
Chère lectrice, cher lecteur,
Il y a le rejet, le jugement, les moqueries de préau. Plus tard, la sexualisation d’un corps «d’Africaine» qui lui donne des complexes, au point qu’Odile se prend à rêver de la silhouette et des cheveux lisses de Barbie. Et puis les «blagues» entre amis… C’est ainsi qu’Odile raconte sa rentrée des classes. Elle a 5 ans lorsque, à peine arrivée du Rwanda avec sa famille, elle intègre l’établissement primaire d’un village en campagne vaudoise. A 5 ans, la petite fille prend conscience, dans le regard des autres, de la couleur de sa peau.
Voici un nouvel épisode de Brise Glace, qui dit le racisme invisible. Celui qui ne fait pas de bruit, ne sort pas les poings mais qui existe encore bel et bien en Suisse et imprègne ceux qui en sont la cible. A 32 ans aujourd’hui, Odile ne veut pas se victimiser, ni dramatiser. Mais elle nous raconte, avec bienveillance et spontanéité, comment elle s’est façonnée dans une société qui fait encore de la différence un handicap. Jusqu’à accepter, et célébrer, son métissage. A écouter sur le site du Temps.
– Virginie Nussbaum, journaliste culture et co-productrice de «Brise Glace»
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