut revenir à ce système de fonctionnement. D’abord, ça nous permettait d’économiser 220 milliards d’euros et ça permettrait au citoyen d’être très près des décisions prises par les élus. Nous nous orientons actuellement vers la disparition des communes et des départements au sein de métropoles, ce qui est une étape intermédiaire vers la mise en place de l’Europe des régions. Je suis républicain, je suis très attaché à la République et ça m’ennuierait avant que je quitte ce monde de voir disparaître la République.
La République est en danger?
Elle est en grand danger. Si on lit entre les lignes des textes qui nous sont pondus par nos gouvernements successifs de droite et de gauche, ils travaillent tous dans le même sens : l’Union européenne impose des économies, reste à prouver quelles économies nous faisons pour arriver à cette Europe où il n’y aurait plus d’État, plus de France, ni d’Espagne, ni d’Italie… On parlerait d’immenses régions fédérées autour d’un gouvernement central avec des élus qui arriveraient de je ne sais où et qui prendraient les décisions à la place du peuple.
Si nous n’étions plus en République, nous serions sous quel régime?
Ça serait l’Union européenne, tout simplement, une sorte de conglomérat de régions sous les ordres d’un gouvernement central. Le général De Gaulle avait, dans un discours prononcé en 1952, dit ceci: « Vous savez qu’en mon sens on peut voir l’Europe et peut-être la faire de deux façons: l’intégration par le supranational ou la coopération des États et des Nations, c’est à la deuxième que j’adhère pour mon compte ». Aujourd’hui on part dans le supranational. Quand j’entends à la télévision des gens se prétendre héritiers du Gaullisme, ce sont des menteurs, tous, de Sarkozy à notre premier Ministre actuel, car s’ils l’étaient, ils auraient mis en place une structure qui permettrait aux États de travailler entre eux pour le bien du peuple et non pour les multinationales et les banques. Je l’avais dit en 2007, j’étais le dernier candidat Gaulliste à la présidentielle. Et en 2017, je serai le seul avec des idées de gauche, de la vraie gauche. Le gouvernement actuel est de droite, il a un petit avantage par rapport à ce qu’on appelle la droite traditionnelle, c’est qu’il peut mettre en place des lois sans que les syndicats ne réagissent, ce qui n’aurait pas été le cas si la droite était au pouvoir. Je me rappelle de cette anecdote: une rencontre en février 2012 avec des membres du comité de soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy. Je leur avais dit : « il est très étonnant que Monsieur Sarkozy ne veuille pas être président de la République ». L’un d’entre eux m’a répondu « comment? ». Je donne un exemple : L’allongement de l’âge de la retraite, Nicolas Sarkozy n’y est pour rien, or on a soulevé le peuple de France contre lui, mais c’est seulement le traité de Barcelone signé par Chirac et Jospin auprès de l’Union Européenne qui a allongé l’âge du départ à la retraite. Et je leur avais dit: « s’il dit ça à la télévision, il sera élu président ». Le monsieur me dit alors : « vous savez Monsieur Schivardi, nous n’avons pas intérêt à prendre le pouvoir, pour la bonne raison que l’UE nous impose des réformes en profondeur qui ne peuvent être acceptées par le peuple de France que si elles sont présentées par un gouvernement de gauche ». En disant ça, on comprend tout.
Le retour de Nicolas Sarkozy était-il calculé?
Tout est calculé, rien n’est fait au hasard au niveau national. Et ce retour n’est pas intéressant pour le débat, d’ailleurs aucun politique ne l’est, ils sont tous soumis à l’UE. Résultat : il n’y aura pas de changement profond de la gouvernance de notre pays. J’entends parler de la VI République, c’est un leurre car elle pourra se mettre en place qu’en quittant l’Union Européenne, jamais à Bruxelles ils n’accepteront une VI République en France puisqu’ils veulent nous feindre la Ve, ils ne vont pas accepter la VI. C’est un leurre…
Êtes-vous totalement opposés à l’UE?
Je suis un européen convaincu, mais pour l’Europe des peuples. Chaque État garde son autonomie financière, ses coutumes, sa langue mais se retrouve sur des projets porteurs pour l’avenir des peuples. Voilà ma position au niveau de l’Europe, j’appelle pas ça l’Union Européenne. L’UE, ce n’est pas l’Europe.
Marine Le Pen prône des idées proches des vôtres, mais n’est-ce pas piégeux pour vous et les autres politiques de dire la même chose que Marine Le Pen, n’est-ce pas mal vu?
J’ai souvent demandé à participer à des débats à la télévision et je m’aperçois que depuis 2007 je suis censuré ce sont toujours les mêmes qui débattent. Les partis politiques traditionnels font tout pour que le FN arrive au pouvoir. Moi, j’aimerais l’avoir en face Marine Le Pen pour avoir une discussion et savoir comment elle a pu adopter mes idées alors que dans son parti il y a un passé et des personnes qui font peur. Elle se fait le « chantre » du combat contre la réforme territoriale ; moi je suis contre depuis 2001. Elle arrive maintenant car elle a ressenti le ras-le-bol des maires et elle arrive sur ce terrain là.
Pourquoi êtes-vous censuré?
Je ne sais pas. Mon discours dérange et ne plaît pas à l’État.
Les journalistes seraient de connivence alors?
Oui…. On me traite d’extrémiste, de trotskiste. Il y a certains sujets qu’on a plus le droit d’aborder en France. En France, il ne faut pas dire la vérité sinon on vous censure.
Comment cette censure est possible, votre image était plutôt populaire en 2007?
C’est vrai que quand je prends le train, je me fais souvent interpeller par des gens qui me disent « comment ce fait-il qu’on ne parle plus de vous, votre discours était pourtant clair et intéressant. On a pas osé voter pour vous au premier coup, on vous attendait en 2012″… Oui, mais en 2012 on venait de créer un mouvement, on était en plein travail et on n’a donc pas misé sur la présidentielle.
Est-ce qu’avec plus de liberté de parole, le FN pourrait chuter, puisque aujourd’hui, c’est le seul parti qui « ose » sortir des discours traditionnels?
Oui, il disparaîtrait de la scène politique. Aujourd’hui, pourtant, Marine Le Pen pourrait être présidente. En toute modestie, si je n’arrive pas à être candidat contre elle, elle sera Présidente de la République, car moi je vais expliquer la situation calmement aux Français et démolir son programme. Si personne ne lui rappelle son idéologie partisane cachée derrière en sourire agréable, elle va passer.
Pour revenir à un niveau plus local, les communes ont été touchées par plusieurs réformes et notamment celle de l’intercommunalité, qu’en pensez-vous?
Dans un Sivom (NDLR: un syndicat intercommunal à vocation multiple), une commune adhérait pour une compétence qu’elle ne pouvait pas assurer seule, comme le ramassage des ordures, par exemple, puisque toutes les communes ne peuvent pas avoir un camion poubelle. Tandis qu’avec l’intercommunalité, vous abandonnez les compétences les unes après les autres, c’est une différence fondamentale. Une fois que vous n’avez plus de compétences, vous n’avez plus rien à dire.  À l’époque, je disais que l’intercommunalité était une première étape et j’affirmais qu’on allait nous dire qu’on était trop petit et que donc il fallait regrouper les intercommunalités à une échelle plus importante, la deuxième étape… Troisième étape: on allait créer des « grands », « Grand Narbonne », « Grand Carcassonne », « Grand Toulouse »… Et une fois ces pôles créés, ils allaient dire c’est toujours pas assez, place donc aux métropoles et à la fin des départements. C’est déjà une atteinte au fonctionnement de la République française, mais la métropole c’est pas assez grand, donc on passe à la fusion des régions… Vous allez voir que dans quelques années, ils vont nous dire encore que ce n’est pas assez grand et, par exemple, la région Midi Pyrénées-Languedoc Roussillon absorbera l’Aquitaine puis des régions du nord de l’Espagne. En 2008, j’en parlais déjà avec Georges Frêche (NDLR ancien président de la Région Languedoc-Roussilon et ancien maire de Montpellier) qui m’avait même montré la future carte des régions européennes sans pays… C’est pour ça que depuis des années on attaque le droit du travail, c’est pour ça que depuis des années on attaque les services publics, parce qu’il faut à un moment qu’on puisse être égalitaire entre le nord de l’Espagne et le sud de la France, pour pouvoir exercer un pouvoir sur l’ensemble des peuples. Voilà ce que c’est la réforme territoriale et l’intercommunalité. L’objectif, c’est d’arriver étape par étape sans soulever la population à ce résultat final.
Quel est l’impact déjà au quotidien de l’intercommunalité pour les citoyens?
Prenons le cas de ma commune de Mailhac, intégrée au Grand Narbonne. Quels services à la population ont été proposés ? Aucun. Quelques remises pour aller au théâtre, ainsi qu’une ligne – plus ou moins bâtarde – de car. La commune de Mailhac a baissé ses impôts, la taxe d’habitation par exemple, et on se retrouve avec 600 euros de plus d’impôts dus à notre incorporation au Grand Narbonne et ce au détriment de la population. Le prix de l’eau augmente aussi. L’intercommunalité n’est donc pas faite pour arranger le quotidien des citoyens.
Justement si une intervention concernant l’eau est à effectuer, comment ça se passe aujourd’hui?
On doit appeler Narbonne qui décide quand ils veulent et quand ils peuvent envoyer quelqu’un. Alors qu’avant, quand on s’en occupait nous-même, en 48 heures l’affaire était classée. Un cas typique cette année: au mois de juillet, il y a eu un tremblement de terre en profondeur qui n’a pas été ressenti et on s’est retrouvé sans eau. Le Grand Narbonne m’appelle et me signale qu’il n’y aura pas d’eau pendant quelques jours, « on s’en occupe, on met un système de récupération d’eau blablabla », me disent-il. Un baratin… Je voulais rire. On a la plus grande réserve d’eau de la région sous notre village ! Il suffisait de descendre la pompe de six mètres en provisoire pour alimenter la commune et de faire un forage pour trouver de l’eau à plus long terme. Le coût de ces opérations aurait été de 50 000 euros. Mais eux non, ils sont partis sur autre chose pour offrir un accès à l’eau beaucoup plus que suffisant et qui a coûté 400 000 euros.
En résumé, les personnes compétentes sur le terrain ne sont plus utilisées et des intermédiaires supplémentaires sont mis en place. N’est-ce pas illogique en pleine période d’économies à effectuer?
Rien que sur ce cas typique, on aurait pu économiser 350 000 euros. Imaginez cela sur les près de 40 communes du Grand Narbonne… On dépense des millions d’euros au détriment du développement et de la création d’emplois sur des actions qui ne reviendraient à rien si elles étaient exercées par du personnel de terrain. L’intercommunalité n’est pas faite pour économiser, elle est faite pour dépenser de l’argent. J’ai appris que le Grand Narbonne était en pourparlers pour embaucher 4 personnes – moyenne des salaires 3800 euros net par mois ! C’est usant, plus j’avance dans ma carrière politique et plus je suis déçu. Je me pose des questions.
Un mot sur l’éducation, que pensez-vous des activités périscolaires?
C’est une honte. Ça ne sert à rien et ça coûte cher. Ici, les enfants font de la zumba. Avec ça, on développe l’intelligence des enfants paraît-il ! Moi, je suis pour le retour des semaines de 27 heures d’école (il insiste bien sur le mot école). Les fondamentaux: lire, écrire et compter. je suis choqué depuis 2001 par le nombre de jeunes qui viennent me demander d’écrire à leur place pour tout et n’importe quoi : « Monsieur le Maire, vous pouvez me faire une lettre, Monsieur le Maire… » Quand je leur réponds qu’ils sont en première ou deuxième année de Fac quand même, ils me disent qu’ils n’ont pas l’habitude…
Est-ce qu’aujourd’hui vous croyez en certains hommes politiques?
Non aucun.
Pourtant, vous avez été membre du Parti Socialiste non?
Oui, je l’ai été jusqu’en 2003 puis je l’ai quitté car je n’était plus en accord avec.
Vous l’avez quitté en 2003, aujourd’hui quand vous voyez les députés frondeurs…
(Il me coupe) C’est du cinéma ça.
Ah bon, mais n’y-a-t-il pas une scission au PS aujourd’hui?
Le PS, ça n’existe plus, aujourd’hui c’est un conglomérat de différentes mouvances regroupées sous l’étiquette PS. Ce qui se passe au sein du PS, c’est normal, il y a tellement de courants, c’est comme l’UMP, ça ne peut qu’exploser.
Qu’est-ce qui différencie le PS de l’UMP aujourd’hui?
Rien, c’est pareil.
Là encore on retrouve le discours de Marine Le Pen avec l’UMPS, sur quelles idées voulez-vous vous différencier de Marine Le Pen? Sur quoi voulez-vous la combattre, sur le but à atteindre?
Le but, c’est la vraie rupture de l’Union européenne. Or, elle n’en parle pas comme moi et elle ne tiendra pas ses promesses. La différence entre le monde politique et moi, c’est que moi, je vous garantis que si je suis élu président de la République, le lendemain on quitte l’UE et on revient au franc.
Est-ce que la France manque aujourd’hui d’hommes d’État capables de prendre des décisions fortes?
Il n’y en a plus.
On parle pourtant à droite d’Alain Juppé qui a l’image de l’homme sage et réfléchi.
Concernant Alain Juppé, ma position est claire. Toute personne ayant été condamné ne devrait pas avoir le droit de se re-présenter. Il y en a pas mal aujourd’hui d’un côté comme de l’autre.
Pour revenir à ce que vous différencie de Marine Le Pen, concernant la politique d’immigration, quelle est votre position?
Je suis petit-fils d’immigré… (il marque un temps d’arrêt). Là, c’est mon côté républicain qui va vous parler. Mon grand-père a été obligé de partir d’Italie à toute vitesse sinon il se faisait tuer car il était opposé à Mussollini. Et en arrivant ici, il s’est plié aux règles et aux traditions de notre pays. Donc, pour moi, tout immigré doit suivre les règles et les traditions de notre pays. C’est à dire la laïcité, pas de signes extérieurs religieux et parler le français. Je suis prêt à accueillir tout le monde mais si on ne peut pas ou si idéologiquement on ne veut pas, on s’en va. Je suis contre la reconnaissance d’enfants nés en France qui deviennent automatiquement Français. Ça ne me convient pas et pourtant, je ne suis pas d’extrême droite.
Justement, où vous situez-vous?
En dehors de tout ça. A côté.
A côté où? A droite ou à gauche?
Plutôt à gauche. Et je ne m’en cache pas. Prenez les salaires. Moi je prône le 1 pour 6. On met un SMIC à 1500 euros et le salaire maximum doit être 9000 euros. Pas plus, même pour un PDG car sans les ouvriers, il n’y a pas de PDG.
Et les bénéfices alors, on en fait quoi?
On l’utilise pour créer de l’emploi. Ça c’est une idée de gauche. Je reviens du Sri Lanka et je me suis dit : « ils sont bien plus en avance que nous malgré tout ce que l’on peut dire à leur sujet ». Trois siècles avant J.C., leurs rois étaient soumis à la décision du peuple et le peuple avait remarqué que quand il pleuvait l’eau allait à l’océan. Ils ont fait d’immenses bassins artificiels pour récupérer l’eau et ils n’ont donc jamais connu de sécheresse. Ils arrivent à faire deux cultures de riz par an et, en plus, ils produisent de la nourriture pour le pays tout entier. La plus belle chose que j’ai vu, c’est que dès que vous allez à l’école et jusqu’à la fin de vos études, tout est pris en charge par l’État. Jusqu’à 20 ans, les étudiants portent des uniformes payés par l’État. Ça me plaît ça.
Mais ça nécessite que l’Etat ait de l’argent non?
Il n’y a pas de dette en France. C’est une invention du monde capitaliste. On doit juste de l’argent aux banques. 55 milliards d’euros d’intérêt, premier budget de la nation. On paye de l’intérêt sur de l’argent qui nous appartient, on est très fort. Lors d’un débat télévisé, j’avais dit que si j’étais élu Président, j’annulerais la dette.
Vraiment?
On annule la dette et on remet en place de l’industrie, du développement avec le franc. Elle ne vous en parle pas Marine le Pen ! On ne revient pas juste au franc, mais on re-nationalise les moyens de production le temps de redresser le pays et une fois l’objectif atteint on privatise à nouveau ces moyens de productions. On dévaluerait notre monnaie de manière à être concurrentiel sur le marché de l’exportation et l’affaire est classée.
Dis comme cela ça paraît simple, pourquoi aujourd’hui ces pistes ne sont pas explorées?
Parce que ça ne les intéresse pas. Si la France quitte l’UE et revient à sa monnaie nationale, ainsi que les autres pays, les Américains nous feront une guerre parce que ils seront les premiers touchés. L’euro augmenté par la Banque centrale européenne permet aux Etats-Unis d’exporter.  Moi je mettrais un franc très bas pour baisser le coût de la vie et pour relancer les exportations. Cela créerait  de l’emploi donc il n’y aurait plus de problèmes de caisse… On lance des grands projets. C’est facile de relancer le pays si on le veut.
(Interview réalisée en décembre 2014)

http://roadsmag.com/interview-gerard-schivard

http://www.lefigaro.fr/politique/

Candidat pour 2017, Gérard Schivardi craint une troisième guerre mondiale
                             L'ex-candidat à l'élection présidentielle de 2007, Gérard Schivardi.

QUE SONT-ILS DEVENUS (1/5) - L'ancien candidat à l'élection présidentielle de 2007 pense que Marine Le Pen sera élue présidente de la République «haut la main».

»» Cet été, Le Scan prend des nouvelles des responsables politiques disparus des écrans radars médiatiques. Aujourd'hui, l'ancien candidat à l'élection présidentielle Gérard Schivardi.
Sa gouaille avait apporté un brin de décontraction au duel Sarkozy-Royal en 2007. L'humoriste Nicolas Canteloup avait ensuite entretenu le buzz, le dépeignant en alcoolique notoire. «Je ne bois pas du tout. Faire croire le contraire à la France entière, ça a été difficile à avaler. Surtout pour ma femme et mes enfants», raconte au Scan Gérard Schivardi, sept ans après sa candidature à l'élection présidentielle. À l'époque, l'ex-maçon à la retraite avait rassemblé 123.540 voix sur son nom lors du scrutin présidentiel, soit 0,34% des suffrages.
«Je pense qu'on a fait une bonne campagne. Je n'allais pas dans les hôtels mais chez des familles qui m'accueillaient», se rappelle le maire de Mailhac. En mars dernier, Gérard Schivardi a été réélu à la tête de sa commune où vivent 475 âmes. Mais depuis l'élection présidentielle, le visage de la France, et de son village, a changé. «Avant, il y avait moins de vingt partisans du FN. Aujourd'hui, c'est plutôt 90», décrypte-t-il de sa voix rocailleuse.

«On m'arrête dans la rue»

Car c'est bien la progression de Marine Le Pen qui a convaincu Gérard Schivardi de viser une nouvelle candidature à l'élection présidentielle, dix ans après sa première tentative. L'édile regrette d'être passé à côté de 2012: «Le Parti ouvrier indépendant que j'ai créé n'a pas souhaité repartir. J'ai été déçu. Mais je vais monter à Paris début septembre pour parler de 2017.» L'élu local veut «se retrouver face à Marine Le Pen pour lui dire «d'arrêter de (lui) piquer (ses) idées», notamment sur les questions européennes. Mais Gérard Schivardi ne se fait guère d'illusions: «Elle va se faire élire haut la main, vous allez voir.»


En attendant de repartir sur les chemins de France et de Navarre, il s'amuse de sa notoriété: «On m'avait dit que six ou sept mois après la présidentielle, ça serait terminé, mais non! On m'arrête toujours dans la rue, on me pose des questions. On m'explique que l'on votera pour moi la prochaine fois.»
Ce qui amuse moins le Languedocien, c'est le manque de médiatisation dont il serait la victime. «Vous allez voir, quand vous proposerez votre article, on vous dira de ne pas le publier. (...) On refuse que j'apparaisse à la télévision», s'insurge-t-il. Et pourtant, Gérard Schivardi a des choses à dire: «François Hollande est une catastrophe» ; «Les partis politiques sont à la dérive» ; «La réforme territoriale est une aberration. Il faut supprimer les régions» ; «Il n'y a plus de République ni de démocratie»... En quelques minutes, le maire dégaine sur tout, invoque le général de Gaulle et multiplie les prédictions: «Sarkozy fera 7% à la présidentielle, Hollande moins de 10.»
Gérard Schivardi veut parler, débattre. «J'ai dit à ma femme: “Il faut que je reparte à la présidentielle, je ne veux pas que ça termine en bain de sang.” Vous savez, on n'est pas loin d'un soulèvement et d'une troisième guerre mondiale. Je ne suis pas rassuré pour mes fils.»

Mailhac : Gérard Schivardi se remet en cause et réfléchit


Le 30 mars 2015 à 16h43 par C. L. | Mis à jour le 30 mars
                               Gérard Schivardi veut se donner le temps de la réflexion.

Gérard Schivardi veut se donner le temps de la réflexion. PHOTO/NARBONNE JEROME LEHUBY
Le maire de Mailhac ne cache pas son ras-le-bol. L’élu ne comprend pas l’attirance de ses concitoyens pour le FN.
Écœuré. Gérard Schivardi, le maire de Mailhac, a bien du mal à digérer les résultats du second tour sur sa commune.
Déjà, au soir du premier tour, l’ancien candidat à la présidentielle accusait le coup, laissant même entendre qu’il pourrait démissionner de son mandat municipal. Le tandem que formait son épouse avec Yves Bastié n’était pas qualifié pour le deuxième tour de l’élection départementale du canton de Sallèles-d’Aude, laissant un duel PS/FN.
Si le duo Godefroi-Lapalu a été élu, à Mailhac c’est dans un mouchoir de poche que cela s’est joué, à 3 voix près.
Entre les deux tours, le vote FN s’est même renforcé en passant de 81 à 115 voix.
« Pour un homme comme moi, c’est dur de se retrouver à la tête d’un village majoritairement FN », explique-t-il.
Le maire fait aussi son introspection. « Je n’ai jamais rien caché à mes concitoyens. Je me demande même si je ne suis pas responsable d’en avoir trop dit sur tout ce qui ne fonctionne pas dans notre pays », confie le maire en rappelant qu’il a annoncé la disparition des départements il y a bien longtemps déjà.
Pour la suite, Gérard Schivardi veut se donner le temps de la réflexion. Fin mai doit se tenir le conseil fédéral de son parti, le POI. « Il y aura des décisions à prendre pour la suite », assure-t-il. D’ici là, il est invité par Jean Lassalle à Pau pour rencontrer des représentants du secteur.

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