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samedi 24 août 2024

La lettre de Patrick LE HYARIC - samedi 24 août 2024

 

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La Lettre du 24 août 2024
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« Je ne crois pas en Dieu
L’infiniment puissant
Parce que je crois en l‘homme
A son vol en suspens
Et je crois au grand vent
Qui souffle nos mémoires
Au saint du temps présent
A l’issue provisoire
Aux germes du printemps
Aux courbes de l’été
Au regard transparent de l’être aimée » 

Catherine Ribeiro vient de nous quitter 22 septembre1941- 23 août 2024 
 
 
Proche Orient : Les hypocrites à l’œuvre

Les déplacements réguliers des ministres des pays occidentaux, dont ceux du secrétaire d'État américain Antony Blinken au Proche-Orient, s'apparentent à de la comédie politique ou à des somnifères pour l’opinion mondiale. Pendant qu’est répété à l’envie toujours le même chapelet de mots sur la sécurité et de la fin de la guerre, des tonnes de bombes s'abattent sur la population de Gaza.

Cet ignoble déluge de fer et de feu brûle tout sur son passage et allonge sans fin l’horrible liste des morts et des blessés. À ce jour, 80 % du territoire est détruit. Le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas annonce 44 123 morts, tandis que la revue « The Lancet » avec d’autres agences officielles annonce un total de 140 000 tués et 350 000 blessés. Et on ne mesure pas les dégâts irrémédiables que laissent ces massacres et ces destructions sur des milliers d’enfants et d’adolescents traumatisés à jamais.

Au fait, comment doit-on qualifier un gouvernement qui, au prétexte de détruire le Hamas, a tué au moins 2000 nourrissons à Gaza ?

Comment doit-on qualifier un gouvernement qui a fait déverser 70 000 tonnes de bombes sur une bande de terre, véritable prison à ciel ouvert, dont la longueur n’excède pas 50 km et la largeur 10 km ?

Oui, 70 000 tonnes de bombes.

Comment, dans nos chancelleries, peut-on rester plus longtemps insensible à la longue chronique des horreurs perpétrées par un État bombardant sans discernement des lieux d’humanité tels les écoles et les hôpitaux ?

Le pouvoir israélien ne peut perpétrer ce carnage qu’avec le silence, la complicité et l’appui des puissances occidentales. Elles savent certes mimer l’émotion, avec des trémolos dans la voix pour répéter tel un mantra la « solution à deux États », sans jamais rien faire pour qu’elle advienne. Plus hypocrites encore, ceux qui chuchotent, qu’ils reconnaîtront l’État palestinien « en temps voulu ».

Quel est ce temps ? Et voulu par qui ? Puisqu’ils n’ignorent pas que le parlement israélien a voté, le 18 juillet dernier, un texte ou il est écrit, en violation du droit international : « Israël s’opposera à la création d’un État Palestinien à l’ouest du Jourdain ».

Alors ? Pour inverser les logiques colonisatrices et guerrières actuelles et pour refonder les bases d’une nouvelle négociation à partir du droit international sous garantie des Nations Unis, une stratégie nouvelle doit être mise en œuvre : reconnaître dès maintenant l’État palestinien. C’est le moment de la reconnaissance. Il y a urgence. Les actions pour que les institutions françaises reconnaissent un État pour les Palestiniens doivent s’amplifier. Elles doivent d’un même pas, pousser les institutions européennes à prendre des initiatives en faveur d’un cessez-le-feu et de l’arrêt de la colonisation de la Cisjordanie.

Dans cette aire, ces derniers mois, plus de 600 Palestiniens ont été tués par des colons sous l’œil bienveillant de la police et de l’armée israélienne. Selon l’association Peace-Now, la surface des terres volées par les colons depuis le début du mandat de ce gouvernement israélien est trois fois supérieure à celle des trois décennies précédentes. Le nombre d’avant-postes de colonies en préparation a augmenté d’un quart ces derniers mois.

La preuve de l’hypocrisie vient encore d’être administrée ces jours derniers où simultanément le pouvoir américain dirigé par les démocrates, décide de fournir 50 avions de type F15 au gouvernement israélien et missionne Antony Blinken pour un déplacement diplomatique en Israël et dans plusieurs capitales arabes prétendument pour rechercher une solution de paix.

S’intéresser à cette mission revient à dévoiler la duplicité du pouvoir nord-américain. Le secrétaire d’État américain organise des discussions non pas sur le plan présenté par M. Biden au début du mois de juin dernier. Ce plan en trois phases approuvé par le conseil de sécurité de l’ONU visait sans attendre, un cessez-le-feu temporaire et la libération d’un certain nombre d’otages israéliens et de prisonniers palestiniens.

Puis, dans une seconde phase, il était prévu la libération de tous les otages et d’un autre groupe de prisonniers palestiniens dans lequel figurait le nom de Marwan Barghouti, le retrait complet de l’armée israélienne de l’enclave palestinienne et une cessation permanente des hostilités. La troisième phase, enfin, décrivait les modalités de reconstruction de tout le territoire de Gaza.

Ce plan n’était-il que de la poudre aux yeux pour rassurer la jeunesse américaine qui réclame actions après actions la fin du carnage à Gaza avec les munitions de leur pays ? Toujours est-il que le Premier ministre israélien a présenté en juillet une sorte de contre-plan. Celui-ci n’a pas été approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Non seulement, il n’y est pas question de cessez-le-feu permanent, mais il prévoit qu’à tout moment Israël peut reprendre les hostilités et continuer à occuper militairement une grande partie de l’enclave palestinienne notamment entre la frontière de l’Egypte et la bande de Gaza en contradiction avec les accords du Caire, et le maintien d’Est en Ouest d’une large bande de terre coupant de facto en deux parties la bande de Gaza.

Or, qu’a fait la Maison-Blanche ? Elle n’a pas engagé la discussion à partir du plan Biden, mais en reprenant mot pour mot celui de Netanyahou pendant que ce dernier multiplie les offensives terrestres et aériennes sur les villes de Khan Younès, Nousseirat et Deir el Balah. On apprend depuis par le journal Israélien Haaretz que cette hypocrite stratégie a été arrangé d’un commun accord entre dirigeants américains et Israéliens.

Autrement dit, les Américains s’alignent sur les conditions du gouvernement d’ultra-droite fascisante israélien particulièrement sur le rejet d’un cessez le feu permanent, le retrait complet de Gaza et sur le contenu de l’échange de prisonniers pour éviter la libération de parlementaires et de responsables politiques, dont Marwan Barghouti. Bref tout a été organisé pour préparer un échec diplomatique, qui permettra de justifier la poursuite du carnage à Gaza. Par la même occasion il s’agit d’une mesure de protection pour le gouvernement d’extrême droite Israélienne menacé par la justice de leur pays et la justice internationale. Peut-être, est-ce aussi le moyen de valoriser le Hamas contre l’autorité Palestinienne et l’organisation de libération de la Palestine. Une stratégie qui justifie tout et qui écrase un peu plus un peuple entier : Le peuple Palestinien. Mieux encore ! On apprend que plusieurs pays occidentaux dont la France font pression sur la cour pénale internationale pour empêcher la délivrance d’un mandat d’arrêt contre Netanyahou et Galant. Ah, qu’ils sont beau ces défenseurs de la démocratie et de la paix !

Le double langage des dirigeants américains, inquiets pour leurs intérêts dans la région après les violations de souveraineté dont l’assassinat à Téhéran du chef politique du Hamas, et de l’un de ceux du Hezbollah à Beyrouth, véritables mèches d’une conflagration régionale, les perdra.

C’est un comble qu’un gouvernement démocrate que certains qualifient de « gauche » puisse à ce point soutenir un pouvoir suprémaciste et fascisant à Tel-Aviv. Seule la haine des Arabes, les intérêts géopolitiques et celles de grandes firmes capitalistes de l’énergie, du transport de marchandises et profiteuse de la colonisation, peuvent expliquer l’impunité accordée au pouvoir israélien.

Dès lors que les États-Unis décideraient de cesser les livraisons d’armes au pouvoir israélien, que l'Union européenne mettrait fin à l’accord d’association qui la lie à Israël, les dirigeants de Tel-Aviv seraient contraint de revoir leur stratégie mortifère, néfaste aussi à la société israélienne, tout en la plaçant dans une insécurité toujours plus grande. À l’image des jeunes démocrates et d’une large partie de la jeunesse juive aux États-Unis, le mouvement mondial pour faire respecter le droit international doit se faire entendre avec plus de vigueur et de détermination encore. Paix, justice, décolonisation, un État pour les Palestiniens comme pour les Israéliens, voilà ce qui devrait guider les diplomaties occidentales.
 
 
 
Depuis plus de dix mois, tous les jours à Gaza, des vieillards, des femmes, des enfants, des hommes sont sciemment visés et tués. L'occupant attaque les écoles, les hôpitaux, les campements de réfugiés. Il s'acharne sur les médecins, les journalistes, les athlètes. Il organise la famine. L'occupant torture les prisonniers comme l'a démontré le rapport de B'Tselem.
 
Depuis des mois, des centaines de milliers de Gazaouis survivent sous la tente dans les pires conditions, avec une absence d'hygiène qui favorise les épidémies.

Le monde sait et les dirigeants se taisent. Certains se disent « préoccupés » mais, collectivement, ils laissent le gouvernement d'extrême droite au pouvoir en Israël détruire chaque jour un peu plus le droit international. Pire, ils continuent de fournir armes et munitions aux génocidaires. Les États-Unis viennent de renouveler leur financement de milliards de dollars à Israël pour des armes et de l'équipement militaire.
La décision qui s'impose, sanctionner fortement cet État qui commet les pires crimes en toute impunité, n'est toujours pas prise.
 
Nous, Juives et Juifs, parce que le crime se commet en notre nom, parce que nous refusons d'être complices de ce crime atroce, parce que nous refusons que l'antisémitisme (qui est notre histoire intime) soit utilisé pour justifier l'horreur,
Nous appelons à la solidarité concrète avec la population de Gaza martyrisée,
Nous appelons à exiger le cessez-le-feu et l'arrêt de cette tuerie,
Nous appelons tous les pays à sanctionner l'État d'Israël,
Nous appelons au jugement des criminels de guerre et de leurs complices.
 
Premiers signataires
Simon Assoun (Tsedek, France)
Ariella Azoulay (essayiste et photographe, États-Unis, Israël)
Etienne Balibar (philosophe, France)
Michel Benizri (comédien, France)
Manon Boltansky (NPA, France)
Rony Brauman (médecin, France)
Eitan Bronstein (De-colonizer, Belgique/Israël)
Éléonore Bronstein (De-colonizer, Belgique/Israël)
Judith Butler (philosophe, États-Unis)
Zohar Chamberlain Regev (Flottille de la liberté, Israël)
Shelley Cohen Fudge (JVP, États-Unis)
Laurent Cohen Medina (traducteur, Espagne)
Liliana Cordova-Kaczerginski (IJAN, Espagne)
Hilla Dayan (sociologue, Israël, Pays-Bas)
Sonia Fayman (UJFP, France)
Dror Feiler (EJJP, Suède)
Gabriel Hagaï (rabbin, France)
Shir Hever (économiste, Allemagne/Israël)
Carolyn Karcher (professeur, JVP, États-Unis)
Pierre Khalfa (syndicaliste, France)
Daniel Kupferstein (cinéaste, France)
Déborah Leter (Tsedek, France)
Jean-Marc Lévy-Leblond (physicien, France)
Gus Massiah (CRID, France)
Béatrice Orès (UJFP, France)
Ilan Pappé (historien, Israël)
Nurit Peled-Elhanan (professeur, Israël)
Donald Pelles (JVP, États Unis)
Fanny-Michaela Reisin (professeur, Allemagne)
Yakov Rabkin (professeur, Canada)
Catherine Samary (chercheure, France)
Jérôme Segal (maître de conférences, France)
Yonatan Shapira (ancien pilote, Israël)
Michèle Sibony (UJFP, France)
Eyal Sivan (cinéaste, essayiste, France/Israël)
Pierre Stambul (UJFP, France)
Michel Staszewski (professeur, Belgique)
Marcelo Svirsky (professeur, Argentine et Australie)
Lea Tsemel (avocate, Israël)
Dominique Vidal (journaliste, France)
Richard Wagman (UJFP, France)
Michel Warschawski (journaliste et militant, Israël)
 
 
En vous souhaitant une bonne semaine, je vous adresse mes amicales salutations.
 
Patrick Le Hyaric
 
 
 
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L'Humanité - Patrick Le Hyaric
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