lu dans le DL du 25.07.2018
LE BILLET
PAR ANTOINE CHANDELLIER
Affaire d’État
ou feuilleton de l’été ?
Quand l’inspiration de la fiction se tarit, les scénaristes savent combien la
réalité peut apporter de l’eau à leur moulin.
À la télé, le genre est tombé en
désuétude voilà qu’il resurgit dans notre vie politique.
Version sang sur les
murs plus que roucoulades sous les oliviers, on ne sait si la crise qui traverse
le pouvoir relève de l’affaire d’État mais elle fait un sacré bon feuilleton de
l’été.
Ministres et grands commis sur la sellette, chaque jour apporte son lot
d’embarras sous les ors d’une république monarchique propice aux intrigues.
Et lève un peu plus le voile sur le personnage central de ce ramdam.
Dans la veine anti-héros que l’on adore détester, sur lequel opinion et
journalistes s’en donnent à cœur joie, depuis JR et Dallas on avait rarement
trouvé pareil acteur.
Inutile d’écrire son nom.
Sa mine chafouine s’affiche
partout, en allumant ordinateurs ou téléviseurs.
Froome pourrait se faire renverser dans le Tourmalet que le rond de
lumière ne quitterait pas cet homme de l’ombre découvert pour avoir voulu
briller en haut lieu, démasqué par des manières de voyou.
Tout, on saura tout
sur le Rastignac de la garde rapprochée, un parvenu à l’Élysée.
Pourquoi
avait-il les clés des Macron au Touquet ?
Dans quelle pochette-surprise a-t-il
décroché son grade d’officier et son permis de port d’arme ?
Et son master
2 de droit, n’est-il pas un peu en carton, comme ce titre usurpé d’adjoint au
chef de cabinet ?
En tout cas, les frasques du faussaire de la sécurité infiltré
dans les hautes sphères parviennent même à freiner l’allure des marcheurs,
contraints de repousser la réforme de la constitution.
Quel diable d’homme !
S’il existait un 7 d’or de l’esbroufe, Alexandre Benalla serait sans rival.
Quant
à ceux qui l’ont promu, on ne voit guère quelle palme leur réserver à part
celle de la naïveté. Denrée déconseillée pour durer au pouvoir.
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