Lu dans le DL du 5.04.2018
LE BILLET
PAR GILLES DEBERNARDI
Nordahl Lelandais,
une occasion ratée
À l’été 2017, lui reprochant des infidélités à répétition, Karine (1) quitte son
compagnon.
Elle a 38 ans, et aucune intention de se laisser bafouer.
Mais
son « ex » insiste de manière inquiétante.
Il la gifle une fois, l’abreuve de
menaces, brandit un taille-haie sous son nez, puis tente de la renverser en
voiture.
Le délicat personnage postera aussi sur internet une vidéo de leurs
ébats sexuels.
La grande classe.
Comment réagir dans un cas pareil ?
Même si le hashtag “BalanceTonPorc”
n’existe pas encore, les recommandations des pouvoirs publics sont
claires.
Il convient d’aller vite se confier aux gendarmes, seul moyen légal
de retrouver la paix.
C’est ce qu’a fait la jeune femme, non sans courage au
regard des pressions subies.
La plainte qu’elle dépose, malheureusement,
n’aura aucun effet instantané.
On a le droit de s’étonner un peu.
D’autant
que le suspect, naguère condamné à de la prison pour « incendie
volontaire », n’a pas le profil d’un agneau.
Ni la plaignante celui d’une
affabulatrice.
Moyennant quoi, rien ne se passe.
La qualification retenue
par le parquet de Chambéry, « mise en danger de la vie d’autrui avec risque
immédiat de mort », semblait pourtant indiquer une certaine urgence.
La
suite va le prouver, hélas !
Le présumé « harceleur » s’appelle Nordahl
Lelandais, déjà meurtrier du caporal Noyer.
Un mois plus tard, il enlèvera la
petite Maëlys à Pont-de-Beauvoisin avant de la tuer.
Certes, il paraît toujours facile de réécrire l’Histoire après coup. Rien
n’indique ici que la procédure, en dépit de sa lenteur, ait souffert d’une
faute quelconque.
Reste qu’elle vient raviver, avec le recul, les douloureux
regrets de Karine… et peut-être de la justice.
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