Hollande ne veut pas de référendum sur la Crimée sans l'accord de Kiev
AFP/AFP - Le président François Hollande (2e g) reçoit à l'Elysée l'opposant ukrainien Vitali Klitschko (g), le député ukrainien Petro Porochenko (2e d) et le philospohe Bernard-Henri Lévy, le 7 mars
Il ne
peut y avoir de référendum sur l'avenir de la Crimée "sans que l'Ukraine
elle-même n'ait décidé de l'organiser", a déclaré vendredi le président François
Hollande, rejetant ainsi la consultation annoncée pour le 16 mars
par les partisans du rattachement de la péninsule à la Russie.
M. Hollande,
qui recevait à l'Elysée deux candidats à la présidence à Kiev, Vitali Klitschko
et Petro Porochenko, accompagnés du philosophe Bernard-Henri Lévy, a déploré la
décision du "pseudo-parlement" de Crimée de rattacher cette région à
la Russie, et affirmé que "l'intégrité territoriale et la souveraineté de
l'Ukraine ne peuvent pas se négocier".
Il a souligné
qu'il s'agissait de la position de l'Union européenne et des Etats-Unis.
La réaction de
l'Occident sera "graduée en fonction de la situation", a ajouté le
président français, avant d'évoquer en termes généraux l'aide que le FMI et
l'UE peuvent apporter à l'Ukraine.
M. Hollande,
qui a rappelé les "liens historiques" de la Crimée avec la Russie et
la large autonomie "déjà reconnue" de cette région russophone, a
souligné que la porte restait ouverte au dialogue avec Moscou.
"Notre
objectif c'est aussi de laisser toujours ouverte la voie du dialogue de manière
à ce que la Russie puisse saisir autant qu'il sera décidé à le faire - je parle
ici du président Poutine - la perche qui peut lui être tendue", a-t-il
dit.
"Il y a
toute la pression que nous devons exercer, mais aussi tout le dialogue que nous
pouvons proposer", a ajouté le président de la République.
"Le cadre
dans lequel la communauté internationale, l'Europe et la France, doivent
travailler, c'est l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a-t-il insisté.
"Il y a
beaucoup de pays qui peuvent s'inquiéter si était ouvert un précédent sur la
remise en cause des frontières et de l'intégrité territoriale", a-t-il
observé.
M. Porochenko,
ancien ministre ukrainien des Affaires étrangères, a confirmé sur le perron de
l'Elysée avoir "entendu des mots de soutien très fermes à l'intégrité
territoriale et la souveraineté et à l'indépendance de l'Ukraine" lors de
son entretien avec le président français.
Selon lui,
Paris considère que le référendum sur l'avenir de la Crimée est une
"mesure illégale en violation" de "la Constitution et qui ne
pourra jamais être reconnue par la communauté internationale".
Si, a-t-il
poursuivi, "tout doit se régler par la voie politique et de la
négociation, le préalable est le retrait complet de l'armée étrangère (russe,
NDLR) et le repli sur ses bases", a-t-il poursuivi, jugeant "très
important pour l'Ukraine" que les Etats-Unis et l'Union européenne
"parlent d'une même voix".
Pour M.
Porochenko, il faut "utiliser toutes les sanctions possibles pour sortir
de la crise", dont "la solution ne se trouve ni à Kiev, ni en Crimée
mais à Moscou".
"L'instabilité
menace non seulement l'Ukraine, mais aussi toute la région", a estimé pour
sa part M. Klitschko, ancien champion du monde de boxe.
Présentée comme
une "jeune résistante" de la place Maïdan, épicentre de la
contestation à Kiev, Lisa Chapochnik, toujours vêtue d'un treillis, a appelé depuis
l'Elysée à "tout faire pour éviter l'effusion de sang", estimant
qu'il y avait eu déjà "trop de sang versé, trop de victimes".
Grièvement
blessée par balle lors d'affrontements avec la police le 20 février,
l'infirmière Olesya Zhukovskaya, le cou marqué par une impressionnante
cicatrice, a pour sa part rappelé qu'elle avait pensé mourir ce jour-là.
Selon un
communiqué de l'Elysée, lors de cet entretien, M. Hollande a "marqué de
nouveau la nécessité pour la Russie d?accepter une solution de sortie de crise,
conforme au droit international", soulignant qu'"à défaut de progrès,
comme les chefs d?Etat et de gouvernement de l?UE réunis hier à Bruxelles l?ont
décidé, de nouvelles mesures seront prises qui affecteront les relations entre
l?UE et la Russie".
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