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mercredi 29 avril 2015

Réorienter ? - L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES par Daniel Gluckstein, Secrétaire national du POI

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Réorienter ?

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
En application des traités européens, le gouvernement a soumis à la Commission européenne son « programme national de réformes ». En réponse aux exigences de Bruxelles, il vient d’annoncer un durcissement du plan initialement prévu : 9 milliards sur deux ans de coupes supplémentaires, qui viennent alourdir les 50 milliards déjà prévus en application du pacte de responsabilité. A quoi s’ajoutent la loi Macron, la loi Rebsamen, la réforme du collège, la réforme Touraine dans la santé, la réforme territoriale, toutes réformes, sans exception, prises en application des traités européens, et dont les conséquences dramatiques frappent la classe  ouvrière et la jeunesse.
Le Parti socialiste est, paraît-il, « de gauche ». Tout comme l’ancien ministre et aujourd’hui commissaire européen, Pierre Moscovici, qui signe une motion avec Cambadélis pour le congrès du Parti socialiste, motion qui se propose de « réorienter la construction européenne ». Réorienter la construction européenne ? Moscovici déclare que les lois Macron et Rebsamen vont « dans le bon sens », mais qu’il faut aller encore plus loin et « mettre en place des réformes structurelles ».Même discours sur la Grèce, dont le gouvernement est sommé de « produire les réformes qu’on lui demande ».
Au-delà des mots, c’est toujours la même soumission au carcan de l’Union européenne et à ses traités, c’est-à-dire au capital financier.
Chacun le sait, L’Humanité est un journal « de gauche ». Ce 27 avril, s’y exprime sur une pleine page le président de la confédération allemande des syndicats (DGB) qui se prononce pour « changer d’urgence le cours de la politique européenne » et « lancer l’Union européenne et la zone euro dans un programme d’investissements très offensif ». Comme si les traités européens laissaient la place à un « programme d’investissement » ! Comme si la logique même de ces traités, ce n’était pas, en permanence, de prélever sur la force de travail de la classe ouvrière, ses salaires, sa protection sociale, ses garanties collectives, pour alimenter les coffres-forts des spéculateurs et des détenteurs de la dette, grecque ou autre ! Comme si la logique même de l’Union européenne et de tous ses traités n’était pas d’aggraver dans tous les domaines l’exploitation !
Il est vrai qu’au même moment, Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, annonce qu’au deuxième tour des élections régionales, son parti s’alliera à nouveau au Parti socialiste, pourfaire dans les régions, comme il le fait déjà dans les départements et municipalités : gérer avec le Parti socialiste pour appliquer les conséquences du pacte de responsabilité et en y relayant les coupes budgétaires dictées par les traités européens.
Le rapport avec les traités européens et leurs institutions est une question clé qui recoupe celle de l’indépendance du mouvement ouvrier.
Le 9 avril dernier, des centaines de milliers de travailleurs ont manifesté et fait grève contre la loi Macron et le pacte de responsabilité, deux mesures qui concentrent la soumission du gouvernement Hollande-Valls aux institutions de l’Union européenne et à ses traités.
Comme l’a affirmé le bureau national du POI, le 11 avril dernier : « La défense des intérêts de la classe ouvrière et de la démocratie se heurte frontalement aux institutions de la Ve République et de l’Union européenne (et) exige le démantèlement des institutions — celles de la Ve République et de l’Union européenne, qui sont là pour garantir le système de la propriété privée des moyens de production. »

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