mardi 20 septembre 2016

L'ECONOMIE - Mardi 20 septembre 2016

L'ECONOMIE

Mardi 20 septembre 2016

Twitter assouplit ses règles pour doper sa croissance

Logo de Twitter à Wall Street, le 6 novembre 2013.
Logo de Twitter à Wall Street, le 6 novembre 2013. ANDREW BURTON / AFP
Twitter a assoupli lundi sa règle d’or limitant les tweets à 140 caractères dans l’espoir d’élargir son audience et de revigorer une croissance en panne. La restriction de la taille des messages restera en vigueur mais les photos et autres vidéos ne seront désormais plus intégrées dans le décompte des caractères. « Dites-en plus avec vos 140 caractères ! Photos, vidéos, GIF, questions et citations ne sont plus comptés », a claironné le groupe dans un tweet. Twitter avait annoncé cette nouvelle orientation en mai afin de permettre à ses quelque 310 millions d’utilisateurs de continuer à ajouter des éléments visuels même quand le seuil des 140 caractères est atteint. Le groupe de San Francisco avait même envisagé de supprimer purement et simplement cette restriction, mais il avait dû reculer face à la levée de boucliers des utilisateurs historiques du réseau, attachés à la concision des messages. Twitter restait toutefois condamné à évoluer afin de conquérir de nouveaux internautes et rivaliser avec d’autres plates-formes dépourvues de telles restrictions, notamment Facebook (1,7 milliard d’utilisateurs) et sa filiale Instagram (500 millions d’utilisateurs). Cette concurrence n’a d’ailleurs pas laissé indemne le groupe de San Francisco, qui n’a jamais dégagé un dollar de bénéfice net depuis sa création, il y a dix ans, malgré une très forte visibilité. Au deuxième trimestre, Twitter avait de nouveau déçu les investisseurs en affichant une croissance atone, une stagnation du nombre de ses utilisateurs et une nouvelle perte nette (107 millions de dollars).
Le groupe a également été plombé par des rumeurs annonçant un plan de réduction des coûts voire une mise en vente pure et simple. Selon un rapport du cabinet eMarketer publié en août, sa part de marché devrait continuer à décliner progressivement jusqu’en 2020 au profit de Snapchat et d’autres messageries instantanées. Mais Twitter a aussi connu quelques succès, notamment en réunissant la semaine dernière deux millions de spectateurs pour sa première retransmission en direct d’un match de la Ligue de football américain, la NFL. L’assouplissement de la règle des 140 caractères s’inscrit dans cette évolution à marche forcée, mais elle ne devrait pas suffire à totalement inverser la tendance, selon les experts.
« Cela pourrait faire revenir des gens qui ont été lassés par [la limitation du nombre de caractères], estime Debra Aho Williamson, analyste chez eMarketer. Mais je ne sais pas trop si beaucoup de gens vont profiter de cela pour se mettre sur Twitter s’ils ne l’utilisaient pas déjà avant. » Le temps presse pourtant. Faute d’innovation probante, les actionnaires de Twitter risquent d’accentuer leurs pressions sur les dirigeants du groupe pour monétiser leurs investissements. L’initiative ne parvenait pas à rassurer les marchés, et Twitter a terminé lundi à Wall Street en baisse de plus de 3,9 %, à 18,36 dollars, alors qu’il en cotait près de 70 à la fin de 2013.
Airbus n’exclut pas des réductions d’effectifs. Airbus Group se prépare à lancer en octobre un nouveau plan de restructuration et d’économies pour limiter les coûts plus élevés que prévu du très gros porteur A380 et faire face aux conséquences des retards survenus sur d’autres programmes, écrit le Financial Times. Selon le journal britannique, le PDG Tom Enders veut supprimer des fonctions qui font doublon entre les différentes filiales du groupe et au sein de la maison mère. Le plan, qui n’est pas encore finalisé, comprendrait des suppressions de postes dans le groupe et doit encore être présenté aux syndicats.
Maintien de la pression fiscale en 2017. Le taux des prélèvements obligatoires, regroupant l’ensemble des impôts, taxes et cotisations payés par les contribuables et les entreprises, devrait rester quasi stable l’an prochain, selon des informations de presse publiées lundi soir. D’après le quotidien Les Echos, le ministre des finances, Michel Sapin, devrait annoncer mardi, lors de la présentation des grands équilibres macroéconomiques, que ce taux s’établira à 44,5 % du produit intérieur brut pour 2017. En avril, le gouvernement prévoyait une décrue avec un taux de 44,2 % pour 2016 (après 44,7 % en 2015) et de 44 % pour l’année suivante.
Enquête sur Engie. L’autorité européenne de la concurrence a annoncé aujourd’hui l’ouverture d’une enquête approfondie sur des accords fiscaux conclus entre le Luxembourg et le groupe français d’énergie Engie, disant craindre que l’ex-GDF Suez n’ait bénéficié d’un avantage « injustifié » sur ses concurrents. La Commission européenne explique craindre que ces accords conclus depuis 2008 aient permis traiter certaines transactions financières à la fois comme un emprunt et une prise de participation, et donc à les faire profiter d’un double avantage fiscal indu. Une telle situation aurait assuré à GDF Suez un avantage déloyal par rapport à d’autres acteurs du secteur, contrevenant aux règles européennes sur les aides d’Etat.
La Chine s’apprête à créer le numéro 2 mondial de l’acier. Pékin pourrait annoncer dès cette semaine la création du deuxième groupe mondial d’acier, derrière le géant ArcerlorMittal, en regroupant deux de ses plus gros producteurs, au moment où le secteur fait face à une crise de surproduction, ont rapporté les médias chinois. Le numéro 2 chinois, Baosteel, sis à Shanghaï, va absorber son concurrent Wuhan Iron and Steel Group, dont le siège est à Wuhan (centre), selonChina Business News, qui précise que le gouvernement chinois s’apprête à donner son feu vert définitif à la fusion. La Chine produit environ la moitié de l’acier mondial, mais ses aciéries, minées par le vif ralentissement économique du pays, ploient sous de colossales surcapacités de production, estimées à plusieurs centaines de millions de tonnes.
L’Etat ne reprendra pas la dette de la SNCF. Deux ans après une vaste réforme ferroviaire, le gouvernement français s’est prononcé contre une reprise, même partielle, de la dette abyssale de SNCF Réseau, au nom de la réduction des déficits publics, selon un rapport transmis au Parlement lundi et dont l’AFP a obtenu copie. La dette de la société qui gère le réseau ferré français a beau dérailler depuis 2010, l’Etat ne la reprendra pas à son compte. « Pas opportun », a tranché l’exécutif, à une semaine de la présentation du dernier budget du quinquennat de François Hollande. Et tant pis si, sur les 44 milliards d’euros cumulés à fin juin, une bonne partie de la dette de SNCF Réseau est liée à la construction des nouvelles lignes à grande vitesse commandées par l’Etat vers Bordeaux, Rennes, Strasbourg et Montpellier.
Wall Street qatari. Le Qatar va créer sa propre version du quartier financier de New York, a annoncé lundi un haut responsable du petit Emirat, qui cherche à réduire sa dépendance au pétrole et au gaz.

Micro-Macro

par Thibaut Soulcié
Dessin de Thibaut Soulcié
300 à 400 milliards de dollars
C’est la somme que la Banque africaine de développement (BAD) ambitionne de mobiliser d’ici à 2025 pour « nourrir l’Afrique », a-t-elle annoncé lors de la présentation de « sa stratégie pour la transformation de l’agriculture africaine 2016-2025 », lundi à son siège à Abidjan. « Nous avons besoin de 300 à 400 milliards de dollars dans les dix prochaines années pour réussir la transformation complète », a affirmé à l’AFP le Dr Chiji Ojukwu, directeur Agriculture et agro-industrie de la BAD. L’Afrique dépense près de 35 milliards de dollars par an en importations de nourriture alors qu’elle dispose de 65 % des terres arables non cultivées, souligne la BAD. La BAD va injecter directement 24 milliards de dollars avec la volonté que cette mise de départ « serve de catalyseur ».

Dans la presse étrangère

Des bienfaits de l’immigration pour l’économie suisse

Une étude de la banque Credit suisse démontre les bienfaits de l’immigration pour la Confédération helvétique.
Une étude de la banque Credit suisse démontre les bienfaits de l’immigration pour la Confédération helvétique. FABRICE COFFRINI / AFP
La Suisse a voté il y a deux ans contre l’immigration étrangère « massive ».L’initiative populaire « Contre l’immigration de masse » est une initiative populaire suisse, acceptée par le peuple et les cantons le 9 février 2014. L’initiative propose d’ajouter un article 121a à la Constitution fédérale indiquant que le pays « gère de manière autonome l’immigration des étrangers » en fixant des quotas annuels selon les besoins de l’économie « dans le respect du principe de la préférence nationale ». En acceptant l’initiative contre l’immigration de masse, le 9 février 2014, le peuple a donné mandat au Conseil fédéral pour instaurer un nouveau régime de l’immigration dans un délai de trois ans. L’accord sur la libre circulation des personnes devra être renégocié durant ce délai. Le peuple est souverain, mais a-t-il raison ? Le Credit suisse, cité par La Tribune de Genève, démontre le contraire. La banque helvétique estime dans une étude qu’« il ne sera possible de renouer avec une forte croissance économique en Suisse que de deux manières : soit par un redressement plus vigoureux de la productivité, soit par une augmentation de la population active, et cette dernière est fortement affectée par la mise en œuvre de l’initiative contre l’immigration de masse, étant donné que l’immigration contribue actuellement à la croissance démographique suisse à hauteur de plus de 80 %. » Credit Suisse a démonté l’argument souvent employé selon lequel un ralentissement de la population active suisse, à la suite d’une application restrictive de l’initiative « Contre l’immigration de masse », pouvait être compensé soit par une augmentation du nombre de femmes au travail, soit par une prolongation de l’emploi de personnes s’approchant ou ayant atteint l’âge légal de la retraite. Dans le cas où l’initiative « Contre l’immigration de masse » devait être appliquée de façon très restrictive, avec des contingents, des plafonds et un solde migratoire autour de 20 000 à 30 000 personnes arrivant par année en Suisse, eh bien, les femmes devraient autant travailler que les hommes, « ce qui semble très difficile à atteindre dans le contexte juridique et d’aides financières actuels aux familles ». Il en est de même en ce qui concerne la prolongation du travail des personnes proches de la retraite. Ici, les deux tiers des hommes âgés de 60 à 74 ans devraient travailler pour compenser la perte de population active générée par une immigration trop faible, et 42 % des femmes (contre respectivement 41 % et 27 % actuellement) devraient en faire de même. Par contre, une compensation de la perte de population active due à une immigration qui coïnciderait avec le solde migratoire en baisse des dernières années, à près de 60 000 à 50 000 personnes en plus par année en Suisse (à la suite d’une reprise conjoncturelle en Europe), exigerait un besoin supplémentaire de femmes et de seniors moins important et plus réaliste à atteindre, a poursuivi Credit suisse. En bref : bloquer l’immigration « massive » va bien contre les intérêts de l’économie suisse et n’est pas réaliste. Une conclusion qui devrait faire réfléchir les électeurs français…
« Si vous regardez nos pratiques, vous ne pourrez pas trouver de parti pris anti-américain »
La Commission européenne n’a pas cédé à un « parti pris »anti-américain en imposant un redressement de 13 milliards d’euros à Apple en Irlande, a affirmé lundi la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager. La commissaire européenne a reconnu la nécessité d’un « dialogue » avec Washington pour expliquer sa décision, mais a assuré qu’aucun chiffre ne permettait de soutenir la thèse « d’un quelconque biais » anti-américain. Sur quelque 150 décisions rendues par la Commission depuis 2000 pour des aides illégales d’Etat, seules « 2 % »concernent des entreprises américaines, a affirmé Mme Vestager lors d’une conférence de presse.
L'éco & moi
Nouvelles technologies. Internet : l’Inde dépasse à son tour les Etats-Unis. L’Inde a pris la deuxième place sur le podium des principaux marchés de l’Internet dans le monde avec 333 millions d’utilisateurs, dépassant par la même occasion les Etats-Unis, selon un rapport publié jeudi par la commission des Nations unies sur le développement numérique. Selon ce rapport, le deuxième pays le plus peuplé au monde s’installe désormais derrière la Chine, qui compte cependant toujours plus de deux fois plus d’internautes que son dauphin, avec un total de 721 millions d’habitants connectés. Le rapport souligne cependant que les inégalités en termes d’accès perdurent entre les pays riches et les autres puisque si les premiers ont atteint un niveau d’utilisation « proche de la saturation », la« connectivité ne progresse toujours pas assez vite pour aider les zones les plus pauvres du monde à réduire leur retard ». Conséquence, au niveau mondial, 3,9 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à internet, dont 55 % se concentrent dans six pays : la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Pakistan, le Bangladesh et le Nigéria. A l’inverse, une vingtaine de pays, dont les Etats-Unis, concentrent à eux seuls environ les trois quarts des internautes. Au niveau de l’Internet mobile, l’Inde a également détrôné les Etats-Unis en tant que second marché, toujours derrière la Chine, avec 60 millions d’abonnés, estime par ailleurs le rapport.
Etudes & documents
Pollution massive au véhicule diesel en Europe. Environ 29 millions de véhicules équipés de moteurs diesel circulant dans l’UE émettent beaucoup plus de gaz polluants que la limite autorisée, affirme une étude de l’ONG Transport & Environment publiée lundi, à l’occasion du premier anniversaire du scandale Volkswagen. Il y a un an, le constructeur allemand admettait avoir eu recours à des logiciels truqueurs pour manipuler les tests de mesures d’émissions de gaz polluants. Il ne s’agit que de la « partie émergée de l’iceberg », estime toutefois Transport & Environment (T & E), qui cherche avec cette étude à « exposer le nombre choquant de voitures diesel sales sur les routes de l’UE et la faible régulation des véhicules par les autorités nationales ». Plus de quatre véhicules sur cinq aux normes Euro 5, vendus entre 2010 et 2014, produisent plus de trois fois la norme fixée pour les émissions de NOx (oxydes d’azote) lors des tests en laboratoire, a calculé l’ONG. Pour les véhicules Euro 6, vendus depuis 2015, ce sont deux tiers d’entre eux qui émettent jusqu’à plus de trois fois la limite fixée. Ces véhicules se retrouvent principalement sur les routes de France (5,5 millions) et d’Allemagne (5,3 millions), au Royaume-Uni (4,3 millions) et en Italie (3,1 millions).
Au palmarès des pires pollueurs, T & E n’est pas tendre avec Renault-Dacia, lui attribuant le titre des moteurs diesel les plus « sales » pour la norme Euro 5, avec des émissions sur routes près de huit fois supérieures à la limite fixée pour les tests en laboratoire. Suivent Land Rover, Hyundai, Opel-Vauxhall (dont Chevrolet, autre marque du groupe GM) et Nissan.
Les salaires dans la fonction publique territoriale. En 2014, le salaire net moyen dans la fonction publique territoriale (FPT) s’établit tous emplois et catégories confondus à 1 877 euros par mois en équivalent temps plein, en augmentation de 1,4 % en euros courants par rapport à 2013. Compte tenu de l’inflation (+ 0,5 % en 2014), il croît de 0,8 % en euros constants. La hausse des effectifs en contrats aidés pèse sur cette évolution : hors contrats aidés, le salaire net moyen augmente de 1,2 %. Le salaire net moyen des fonctionnaires (qui représentent près de 80 % des effectifs en équivalent temps plein) progresse de 1,4 % en euros constants ; celui des autres salariés (y compris contrats aidés) diminue de 1,3 %.
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La banque centrale américaine devrait dire, à l’issue de sa réunion de mardi et mercredi, si elle entend remonter des taux historiquement bas.

Source Le mond.fr

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