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mercredi 16 octobre 2019

Dans un documentaire, Sophia Chikirou prend la défense de Jean-Luc Mélenchon et dénonce le « lawfare » le 16.10.2019

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Dans un documentaire, Sophia Chikirou prend la défense de Jean-Luc Mélenchon et dénonce le « lawfare »


L’ex-directrice de la communication du leader « insoumis » revient sur les origines de ce concept qui signifie l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Par   Publié aujourd’hui à 22h06 - Mis à jour le 17 octobre 2019 à 00h02

On n’est jamais mieux servis que par soi-même. Cet adage se vérifie aussi en politique. Dans un documentaire d’un peu plus d’une heure, Sophia Chikirou entend décrypter le mécanisme du « lawfare » dont seraient victimes Jean-Luc Mélenchon, ses équipes (dont elle a fait partie), son mouvement La France insoumise (LFI) et, plus largement, la gauche de contestation. Intitulé Lawfare : le cas Mélenchon, le film a été présenté mercredi 16 octobre en avant-première au Nez rouge (le bateau-théâtre parisien de l’humoriste Gérald Dahan), où étaient notamment conviés plusieurs journalistes – sauf L’Obs et Mediapart, qui n’étaient pas invités.
Ce film d’une heure dix, que l’ancienne directrice de la communication du leader « insoumis » coréalise avec Jean-Marie Vaude, revient sur les origines de ce concept qui a vu le jour en Amérique du Sud. Comprendre : l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir contre les opposants avec un triangle justice/exécutif/médias. Selon ce documentaire, le « lawfare » est un outil de plus dans l’appareil répressif de l’Etat, qui chercherait à museler toutes les contestations. Dans ce schéma, l’exécutif est le donneur d’ordre. Les journalistes aux ordres seraient les complices. La justice, elle, est désignée comme l’exécutante des basses œuvres.

« Film engagé »

Ce n’est pas un hasard si l’avant-première a eu lieu le 16 octobre. Il y a un an jour pour jour se déroulaient une quinzaine de perquisitions au siège du Parti de gauche, celui de LFI et au domicile de Jean-Luc Mélenchon. Le film revient donc longuement sur l’origine de ces perquisitions, à savoir : deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Paris. La première concerne l’emploi d’assistants parlementaires européens, l’autre fait suite à un signalement du président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) visant ceux de la présidentielle 2017, soupçonnés d’irrégularité. Dans ce dossier, la société de Mme Chikirou, Mediascop, est soupçonnée de « surfacturation », ce qu’elle a, une nouvelle fois, nié farouchement. « Mon honneur a été bafoué. Je suis innocente. Il n’y a eu ni surfacturation, ni enrichissement personnel, ni détournement de fonds publics », a-t-elle ainsi lancé.


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Ces perquisitions mouvementées sont restées dans les mémoires : c’est ce jour-là que Jean-Luc Mélenchon s’est emporté contre un magistrat et des policiers criant, entre autres, « la République, c’est moi ! » Lui et cinq de ses proches ont ainsi comparu, fin septembre, devant le tribunal correctionnel de Bobigny, pour actes d’intimidation envers l’autorité judiciaire, rébellion et provocation.
Sophia Chikirou ne s’en cache pas : son premier film, auquel elle pense depuis près d’un an, est « un film engagé ». Elle ne veut pas se placer dans une « perspective journalistique » mais dans une « volonté de faire connaître le “lawfare” pour le combattre ». Elle précise néanmoins que « toutes les informations ont été vérifiées » et que celles qui ne l’étaient pas n’ont pas été retenues. Lawfare : le cas Mélenchon n’est pas exempt de certains défauts et maladresses propres aux œuvres militantes. Un seul point de vue est développé (outre Jean-Luc Mélenchon, les intervenants sont des proches ou des acteurs du mouvement social) et certains amalgames sont un peu rapides.


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Critique sévère des médias

Si une bonne partie de la démonstration entend ainsi prouver les liens quasi organiques entre la justice et le pouvoir exécutif – en faisant systématiquement une analogie avec la situation au Brésil, en Equateur ou en Argentine –, une critique sévère des médias est également présente. Mais, assure Mme Chikirou, l’objet n’était pas « de faire le procès des médias », ni de « régler des comptes ». Pourtant, le journaliste qui dirige la cellule investigation de Radio France, Sylvain Tronchet, est vertement critiqué. Ce dernier avait rédigé une série d’articles sur Mediascop.
Une chose est sûre : Mme Chikirou, qui est également chroniqueuse sur BFM-TV, veut désormais se consacrer à la production audiovisuelle. Mediascop est ainsi devenue L’Internationale média, qui produit son documentaire. Elle gardera une petite activité de conseillère en communication mais « qui ne passera pas par cette entreprise », assure-t-elle.
Pour l’instant, une vingtaine d’avant-premières militantes sont prévues avant une diffusion éventuelle sur Internet, voire sur une chaîne ou des plates-formes de diffusion à la demande. Des distributeurs sont aussi démarchés. Une télévision colombienne et une autre, mexicaine, seraient également intéressées.


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