La durée d’autorisation des pesticides est au centre de tous les débats - mais ce n’est pas le seul problème.
Pour obtenir un vote du texte par les États membres, la présidence du Conseil de l’UE a reculé en proposant de n’accorder les autorisations illimitées qu’à certains pesticides, rangés sous l’appellation rassurante "à faible risque" (13)...
…Mais elle a considérablement allongé les durées d’autorisations pour tous les autres !
Les durées d’autorisation européennes sont aujourd’hui de 10 ou 15 ans - une durée pendant laquelle il est quasiment impossible de faire retirer un pesticide du marché.
Sous la pression du lobby des pesticides Croplife (14), il est maintenant proposé de les faire passer à 15 ans pour une première approbation, et 25 ans pour un renouvellement !
Soyons clairs : de telles durées sont une catastrophe absolue et nous ne pourrons plus rien faire pour empêcher une contamination généralisée par ces pesticides.
Mais une autre disposition est encore plus sournoise.
Si nous n'agissons pas de toute urgence, les agences sanitaires nationales seront privées d'un levier essentiel pour protéger les citoyens, les pollinisateurs et le Vivant face à des pesticides dont les dangers émergeraient après leur mise sur le marché.
Le texte stipule qu’elles auront l’interdiction d’utiliser la science la plus récente pour ré-évaluer les produits (15) !
Qu’elles soient publiques, privées ou indépendantes, les nouvelles études parues depuis l’autorisation européenne ne pourront tout simplement pas être utilisées dans les décisions d’autorisation sanitaire !
Un fonctionnement contraire à l’un des principes de l’UE – le principe de subsidiarité – qui doit permettre aux États membres de prendre des décisions qui concernent leur territoire (16).
Et si, malgré tous ces bâtons mis dans les roues des agences sanitaires, elles finissent par retirer enfin l’autorisation à un pesticide…
… Les délais de grâce accordés après l'interdiction d'un pesticide seront doublés !!
Pendant 3 années supplémentaires, des produits pourtant retirés du marché pour leurs dangers pourront continuer à être écoulés et utilisés (17).
Ce ne sont que quelques exemples : cette réforme pro-pesticides est une loi taillée sur mesure pour satisfaire l'industrie des pesticides (18).
C'est pourquoi les prochaines semaines seront décisives.
Le 12 juin, les États membres se réunissent pour tenter d'adopter une position commune au Conseil de l'Union européenne.
Les discussions s'enchaînent à un rythme tel que plusieurs experts européens ont alerté sur l'impossibilité d'examiner correctement toutes les conséquences du texte (19).
Toujours plus vite.
Même lorsqu'il s'agit de règles qui pourraient façonner l'agriculture européenne pendant des décennies.
Et pendant ce temps, les industriels de l'agrochimie poursuivent leur travail de pression auprès des gouvernements et des institutions.
Ils savent qu'à mesure que les citoyens découvrent le contenu réel de cette réforme, les résistances grandissent.
Les eurodéputés commencent à travailler sur le texte en parallèle.
Nous avons jusqu'au 13 juillet pour les convaincre de déposer des amendements capables de protéger les pollinisateurs, les écosystèmes et notre santé.
Grâce au soutien des donateurs, nous allons :
>> Traduire toutes nos analyses pour les diffuser à un maximum de décideurs européens – et notre effort commence déjà à payer grâce à des contenus travaillés avec les meilleurs spécialistes (20) ;
>> Fournir aux eurodéputés des amendements en béton qui viendront sabrer les reculs les plus graves de ce texte ;
>> Mobiliser toujours plus de citoyens partout en Europe en nous alliant avec d’autres ONG européennes ;
>> Organiser un rassemblement massif devant le Parlement européen à l'automne pour maintenir une pression maximale et faire basculer les décideurs politiques de notre côté !
Nous sommes à un moment charnière.
Soit les lobbys de l'agrochimie parviennent à imposer cette dérégulation historique.
Soit nous réussissons à transformer nos premières avancées obtenues en véritable victoire pour le Vivant.
Nous ne pourrons pas y parvenir sans votre aide.
Chaque euro compte pour renforcer notre mobilisation face à des industriels qui disposent de moyens quasi-illimités. S'il vous plaît, soutenez notre contre-offensive avant qu'il ne soit trop tard !
Avec espoir et détermination,
L’équipe POLLINIS |
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