jeudi 16 avril 2026

Le Monde Moderne - La Quotidienne - Pénurie de soufre par blocage - Mardi 16 avril 2026

 

Pénurie de soufre par blocage

Macron reçoit 500 maires, nouvelles négociations Iran/US, peur sur les cryptos, retrait tactique de la loi Yadan

 
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Guerre au Moyen-Orient : le soufre et l’acide sulfurique menacent l’économie mondiale

Le blocage du détroit d’Ormuz par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran perturbe bien plus que le pétrole. Le Moyen-Orient, qui produit un quart du soufre mondial et plus de 50 % du soufre commercialisé, ne peut plus exporter. Résultat : les prix du soufre ont déjà été multipliés par sept depuis 2024, et ceux de l’urée ont bondi de plus de 70 %.

Plus de 50 % du soufre sert à fabriquer des engrais phosphatés ou de l’acide sulfurique. Les experts anticipent une hausse de 15 à 30 % des prix des produits agricoles d’ici six à neuf mois, même en cas de réouverture rapide du détroit. Les agriculteurs, déjà fragilisés, risquent une baisse des rendements, surtout dans les pays pauvres. La région fournit jusqu’à 30 % des engrais mondiaux commercialisés, avec très peu de bateaux sortis depuis le 28 février.L’impact va au-delà de l’agriculture : l’acide sulfurique est indispensable à l’extraction du cuivre (20 % de la production mondiale), du nickel (l’Indonésie importe 75 % de son soufre du Golfe) et des métaux pour les batteries électriques. Une pénurie prolongée pourrait renchérir les véhicules électriques et ralentir la transition énergétique.

La Chine envisage de suspendre ses exportations d’acide sulfurique dès mai 2026 pour protéger son agriculture. D’autres pays pourraient suivre.En résumé, cette crise révèle la vulnérabilité de chaînes d’approvisionnement invisibles mais vitales pour l’alimentation et les technologies. Remplacer rapidement 25 % des approvisionnements mondiaux semble très difficile.

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Guerre au Moyen-Orient : la Maison Blanche discute d’un nouveau rendez-vous avec l’Iran

La Maison Blanche a annoncé mercredi qu’elle discute de la tenue d’une deuxième session de négociations avec l’Iran, probablement à Islamabad. La porte-parole Karoline Leavitt s’est dite « optimiste » sur les chances d’un accord, même si rien n’est encore officiel.

Cette initiative intervient après l’échec d’une première rencontre dimanche dernier dans la même ville. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, mais sa prolongation reste incertaine. Donald Trump a déclaré mardi que la guerre était « presque finie », tout en évoquant une possible reprise rapide des discussions.

Les États-Unis et Israël partagent les mêmes objectifs vis-à-vis de l’Iran, notamment l’abandon de sa capacité d’enrichissement d’uranium sur son territoire, a affirmé Benjamin Netanyahu.

De son côté, Téhéran confirme les échanges via le Pakistan et maintient sa position : il refuse de renoncer à son droit au nucléaire civil sous pression militaire, mais reste ouvert à des négociations sur le niveau d’enrichissement.Le Pakistan continue d’assurer la médiation. L’Iran a par ailleurs menacé de bloquer le trafic en mer Rouge en réponse au blocus naval américain de ses ports.En résumé, malgré les tensions persistantes, Washington et Téhéran semblent vouloir donner une nouvelle chance à la diplomatie.

Les détenteurs de cryptos inquiets à la Paris Blockchain Week

À la Paris Blockchain Week, la peur domine chez les participants. La France est devenue le pays le plus touché par les attaques physiques contre les détenteurs de cryptomonnaies, avec une hausse de 50 % des agressions dans le monde en 2025.

Témoignage choc : « Quand j’entends un bruit dans l’escalier, je me demande s’ils viennent pour moi. Ma seule solution est de quitter la France. »

Les organisateurs ont renforcé la sécurité : escorte policière pour les VIP, présence massive de forces de l’ordre. Certains participants cachent leur badge ou se déplacent avec des gardes du corps.Face à ces violences (kidnappings, tortures pour obtenir les clés privées), beaucoup envisagent l’exil ou le passage à des produits financiers régulés pour limiter les risques.

Malgré cela, l’industrie se veut résiliente et espère une réaction rapide du gouvernement.

Proposition de loi Yadan : les députés macronistes retirent le texte

Coup de théâtre à l’Assemblée nationale. Le groupe Ensemble pour la République a annoncé le retrait de la proposition de loi dite « Yadan », portée par la députée Caroline Yadan (apparentée Renaissance). Le texte, qui devait être examiné aujourd’hui et demain, ne sera finalement pas débattu dans l’hémicycle.

Face à l’obstruction systématique des députés de La France insoumise, qui ont multiplié les rappels au règlement et les suspensions de séance, le groupe macroniste a préféré retirer sa proposition. Le gouvernement, par l’entourage de Gabriel Attal, a aussitôt annoncé qu’il reprendrait l’essentiel du texte sous la forme d’un projet de loi gouvernemental, prévu pour fin juin 2026.

Cette proposition de loi visait à lutter contre les « formes renouvelées d’antisémitisme ». Elle prévoyait notamment d’élargir le délit d’apologie du terrorisme et de créer un nouveau délit pour les appels publics à la destruction d’un État, visant particulièrement les slogans radicaux contre Israël.

Pour ses défenseurs, le texte comblait un vide juridique face à la forte hausse des actes antisémites depuis le 7 octobre 2023. Mais il a suscité une vive opposition : une pétition « Non à la loi Yadan » a recueilli plus de 700 000 signatures. De nombreuses associations, juristes et une partie de la gauche ont dénoncé un texte flou qui risquait d’amalgamer critique d’Israël et antisémitisme, portant ainsi atteinte à la liberté d’expression. Même au sein de la majorité, plusieurs députés ont fini par retirer leur soutien.

Ce retrait constitue une victoire tactique pour les opposants, qui ont réussi à bloquer l’examen cette semaine. Cependant, le débat n’est pas clos : le gouvernement s’engage à faire adopter quasiment les mêmes mesures via un projet de loi qui sera examiné plus tard au Sénat.

En résumé, la proposition de loi Yadan n’a pas été rejetée par un vote, mais retirée par ses propres auteurs pour contourner l’obstruction parlementaire. Le sujet continue de diviser profondément la classe politique française sur la lutte contre l’antisémitisme et les limites de la liberté d’expression.

Macron reçoit 500 maires à l’Élysée pour les mobiliser

Ce jeudi 16 avril 2026, un mois après les élections municipales, Emmanuel Macron reçoit environ 500 maires de tous bords politiques et de tous territoires à l’Élysée.Habituellement organisé à l’automne lors du Congrès des maires, ce rendez-vous exceptionnel vise à « soutenir » et « mobiliser » les élus locaux, que le président qualifie d’« alvéoles du poumon démocratique du pays » et de « trame humaine et vivante de la République ».

Dans son discours, Emmanuel Macron doit saluer leur travail, leur dire qu’il « compte sur eux » et les assurer de son soutien, alors qu’ils sont souvent victimes d’attaques et de violences.

Les maires invités ont été sélectionnés par les préfets. Parmi eux figurent des élus de gauche (dont les nouveaux maires LFI de Roubaix et Saint-Denis, et le socialiste Emmanuel Grégoire à Paris). Aucun maire du Rassemblement national n’apparaît sur la liste consultée par l’AFP, même si l’Élysée assure en avoir invité plusieurs.

L’objectif affiché : réaffirmer le rôle central des maires dans la défense de la démocratie et renforcer le lien entre l’État et les collectivités.


Interview (en anglais) avec Jacob Reynolds, du MCC Brussels sur les élections en Hongrie

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