FISCALITÉ - À deux doigts de lâcher sur l'écotaxe (Ayrault réunit mardi matin les élus bretons et ministres concernés) après le rétropédalage sur la taxation de l'épargne, le gouvernement subit actuellement les foudres de ce que Pierre Moscovici illustrait en août par l'expression "ras-le-bol fiscal". Même les clubs de football s'y mettent, en promettant une journée de grève à la fin novembre si la taxe à 75% est conservée en l'état...
La France doit trouver 18 milliards d'euros pour ramener le déficit public à 3,6% du produit intérieur brut en 2014 et répondre aux exigences de Bruxelles. Le gouvernement affirme que 80% de l'effort passera par des économies et la "quasi stabilisation" des impôts.
Dans son rôle de force d'opposition, Jean-François Copé estime que la "révolte fiscale" gronde dans le pays, dans une interview au Figaro, lundi 28 octobre. Lui-même "propose un pacte fiscal aux Français", promettant de diminuer "les impôts qui touchent l'investissement et l'emploi grâce à une baisse massive de la dépense publique".
"Le matraquage fiscal depuis 18 mois est tel qu'une fissure gigantesque dans le consentement de l'impôt en France s'est créée", assure-t-il encore, estimant que "les hausses de cotisations, de prélèvements d'impôts, qui concernent aussi bien les entreprises, les indépendants que les ménages, suscitent une révolte fiscale". François Fillon évoquait il y a quelques jours sur TF1 "l'assommoir fiscal"...
Ces accusations correspondent-elles vraiment à la réalité? L'opposition ne profite-t-elle pas d'une séquence particulière pour "surfer" sur la grogne des agriculteurs bretons? Le HuffPost a compilé les mesures fiscales instaurées depuis l'élection de François Hollande, réparties entre les ménages et les entreprises. Alors, ras-le-bol fiscal ou opportunisme ?


LE PORTRAIT-ROBOT DES PERDANTS
Pour ceux qui n'auraient pas le courage de se plonger dans l'exhaustivité des mesures, voici ce que nous pouvons dire succinctement. Les ménages supportent largement le coût du redressement de l'économie, à cause de taxes très "business friendly".
Ce sont même les particuliers qui financent les baisses d'impôt des entreprises. De nombreux cadeaux ont notamment été offerts au patronat, avec une réforme des retraites indolore (hausse de cotisations compensée par une baisse des cotisations familles) ou de très gros abattements offerts en contrepartie de l'alignement de la fiscalité du capital à celui du travail.
Quel type de ménage souffre le plus sous le mandat de François Hollande? Question hausses d'impôts, les plus faibles ont été protégés par des boucliers (dégel du barème, revalorisation de la décote, hausse du revenu fiscal de référence). Les plus riches ont été largement touchés, mais ne sont pas devenus "pauvres" pour autant. Pour les classes moyennes, c'est là que ça se corse.
Hausse de la TVA, hausse des cotisations retraites, de l'impôt sur le revenu... Lors de la réforme de la politique familiale, nous avions dessiné les contours de la famille qui avait le plus à perdre: un couple marié, au revenu annuel de 51.000 euros (2125 euros par mois et par conjoint), 2 enfants (dont un en bas âge).
Pas assez pauvre pour accéder aux mesures de protection, pas assez riche pour ne pas ressentir les hausses de taxes...
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