«S’ils disparaissent, nous disparaissons», écrivions-nous en une du journal, en avril 2023. «Ils», ce sont les insectes, «nous», les humains. Et le cri d’alarme était celui du biologiste britannique Dave Goulson, que nous avions interviewé pour la sortie de son livre Terre silencieuse. Un monde sans abeilles, mais aussi sans coccinelles, papillons, syrphes ou autres, «ce serait la catastrophe, un monde sans nourriture ou presque, sans fleurs, sans couleurs, car les insectes sont à la base de la chaîne alimentaire», avertissait-il.
Or toutes les études de long terme révèlent un déclin terrifiant de leurs populations, la plus connue étant celle publiée en 2017, selon laquelle le poids total des insectes pris au piège dans des réserves naturelles allemandes a chuté de 76 % entre 1989 et 2016. Certaines conséquences de leur disparition sont déjà visibles. Les populations d’oiseaux qui en dépendent pour leur nourriture s’effondrent. Ceci dit, soulignait Dave Goulson, «il y a beaucoup d’inconnues car nous ne comptons pas la plupart des insectes».
Pour y remédier, au Royaume-Uni, deux associations de conservation de la nature ont lancé en 2021 une grande campagne de comptage. L’idée étant de photographier sa plaque d’immatriculation avant et après un trajet en voiture et de suivre les indications d’une application mobile. Des données ultra-précieuses pour les chercheurs. Ce dispositif vient d’être lancé en France par le Muséum national d’histoire naturelle et l’Office français de la biodiversité, comme le rapporte Titouan Catel--Daronnat. A vos smartphones ! 
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