Départ d’Édouard Philippe: «Écarter un premier ministre populaire est un classique de la Ve République»

FIGAROVOX/TRIBUNE - À deux reprises par le passé, sous Pompidou puis sous Mitterrand, des premiers ministres soupçonnés de faire de l’ombre au chef de l’État ont été écartés. Le départ d’Édouard Philippe et la nomination de Jean Castex confirment cette tradition historique, analyse l’historien et essayiste Maxime Tandonnet.
Ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, essayiste, historien et contributeur régulier du FigaroVox, Maxime Tandonnet a notamment publié André Tardieu. L’incompris (Perrin, 2019).
Dans la Ve République, le changement de premier ministre est toujours un événement politique. Le départ d’Édouard Philippe correspond à un cas de figure particulier: celui du président de la République écartant de Matignon un chef de gouvernement dont la cote de popularité fait concurrence à la sienne ou la dépasse.
Deux exemples viennent à l’esprit. Le 5 juillet 1972, Georges Pompidou limoge Jacques Chaban Delmas. Il reproche à ce dernier le succès, au Parlement comme dans l’opinion, de son discours sur la «nouvelle société». Il nomme à sa place Pierre Messmer, un fidèle, dont l’austérité contraste avec la flamboyance de son prédécesseur. Et le 16 mai 1991, François Mitterrand demande à Michel Rocard, premier ministre populaire, créateur du RMI (l’ancien RSA) de lui remettre sa démission. Sa succession donne lieu à un coup politique: la nomination, avec Édith Cresson, de la première femme chef de gouvernement de l’histoire de France… Victime de ses maladresses et de manœuvres de déstabilisation des «éléphants» du parti socialiste, elle doit jeter l’éponge un an plus tard.
Dans ces deux cas de figure, le président de la République reprochait au premier ministre de soigner sa popularité plutôt que de s’exposer, d’accomplir et d’assumer des réformes difficiles et de protéger le prestige de l’Élysée. Cette inversion des valeurs - un premier ministre plus populaire que le chef de l’État - était considérée comme le signe d’une dérive de (...) Lire la suite sur Figaro.fr
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