L'actualité du vendredi 07/03/2014
La UNE
Provocation
Par FABRICE ROUSSELOT
Que veut
Vladimir Poutine ? Jusqu’où peut-il pousser la provocation sans faire craindre
le spectre d’un conflit ouvert au cœur de l’Europe ? La décision prise par
le Parlement de Crimée, province russophone autonome, de demander
le rattachement à Moscou, n’a évidemment pas été prise sans l’aval - voire
sous l’influence - de l’homme fort du Kremlin. L’annonce ne doit rien
au hasard, puisqu’elle intervient à un moment où l’Europe hésitante
tente de déterminer quel type de sanctions elle peut ou non imposer à
la Russie. A l’Occident, Poutine répond donc par la folle bravade, et laisse
entendre qu’il étudiera la demande venue de Simferopol. Quel changement de
ton alors que depuis le début de la semaine, la diplomatie semblait avoir
repris ses droits et que le secrétaire d’Etat américain, John Kerry,
évoquait lui-même un possible compromis dans la crise ukrainienne, avec la
création d’un groupe de contact en charge d’une future médiation !
Aujourd’hui, Poutine signale surtout qu’il n’a peur de personne et qu’il n’écarte
pas l’hypothèse d’une annexion pure et simple de la Crimée. Une politique
du pire de la part d’un leader isolé dont on peut se demander
s’il n’a d’autre logique que la seule affirmation de sa
puissance et de son autorité face à la communauté
internationale. Poutine sait qu’il peut être à lui seul
le déclencheur d’un scénario catastrophe mais il ne semble guère s’en
préoccuper. Comme emporté dans une diagonale du fou dont il ne peut - ni
ne sait - mesurer les conséquences.
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