mardi 4 octobre 2016

L'ECONOMIE - Mardi 4 octobre 2016


L'ECONOMIE 

Mardi 4 octobre 2016


Commande publique pour sauver Alstom-Belfort

Des salariés d’Alstom manifestent contre la fermeture du site Alstom de Belfort au siège social du groupe à Saint-Ouen, le 27 septembre.
Des salariés d’Alstom manifestent contre la fermeture du site Alstom de Belfort au siège social du groupe à Saint-Ouen, le 27 septembre. SEBASTIEN BOZON / AFP
Le plan de sauvetage du site Alstom de Belfort, qui sera présenté mardi par le secrétaire d’Etat à l’industrie, comprend une commande publique de 16 rames TGV et de leurs 32 motrices, a appris lundi Reuters de sources proches du dossier. A 30 millions d’euros la rame et ses deux motrices, cela représente un coût de près de 500 millions d’euros, dont on ignore à ce stade comment il sera financé. La question de l’exploitation de ces nouveaux TGV – par la SNCF ou un autre opérateur après l’ouverture à la concurrence du transport de passagers – est aussi en suspens. « Ces rames de TGV seront mises sur des lignes Intercités, pas sur des lignes à grande vitesse », précise une autre source proche du dossier. Cela permettra d’assurer deux ans de travail au site de Belfort, de quoi combler partiellement un « trou » de trois ans dans les carnets de commande du groupe, en 2019-2020-2021, avant de retrouver de la visibilité en 2022 grâce au « TGV du futur ». Ce site sera par ailleurs transformé par Alstom en centre européen de la maintenance ferroviaire, soit un investissement de 70 millions d’euros. Le groupe y produira aussi à l’avenir des autobus électriques, ajoute-t-on de mêmes sources. Ces deux mesures doivent assurer à plus long terme la pérennité du site en constituant un début de diversification. Des appels d’offres et des commandes étaient déjà dans les tuyaux mais ne suffisaient pas à garantir la pérennité de l’usine de Belfort sans affecter d’autres sites d’Alstom. C’est le cas de la fourniture à la SNCF de six rames de TGV pour la liaison Paris-Turin-Milan ou de locomotives de secours pour les lignes à grande vitesse, deux dossiers sur lesquels les discussions se sont accélérées ces dernières semaines.
Il y a également des appels d’offres en cours ou à venir pour la fourniture de nouvelles rames pour le RER francilien ou de trains dit « d’équilibre du territoire ». Le secrétaire d’Etat à l’industrie, Christophe Sirugue, présentera mardi à Belfort les propositions du gouvernement aux représentants syndicaux d’Alstom et aux élus locaux en présence du président du groupe, Henri Poupart-Lafarge. Le gouvernement tentera ainsi d’éviter que le dossier Alstom se transforme en piège politique à moins de sept mois de l’élection présidentielle de 2017.
L’enjeu immédiat est la survie du site historique du groupe, spécialisé dans la production de motrices, où 400 emplois sont en jeu, auxquels s’ajoutent environ 800 emplois indirects, selon les estimations d’élus locaux. La direction d’Alstom a annoncé le 7 septembre son transfert en Alsace pour cause de commandes publiques atones, réveillant immédiatement le spectre des hauts-fourneaux de Florange, en Moselle, dont le chef de l’Etat, François Hollande, n’a pas réussi à empêcher la fermeture définitive, malgré ses promesses. « Mardi, nous sauverons le site d’Alstom à Belfort », a promis dimanche le premier ministre, Manuel Valls, lors du « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI. En France, où Alstom a environ 9 000 salariés sur quelque 31 000 personnes employées dans une soixantaine de pays, plusieurs sites souffrent de la faiblesse des commandes nationales ou de la concurrence d’autres constructeurs.
La livre sterling attaquée. L’annonce par la première ministre britannique, Theresa May, de l’ouverture des discussions sur le Brexit d’ici fin mars a fait plonger la monnaie britannique lundi, en ravivant les craintes d’un divorce « sans compromis » sur le plan économique. Véritable baromètre de l’humeur du marché, la livre décrochait fortement face au dollar et à l’euro. En début de journée, elle a atteint 87,46 pences pour un euro, son niveau le plus faible depuis début août 2013.
Taxe carbone au Canada. Le gouvernement canadien va imposer une taxe nationale sur le carbone à compter de 2018 pour tenter de satisfaire aux exigences de l’accord de Paris sur le climat, une mesure jugée trop timide par certains, dévastatrice pour l’économie par d’autres. Le premier ministre, Justin Trudeau, a annoncé cette mesure lundi en lançant au Parlement le débat sur la ratification par le Canada de l’accord de Paris, qui vise à contenir le réchauffement sous le seuil de 2 °C par rapport au niveau pré-industriel. Fixée à 10 dollars canadiens (6,80 euros) par tonne en 2018, la taxe augmentera ensuite pour atteindre 50 dollars canadiens (34 euros) par tonne en 2022, a-t-il précisé.
Suites de l’affaire Kerviel. Un réexamen du crédit d’impôt dont a bénéficié la Société générale à la suite de la perte de 4,9 milliards d’euros imputée au trader Jérôme Kerviel en 2008 est « possible », a déclaré le secrétaire d’Etat au budget, Christian Eckert. La cour d’appel de Versailles a condamné Jérôme Kerviel à ne verser qu’un million d’euros de dommages et intérêts à la Société générale et non l’intégralité du préjudice de 4,9 milliards enregistré en 2008 par la banque, comme elle l’avait initialement obtenue de la justice. M. Eckert a indiqué que l’administration fiscale ferait connaître sa position relative à cet arrêt, qui pourrait priver la banque d’un crédit d’impôt de 2,2 milliards lié à la perte, « d’ici quelques semaines, peut-être même quelques jours ».

Micro-Macro

par Thibaut Soulcié
Dessin de Thibaut Soulcié
3 000 à 4 000
C’est le nombre d’emplois qui pourraient être supprimés par l’équipementier télécoms suédois Ericsson, a annoncé le groupe hier. Les difficultés du groupe sont notoires, lui qui déçoit régulièrement les investisseurs et est toujours à la recherche d’un nouveau patron depuis qu’il a licencié Hans Vestberg en juillet. Les effectifs d’Ericsson se montaient à 116 500 personnes dans le monde au 30 juin.

Dans la presse étrangère

La Russie convoite la technologie des drones iraniens

Des drones produits par la garde révolutionnaire iranienne lors de la 6e Exposition de l’industrie de l’aviation à Téhéran, le 25 novembre 2015.
Des drones produits par la garde révolutionnaire iranienne lors de la 6e Exposition de l’industrie de l’aviation à Téhéran, le 25 novembre 2015. © REUTERS PHOTOGRAPHER / REUTER / REUTERS
La Russie chercherait l’aide de l’Iran pour parvenir à acquérir la technologie des drones à long rayon d’action, a déclaré le général de brigade Mohammad Baqeri, chef d’état-major des forces armées iraniennes, rapporte l’agence d’information IRNA. L’Iran possède de solides connaissances dans la fabrication des drones à longue portée a-t-il souligné, ajoutant que la Russie désirait acquérir cette technologie, indiqueTrend. La fédération de Russie est en retard dans ce domaine par rapport à ses concurrents occidentaux et cherche à le combler. Elle a également importé des drones israéliens. Grand ennemi de l’Etat hébreu et allié stratégique de Moscou, l’Iran a déjà donné à la Russie une copie du drone ScanEagle – un drone américain – comme preuve que ses forces d’élite ont la capacité d’ingénierie inversée. La République islamique a jusqu’ici dévoilé divers drones fabriqués dans le pays, y compris les engins Ababil, Fotros, Hazem, Karrar (drone d’attaque à longue portée), Mohajer, Sarir, Shahed 129, Yasir et Zohal. Le pays a dévoilé son premier drone à longue portée de fabrication nationale, le Karrar, en 2010. Le premier drone à moyenne altitude longue endurance (MALE), le Shahed-129, a été dévoilé en septembre 2012. Il est capable de mener à bien des missions de combat et de reconnaissance pendant vingt-quatre heures et dispose d’une autonomie de 1 700 km. L’Iran a également dévoilé son plus grand drone, le Fotros, en 2013. Il a une portée de 2 000 km et est capable de mener des frappes de missiles air-surface. Il peut voler à une altitude de 25 000 pieds (plus de 8 000 mètres), avec un temps de vol de seize à trente heures.
« Dans la région arabe, et particulièrement en Tunisie, il faut pousser pour un retour des investisseurs. » Et « pour améliorer la croissance et attirer les investissements (…), il faut instaurer un environnement excluant la corruption »
C’est ce qu’a expliqué le ministre de la fonction publique et de la gouvernance tunisien, Abid Briki, lors d’une conférence de presse avec le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Angel Gurria. Car« l’investissement direct étranger (IDE) dans la région Mena a chuté de 50 % depuis 2008 », selon l’OCDE, d’après qui « les obstacles réglementaires et administratifs constituent un important facteur de dissuasion », sans compter l’instabilité – et les conflits – qui ont suivi les soulèvements du « printemps arabe ».
L'éco & moi
Nouvelles technologies. Encadrement des drones civils. L’Assemblée nationale a adopté mardi en première lecture une proposition de loi Les Républicains issue du Sénat qui vise à encadrer davantage l’usage des drones civils. Le secrétaire d’Etat chargé des transports, Alain Vidalies, a rappelé mardi qu’un cadre d’usage avait été défini dès 2012 pour les drones, mais a mis en avant la nécessité de « prendre en compte les nouveaux enjeux liées à la sécurité et à la sûreté », avec notamment les problèmes de survols de zones sensibles, une préoccupation relayée par les députés présents de droite comme de gauche, tous apportant leur soutien au texte. La rapporteuse, Marie Le Vern (PS), a souligné que quelque 300 000 drones avaient été vendus en France en 2015 et que le secteur représentait près de 5 000 emplois. Outre les drones de loisir, en août 2016, 2 600 opérateurs professionnels étaient identifiés, exploitant 4 770 drones. En commission, les députés avaient adopté la proposition à l’unanimité en précisant que les nouvelles règles s’appliqueraient aux drones de plus de 800 grammes. Les fabricants auront une obligation d’enregistrement électronique, de signalement lumineux et de signalement électronique ou numérique, de limitation des performances, ainsi qu’une obligation de formation de l’utilisateur. Ils devront aussi équiper leurs drones de plus de 800 grammes d’« un dispositif de signalement sonore » qui se déclenche en cas de perte de contrôle de l’appareil. Le survol d’une zone interdite « par maladresse ou négligence » est par ailleurs passible de six mois d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Afin de laisser du temps aux fabricants de drones d’intégrer les nouvelles normes, celles-ci ne s’appliqueront qu’en juillet 2018 pour les nouveaux appareils.
Etudes & documents
Risques de bulle immobilière. Vancouver, Londres et Stockholm arrivent en tête du classement des villes où le risque de bulle immobilière est le plus élevé, selon une étude publiée par la banque UBS, qui souligne l’impact des taux d’intérêt bas. Dans un environnement où plus d’un tiers des emprunts d’Etat se traitent avec un rendement négatif, les investissements dans les actifs dits tangibles restent recherchés, ont expliqué les auteurs de cette étude. « Il est donc à peine étonnant que les marchés immobiliers soient de nouveau en train de surchauffer, quelques années seulement après la dernière grande vague globale de correction », a fait valoir Claudio Saputelli, directeur de l’immobilier mondial au sein de la division de gestion de fortune de la banque suisse, en préambule de l’étude. Plusieurs grands centres financiers donnent des signes de « surévaluation significative », selon la seconde édition de cette étude annuelle intitulée « Indice mondial UBS des bulles immobilières ».
Parmi les villes où le risque est élevé figurent aussi Sydney, Munich et Hongkong, suivies par San Francisco et Amsterdam. Les valorisations sont également tendues mais dans une moindre mesure à Zurich, Paris, Genève et Francfort.
Perspectives de l’éolien en Europe. L’éolien va continuer sa croissance en Europe dans les années à venir avec l’installation de 140 gigawatts de nouvelles capacités d’ici à 2025, malgré l’évolution des soutiens publics à cette énergie, selon le cabinet d’études spécialisé dans les énergies renouvelables Make. Sans surprise, l’Europe du Nord, déjà en pointe dans le développement de l’éolien, notamment l’éolien en mer, représentera 60 % des nouvelles installations dans les dix prochaines années, précise Make, dans son rapport régional sur le secteur publié mardi. A court terme, l’éolien est porté par « l’incertitude » induite par l’évolution et même la contraction des soutiens publics à cette énergie annoncés dans de nombreux pays. Les nouvelles lignes directrices européennes adoptées en 2014 ont conduit les Etats à réformer leurs systèmes d’aides vers une plus grande intégration aux marchés de la production d’électricité issue des renouvelables. Après 14,4 GW installés en 2015, l’Europe (Turquie inclue) devrait mettre en service 14,2 GW de nouvelles capacités cette année, un chiffre en baisse du fait d’un ralentissement dans l’offshore, explique le rapport. C’est 1,2 GW d’éolien en mer qui sera installé l’an prochain, contre 3 GW l’an dernier. D’ici à 2025, l’Allemagne restera le premier pourvoyeur de capacités éoliennes avec 36 GW attendus, devant le Royaume-Uni (15,7 GW) et la Turquie (13,5 GW).
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Source Le Monde.fr

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