
Chère lectrice, cher lecteur,
«Donald Trump en rêvait, le Times l’a fait.» La décision du New York Times de renoncer aux caricatures politiques à partir du 1er juillet provoque un déluge de réactions, dont celle de Plantu, le dessinateur du Monde, qui fait ce constat ironique et amer.
En une du Temps, ce jour, vous retrouverez exceptionnellement un document: la version française du manifeste de Chappatte, collaborateur de longue date du NYT. «Si les dessins de presse sont une cible de choix, c’est en raison de leur nature et de leur visibilité, écrit-il. Ils condensent une opinion, ce sont des raccourcis visuels qui ont une capacité sans pareil à frapper les esprits. C’est leur force, et leur faiblesse. Mais je crois que les dessins sont surtout un révélateur. Souvent, la véritable cible, derrière la caricature, c’est le média qui l’a publiée.» Et le dessinateur d’observer, dans une interview dans nos pages: «Le NYT est un étalon auquel les médias se réfèrent. Et il est aujourd’hui un bien triste exemple.»
De son côté, James Bennet, le responsable de la section Opinions du quotidien new-yorkais, précise, dans une déclaration écrite, que la décision était en gestation avant la polémique provoquée par la publication du dessin du Portugais Antonio Moreira Antunes: «Cela fait plus d’un an que nous envisageons d’aligner l’édition internationale sur la version nationale en mettant fin aux caricatures politiques quotidiennes.» Notre correspondante aux Etats-Unis revient sur la frilosité dont la presse américaine a toujours fait preuve à l’égard des caricatures. Reste que la situation aujourd’hui s’aggrave: plusieurs cartoonistes ont été victimes de censure pour n’avoir pas ménagé Donald Trump.
– Eléonore Sulser, rédactrice en chef adjointe
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