Mercredi 27 mai 2026 Bonjour,Un drôle de pays, la France. Fascinante pour la culture et son verbe – le bagou des politiques, quel pot de miel pour nous autres taiseux de Suisses! –, irritante par son arrogance et son perpétuel chenil fonctionnel et social. Le Temps se jette dans cette eau bouillante en inaugurant son édition française ces jours: souhaitez-nous bonne chance. Dans ce Briefing, nous découvrons que dans le détroit d’Ormuz, les bernacles et les algues menacent à leur tour le commerce mondial; nous apprenons avec stupéfaction que les banques suisses se font dépasser par Hongkong dans la gestion de fortune; et nous entendons les craintes des Grisons face à l’initiative des 10 millions. Après tout, on reste en Suisse. 📍A la une: «Le Temps» ausculte la France Chappatte/Le Temps Notre sondage exclusif. «Le désir de consensus semble avoir augmenté en France.» Ça ne saute pas aux oreilles quand on écoute des discussions politiques dans l’Hexagone, mais c’est ce que montre notre sondage sur la perception de leur démocratie par les citoyens des deux pays. On y découvre des Français avides de référendum, par 79% des sondés (88% des sympathisants socialistes et 81% des RN). En Suisse, ce système convainc 86% de l’échantillon. La méfiance envers les politiques est bien plus forte en France (77%) qu’en Suisse (44%), et malgré leur fascination pour la «richesse culturelle» du pays de Victor Hugo (56%), les Suisses tiennent leur distance: «Ils sont tout aussi nombreux à porter un jugement négatif sur son système politique», relève notre expert. Et c’est bien pire en Suisse francophone. Notre autopsie par les chiffres En France l’Etat, en Suisse le canton. Nous avons demandé son analyse à Pierre Bréchon, professeur émérite de sciences politiques à Sciences Po Grenoble. A son sens, «globalement, l’identité française est fortement centrée sur l’Etat, alors que les Suisses ont un sentiment identitaire beaucoup plus centré sur le local, valorisant beaucoup leur commune et leur canton». La France est la nation de la «fierté nationale importante», la Suisse, celle de la «fierté discrète». Lire la discussion «Le Temps» est utile». Pourquoi diable le grand peuple de France devrait-il lire Le Temps? Parce que nous lui proposons un regard «unique et utile», assure notre correspondant à Paris Paul Ackermann, le Napoléon de notre offensive pacifique. A son sens, «le point de vue suisse, teinté de multilatéralisme et de rapport horizontal au pouvoir, s’oppose à une vision plus verticale de la société et de la nation en France». Son éditorial |
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