Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Et s'il n'était pas fou ? Pour Alexis Cossette, Donald Trump n’est pas un président erratique mais un stratège qui déroule méthodiquement son projet d’America First. Son objectif n'aurait en réalité pas changé : mettre fin à la volonté impérialiste des États-Unis, réduire la projection militaire globale, fermer des bases, se désengager du Moyen-Orient pour recentrer la puissance sur l’hémisphère occidental. Dans cette perspective, la soi-disant “fin de l’empire américain” n’est pas un accident, mais la condition du retour à l’État-nation. Comme le résume Cossette, « Trump veut ramener les troupes américaines à la maison et se concentrer sur l’hémisphère occidental ». La politique américaine envers l’Iran s’inscrit, selon lui, dans cette logique. Derrière la façade guerrière – frappes ciblées, discours sur le “changement de régime” – Trump chercherait moins à renverser le pouvoir iranien qu’à le stabiliser en le rendant plus présentable, via un “renouvellement de la garde” plutôt qu’une révolution. L’idée est de rassurer Israël en fabriquant l’image d’un Iran dirigé par des interlocuteurs “raisonnables”, tout en évitant l’enlisement d’une guerre ouverte. Ce calibrage permettrait à Washington de justifier, devant le monde et sa propre opinion, la fermeture de ses bases et le retrait de ses troupes. D’où le constat, pour Cossette, qu’en dépit de ses capacités, « l’Iran n’a coulé aucun navire américain, n’a abattu aucun avion américain », signe selon lui d’une connivence tacite visant la paix de façade qui autorise le départ. Pour que ce retrait soit politiquement possible, Trump doit aussi desserrer l’étreinte israélienne sur la politique américaine. Il ne peut pas affronter frontalement le lobby pro-israélien sans se faire broyer ; il met donc en scène ce qu’Alexis Cossette appelle des « fausses chicanes » avec sa propre galaxie MAGA. Officiellement, Trump reste l’allié fidèle d’Israël, mais dans le même temps, des figures comme Tucker Carlson, Alex Jones, Joe Kent ou Steve Bannon jouent la rupture, la colère et la trahison, en critiquant l’influence israélienne et les guerres menées en son nom. Ces affrontements publics, Alexis Cossette les lit comme une pédagogie politique destinée à découpler, dans l’esprit de la base, les intérêts américains des intérêts israéliens : « Trump a les mains propres, mais sa garde rapprochée mène une stratégie de fausses chicanes pour rééduquer le peuple américain ». C’est là que la question Epstein prend un tout autre sens. Contrairement au récit dominant qui fait de Trump un otage tenu par Netanyahou via ce dossier, Alexis Cossette rappelle que c’est Trump qui a contribué à faire sortir l’affaire de l’ombre, en alertant la police, en exposant Jeffrey Epstein et Hillary Clinton en pleine campagne, puis en promettant de rendre les dossiers publics. Un homme réellement piégé par ce scandale chercherait à l’enterrer, pas à le placer au centre du jeu. D’où l’inversion proposée : le dossier Epstein ne serait pas la laisse d’Israël sur Trump, mais un levier dont Trump dispose contre certains réseaux israéliens liés au chantage d’État. Dans cette optique, il peut se permettre de négocier durement, d’imposer les accords d’Abraham comme compromis et, in fine, d’organiser son désengagement régional. Comme il le formule en creux, « pourquoi braquerait-il les projecteurs sur lui s’il est impliqué là-dedans ? » : si quelqu’un est vraiment tenu par Epstein, ce n’est pas forcément Trump. Une analyse qui tranche avec le récit dominant et offre une perspective nouvelle. |
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