En quelques années, notre vocabulaire quotidien s'est appauvri de plusieurs centaines de mots. Mais où et comment les avons-nous perdus ? C'est paradoxal : chaque année, les dictionnaires s'enrichissent de dizaines de nouveaux mots, censés refléter les évolutions sociétales du moment. Mais, en même temps, nous en utilisons de moins en moins au quotidien. Débunker, cagnotter, prompter, pais aussi VAR ou chemsex… Pour le meilleur ou pour le pire, 150 nouveau mots ont ainsi rejoint les 65000 déjà présents dans le célèbre Petit Robert. Pourtant, si l'on en croit les travaux des chercheurs américains en psychologie et linguistique Valeria Pfeifer, et Matthias Mehl, nous utilisons 338 mots de moins au quotidien qu'il y a quinze ans. Leur étude explicitement baptisée « Glisser vers le silence » souligne qu'entre 2005 et 2019, le volume quotidien de parole a en effet chuté de 16000 à 12700 mots. </> Notre vocabulaire quotidien serait-il en train de s'appauvrir ? Il semble bien que oui. Pour parvenir à poser ce constat, le duo de chercheurs a analysé les données audio de 22 études différentes, conduites entre 2005 et 2019, impliquant environ 2200 participants âgés de 10 à 94 ans, issus des États-Unis, d'Europe et d'Australie. La compilation de ces données est claire. Mais où sont donc passés tous ces mots perdus ? À quel moment, dans quels endroits ne nous les prononçons-nous plus ? En réalité, nous les égarons du simple fait de l'évolution de notre mode de vie : une livraison qui remplace un passage en caisse, une caisse automatique ou une borne de commande remplaçant l'humain, ou tout simplement l'essor du télétravail... Autant de raisons de parler moins à l'autre dans notre vie quotidienne, tout simplement. </> Et ce n'est peut-être que le début, d'autant plus que toutes les tranches d'âge semblent touchées par le phénomène. Les plus jeunes sont toutefois les plus concernés : quand les plus de 25 ans perdent 314 mots prononcés par jour chaque année, les moins de 25 ans en perdent en moyenne 452… De là à y voir l'effet d'un usage massif des smartphones et des… Judikael Hirel |
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