Manif pour tous : les débordements étaient-ils programmés ?
Echauffourées lors de La Manif pour tous près de l'Arc de triomphe, à Paris, le 24 mars 2013.
(THOMAS SAMSON / AFP)
Pour la première fois depuis l'ouverture du débat sur le mariage des homosexuels, une mobilisation d'opposants a dégénéré, dimanche 24 mars. Lors de La Manif pour tous, qui a rassemblé 300 000 personnes à Paris selon la police (1,4 million selon les organisateurs), des CRS ont fait usage de gaz lacrymogène. Des manifestants accusent les forces de l'ordre d'avoir chargé en premier. En face, la préfecture assure que les CRS "n'ont utilisé les gaz que face à des comportements extrêmement agressifs".
Un des points de crispation concerne la présence d'enfants lors de ces violences. Que faisaient-ils près des barrages des forces de l'ordre ? Les organisateurs s'attendaient-ils à des heurts ? Ont-ils poussé certains à agir de la sorte ? Eléments de réponse.
Les consignes des organisateurs
La Manif pour tous n'avait pas prévu de parcourir un itinéraire classique, mais de rester concentrée en un point précis. En l'occurrence, l'axe entre l'Arche de la défense et l'Arc de triomphe, qui couvre notamment l'avenue de la Grande-Armée. "Les citoyens défileront dans un cadre républicain, respectueux de la légalité et des institutions, mais fermement déterminés à défendre leur droit d’expression par la manifestation, qui est une liberté fondamentale", développe un communiqué de l'organisation. Le mot "pacifique" revient à plusieurs reprises, sur le site internet La Manif pour tous.
Mais ces consignes ne sont pas les seules à avoir été transmises. Un journaliste du Monde.fr a diffusé sur Twitter un extrait de mail provenant de "listes de mails paroissiales". Le ton est moins lénifiant : "Face à un barrage serré de CRS interdisant, par exemple, l'accès aux Champs : se tenir à courte distance en contre-barrage serré, sans provocation. Cela les fixera à un point précis et permettra de mieux les contourner dans les rues poreuses du quartier de l'Etoile (...) A un contre trente ou quarante, la police ne peut rien !" L'intention de respecter l'interdiction d'accès aux Champs-Elysées, ordonnée par la préfecture, ne semblait donc pas partagée par tous....
Pour lire la suite de l'article,cliquer sur le lien ci-dessous