mercredi 4 avril 2018

Les Crises.fr - “L’Initiative pour la fiabilité de l’information” : progrès déontologique ou futur outil de censure ?

https://www.les-crises.fr


                                      Les Crises - Des images pour comprendre

4
Avr
2018

“L’Initiative pour la fiabilité de l’information” : progrès déontologique ou futur outil de censure ?


De nouveau, une initiative dans le style Décodex qui, semblant pavée de bonnes intentions, porte aussi potentiellement en elle les germes d’une inquiétante forme de censure. Il faudra rester très vigilant.
C’est principalement dû au soutien de Google, qui, comme Facebook, est une société d’espionnage des données individuelles qui se transforme de plus en plus en Big Brother décidant ce que les gens doivent voir et ne pas voir, sans le moindre contrôle politique et citoyen.
La censure du XXIe siècle ne consistera pas à fermer des sites (trop voyant), mais à les noyer dans la masse, les faisant passer de la première page de résultats Google à la 8e, que personne ne lira jamais. Efficacité totale, et impossibilité de critiquer ces choix discrétionnaires d’une entreprise privée.
De plus, il est comique de voir les plus gros diffuseurs historiques de Fake News (Timisoara, Couveuses de la Guerre du Golfe, Bosnie, Fantastiques promesses de l’euro, Armes de Destruction Massive, Massacres en Libye, Syrie… Pour ne pas parler des petites du quotidien, ni de leur proverbial manque de pugnacité face au Pouvoir #Skripal) se poser en modèles de vertu.

Enfin, toute velléité de “respect des règles déontologiques” est évidemment une plaisanterie si elle n’est pas accompagnée de sanctions tant pour le journaliste que pour son employeur.

RSF et ses partenaires dévoilent la “Journalism Trust Initiative (JTI)”, un dispositif innovant contre la désinformation

Rsf.org, 3/4/2018

Un dispositif d’autorégulation des médias visant à lutter contre la désinformation en ligne, la Journalism Trust Initiative (JTI), vient d’être lancé par Reporters sans frontières (RSF) et ses partenaires, l’Agence France-Presse (AFP), l’Union européenne de radio-télévision (UER) et le Global Editors Network (GEN).
Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, la directrice de l’information de l’Agence France-Presse (AFP), Michèle Léridon, le directeur général de l’Union européenne de radio-télévision (UER), Noël Curran, et le président du Global Editors Network (GEN), Peter Bale (par vidéo), ont annoncé lors d’une conférence de presse organisée le 3 avril 2018 à Paris le lancement d’une initiative d’autorégulation innovante, la Journalism Trust Initiative (JTI), que l’on peut traduire en français par Initiative pour la fiabilité de l’information, qui vise à favoriser le respect des processus de production journalistique et à donner des avantages concrets à ceux qui les mettent en oeuvre.
Dans le nouveau système de l’espace public, les informations fausses circulent plus vite que les vraies : la défense du journalisme suppose de renverser la logique en donnant un avantage réel à tous ceux qui produisent des informations de manière fiable, quel que soit leur statut”, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.
La Journalism Trust Initiative consiste à créer un référentiel pour le journalisme sous la forme d’indicateurs sur la transparence des médias, l’indépendance éditoriale, la mise en oeuvre de méthodes journalistiques et le respect des règles déontologiques. Ces normes (ou “standards”) seront établies dans le cadre d’un processus concerté sous l’égide du Comité européen de normalisation (CEN), ouvert à compter du 3 avril 2018 aux acteurs concernés du secteur : médias, associations et syndicats professionnels, instances d’autorégulation comme les conseils de presse et les organismes de réglementation, ainsi que plateformes numériques, annonceurs et représentants des intérêts des consommateurs. Ces normes sont destinées à devenir une référence en matière d’autorégulation des médias et de bonnes pratiques pour tous ceux qui produisent des contenus journalistiques, qu’il s’agisse de blogueurs ou de groupes de médias internationaux. L’adoption des règles ouvrira la voie à un processus de certification.
“Nous avons conçu un dispositif d’autorégulation fondé sur une analyse globale du champ de l’information, qui permet de relier les aspects déontologiques aux questions économiques. Nous croyons profondément que notre initiative contribuera à favoriser l’intégrité du débat public en garantissant le pluralisme le plus large”, a ajouté Christophe Deloire.
Des avantages pourront ainsi être attachés à la qualité et à l’indépendance du journalisme à travers une distribution et un traitement privilégiés par les algorithmes des moteurs de recherche et des réseaux sociaux, avec pour résultat une meilleure visibilité, une plus grande portée et de plus importantes recettes publicitaires. Des représentants des annonceurs, soucieux d’établir une “liste blanche” de médias auxquels associer leur image, ont par ailleurs affirmé leur intérêt pour l’initiative, qui pourrait leur fournir des critères pour affecter leurs dépenses publicitaires. Le dispositif pourrait aussi servir de référence pour les aides publiques à la presse, offrant ainsi aux médias des sources de financement complémentaires. Il pourra être utilisé par des organes de régulation et servir de base à un label des médias de confiance.
« L’AFP, agence de presse mondiale et multimédia dont la mission est de fournir “une information exacte, impartiale et digne de confiance”, place le combat contre la prolifération des manipulations et fausses informations au cœur de sa mission, souligne la directrice de l’information de l’Agence France-Presse Michèle Léridon. Leader du projet CrossCheck qui a permis à une quinzaine de médias de lutter contre la désinformation avant l’élection présidentielle française, partenaire de différents projets contre les “fake news”, membre du groupe d’experts de l’Union européenne sur la désinformation, l’AFP se félicite de participer au programme Journalism Trust Initiative pour la défense d’une information fiable et de qualité. »
« Alors que le prochain Règlement général européen relatif à la protection des données (RGPD) est prêt à montrer au monde entier l’unité des Européens en matière de protection de la vie privée, cette initiative de RSF est plus que bienvenue, a déclaré Bertrand Pecquerie, directeur général du GEN. Il est évident que nous avons besoin d’une plus grande transparence sur les fournisseurs de contenu, et nous nous accordons sur le fait qu’une référence volontaire et autorégulatrice pour l’ensemble des sources de contenu journalistique constitue une partie de la solution. Le Global Editors Network est prêt à participer – avec d’autres organisations de presse – à la discussion ouverte par la Journalism Trust Initiative »
Le directeur général de l’UER, Noel Curran, a ajouté : “L’UER estime que la présence en ligne d’organisations de médias de service public est essentielle pour soutenir une citoyenneté informée et représente un outil essentiel pour lutter contre la propagation de fausses nouvelles. Un journalisme digne de confiance et de qualité est la marque des médias de service public et l’UER soutient pleinement cette initiative qui aidera le public à identifier des sources fiables et à soutenir un journalisme de qualité.”
Le Groupe de travail du CEN sera présidé par Claudio Cappon, ancien directeur général du radiodiffuseur public italien RAI, tandis qu’Olaf Steenfadt, ancien journaliste des chaînes allemandes ARD et ZDF, représentera RSF. Le “Plan de projet” publié aujourd’hui sur le site Web du CEN est dès aujourd’hui soumis aux commentaires et à l’approbation de tous les groupes concernés. Ceux qui soutiendront le document seront ensuite appelés à collaborer pendant une période de 12 à 18 mois, afin d’élaborer les indicateurs, et ce sous l’égide de l’organisme français de normalisation, l’Association française de normalisation (AFNOR), et de son équivalent allemand, le Deutsches Institut für Normung (DIN).
La Fédération européenne des journalistes (FEJ), associée aux réflexions, a formulé des propositions qui ont été prises en compte. Dès septembre 2017, RSF organisait à Bruxelles une consultation préparatoire avec, outre les partenaires, l’Ethical Journalism Network (EJN), la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ), les médias publics néerlandais (NPO/KRO-NCRV), la chaîne allemande ARD, la European Magazine Media Association, RTL Group, l’Association des télévisions commerciales en européennes (ACTE), la European Newspaper Publishers’ Association, EMMA/ENPA, News Media Europe (NME), l’Association mondiale des journaux (WAN-IFRA), la European Association of Communication Agencies, le Center for Media, Data and Society (CMDS) à la Central European University (CEU) de Budapest, l’Observatoire de la Déontologie de l’Information (ODI), le World Economic Forum (WEF) et le Bureau du Haut représentant de l’OSCE pour la liberté des médias. En février 2017, une réunion de travail était également organisée à Oxford à l’initiative du Reuters Institute for the Study of Journalism.
Le leader des moteurs de recherche, la société américaine Google, a fait savoir à RSF avoir pris la décision de participer au processus JTI.
« Nous soutenons et encourageons pleinement les initiatives qui garantissent aux marques des environnements numériques sûrs et dignes de confiance. Nous saluons les programmes qui, comme celui-ci, tendent vers plus de transparence, et nous sommes impatients de suivre son évolution »,affirme par ailleurs dans une déclaration à RSF Stephan Loerke, le PDG de la Fédération mondiale des annonceurs (FMA).
Reporters Sans Frontières (RSF) est une organisation internationale non-gouvernementale de défense du journalisme. Reconnue d’utilité publique en France, RSF bénéficie d’un statut consultatif à l’ONU, à l’Unesco, au Conseil de l’Europe et à l’Organisation internationale de la francophonie. Le siège à Paris travaille avec des bureaux à Londres, Washington, Rio, Tunis et Taipei, des sections en Allemagne, Autriche, Espagne, Finlande, Suède, Suisse et des correspondants dans 130 pays .
L’Agence France-Presse (AFP) est une agence d’information mondiale fournissant une couverture rapide, vérifiée et complète en vidéo, texte, photo, multimédia et infographie des événements qui font l’actualité internationale. Des guerres et conflits à la politique, à l’économie, au sport, au spectacle jusqu’aux grands développements en matière de santé, de sciences ou de technologie.
Le Global Editors Network (GEN) est la principale organisation qui encourage l’innovation dans les médias pour les éditeurs de toutes les plateformes – imprimées, numériques, mobiles ou diffusées -. GEN est une communauté de plus de 4 000 rédacteurs en chef et innovateurs médiatiques engagés dans le journalisme durable à travers une variété de programmes conçus pour inspirer, se connecter et partager. C’est une association non gouvernementale à but non lucratif.
L’Union Européenne de Radio-Télévision (UER) est la plus grande alliance de médias de service public (MSP) dans le monde. Nous comptons 73 Membres dans 56 pays, ainsi que 33 Affiliés en Asie, en Afrique et sur le continent américain. Nos membres exploitent environ 2000 services – télévision, radio et service en ligne – dans plus de 120 langues à l’intention d’un public potentiel de plus d’un milliard de personnes. Parmi nos activités figurent l’Eurovision et l’Euroradio.
Rsf.org, 3/4/2018
Mieux vaut en rire…
Mieux vaut en rire…


Bonus 1 : “La face cachée de Reporters sans frontières : De la CIA aux faucons du Pentagone”

Voici, détaillés dans ces pages, les fréquentations douteuses, les financements honteux, les hargnes sélectives, les indulgences infondées, les tentatives de dissimulations, les manipulations des chiffres, les mensonges réitérés de Reporters sans frontières, le tout au service d’une cause sans rapport avec les objectifs affichés. Observons son ardeur au travail contre les pays pauvres que l’Occident veut soumettre et son silence face aux concentrations économiques dans les médias des pays riches. Notons sa mansuétude envers les «bavures» de l’US Army, ses «oublis» dans la comptabilisation de journalistes qui en sont victimes.
Ce livre dévoile les paravents de la CIA qui alimentent RSF en dollars: le Center for a Free Cuba et la National Endowment for Democracy (NED) via l’United States Agency for International Development (USAID).
Et il n’y a pas qu’eux: l’Open Society Institute du milliardaire et magnat international de la presse George Soros, ami personnel de Bush, qui s’agite partout où peut être mis en place un gouvernement pro-étatsunien, fait partie aussi des généreux financiers de RSF.
Alors, RSF ??? Association humanitaire ou bras médiatique européen de la CIA et des faucons du Pentagone ?
Écrivain et cyberjournaliste, ex-référent littéraire d’Attac-France, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997) a publié sept livres (romans, polars, humour, essai), des nouvelles et des centaines d’articles traduits en plusieurs langues sur des dizaines de sites Internet. Il écrit également pour la presse quotidienne et assure chaque semaine une chronique
littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse. (Source : Aden)
Livre à commander par exemple sur le site de l’éditeur Aden
Critique de Maurice Lemoine sur le site du Monde diplomatique :
Question : « Quel besoin avait le président Hugo Chávez d’engager une réforme de la Constitution(…) au risque d’aggraver encore un peu plus les divisions et la polarisation entre les citoyens de son pays ? » Autre question : quelle est la légitimité de Reporters sans frontières (RSF), organisation théoriquement destinée à la défense des journalistes, pour, dans un communiqué du 28 novembre 2007, poser… ce type de question ? Et pourquoi tant de mensonges, systématiques et effrontés, dès qu’est évoquée la situation au Venezuela ? Cet ouvrage apporte quelques éléments de compréhension. Fréquentations douteuses (extrémistes cubains de Miami), financements très politiques (en provenance de Washington), hargnes sélectives (contre La Havane ou Caracas…), modération remarquée (dans la dénonciation des « bavures » de l’armée américaine contre les journalistes), désintérêt patent (quant à la censure des médias par l’argent) y sont amplement détaillés. D’où une dernière question : RSF n’aurait-il pas tendance à reproduire, voire à anticiper, les opinions émanant du département d’Etat américain ?

Bonus 2 : “La liberté est une valeur par elle-même, dont l’exercice comporte nécessairement un bon et un mauvais pôle”

Le moment libéral, ces mots ayant peu vieilli ; à très légèrement adapter, en remplaçant “monopole d’État” par “Monopole de l’éditocratie”
“Lorsqu’un sicaire de la bonne parole entreprend de m’exposer que le monopole d’État, c’est-à-dire le monologue d’État de l’information, exercé directement ou par le biais d’un subterfuge, peut seul mettre la presse et la télévision au service du peuple, car, dit-il, on n’ignore pas ce qu’est la “fausse objectivité” du New York Times, de la Stampa ou de la NBC, je lui sais gré de m’avertir qu’il a le ferme propos de supprimer l’information et de la remplacer par la propagande. Car il est bien certain qu’il existe une “fausse objectivité”. Mais elle ne peut exister que là où la vraie peut exister aussi. Bertrand Russel a écrit que certaines de certaines propositions qu’”elles ne possèdent même pas le rare privilège d’être fausses”, indiquant par là qu’elles sont trop informes pour être réfutées, qu’elles n’ont pas atteint un degré d’élaboration suffisant pour être des énoncés quelconques, vrais ou faux. La démonstration de la fausseté doit s’appuyer sur un certain degré minimal de cohérence logique.
De la même manière, les sociétés censurées ne peuvent même pas s’offrir le luxe de la “fausse objectivité”, puisqu’elles n’ont pas la vraie. Et, dans les civilisations de la liberté, la mission de lutter contre la “fausse objectivité” incombe précisément à la vraie, et non à quelque bureaucratie extérieure à la culture. C’est l’histoire sérieuse qui élimine, ou refoule, l’histoire partiale; c’est le journalisme probe qui peut faire reculer le journalisme vénal, et non point une commission administrative, dont le premier soin est en général de distribuer quelques fonds secrets. Une presse libre n’est pas une presse qui a toujours raison et qui est toujours honnête, pas plus qu’un homme libre n’est un homme qui a toujours raison et qui est toujours honnête. S’il avait fallu, pour autoriser la littérature, attendre d’avoir appris d’abord à en bannir la mauvaise, nous serions encore occupés à corriger le premier jeu d’épreuves de l’histoire de l’imprimerie.
Ne pas comprendre que la liberté est une valeur par elle-même, dont l’exercice comporte nécessairement un bon et un mauvais pôle, c’est démontrer que l’on est décidément réfractaire à la culture démocratique.”
Jean-François Revel, La Tentation totalitaire (1976), pages 12-13.
Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

29 réponses à “L’Initiative pour la fiabilité de l’information” : progrès déontologique ou futur outil de censure ?

Commentaires recommandés


lecrabeLe 04 avril 2018 à 11h39
RSF en diseur de vérité c’est un peu comme la mafia luxembourgeoise en régulateur bancaire, le symptôme de l’inversement complet du sens et des valeurs.
Heureusement il n’y aura bientôt plus qu’eux pour croire à leur propres mensonges et se décerner les bons points vérité certifiée.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire