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lundi 27 août 2018

Le Défenseur des droits instruit le dossier Parcoursup


25 août 2018

Le Défenseur des droits instruit le dossier Parcoursup

Estimant que la plate-forme avait défavorisé des candidats issus de quartiers populaires, des particuliers et des élus avaient saisi l'institution

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Parcoursup a-t-il été discriminant envers certains -lycéens ? C'est l'une des interrogations auxquelles le Défenseur des droits a décidé de répondre en ouvrant une instruction sur le fonctionnement de la nouvelle plate-forme d'admission dans l'enseignement supérieur, à la suite des réclamations reçues.
" J'entends traiter ces questions de manière prioritaire ", écrit même Jacques Toubon, dans un courrier en date du 8  août adressé à -Stéphane Troussel, président du -conseil départemental de Seine-Saint-Denis. L'élu PS a saisi l'institution en juillet, s'inquiétant de " l'opacité " des " algorithmes locaux " mis en place dans les établissements pour classer les dossiers des 812 000 candidats, tout en pointant son sentiment d'une " discrimination supplémentaire à l'égard des jeunes de quartiers populaires ". " J'espère que nous pourrons enfin avoir les réponses aux questions que nous posons depuis le mois de mai ", se félicite le président du département le plus jeune et défavorisé de France métropolitaine, qui a interpellé la ministre de l'enseignement supérieur, -Frédérique Vidal, au printemps.
Au lendemain des premières réponses des formations aux candidats, le 22  mai, certains lycéens, enseignants et syndicats ont accusé les nouvelles règles d'avoir pu défavoriser celles et ceux qui ne viendraient pas du bon lycée ou du bon territoire. Notamment les jeunes de banlieue parisienne, qui s'estimaient également évincés des filières de Paris intra-muros. Des discriminations alors démenties du côté du gouvernement. Avec la réforme de la loi orientation et réussite des étudiants, les universités – comme les filières sélectives le faisaient déjà – ont procédé, pour la première fois, au classement des dossiers.
Absence de transparenceLes critères employés par chaque établissement ont été multiples : bulletins de notes, lettre de motivation, CV, avis du conseil de classe de terminale, activités extrascolaires… Mais les établissements n'ont pas eu à rendre public le détail de ces processus, mis en place en quelques semaines et restés sous le sceau du " secret des délibérations ". L'élu de Seine-Saint-Denis n'est pas le seul à s'être ému de cette absence de transparence auprès du Défenseur  des droits : une dizaine de saisines ont été -effectuées à cette date, indique l'institution, alors que la procédure principale de Parcoursup ne s'achève que le 5  septembre. A l'origine de ces recours figurent également plusieurs particuliers, le sénateur communiste Pierre Ouzoulias, ou encore le regroupement de syndicats de lycéens, d'étudiants et de personnels de l'enseignement supérieur (UNEF, Snesup-FSU, Ferc-CGT, UNL, SNPTES), avec la Fédération des -conseils de parents d'élèves (FCPE) et le Syndicat des avocats de France.
" Etant donné le nombre de personnes concernées et les questions de discrimination et de relations des usagers avec le service public qui se posent, nous touchons au cœur de la mission du Défenseur ", indique l'institution. La première phase de l'instruction a débuté par la " saisie " de Frédérique -Vidal, de Noëlle Lenoir, présidente du comité éthique et scientifique de la Parcoursup, et de Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d'université (CPU), auxquels une liste de questions écrites a été envoyée.
Camille Stromboni
© Le Monde

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