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CLOVIS Ier (3) De Gondebaud au partage du butin territorial. L’arianisme est rejeté en 325, par le premier concile de Nicée. Ainsi, ce courant de pensée théologique est-il qualifié d’hérésie par les chrétiens trinitaires. Or, beaucoup d’ariens résident sur les territoires convoités par Clovis. Voilà qui tombe à pic, puisqu’il est invité par Avitus à propager le christianisme « chez les peuples barbares les plus éloignés ». Il peut en toute quiétude attaquer les Burgondes et les Goths. Que de joyeuses conquêtes en perspective ! Eh bien, commençons par les Burgondes. En fait, la finale s’est plutôt mal goupillée. Clovis marcha sur la Burgondie et mit le cap sur Dijon. Gondebaud et son frère Godégisile étaient associés dans la gouvernance du royaume. Mais Clovis, rusé renard, avait passé des accords secrets avec Godégisile. Il était prévu que sitôt la bataille engagée, ce dernier se rangera aux côtés de Clovis et se retournera contre son frère. C’est en effet ce qu’il advint. Gondebaud vaincu courut se réfugier en Avignon. Là, il pansa ses plaies, refit ses forces, rassembla ce qui restait de ses guerriers, en recruta d’autres et s’en alla assiéger Vienne où se tenait le frère maudit. Les vivres vinrent à manquer et Godégisile chassa de la ville toutes les bouches inutiles, les pauvres, les malades et impotents…Mais parmi ces malheureux se trouvait un ouvrier employé à l’entretien des bâtiments de la ville. Il vint trouver Gondebaud et lui indiqua comment entrer incognito dans la cité. Il proposa de conduire les troupes sur l’aqueduc et de montrer comment forcer le soupirail permettant de pénétrer dans l’enceinte. Ainsi la place fut investie sans coup férir. Godégisile, sa cour et sa garde rapprochée se replièrent dans une tour. Ils furent faits prisonniers et on en fit grand massacre. On ne sait trop quel sort fut réservé à Godégisile. Toujours est-il que Clovis essuyait là un cuisant échec. Mais qu’à cela ne tienne. Puisque Gondebaud sort grand vainqueur de l’aventure, autant se réconcilier avec lui. Et les deux souverains se rencontrèrent près de Tours, aux confins de leurs royaumes, soupèrent et trinquèrent ensemble. Ils se promirent éternelles paix et amitiés. Ils scellèrent alliance. Puis Clovis harangua ses guerriers « Il me déplaît fort que les Wisigoths ariens détiennent une partie de la Gaule ! Allons ! Avec l’aide de Dieu, et après les avoir vaincus, faisons peser notre loi partout sur leur terroir ! » Clovis, accompagné de son nouvel ami, Gondebaud, et du roi de Cologne, Sigebert, marcha sur Poitiers où résidait Alaric II. Un « hic » cependant. Nul ne savait comment traverser la Vienne gonflée par les pluies d’un violent orage. Mais le Seigneur n’abandonne jamais Clovis. En effet, une biche de grande stature traversa la rivière et montra ainsi le gué. Et l’on passa tous. En cette année 507, dans les champs de Vouillé, à quelques lieues de Poitiers, les armées s’affrontèrent. Clovis tua Alaric de ses propres mains et remporta la victoire. Puis Thierry, fils aîné de Clovis, s’en alla soumettre l’Auvergne. Clovis s’empara de Toulouse et bien entendu mit la main sur le légendaire trésor des rois Goths. Clovis hiverna à Bordeaux, puis s’en fut à Tours. Chemin faisant, il soumit Angoulême. Tours, la ville sainte, accueillit Clovis en triomphateur, comme elle l’aurait fait d’ailleurs pour tout vainqueur. Mais là survint un événement imprévu et formidable. Un envoyé d’Anastase Ier, empereur d’Orient, demande à être reçu. Un écrit impérial est alors remis à Clovis. Et que stipule ce document ? Eh bien, il confère au roi des Francs le consulat honoraire et le droit d’en porter les insignes. Autrement dit, aux yeux de ses sujets, Clovis pouvait paraître non plus comme un chef barbare, batailleur et madré, mais comme l’un des plus hauts dignitaires de l’Empire. Bon, plus sérieusement, Byzance, craignant les Goths, entendait utiliser Clovis pour les canaliser le cas échéant. Toujours est-il qu’on mit « les petits plats dans les grands ». Dans la basilique Saint-Martin, il fut revêtu de la tunique pourpre, de la chlamyde et il posa sur son chef un diadème. Puis il fit un tour de ville sur son cheval et lança à la volée avec grande générosité pièces d’or et d’argent, infimes miettes de ses multiples rapines. Enfin, il rentra à Paris dont il avait fait sa capitale. Il lui restait à liquider les souverains des petits royaumes francs subsistants pour pouvoir se proclamer seul et unique roi des Francs. Ainsi, pour plaire à Clovis, Chlodéric fit égorger son propre père Sigebert le Boiteux. Le parricide devint roi, pas pour très longtemps. Les émissaires de Clovis vinrent percevoir tribut des mains du nouveau souverain, lequel reçut en échange un méchant coup de hache. Ragnacaire régnait sur Cambrai et se vautrait dans de vives débauches. Clovis marcha sur lui avec son armée. Il le fit prisonnier avec son frère Riquier. Clovis, accusant les deux frères de vilain comportement les tua tous les deux de sa hache. Et ainsi de suite…Il élimina ou fit éliminer tous les autres. Si bien qu’il devint, en effet, seul et unique roi des Francs. Et pour être sûr de n’avoir oublié personne, un beau jour il se lamenta en ces termes auprès de ses fidèles « Malheur à moi qui reste comme un pauvre voyageur au milieu d’étrangers ! Si l’adversité me surprend, il n’y a plus aucun parent qui me puisse venir en aide ». Peu de temps après avoir réuni à Orléans un concile des Gaules, Clovis s’éteint à Paris le 27 novembre 511 (prudence sur la date). Clovis était certes reconnu, et l’est encore, comme catholique. Par contre était-il chrétien selon les critères des Evangiles ? Hum, hum! Clovis n’a pas fondé un Etat mais un royaume instable. La preuve, Clovis mort, ses fils Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire se partagèrent les conquêtes de leur père comme un butin. Pour mieux se surveiller, ils se fixèrent non loin les uns des autres : Paris, Soissons, Orléans et Reims. Comme leur père, ils restèrent des chefs de bandes, l’astuce et l’opiniâtreté en moins. Ci-dessous : Statue de Gondebaud, roi des Burgondes, sculpture de Roger Ferrier dans une niche sur la façade d'une maison de la place du Bourg-de-Four à Genève. Clovis en timbre-poste, charge à Vouillé. Statue de Sigebert le Boiteux à Cologne. |
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