dimanche 5 avril 2026

Là -bas si j'y suis - Pâques des mauvaises nouvelles, pas que… Dimanche 5 avril 2026

 


 Là-bas si j'y suis
 

Pâques des mauvaises nouvelles, pas que…

Oui les œufs sont rares mais les lapins ne se laissent pas abattre.

La preuve : le rassemblement citoyen contre le racisme et les discriminations ce samedi à Saint-Denis (93). L’élection de Bally Bagayoko à la mairie a déchaîné un déferlement raciste sur CNEWS et des flots de haine sur les réseaux. Mais des contre-feux s’allument.

Nous sommes tous des « héritiers de l’immigration », dit le nouveau maire de Saint-Denis. À commencer par les héritiers de l’immigration ouvrière. C’est une longue histoire mal connue, souvent par ceux-là mêmes qui en sont les héritiers et les acteurs. Bien avant l’immigration coloniale, la révolution industrielle a entraîné des migrations d’abord depuis l’intérieur de l’Hexagone, d’Auvergne comme de Bretagne, puis au-delà d’Italie, de Pologne, du Portugal ou d’Arménie à la suite du génocide. Et le cercle s’est agrandi : Tunisie, Maroc, Algérie, Afrique noire et d’autres encore…

Entre les deux guerres, à Lyon, dans le 8e arrondissement, se trouvait le « village nègre ». Un espace misérable où se sont succédé Italiens, Espagnols, Russes, Gitans. Une mémoire entièrement effacée parfois par les migrants eux-mêmes.

À Saint-Denis, il reste encore des traces de la « Petite Espagne », le quartier des immigrés espagnols des années 1930. En 1959, dans un superbe documentaire, Édouard Luntz montrait toute l’âpreté de l’époque.

Plus de 200 000 signatures contre le projet de loi de la députée Caroline Yadan qui a succédé au charmant Meyer Habib. Cette loi veut entériner l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme. Une ficelle usée jusqu’à la corde mais quand même soutenue par Aurore Bergé, Gabriel Attal ou Michel Barnier. C’est un projet purement négationniste qui instrumentalise la mémoire des victimes de la Shoah afin de criminaliser toute critique de la politique de Nétanyahou, lequel vient de faire voter une loi qui permet la condamnation à mort par pendaison réservée aux seuls Palestiniens.

Une autre raison de ne pas mollir : à Paris, la grève des coiffeuses continue au 65 boulevard de Strasbourg. Coiffeuses et manucures, elles sont une quinzaine, précaires, certaines sans papiers, depuis début mars, soutenues par la CGT-Paris. Elles sont victimes d’un racket de leur employeur qui s’apparente à de la traite d’êtres humains.

Dans un genre différent, une nouvelle pas mauvaise non plus pour TotalEnergies. Selon le Financial Times, en quelques semaines TotalEnergies a empoché un petit milliard de dollars grâce à une opération spéculative juste au début de la guerre en Iran en raison de l’explosion du prix des carburants, ce qui a aussi explosé les profits de TotalEnergies et de leurs actionnaires bien-aimés. Pensez à eux et à Monsieur Pouyanné en faisant le plein.

Une autre nouvelle pas que mauvaise : une nouvelle flotille pour Gaza. « Thousand Madleens to Gaza ». 19 voiliers de dix mètres depuis Marseille via Barcelone. Départ samedi 4 avril, direction Gaza. Pourquoi ? « Ne pas laisser ce monde aux fascistes. »

Lors de l’élection du maire de Saint-Denis, la foule scande : « nous sommes tous des enfants de Gaza ! ». Ce que Francesca Albanese décrit comme la « mémoire qui se fait chair vivante ».

Pâques des mauvaises nouvelles donc ! À vous de compléter et de partager dans les commentaires sur Là-bas.

Joyeux Noël !

Daniel Mermet

 
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