Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Au pleine l’affaire Lyhanna, et alors que Gérald Darmanin promet de « réexaminer » 70 000 plaintes d’ici le 14 juillet, notre invitée s’exprime à la fois en journaliste… et en victime. Son constat est sans appel : sans réforme profonde, d’autres affaires Lyhanna sont inévitables. Pour Isabelle Pibouleau, il ne s’agit ni d’un drame ni d’un « fait divers » isolé, mais de « l’affaire de trop ». Elle rappelle que la mère de Lyhanna a « fait son travail de parent » : porter plainte pour protéger sa fille. Malgré sa détresse, aucune réponse — sinon le silence. L’affaire Lyhanna s’impose ainsi comme un révélateur des failles du système judiciaire. Jérôme Barella, souligne-t-elle, était déjà connu, y compris à l’international. D’où sa charge contre la promesse du garde des Sceaux de traiter 70 000 plaintes en un mois : « Darmanin se moque des victimes ». La charge de notre invitée n’est en rien gratuite. Elle-même agressée sexuellement en mai 2024, elle témoigne du traitement réservé aux victimes. Après une nuit entière à se gratter la peau, parce qu’elle « sentait encore ses mains sur elle », elle se rend dès 8 heures du matin au commissariat pour porter plainte. Consciente du manque de moyens, elle fait tout pour faciliter le travail des enquêteurs : elle refait le trajet, repère les lieux, identifie des caméras. Malgré la bienveillance de l’agent, une question la sidère : comment était-elle habillée ? « Jean, blazer, foulard… », répond-elle, non sans indignation. Le policier lui indique ensuite qu’elle est déjà la troisième ou quatrième femme de la semaine à venir pour des faits similaires, avec des profils différents. « Combien de prédateurs sont dans la nature ? », se demande-t-elle. « On n’en peut plus d’accumuler des affaires, d’abandonner nos enfants », lâche Isabelle Pibouleau, avant de se confier sur sa peur d’avoir des enfants « à cause de l’insécurité en France ». Face à cette colère qui monte, Emmanuel Macron appelle à ne pas « répondre au drame par des cris ». Une position qu’elle rejette frontalement : « Si, monsieur le Président, on va crier. On va crier très fort. Parce que, visiblement, on a beau parler, vous ne nous entendez pas. » Faute d’action, prévient-elle, « si la justice ne fait rien, les parents se feront justice eux-mêmes ! » |
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