| C'est un séisme qui sape un peu plus les fondations déjà fragiles de la monarchie espagnole. Lundi, le tribunal de Palma de Majorque a renvoyé Cristina de Bourbon et Grèce devant la justice pour des délits fiscaux. L'infante, âgé de 49 ans, fait l'objet d'une enquête centrée sur les activités de son époux, l'ex-joueur international de handball Iñaki Urdangarin. Ce dernier est accusé d'avoir détourné plusieurs millions d'euros de fonds publics par le truchement de sa fondation, Noos, spécialisée dans le conseil en parrainage sportif – des agissements frauduleux dont Cristina aurait été complice. Si elle était reconnue coupable, la sœur aînée du roi Felipe VI encourrait jusqu'à quatre ans de prison, rapportent El Mundo et El Pais, précisant que le juge José Castro lui réclame 2,6 millions d'euros de compensation financière. Cette affaire, qui a éclaté en 2010 et a connu maints rebondissements, a sévèrement écorné l'image de la Couronne aux yeux des Espagnols qui ont souffert – et continuent de souffrir – des affres de la crise économique, note The Independent. Jamais, depuis l'instauration de la monarchie constitutionnelle, en 1975, un membre de la famille du roi ne s'était ainsi trouvé dans le box des accusés, rappelle la BBC. Soucieuse de ne pas donner la moindre prise aux critiques, la maison royale a exprimé son "respect absolu vis-à-vis de l'indépendance du pouvoir judiciaire" (El Mundo). Si Juan Carlos, avant son abdication en juin, avait pris ses distances avec le couple, Felipe VI, lui, est allé plus loin, refusant d'apparaître avec sa sœur ou M. Urdangarin, y compris aux réunions de famille, souligne le Wall Street Journal. Pour Arturo Gonzalez, dePublico, l'essentiel n'est pas tant de savoir s'il y aura condamnation que de voir Cristina jugée comme tout citoyen. Lors de son discours de Noël, en 2011, Juan Carlos avait pourtant prévenu : "La loi est la même pour tout le monde..." |
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