Lu dans le DL du 12.06.2019
ÉDITO
Gilles DEBERNARDI
Au Mali, de mal en pis
Un des rares survivants raconte : « Ils ont brûlé vif les
habitants dans leurs maisons ».
On a pensé, un instant,
que la dépêche évoquait les horreurs nazies d’Oradoursur-Glane à l’heure du 75e
anniversaire.
Mais c’est en
Afrique, cette fois, que l’innommable se produit.
Au
Mali, plus exactement, où François Hollande, en 2013,
disait avoir vécu « le plus beau jour de sa vie politique ».
On avait réussi à stopper l’avancée des forces de Daech
sur Bamako.
Chacun pouvait croire, alors, au retour tant
espéré de la paix.
Six ans plus tard, nos soldats sont
toujours là-bas, embourbés ou presque, et le sang continue de couler.
Un village dogon, dans le centre du pays, a donc été
entièrement rasé puis incendié. 95 civils assassinés, au
moins.
Les assaillants, pris d’une rage démentielle, ont
trucidé hommes, femmes, enfants et même les animaux.
Un coup des « terroristes » descendus du nord ?
Pas si
simple.
Ce drame fait écho au massacre, en mars dernier,
de 160 Peuls par une probable milice de Dogons.
Les
premiers détestent les seconds, et vice-versa.
Tout semble indiquer, rapports alarmistes de l’ONU à l’appui,
qu’une guerre civile couve.
Le gouvernement, en totale
déliquescence, se montre incapable d’enrayer le jeu
prévisible des représailles réciproques.
L’armée française, qui s’épuise à combattre les irréductibles djihadistes
du Sahel, n’a pas vocation à gérer des conflits inter-ethniques.
La solution, de toute évidence, ne viendra pas de
l’étranger. S’il veut éviter une issue “à la rwandaise”,
l’État malien se voit pressé de vite réagir, en engageant le
dialogue national.
Rien n’empêchera, sinon, le pire d’advenir.
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