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jeudi 31 mars 2016

Grèves du 31 mars: la mobilisation franchit un nouvel échelon


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Grèves du 31 mars: la mobilisation franchit un nouvel échelon

Au terme d'une nouvelle journée d'actions, jeudi 31 mars, Manuel Valls reste droit dans ses bottes et les syndicats partisans du retrait de la loi travail ne désarment pas. Les deux principales organisations syndicales à l'origine de la mobilisation, la CGT et FO, avaient déjà proclamé, avant qu'elle ait lieu, qu'elle serait réussie. Jeudi, elles ont donc confirmé leurs pronostics. La CGT parle d'une "immense mobilisation" et elle indique que "près d'1,2 million" de personnes ont manifesté. La police fait aussi état du franchissement d'un nouvel échelon avec  "près de 390 000 manifestants", contre 224 000 le 9 mars. Pour le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, "il y a une très forte mobilisation" qui "va au-delà de ce qu'on avaitprévu". "Il faut que le gouvernement prenne en compte ce qu'il se passe dans la rue", a-t-il ajouté lors de la manifestation parisienne. Soulignant, lui aussi, la réussite de cette journée, pour laquelle FO avait appelé à une "grève interprofessionnelle", son secrétaire général, Jean-Claude Mailly a fait un parallèle avec l'abandon de la révision constitutionnelle sur la déchéance de nationalité, en invitant à un même repli sur la loi travail : "Le gouvernement a le droit d'être sage, a-t-il lancé. Ou il continue à maintenir son projet et il y aura d'autres manifestations derrière. La pression continuera à monter".
De fait, par rapport au 9 mars, la mobilisation est montée d'un cran, notamment en province. S'il y a eu moins de grévistes à la SNCF (24,2% contre 35,5% selon la direction) - les cheminots étant mobilisés sur leurs revendications spécifiques -, il y a eu plus de monde dans des cortèges organisés dans plus de villes que le 9 mars (250 contre 144). A Marseille, les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires pour les salariés, UNEF, UNL et Fidl pour les étudiants et lycéens, ont revendiqué 120 000 manifestants quand la police en comptait 11 200. A Bordeaux, ils étaient entre 10 000 selon la police et 30 000 selon les organisateurs, à Rennes entre 6 500 et 10 000, à Toulouse entre 20 000 et 100 000, à Lyon entre 15 000 et 30 000. Il est ainsi à noter que dans la plupart des cas, les chiffres de la police sont en hausse par rapport au 9 mars, sauf à Paris. Dans la capitale, la préfecture a estimé le nombre de  manifestants entre 26 000 et 28 000, soit sensiblement le même chiffre (29 000) que le 9 mars.De son côté, FO avance un nombre de 160 000 manifestants (contre 100 000 le 9 mars). Des incidents avec les forces de l'ordre ont eu lieu à Nantes, Marseille, Lyon et Toulouse.
Au final, la CGT et FO qui s'étaient fixés l'objectif de franchir le cap du million de manifestants ont assuré qu'elles l'avaient même dépassé, faisant état de près d'1,2 million de participants aux cortèges à travers toute  la France, soit plus du double que le 9 mars (entre 450 000 et 500 000) ... Dans la foulée de ce pari qu'elles estiment réussi, elles ont annoncé de nouvelles initiatives, avec des manifestations, le 5 avril, en direction des parlementaires et une nouvelle journée d'action, à une semaine du congrès de la CGT, le samedi  9 avril, un jour où les salariés n'auront pas besoin de faire grève pour défiler. La CGT, FO, la FSU, Solidaires, l'UNEF, la Fidel et l'UNL entendent "poursuivre et amplifier" ce que Jean-Claude Mailly qualifie de "bras de fer" "jusqu'au retrait de ce projet de loi et pour l'obtention de nouveaux droits sociaux".
Pour autant, même si les pouvoirs publics ne contestent pas ce regain de mobilisation, tout en doutant de la fiabilité des chiffres des organisateurs, Manuel Valls exclue totalement un retrait de la loi travail alors que s'ouvre la phase parlementaire. Intervenant jeudi au Sénat, le premier ministre a souligné qu'avec la loi travail, "nous avons souhaité, comme d'ailleurs des organisations syndicales qui ne manifestant pas aujourd'hui, qu'on appelle réformistes, que la négociation soit d'abord dans l'entreprise et bien sûr dans les branches". "C'est, on le voit bien, a-t-il poursuivi, une discussion qui traverse les partenaires sociaux et les formations politiques, donc j'assume, assumez cette différence sur cette vision qui est la nôtre de la démocratie sociale".
De son côté, la ministre du travail a également campé sur ses positions. "Qu'il y ait des organisations syndicales qui utilisent le droit de grève et le droit de manifester, a affirmé Myriam El Khomri sur BFM-TV, c'est légitime. Que la jeunesse fasse part de son exaspération, c'est légitime aussi". Mais il s'agit à ses yeux d'une "loi nécessaire et juste". La numéro deux de la CFDT a abondé dans le sens du gouvernement. Sur RTL, Véronique Descacq a estimé que "ce serait surtout une défaite pour les salariés si le texte était retiré". La centrale entend toujours peser sur les parlementaires, comme elle a commencé à le faire en envoyant un document très détaillé sur ses amendements,  pour que "ce texte change et s'améliore".Contrairement aux déclarations de Philippe Martinez et de Jean-Claude Mailly - qui n'y croient sans doute pas vraiment... -, l'abandon de la déchéance de nationalité ne peut que conforter François Hollande et Manuel Valls à ne pas céder sur la loi travail. Pour ne pas donner un nouveau signe de faiblesse.

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