jeudi 29 janvier 2026

Arrêtons la marche à la guerre le monde est une poudrière et les fous sont aux commandes !...Jeudi 29 janvier 2026




                     
Petit manuel de compassion sélective à l’usage des bonnes consciences »
C’est toujours le même miracle médiatique.
Les mêmes larmes. Les mêmes visages graves. Les mêmes mots soigneusement choisis.
« Le peuple iranien souffre. La répression est intolérable. Le monde doit réagir. »
Et soudain, comme par enchantement, ces mêmes voix deviennent muettes dès qu’il s’agit de Gaza.
71 000 Palestiniens massacrés. Femmes, enfants, vieillards, journalistes, médecins.
Pas une vague. Pas une mobilisation durable. Pas de plateaux en deuil permanent.
Juste des précisions techniques : contexte, complexité, droit à se défendre.
Il y a donc des morts qui méritent des larmes — et d’autres qui dérangent.
** L’Irak, la Syrie, le Venezuela, Cuba… et maintenant l’Iran
On connaît la séquence par cœur.
Toujours la même fable humanitaire, toujours la même mise en scène :
On étrangle un pays économiquement.
On observe la société s’effondrer.
On appelle cela une « crise interne ».
On applaudit la colère.
On nie toute responsabilité extérieure.
On prépare l’étape suivante.
En Irak, on a pleuré Saddam pour mieux bombarder Bagdad.
En Syrie, on a pleuré le peuple jusqu’au dernier Syrien.
Au Venezuela et à Cuba, on pleure la pauvreté qu’on fabrique méthodiquement.
Et en Iran, on pleure très fort — pendant que les drones de Mossad décollent depuis le sol iranien.
Mais attention : surtout ne pas parler de sanctions, de guerre économique, de services de renseignement, de guerre informationnelle.
Ce serait « complotiste ».
L’orthodoxie médiatique exige une révolte pure, désincarnée, sans contexte, sans acteurs extérieurs, sans stratégie.
** Les larmes comme arme géopolitique
Le plus obscène n’est pas l’indignation.
C’est sa géométrie variable.
Ceux qui sanglotent aujourd’hui sur la répression en Iran :
n’ont jamais pleuré Falloujah,
ont regardé Alep brûler avec fatalisme,
ont relativisé Gaza avec une froideur clinique.
Ils ne défendent pas les peuples.
Ils défendent des récits utiles.
Car reconnaître que l’Iran est soumis depuis des décennies à un blocus américain asphyxiant,
que sa crise économique est en grande partie provoquée,
que des services étrangers opèrent sur son territoire,
que l’escalade militaire est activement encouragée,
👉 ce serait reconnaître que la compassion est devenue un instrument de guerre.
** L’éléphant dans la pièce : la déflagration qui vient
Pendant qu’on joue au théâtre humanitaire, le réel avance.
L’Iran n’est ni l’Irak de 2003, ni la Libye de 2011.
C’est :
un acteur central du Moyen-Orient,
une puissance régionale,
un nœud énergétique, militaire et stratégique mondial.
Une implosion iranienne — ou une intervention américaine « pour sauver le peuple » — ne produira pas une démocratie Instagram.
Elle produira :
** un embrasement régional,
une confrontation directe impliquant Israël, le Golfe, le Liban, la Syrie, l’Irak,
une onde de choc énergétique mondiale,
une instabilité durable bien au-delà du Moyen-Orient.
Mais de cela, on parle peu.
Parce que la guerre vend moins bien quand on en montre le prix réel.
** Conclusion : pleurer juste, ou pleurer utile
Oui, les Iraniens ont le droit de se révolter.
Oui, la répression doit être dénoncée.
Mais ceux qui pleurent aujourd’hui l’Iran après avoir justifié Gaza, ignoré la Syrie et rationalisé l’Irak ne défendent pas la justice.
Ils défendent une hiérarchie des morts.
Une hiérarchie des peuples.
Une hiérarchie des indignations.
Et pendant qu’ils jouent les âmes sensibles sur les plateaux,
ils préparent peut-être la prochaine catastrophe régionale —
au nom, bien sûr, du peuple.
Toujours du peuple.
Mais jamais de tous les peuples.
** Pour les épisodes précédents et suivants, c’est ici 👉 https://www.facebook.com/profile.php?id=1063367617


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